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Dictionnaire du Mouvement Ouvrier Seynois
Notices rédigées par
Jacques GIRAULT
 
BARAILLER Jean
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BARAILLER Jean.

Né à Beaucaire (Gard), le 9 janvier 1900 ; mort à Arles (Bouches-du-Rhône), le 20 septembre 1976 ; marié ; père de deux enfants ; syndicaliste ; communiste ; conseiller général du canton d'Arles-Est (1945-1951) ; conseiller municipal d'Arles (1953-1959).

Fils d'un cultivateur qui avait cinq enfants, Barailler avait effectué son service militaire en Syrie et en Palestine. En 1922, il adhéra au Parti communiste et contribua à former la section communiste de Beaucaire. Il entra à la Compagnie du PLM et milita à Paris. Muté au dépôt des machines de La Seyne (Var), en 1934, il devint secrétaire du syndicat CGTU des mécaniciens et chauffeurs. Toujours secrétaire du syndicat CGTU, le 1er mai 1935, il présidait le meeting commun à la CGT et à la CGTU à la Bourse du Travail de la ville. Il fut candidat aux élections municipales sur la liste du " Bloc ouvrier et paysan ", le 5 mai 1935. Après la réunification syndicale, il devint secrétaire de l'Union locale CGT et, à ce titre, participa à de nombreuses activités locales au moment du Front populaire. Le 1er mai 1936, avec Carréga (voir ce nom), il représentait l'Union départementale CGT aux meetings tenus à Pierrefeu, à Mazaugues et à Brignoles. Membre du comité de section communiste de La Seyne, il fut déplacé à Arles (Bouches-du-Rhône) pour son activité syndicale en 1937.

Barailler devint alors délégué du personnel et secrétaire général de la Bourse du Travail d'Arles. Arrêté en octobre 1939, il fut révoqué de ces fonctions. Par la suite, il fut au centre de l'action communiste clandestine (collectage pour les emprisonnés, direction de l'organisation communiste dès 1942). Le 26 janvier 1943, arrêté, transféré à la prison des Baumettes à Marseille, il fut interné au centre de séjour surveillé de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn). Il participa notamment à la lutte contre les GMR du 4 au 9 février 1944 pour empêcher l'envoi des jeunes en Allemagne dans le cadre de l'organisation Todt. Il fut alors transféré au camp de Buchenwald le 30 juillet. Il participa à l'organisation clandestine du Front national et à la libération armée du camp. Il figurait parmi les membres homologués de la Brigade française d'action libératrice.

Dès son retour en France, Barailler fut désigné comme secrétaire du syndicat CGT des cheminots d'Arles. Pendant les actions revendicatives de novembre 1947, il fut sanctionné. Candidat communiste pour le conseil général dans le canton d'Arles-Est, il obtint le 23 septembre 1945, 4 823 voix sur 11 682 inscrits et fut élu le dimanche suivant, avec le même nombre de voix. À nouveau candidat " d'union républicaine, résistante et antifasciste pour l'indépendance nationale, la Paix, la Liberté et le Pain ", il fut battu, le 7 octobre 1951 par son adversaire socialiste SFIO, Jouve.

En 1953, Barailler devint conseiller municipal d'Arles. Non élu en 1959, il fut à nouveau candidat pour le conseil général, le 8 mars 1964 dans le canton d'Arles-Est et fut battu.

En 1980, son nom fut donné au foyer pour personnes âgées d'un quartier d'Arles et à la salle principale de la Bourse du Travail de la ville.

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, III M 57. - Arch. Dép. Var, 4 M 54 ; 4 M 55.2 ; 4 M 59.4.3 ; 4 M 59.4.4 ; 7 M 47 ; 3 Z 2.5. - Presse locale. - Sources orales. - P. Durand, Les Français à Buchenwald et à Dora, Paris, Éditions sociales, 1977. - Renseignements fournis par Madame E. Seréna, fille de l'intéressé.

J. Girault et A. Olivesi