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Dictionnaire du Mouvement Ouvrier Seynois
Notices rédigées par
Jacques GIRAULT
 
BOUDON Paul
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BOUDON Paul, Élie.

Né le 3 avril 1895 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 3 janvier 1975 à Vitrolles (Bouches-du-Rhône) ; professeur d’enseignement technique ; trésorier de la Fédération du Var socialiste SFIO (1934-1939) ; conseiller municipal de La Seyne.

Son père, d’opinions de gauche, instituteur, devint directeur d’école. Paul Boudon passa sa jeunesse à Marseille et à Saint-Jean-du-Gard (Gard). Il fréquenta l’école primaire supérieure de Lorgues (Var) et entra en 1912 à l’Ecole des Arts-et-Métiers d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Engagé volontaire dans l’aviation, mitrailleur sur un avion abattu à Gesnes-en-Argonne (Meuse) le 18 août 1917, il fut prisonnier jusqu’à la fin de la guerre en Allemagne. Ingénieur chez Chagnaud à Marseille, il participa notamment aux travaux de la section Sud du tunnel du Rove de Marseille au Rhône.

Il se maria en septembre 1922 à Lachau (Drôme) avec une institutrice. Le couple eut deux enfants.

Paul Boudon, devant l’insécurité des emplois industriels,  entra en octobre 1928 comme professeur de dessin et de mécanique à l’École pratique d’industrie Martini de La Seyne (Var). Son épouse était institutrice dans les classes primaires de cette école.

Membre du Parti socialiste SFIO, militant de La Bataille socialiste, Paul Boudon, après la scission de 1933, devint membre du comité fédéral de la SFIO maintenue au congrès de 3 décembre 1933. Après la démission d’Antoine Crispin, il devint le trésorier fédéral, responsabilité qu’il conserva jusqu’à la guerre. Membre du bureau de la section socialiste SFIO de la Seyne, il en était le trésorier général. D’autre part, il était secrétaire du comité d’intérêt local du quartier Balaguier où il habitait.

Candidat sur la liste socialiste sortante aux élections municipales de La Seyne, le 5 mai 1935, Paul Boudon obtint 1 520 voix sur 5 893 inscrits et fut élu, le dimanche suivant, avec 2 543 voix. Il fit partie de la commission des travaux. Comme les autres conseillers municipaux, il fut révoqué au début de 1941 comme les autres conseillers municipaux.

Boudon fit partie de la commission d’unification à La Seyne en octobre 1937 entre le Parti socialiste SFIO et l’Union Républicaine Socialiste. Il était partisan des analyses de Paul Faure. En 1938, il milita dans la CGT aux côtés des « Amis de Syndicats » pour l’indépendance du syndicalisme.

Franc-maçon, Paul Boudon fut à partir de 1937 le vénérable de la loge du “Triomphe de la Concorde“. Il adressa au Préfet du Var le compte-rendu de la réunion de la loge, le14 août 1940, qui décida de cesser son activité. Révoqué de l’enseignement, il cessa ses activités professionnelles, le 11 novembre 1941, mesure confirmée par l’arrêté du 12 décembre 1941. Parti pour l’Algérie en 1942, il fut réintégré par le Comité français de Libération nationale en octobre 1943 au collège de garçons d’Oran comme professeur de dessin. Il reprit son poste à La Seyne en juin 1945 au collège technique Martini où il resta jusqu’à la retraite en 1958.

Boudon, partisan des idées de Paul Faure, soutint son action avant et après la guerre en adhérant à son mouvement. Il ne réintégra pas le Parti socialiste SFIO et la Franc-Maçonnerie après la guerre. Il était le trésorier le comité du littoral de la Fédération française de Rugby à quinze.

SOURCES : Arch. Dép. Var, 2 M 7 35 3, 4 M 54, 59 3, 3 Z 24 2, 1447 W 51. — Arch. Com. La Seyne. — Presse locale. — Renseignements fournis par la fille de l’intéressé. — Notes de Jean-Marie Guillon. — Sources orales.