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Dictionnaire du Mouvement Ouvrier Seynois
Notices rédigées par
Jacques GIRAULT
 
MANGOT Étienne
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MANGOT Étienne, Paulin, Jules.

Né et mort à Toulon (Var) : 4 août 1878-26 août 1962 ; secrétaire de mairie à Carqueiranne (Var) ; militant socialiste SFIO ; adjoint au maire de Carqueiranne.

Étienne Mangot reçut les premiers sacrements catholiques. Son père, fils d’une institutrice aux Borrels, quartier d’Hyères (Var), devint instituteur (indiqué à l’état civil comme professeur de Français) à Giens, section d’Hyères et assurait aussi les fonctions d’employé des postes et de secrétaire de mairie. Etienne Mangot obtint le Certificat d’études primaires et aida son père dans ses fonctions annexes. Après son service militaire, il devint secrétaire de mairie à Carqueiranne. Il appartenait alors au cercle républicain et militait dans la société locale de la Libre pensée.

Etienne Mangot se maria en septembre 1908 à Draguignan (Var) avec une institutrice, militante syndicale, Joséphine Masclet (voir Joséphine Mangot). Ils eurent un fils, Camille Mangot, instituteur, militant syndicaliste.

Mobilisé en août 1914 à Brétigny-sur-Orge (Seine-et-Oise/Essonne), après la guerre, Etienne Mangot contribua à la renaissance des organisations d’avant-garde de Carqueiranne : en mars 1919, "L’Avenir du prolétariat", (« Société civile de retraite et d’assurance mutuelle » (fondée en 1893), dont il assura la présidence pendant vingt ans, et en octobre 1919, la "Libre pensée anticléricale". En février 1919, il devint le premier secrétaire général de la section de la Ligue des droits de l’Homme qu’il avait contribué à créer.

Simultanément, il assura le secrétariat général de la Fédération varoise des sociétés de Libre pensée. Syndicaliste, il appartenait au bureau de la Fédération CGT des employés communaux et assurait la responsabilité de la trésorerie. Il la représenta dans les congrès nationaux et dans ceux de l’Union départementale CGT du Var. L’épouse du secrétaire général de la Fédération nationale des Services publics Ernest Michaud effectua un séjour de convalescence chez lui au début des années 1930.

Initié à la Franc-maçonnerie (Grande Loge) à Toulon, Mangot, par la suite, vint renforcer la loge "Le Réveil des Iles d’Or" (Grand Orient de France) à Hyères où il exerça pendant longtemps les fonctions d’orateur.

Etienne Mangot joua un rôle important dans le rassemblement des forces de gauche contre le Bloc national qui l’avait emporté dans le Var, en 1919. Sur le plan local et cantonal, il participa à la campagne électorale en faveur des candidats, mutins de la mer Noire, Henri Alquier et André Marty, pour le conseil général en 1922-1923. Cette campagne prenait le relais d’une active propagande pour l’amnistie, orchestrée par la Ligue des droits de l’Homme. Représentant le cercle de la Concorde républicaine, il participa à la naissance de la Fédération des cercles rouges au début de 1924 et assura la gérance de l’hebdomadaire Var rouge, créé en février 1924 en vue des élections législatives.

Après son adhésion au Parti socialiste SFIO en 1925, Étienne Mangot participa régulièrement à toutes les activités publiques de la section socialiste et fut délégué à plusieurs congrès fédéraux.

Au début des années 1930, ses interventions, tant sur le terrain politique que syndical, allaient dans le sens de la lutte antifasciste et de l’unité. Aussi, refusa-t-il de suivre Pierre Renaudel et la majorité des militants socialistes varois dans le Parti socialiste de France à la fin de 1933. Il joua un rôle dans le congrès de reconstitution de la Fédération socialiste SFIO, le 3 décembre 1933. Selon son fils, ami d’Albert Lamarque, il le rencontra à plusieurs reprises pour le convaincre de rester à la SFIO alors que ce dernier préconisait l’autonomie,  Il devint en 1934 membre du comité fédéral SFIO. Il présidait en 1935 le comité de Carqueiranne du Front populaire. Coopérateur, il représentait le groupe de Carqueiranne à l’assemblée générale de l’Union des coopérateurs du Var.

Ces divers engagements l’avaient mis, dès 1924, en conflit avec l’adjoint au maire, futur maire de Carqueiranne, Eugène Tassy, lui aussi franc-maçon, qui avait choisi une orientation politique plus à droite. A la suite d’une demande de carte de séjour pour un Italien (« une provocation » selon son fils) qui eut très vite des ennuis avec la justice française, il fut révoqué par le maire de son emploi municipal, le 19 septembre 1936. Il devait être condamné à 50 francs d’amende par le Tribunal correctionnel  de Toulon. Lamarque, adjoint au maire, le fit alors entrer à la mairie de La Seyne, où il demeura jusqu’à sa révocation, comme officier de loge, en 1941.

Étienne Mangot habitait toujours Carqueiranne. Il approuva la manifestation patriotique de résistance, le 14 juillet 1942. Membre de la commission d’épuration municipale à la Libération, il fut désigné, le 1er novembre 1944, au conseil municipal de Carqueiranne. Nommé conseiller délégué, il pouvait remplacer le président ou les adjoints dans leur délégation. Élu conseiller municipal sur la liste « d’Union française antifasciste » à la fin d’avril 1945, il devint premier adjoint socialiste SFIO. Quand le maire Front national démissionna, candidat à sa succession, il obtint 6 voix, battu par le communiste Eugène Rebaudo.

Non candidat en octobre 1947, Mangot participa à plusieurs congrès de la Fédération socialiste SFIO. Il se retira à Toulon chez son fils.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13021. — Arch. Dép. Var, 4 M 44, 4 M 55 2, 18 M 89, 3 Z 2 9, 3 Z 4 21. — Arch. Com. Carqueiranne. — Renseignements fournis par Camille Mangot et par Jean-Marie Guillon.