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Dictionnaire du Mouvement Ouvrier Seynois
Notices rédigées par
Jacques GIRAULT
 
MANGOT Étienne
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MANGOT Étienne, Paulin, Jules.

Né et mort à Toulon (Var) : 4 août 1878 - 26 août 1962. Libre penseur, socialiste SFIO, coopérateur et franc-maçon varois.

Fils d'un instituteur, Étienne Mangot obtint le Certificat d'études primaires. Après son service militaire, il devint secrétaire de mairie à Carqueiranne. Il appartenait alors au cercle républicain et militait dans la société locale de la Libre pensée. Il fut mobilisé en 1914.

En mars 1919, il contribua à la renaissance de "L'Avenir du prolétariat", société civile de retraite et d'assurance mutuelle (fondée en 1893), dont il assura la présidence pendant vingt ans, de la "Libre pensée anticléricale", en octobre 1919, et fut à l'origine de la création d'une section de la Ligue des droits de l'homme dont il fut le premier secrétaire général en février 1919.

Simultanément, il assura le secrétariat général de la Fédération varoise des sociétés de Libre pensée. Syndicaliste, il appartenait au bureau de la Fédération CGT des employés communaux où il assurait la responsabilité de la trésorerie. Il la représenta dans les congrès nationaux et dans ceux de l'Union départementale CGT du Var. Initié à la Franc-maçonnerie (Grande Loge) à Toulon, Mangot, par la suite, vint renforcer la loge "Le Réveil des Iles d'Or" (Grand Orient de France) à Hyères où il exerça pendant longtemps, les fonctions d'orateur.

Mangot joua un rôle important dans le rassemblement des forces de gauche contre le Bloc national qui l'avait emporté dans le Var, en 1919. Sur le plan local et cantonal, il participa à la campagne électorale en faveur des candidats, mutins de la mer Noire, Alquier (voir ce nom) et Marty, pour le conseil général en 1922-1923. Cette campagne prenait le relais d'une active propagande pour l'amnistie, orchestrée par la Ligue des droits de l'homme. Représentant le cercle de la Concorde républicaine, il participa à la naissance de la Fédération des cercles rouges au début de 1924 et assura la gérance de l'hebdomadaire Var rouge, créé en février 1924 en vue des élections législatives.

Après son adhésion au Parti socialiste SFIO en 1925, Mangot participa régulièrement à toutes les activités publiques de la section socialiste et fut délégué à plusieurs congrès fédéraux.

Au début des années 1930, ses interventions, tant sur le terrain politique que syndical, allaient dans le sens de la lutte antifasciste et de l'unité. Aussi, refusa-t-il de suivre Renaudel et la majorité des militants socialistes varois dans le Parti socialiste de France à la fin de 1933. Il joua un rôle dans le congrès de reconstitution de la Fédération socialiste SFIO, le 3 décembre 1933. Il devint en 1934 membre du comité fédéral. Il présidait en 1935 le comité de Carqueiranne du Front populaire. Coopérateur, il représentait le groupe de Carqueiranne à l'assemblée générale de l'Union des coopérateurs du Var.

Ces divers engagements l'avaient mis dès 1924 en conflit avec l'adjoint au maire, futur maire de Carqueiranne, Eugène Tassy, lui aussi franc-maçon, et qui avait choisi une orientation politique plus à droite. A la suite d'une demande de carte de séjour pour un Italien, il fut révoqué par le maire de son emploi municipal, le 19 septembre 1936. Lamarque, adjoint au maire de La Seyne, le fit alors entrer à la mairie de La Seyne, où il demeura jusqu'à sa révocation, comme officier de loge, en 1941.

Membre de la commission d'épuration municipale à la Libération, il fut désigné, le 1er novembre 1944, au conseil municipal de Carqueiranne. Nommé conseiller délégué, il pouvait remplacer le président ou les adjoints dans leur délégation. Élu conseiller municipal sur la liste d'Union française antifasciste à la fin d'avril 1945, il devint premier adjoint socialiste SFIO. Quand le maire Front national démissionna, il fut candidat à sa succession, et obtint 6 voix, battu par le communiste Rebaudo (voir ce nom).

Non candidat en octobre 1947, Mangot participa à plusieurs congrès de la Fédération socialiste SFIO. Il se retira à Toulon chez son fils Camille, instituteur lui aussi, et militant du SNI.

Il avait épousé en 1908 Joséphine Masclet (voir Joséphine Mangot).

SOURCES: Arch. Nat. F7/13021. - Arch. Dép. Var, 4 M 44, 4 M 55.2, 18 M 89, 3 Z 2.9, 3 Z 4.21. - Arch. Com. Carqueiranne. - Renseignements fournis par C. Mangot et par J.-M. Guillon.