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Dictionnaire du Mouvement Ouvrier Seynois
Notices rédigées par
Jacques GIRAULT
 
RICHARD Georges
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RICHARD Georges, Henri.

Né le 10 novembre 1926 à Modane (Savoie) ; docteur en médecine ; militant communiste ; conseiller municipal de La Seyne (Var).

Son père, ancien combattant, artisan menuisier-ébéniste vivant dans un milieu radical-socialiste, était favorable au Front populaire. En raison de la construction de forts souterrains prévus par l’aménagement de la ligne Maginot dans la région de Modane, gare internationale, la population avait les moyens de commander des meubles à son père dont l’entreprise fut florissante. Georges Richard reçut les premiers sacrements catholiques. Pendant la guerre, la ville fut éprouvée par les occupations italiennes puis allemandes et par les bombardements. Sa famille se réfugia en 1939-1940 à Moirans (Isère) puis en septembre 1943 à Albens (Savoie). Le mari de sa sœur aînée appartenait à l’Armée secrète. Il commença ses études secondaires à partir de 1938, comme interne au lycée Champollion à Grenoble (Isère). Mais l’armée allemande occupant le lycée à partir de novembre 1943, il fut transféré au lycée de Chambéry (Savoie) où il obtint la première partie du baccalauréat. Il revint à Grenoble en 1944-1945 et réussit à la deuxième partie. Il effectua ses études pour le PCB puis de médecine à Lyon (1946-1953) où il sympathisa avec des étudiants communistes.

Georges Richard se maria religieusement en septembre 1951 à Grenoble avec Andrée Bajeat, originaire de l’Isère qui fut en contact avec les résistants du Vercors. Étant infirmière et assistante sociale, elle travailla comme assistante sociale à l’Office de transports lyonnais. Militante de la CGT, elle perdit son emploi à Lyon à la suite d’une grève. Elle travailla alors comme infirmière dans la clinique mutualiste de Lyon. Le couple eut une fille et un garçon.

Les époux décidèrent à la fin de 1951 d’adhérer au Parti communiste français. Il milita dans la cellule communiste de la faculté de Médecine.

Georges Richard soutint sa thèse en 1953 puis effectua son service militaire dans la Marine nationale comme aspirant à l’hôpital maritime de Rochefort (Charente-Maritime). Il embarqua comme médecin sur une frégate météorologique en janvier 1954. Libéré des obligations militaires en avril 1954, il chercha à s’installer comme médecin généraliste.

A La Seyne, la municipalité communiste créa en 1952 un centre médico-social. Un ami d’études de Richard, Pierre Lesage, communiste, médecin libéral dans la ville, travaillait aussi pour des vacations de pédiatrie au centre. Il proposa à Richard d’occuper les mêmes fonctions en médecine générale en 1954. Il consultait au centre médico-social comme contractuel et à partir de son cabinet, il pouvait assurer les visites à domicile. Il fut un des médecins qui pratiquaient l’accouchement sans douleur. Mais il ne put adhérer au syndicat des médecins puisqu’il refusait d’appliquer le tarif en usage chez les médecins libéraux. Il fit partie du syndicat des médecins des centres de santé municipaux et mutuellistes. Son épouse devint aussi la responsable administrative des infirmières et des assistantes sociales. Au milieu des années 1980 jusqu’à sa retraite en 1992, elle fut la directrice administrative de tout le centre.

Georges Richard participa avec discrétion aux activités militantes compatibles avec sa profession dans la cellule communiste Donicarde, devenue Fanny Dewerpe. Partisan du Planning familial au début des années 1960, il approuva très tôt l’utilisation de la contraception. Élu au conseil municipal, le 14 mars 1971, sur la « Liste d'Union pour une gestion sociale, moderne et démocratique présentée par le Parti Communiste Français », membre de la commission de la santé, il suivait les questions du centre, notamment les achats de gros matériels. Il défendit avec force la création en 1980 d’un service de soins à domicile. Réélu le 13 mars 1977, au premier tour, sur la « Liste d’Union de la Gauche et de tous les Démocrates pour une gestion sociale, humaine et démocratique », résultat d’une alliance entre les communistes et le Parti socialiste, il fut candidat au conseil municipal en mars 1983, en 27e position non éligible, sur la « Liste d'union de la gauche - majorité présidentielle ». Ces élections ayant été annulées par le Tribunal de Nice, le 15 juin 1983, il fut à nouveau candidat le 26 février 1984 en 28e position, non éligible, sur la liste d’Union de la gauche « Continuons La Seyne ensemble », élections qui furent à nouveau annulées. Il fut candidat le 16 juin 1985 en 35e position, non éligible, sur la « Liste de large rassemblement démocratique pour La Seyne et son avenir » qui n’obtint que dix élus, et candidat en 1989, en 42e position sur la liste PCF-PS, « Union pour La Seyne - Rassemblement des Forces de Gauche et de Progrès » qui obtint à nouveau dix élus. Dès 1985, la nouvelle municipalité de droite supprima le service de soins à domicile qu’il avait défendu.

Pendant ces années actives, Georges Richard était membre actif de la section ski du centre sportif municipal.

Par la suite, retraité en 1992, puis veuf, Richard continuait à participer aux activités du PCF et souscrivait régulièrement aux appels du PCF et de l’Humanité tout en désapprouvant certains aspects de la « mutation » du PCF sous la responsabilité de Robert Hue. Alors que les communistes de La Seyne étaient écartelés, devenu membre du comité de la section communiste en 2007, marquant ainsi son désaccord, il accepta d’être candidat aux élections municipales du 9 mars 2008 sur la liste « La Seyne vraiment à gauche », regroupant des adhérents du PCF, des membres de la Ligue communiste révolutionnaire et du Parti des Travailleurs en 19e position.

SOURCES : Arch. Com. La Seyne. - Presse locale. - Sources orales. - Notes de Jean-Claude Autran. - Renseignements fournis par l’intéressé.