Retour à la page d'accueil
du site
Dictionnaire du Mouvement Ouvrier Seynois
Notices rédigées par
Jacques GIRAULT
 
MATTONE Jacques
Retour au Dictionnaire du Mouvement Ouvrier
 

MATTONE Jacques

Né et mort à La Seyne (Var), 9 juin 1904 - 23 septembre 1978 ; ouvrier ; militant syndicaliste ; militant communiste ; conseiller municipal de La Seyne.

Fils d’un journalier, originaire de La Ciotat (Bouches-du-Rhône), Jacques Mattone, membre des Jeunesses communistes depuis 1928, travaillait comme tourneur sur métaux aux Forges et chantiers de la Méditerranée à La Seyne. Membre du conseil syndical CGT, élu, en novembre 1936, délégué suppléant de la caisse de secours (Mouvements généraux), le 22 février 1937, il devint membre du bureau de la Bourse du Travail. Son élection à la commission exécutive de l’Union départementale CGT, lors du congrès des 10-11 juillet 1937, fut confirmée lors de l’assemblée générale du 30 octobre 1937. Après la grève du 30 novembre 1938, licencié de son emploi de conducteur de grue aux FCM, il fut condamné à une peine d’amende de seize francs pour entrave à la liberté du travail. Secrétaire adjoint du syndicat des Métaux en 1939, il siégeait à la commission de conciliation qui regroupait des représentants du syndicat et de la direction des FCM. Secrétaire de la cellule communiste des chantiers, membre du comité de la section communiste de la ville, il prit une part active à la campagne du candidat communiste aux élections cantonales d’octobre 1937.

Mobilisé, puis libéré, Jacques Mattone, surveillé par la police, rencontra notamment 
Victor Étienne , le 29 octobre 1940. Aussi, le commissaire demanda-t-il son arrestation. Interné le 5 novembre 1940 au centre de séjour surveillé de Chibron (près de Signes, Var), il fut transféré, en février 1941, à Fort-Barraux (Isère), puis au centre de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn). Alors que certaines sources indiquaient sa libération, le 24 novembre 1942, il semble avoir été libéré, le 14 mai 1944 et astreint à résider à Portes-en-Valdaine (Drôme). Il rejoignit le maquis FTPF le 23 mai.

A la Libération, secrétaire de la section communiste de La Seyne, délégué au congrès national du Parti communiste français en 1945, Jacques Mattone figurait sur la liste "d’union républicaine et résistante" pour l’élection, le 24 novembre 1946, du collège départemental qui devait désigner les membres du Conseil de la République. Ouvrier des Forges et Chantiers, il fut élu conseiller municipal sur la liste "d’Union républicaine et résistante de défense des intérêts communaux" présentée par le PCF, le 19 octobre 1947, avec 4 279 voix sur 13 052 inscrits. Réélu conseiller municipal, le 19 octobre 1949, annoncé par la presse comme candidat en juin 1950, il ne figura pas parmi les candidats de la liste "d’Union républicaine et résistante et de défense des intérêts communaux présentée par le PCF", le 18 juin 1950. Participant activement à la campagne pour Henri Martin*, contre la guerre d’Indochine et aux actions des Compagnons de la paix, à la suite des incidents lors du lancement du bateau Hilaire Maurel, il fut licencié des chantiers en février 1950. La presse socialiste affirmait alors qu’il s’était livré à des actes de sabotage et parlait de lui comme de l’« œil de Moscou » local. Il fut alors embauché par la municipalité comme cantonnier.

Jacques Mattone n’exerça plus les fonctions de secrétaire de la section communiste de La Seyne à partir de 1947 mais demeura membre du comité de la section jusqu’en 1959.

Toujours membre de sa cellule communiste, Jacques Mattone milita peu en raison de son mauvais état de santé dans les années 1970.

SOURCES : Arch. Dép. Var, 4 M 54, 59 4 4, 7 M 12 2, 3 Z 2 5, 4 30, 3 Z 16 8, Cabinet 591, 735, 816 (1). - Presse locale. - Sources orales. - Notes de Jean-Marie Guillon.