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Dictionnaire du Mouvement Ouvrier Seynois
Notices rédigées par
Jacques GIRAULT
 
REVERDITO Étienne
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REVERDITO Étienne.

Né le 15 septembre 1908 à La Seyne (Var), fils d'un ouvrier des Forges et chantiers de la Méditerranée originaire de la province de Cuneo en Italie, naturalisé en 1928, marié à une fille d'Italiens née en France, Etienne Reverdito était l'aîné de huit enfants. La famille habitait près des chantiers dans le quartier des Mouissèques. Ses parents parlaient français entre eux. Son père fréquentait une société d'originaires et était sympathisant communiste. La famille était catholique mais les enfants ne reçurent que le sacrement du baptême. Après avoir obtenu le Certificat d'études primaires, il voulut travailler et commença un apprentissage de tourneur mécanicien chez un artisan d'origine piémontaise. En dépit de l'opposition paternelle, il préféra devenir maçon, profession alors mieux payée, et travailla chez divers artisans.

Reverdito effectua son service militaire dans les Chasseurs alpins à Antibes en 1929. Revenu à la vie civile, il se syndiqua à la C.G.T.U. en 1930, adhéra au Parti communiste en 1932, parrainé par son ami d'enfance Edouard Armando,  et adhéra au Secours rouge international. Le syndicat ne comprenait que des ouvriers italiens ; il fallait un secrétaire français, Reverdito accepta alors cette charge. Connu pour ces activités, il ne retrouva plus d'embauche chez des patrons de la ville et ne travailla que pour des entreprises extérieures.

Candidat aux élections municipales, le 5 mai 1935, Reverdito obtenait environ 1 034 voix sur 5 893 inscrits. Secrétaire du syndicat C.G.T.U. du bâtiment, il conserva cette responsabilité après le réunification syndicale. Membre de la commission exécutive de l'Union locale C.G.T. en mars 1936, il participa au bureau du meeting syndical du Premier mai à la Bourse du Travail. Le 8 juillet 1935, il signa l'accord pour les salaires du bâtiment à La Seyne. Le 22 février 1937, il devenait membre du bureau de l'Union locale C.G.T.. Les 10-11 juillet 1937, au congrès de l'Union départementale C.G.T., il fut élu membre de la commission exécutive avec 181 mandats. Cette élection fut confirmée lors de l'assemblée générale du 3 octobre 1937. Comme éventuel secrétaire de l'Union locale C.G.T. de La Seyne, la police, en janvier 1938, avançait son nom. En fait, il devint secrétaire-adjoint lors du congrès du 15 janvier 1938.

Mobilisé au début de la guerre dans l'Infanterie coloniale, envoyé en Alsace puis dans la Somme, Reverdito fut fait prisonnier à Saint-Valéry-en-Caux avec son régiment. Prisonnier en Belgique puis en Allemagne (Bochum), rapatrié sanitaire au printemps 1941, il séjourna successivement dans les hôpitaux de Roanne (Loire), de Saint-Aygulf (Var) et de Briançon (Hautes-Alpes) où il demeura jusqu'en 1945.

Revenu à La Seyne, Reverdito reprit ses activités professionnelles. A nouveau secrétaire du syndicat C.G.T. du bâtiment (jusqu'à sa retraite en 1960), membre du comité départemental du bâtiment, il exerça des responsabilités de demi-permanent à l'Union syndicale du bâtiment pour l'Ouest varois de 1948 à 1950. Membre de la commission exécutive, puis du bureau de l'Union départementale C.G.T., de 1947 à 1951, membre de la commission exécutive de l'Union locale C.G.T. jusqu'en 1950, il fut aussi membre du comité et du bureau de la section communiste de La Seyne jusque vers 1960.

Reverdito faisait partie de la liste "d'union républicaine et résistante présentée par le Parti communiste français", le 24 novembre 1946, pour l'élection du Conseil de la République. Fondateur de la Mutuelle des travailleurs à La Seyne, il en demeura le correspondant local de 1947 à 1952. Il figurait aussi sur la liste de la C.G.T. pour les élections des administrateurs de la caisse primaire de Sécurité sociale, le 17 novembre 1955.

A partir du début des années 1960, Reverdito, retraité, conservait des activités militantes : secrétariat de la cellule communiste du quartier de la Rouve où il demeurait, avant de rejoindre la cellule A. Genoud, membre du bureau départemental de la commission des retraités, membre du bureau de l'association "Espoir de vivre". Pour le soixantième anniversaire du Parti communiste, il confiait au quotidien communiste La Marseillaise des souvenirs.

Reverdito se porta volontaire pour combattre dans les Brigades internationales et fut affecté dans la 14e brigade. Dans les nombreux entretiens, il n’en fit jamais état. Nous demandons si cet engagement fut suivi d'effet. Après la guerre, il était membre de l'Amicale des volontaires de l'Espagne républicaine.

Reverdito mourut le 21 février 1989 à La Seyne.

Son frère, REVERDITO Marius, Ernest, né le 19 mai 1915 à La Seyne, titulaire du Certificat d'études primaires, ouvrier charpentier traceur aux Forges et chantiers de la Méditerranée de novembre 1928 à 1972, syndiqué à la C.G.T., non adhérent du Parti communiste, était surveillé comme communiste par la police en septembre 1940.

SOURCES : Arch. Dép. Var, 2 M 7 35 3, 4 M 50, 54, 55 2, 16 M 19 4, 3 Z 3 40, 4 25, 16 5. — Presse locale. — Sources orales. — Renseignements fournis par l'intéressé.