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Marius AUTRAN
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Marius Autran à l'École Normale d'Instituteurs de Draguignan (1928-1931)

 

Marius AUTRAN a été élève de l'École Normale d'Instituteurs de Draguignan dans la promotion L'Avenir (1928-1931).

On trouvera ci-dessous quelques souvenirs sur cette promotion d'instituteurs, ainsi que sur les deux précédentes et les deux suivantes que Marius AUTRAN avait croisées.

On trouvera également quelques souvenirs écrits de Marius AUTRAN sur la vie à l'École Normale à cette époque, ainsi qu'une chanson classique des normaliens de l'époque : L'Instituteur en Vacances, composée par Antoine Méchin de la promotion 1909.

On y a joint quelques autres souvenirs de l'École Normale d'Instituteurs de Draguignan de la fin des années 20, conservés par Paul Camoin (promotion 1926-1929), que nous avons numérisés à partir de ses manuscrits, et que nous publions avec l'autorisation de sa fille, Madame Annie Genta.

 

B. Bouscau, Paul Camoin, P. Escoffier, A. Favier, R. Flotte, J. Forestieri, L. Gal, A. Giordano, J. Giraud, E. Gourillon, G. Guglielmi, G. Hasser, C. Jalabert, Charles Luccioni, J. Maurel, A. Thomas, G. Ventre

La promotion " La Cigale "
Oh ! mon cher lecteur bénévole !
Sois béni pour ta bonne action,
Et ne sois pas froid comme un pôle
A notre illustre promotion.
 
Voici Bouscau, ouvrant la marche,
- C'est un quatrième année français -
Buveur, paresseux, c'est une arche
De la promotion, on le sait.
 
Le suit Camoin, mathématique,
Bon élève, brave garçon,
Qui sous un air évangélique
Est cependant un gai luron.
 
Escoffier Paul, nez en bataille,
Fait soudain son apparition ;
Sans aucun bruit, toujours travaille,
Ou bien joue de son violon.
 
Immense, Favier est Auguste ;
Mais très fantasque est son humeur ;
Il porte le prénom d'Auguste ;
De plus, il est très travailleur.
 
Flotte Fernand est un beau gosse ;
Il étudie avec ardeur ;
- Qu'il me pardonne mon mot rosse -
Il est gentil et a bon coeur.
 
Forestieri est bien un Corse ;
- Ne te trouble pas, cher lecteur -
Rieur et doux, il est sans force
Pour faire mal et sans rancoeur.
 
Louis Gal, poète à ses heures,
N'est qu'un piètre rimailleur ;
Têtu, fantasque, il demeure
Paresseux-né, - et footballeur.
 
Voici Giordano qui dévore
Romans, nouvelles et récits ;
Ce grand talent, il le décore
Avec des reins très assouplis.
 
Giraud fut l'excellent apôtre
De pauvre journal anémié ;
A l'école, ses patenôtres
Ne nous le font pas oublier.
Gourillon a un grave organe ;
Il nous chante « toréador » ;
Voyou, méchant, il sort la lame,
Ou bien, puissamment, il vous sort.
 
Voulez-vous un garçon très calme ?
J'ai votre affaire : Guglielmi.
Sérieux, rangé, il est calme
Et fera excellent mari.
 
Hasser est profond psychologue ;
Paresseux, braillard, bon enfant,
Il veut devenir sociologue
Mais c'est Pierrefeu qui l'attend.
 
Un ténor de tout premier ordre,
C'est Jalabert, ténor de Trans
Est son grand titre, et le désordre
Règne chez lui, sauf pour le chant.
 
Luccioni, qui semble un prophète
Conte des blagues à tout moment ;
Conserve au bec sa cigarette
Qu'il ne quitte pas un instant.
 
Maurel est juif, on peut le dire
Dans le secret, bien doucement ;
Je crois qu'il n'a pas lu Shakespeare,
Mais il est rouge - et non blanc.
 
Thomas glousse comme une poule
Lorsqu'il veut rire doucement ;
Breton, il nous ameute en foule
Pour nous dire : « on vous attend ».
 
Enfin, pour fermer cette marche,
Voici Ventre, prénom Gilbert
C'est ce gai compagnon qui marche
Dans un effroyable concert.
 
De la promotion « La Cigale »
Lecteur, tu connais tous les noms
Je m'arrête et je ravale
Ma verve, car je fus très long.

 

 
Fait en la résidence de la « Nonne »,
en la bonne ville de Dracène *
ce samedi 5 février 1928,
à l'occasion de la bringue descentique
du Luc (26/2/28)
 
* (Draguignan)
 
Copié sur ce carnet ce 27 février 1928
Choff pour Pâques = 33
Hommage de l'auteur à son cher Camoin
L'auteur
• Lag
 
Texte conservé par Paul Camoin (promotion 1926-1929), que nous avons numérisé à partir de ses manuscrits, et que nous publions avec l'autorisation de sa fille, Madame Annie Genta.

Y. Bech, Barthélemy Bottéro, P. Carles, E. Carrière, A. Casanova, M. Deville, Jean Luccioni, A. Michel, J. Morvan, L. Renoux, M. Revel, R. Richerme, E. Rouge, A. Rougier, J. Rougier, R. Signoret
 

Promotion « L'AVENIR » de l'École Normale d'Instituteurs de Draguignan (1928-1931)
Photo 1
De gauche à droite, debout : MM. F. LAMBERT (Draguignan), Marius AUTRAN (La Seyne), P. BERTORA (Fréjus), Toussaint MERLE (La Seyne), Alexandre MIROY (La Seyne), A. REVOL (Toulon), V. PASTORELLO (Lorgues), V. ESPANA (Lorgues), P. COUDENQ (Fréjus), Denis GUIEU (La Seyne), M. GUILHAMET (La Seyne), R. VERSE (Toulon).
Assis : MM. L. BERNARD (La Seyne), P. JALABERT (La Seyne), E. RAJAU (Toulon), P. BISSON (Toulon), F. MORVAN (Toulon)

 
Promotion « L'AVENIR » (1928-1931) de L'École Normale d'Instituteurs de Draguignan.
Photo 2
De gauche à droite, debout : MM. P. BERTORA (Fréjus), L. BERNARD (La Seyne), R. VERSE (Toulon), E. RAJAU (Toulon), A. REVOL (Toulon), P. BISSON (Toulon), P. JALABERT (La Seyne), Marius AUTRAN (La Seyne), M. GUILHAMET (La Seyne), P. COUDENQ (Fréjus), Toussaint MERLE (La Seyne), F. MORVAN (Toulon)
Assis : MM. V. PASTORELLO (Lorgues), V. ESPANA (Lorgues), F. LAMBERT (Draguignan), Denis GUIEU (La Seyne), Alexandre MIROY (La Seyne)

Promotion « EXCELSIOR » (1929-1932) de L'École Normale d'Instituteurs de Draguignan.
 
Marius AUTRAN (qui appartenait à la promotion précédente), n'avait pu identifier - 70 après - que 7 des 18 visages. En avril 2005, une identification compléte des élèves de la promotion a pu être effectuée par Robert FERS, comme indiqué ci-dessous, avec peut-être quelques incertitudes. Nous remercions sincèrement Isabelle LEO, fille de Robert FERS, qui avait trouvé cette photo sur internet, de nous avoir contacté et de nous avoir fourni les noms manquants. Nous remercions également MM. J.-P. et P. ORCIER pour la rectification apportée dans l'identification de leur père et grand-père Charles ORCIER.
Debout : MM. G. SAVINE, Francis ARNAUD, Robert FERS, F. RHODEZ, F. MEISTER, G. DAUMAS, M. CROVETTO, A. DELPUI, G. GRAILLON, L. FABRE
Assis, de gauche à droite : MM. Jean MARTINELLI, G. SIGAUD, Charles ORCIER, André JAUFFRET, R. MÉJASSON, L. BRÉANDON, E. MICHEL, P. LEROUX

M. Aitelli, F. Calvy, P. Carles, E. Chieusse, A. Conil, N. Dufour, J. Favier, H. Granet, L. Granoux, A. Gravier, E. Guieu, P. Lamar, G. Langlois, R. Michel, R. Pichot, M. Poitevin, E. Queau, B. Roch, R. Teissseire, G. Vialla

Promotion « LE FLAMBEAU » (1930-1933) de L'École Normale d'Instituteurs de Draguignan.
 
La liste complète des noms se trouve sur la carte de promotion ci-dessus. Mais on n'a pu actuellement identifier sur la photos des élèves que 9 des 20 visages :
Debout, à partir de la gauche : MM. Emile GUIEU (6e), A. GRAVIER (8e), René PICHOT (10e), René TEISSERE (11e), Francis CALVY (12e)
Assis, de gauche à droite : MM. ?, ?, H. GRANET, E. QUEAU, Jean FAVIER, N. DUFOUR, ?, ?


La vie à l'École Normale d'Instituteurs de Draguignan à la fin des années 1920
Souvenirs rassemblés par Marius AUTRAN en 2001

Directeur : Alphonse Gilet, homme d'une rare intelligence, ancien Inspecteur Primaire, excellent pédagogue, administrateur incomparable malgré les difficultés.

Monsieur Alphonse Gilet, Directeur de l'École Normale d'Instituteurs de Draguignan, assis, au centre de la promotion 1920-1923

L'École Normale d'Instituteurs était un bâtiment vétuste, mais aux structures suffisantes pour travailler correctement avec d'excellents professeurs.

L'École Normale d'Instituteurs de Draguignan, vers 1928

Inconvénients matériels : pas de chauffage dans les dortoirs, pas d'eau chaude, une douche par semaine au fonctionnement problématique, un seul poêle dans la salle d'études.

Propreté des locaux assurée par les élèves.

Le service du dortoir

Alimentation abondante, mais de qualité médiocre (viandes de troisième catégorie, légumes secs, poissons secs venus de l'Océan).

Aux réclamations des élèves et de leurs parents, l'Économe répondait qu'il disposait seulement de 7 à 8 francs par jour et par élève pour la nourriture, le lavage du linge, la santé, etc.

Formation pédagogique : passage en classe d'application (dans une école primaire à deux classes fonctionnant à proximité de l'École Normale) une fois par mois, suivi d'un rapport de l'instituteur. Chaque élève devait également faire une leçon-modèle devant la promotion en présence de tous les professeurs, leçon suivie d'une large discussion et de sévères critiques.

Les élèves remplaçaient les enseignants de Draguignan se trouvant en congé de maladie.

Le Directeur nous emmenait souvent en visite dans les écoles estimées les meilleures dans le département, visites suivies de discussions en salle d'études. On appelait ces visites des sorties pédagogiques (les frais de déplacement étaient à la charge de l'Administration).

M. Gilet avait le souci d'éviter des dépenses excessives à l'Inspection Académique en assurant le remplacement des enseignants en congé de maladie et mieux encore : durant le dernier semestre de l'année 1931, le Surveillant Général cessa ses fonctions, appelé par la Loi au Service Militaire ; il ne fut pas remplacé par l'Académie et ce fut l'élève Marius Autran qui fit fonction de Surveillant Général, ayant la confiance de M. Gilet (bien entendu à titre bénévole).

Loisirs : Nous avions le choix entre les promenades à la campagne ou les parties de cartes dans les cafés de la ville. Personnellement, je préférais, avec plusieurs copains, herboriser ou capturer des insectes pour nos collections.

Il y avait un seul cinéma à Draguignan qui offrait bien des films. Hélas ! à l'heure d'ouverture (17 h), nous devions être rentrés à l'École.

L'autorisation nous était tout de même accordée d'accompagner l'équipe de football des normaliens dans les villages environnants, en compétition avec des joueurs amateurs des campagnes varoises.

M. Gilet nous emmena visiter des musées, des caves-coopératives vinicoles. Il fit venir souvent des conférenciers traitant de sujets à caractère culturel.

Cet homme de bien a dirigé l'École Normale de Draguignan pendant une quinzaine d'années et a laissé des souvenirs très attachants.

NB. (septembre 2013) : En 1964, l'avenue située entre l'avenue Jules Ferry et le groupe scolaire Ferry, a été baptisée Alphonse Gilet en mémoire du charismatique directeur de l'École normale d'instituteurs de Draguignan dans les années 1920. Cette avenue a été débaptisée en 2010 et a été renommée avenue Philippe Séguin (Wikipedia).

Durant la seconde année, la promotion fut informée du fonctionnement éventuel d'un cours de Préparation Militaire Supérieure. Une dizaine d'entre nous acceptèrent d'en suivre les cours (2 heures par semaine) sous la conduite de l'Adjudant-chef Carré et du Commandant Grisault. Nous fûmes amenés à passer un concours pour l'École d'Officiers de Réserve de Saint-Maixent en Août 1931. Presque tous les volontaires de la P.M.S. y furent admis et devinrent, l'année suivante, sous-lieutenants de réserve.

Préparation Militaire Supérieure des élèves de l'École Normale d'Instituteurs de Draguignan, avec l'Adjudant-chef Carré (1931)


L'instituteur en vacances
Paroles et musique d'Antoine Méchin
Fin Août 1909

I
Quand revient le mois de juillet,
L'instituteur, tout guilleret,
S'écrie : Ah ! voilà les vacances
Et leurs heureuses conséquences
Il tire un trait sur tous ses maux,
Les entiers et les décimaux,
Et laisse là les participes
Pour flâner selon les principes.
 
L'instituteur est souriant.
L'instituteur est bon enfant,
Il s'attarde vers les rivières,
Les clairières.
Il lit de très nombreux journaux
Et s'endort sur les faits nouveaux,
Bercés par la calmante ivresse
De la Paresse.
II
Sa classe devient un local
Où s'entassent, tant bien que mal,
Les vieux souliers et les casquettes,
Les fourneaux et les bicyclettes.
Il y fait sécher des jambons,
Des haricots et des oignons,
Dont les richesses végétales
Rappellent les Halles Centrales...
 
L'instituteur est gracieux,
L'instituteur est radieux,
Il reçoit maint collègue aimable,
A sa table.
On déguste les meilleurs vins
En savourant des plats surfins,
Et joyeusement le coeur vibre.
Car on est libre.
III
Si, dans le fond de son gousset,
Frémit un mandat bien complet,
Il se dirige vers les gares,
En fumant d'excellents cigares.
On le voit alors à Dijon,
A Vichy, Genève ou Mâcon
Quelquefois même sur des plage
Très lointaines et très peu sages.
 
L'instituteur est élégant,
L'instituteur est séduisant ;
De splendeurs son regard se rince
C'est un Prince...
Il peut frôler des dames bien
Qui promènent leur petit chien,
Et goûter des eaux minérales,
Très peu banales.
IV
Mais quand l'octobre au ciel tout gris
Souffle sur les plaisirs taris,
Vite, on regagne ses pénates
Où chacun rentre sans épates.
On remet la classe d'aplomb,
On se sent dans l'aile du plomb,
Elles se meurent les vacances,
Adieu, folles exubérances.
 
L'instituteur n'est plus gaillard,
L'instituteur n'est plus flambard,
Il faut reprendre les formules,
Les virgules.
Il faut retrouver l'A Bé Cé,
Et sur le tableau délaissé
Voir tout en noir ses espérances !
Adieu, Vacances !


NB. Lorsque Marius AUTRAN évoquait ses souvenirs d'école normale, il prétendait que la chanson ci-dessus était l'œuvre de la promotion (ou d'un élève de la promotion) de Florentin ALZIARY, comme si Antoine MÉCHIN avait été l'un d'eux.

Or nos recherches ont montré qu'Antoine MÉCHIN, instituteur artiste, était originaire de Saône-et-Loire. Voir page internet : http://www.lejsl.com/edition-de-montceau-les-mines/2012/09/15/antoine-mechin-(1868-1951)

Antoine MÉCHIN vu par marix dans la gueule noire photo dr 1462194157

Antoine Méchin a marqué l’histoire du Bassin minier dans les années 30 grâce à ses célèbres Revues.
Antoine Méchin naquit à Charolles, le 20 mai 1868. Il fut remarqué à l’école comme un bon élève qui, de surcroît, aimait la musique au point d’intégrer, dès l’âge de 13 ans, l’Harmonie de Charolles où il joua jusqu’en 1899. Il fit donc des études plus longues que ne l’avaient prévu ses parents, et il réussit ainsi le concours d’entrée à l’École normale d’instituteurs de Mâcon.

Devenu instituteur, et après plusieurs postes, il fut nommé en 1901 à l’école du Bois-du-Leu de Sanvignes. Le sort de cette école était particulier : de 1901 à 1908, les cours eurent lieu, faute de bâtiment convenable, dans l’arrière-salle d’un café, le Café Michon. L’école fut enfin construite et prête en 1908 !

Antoine Méchin y resta jusqu’à la fin de sa carrière. Entre-temps, il était entré comme joueur de bugle à la Fanfare de Sanvignes, « le Réveil des Travailleurs ». Il en devint rapidement le directeur, puis, en 1919, le président-directeur.

Il anima ainsi la vie musicale de Sanvignes et du Bassin minier pendant de longues années. Il se fit connaître et applaudir avec ses « Revues ». C’était alors la mode ; le public adorait les « Revues musicales ».

À Montceau, la salle de l’Eden-Concert, grâce à la troupe Bertin-Bert, était toujours pleine, les dimanches, pour des représentations de revues d’Antoine Méchin telles que Montceau s’amuse ou Montceau a bonne mine, ou encore Tout le monde en parle, dont la Berceuse des ondines fit le tour du département !

Une rue à son nom.
Il avait la plume facile. Il composa même, en 1920, un long poème, L’instituteur en vacances, imprimé en quatre pages. Il fit le tour des écoles normales de la France entière ; on le retrouvait, par exemple, récemment, sur le Web, parmi les souvenirs d’un instituteur de Draguignan !

Il avait aussi la plume acerbe. Il collabora, dès sa fondation en 1924, et jusqu’à la fin, en 1937, au mensuel La Gueule Noire, qui était au Bassin Minier ce qu’était Le Canard Enchaîné à la France ! Ce journal satirique réunissait, autour de Pierre Camus, Lucien Chapuis et Georges Jordery, les plus belles plumes du Bassin minier des années 30. Antoine Méchin signait généralement ses articles ou ses poèmes du pseudo de « Jehan du Bois-Bouché », qui était aussi le nom dont il signait ses Revues musicales.

En 1924, ce fut la retraite. Il n’abandonna pas tout de suite la vie musicale de Sanvignes. Puis il partit avec sa femme à Cormatin, dont il devint le maire. À la mort de sa femme, il se retira à Chalon-sur-Saône, où résidait sa fille aînée. Il y mourut, le 6 mars 1951 : il avait 82 ans. Pour maintenir la mémoire de l’instituteur à Sanvignes, une rue Antoine-Méchin fut créée en 1997.

J.-Pierre Valabregue (CLP)



Il ne semble pas qu'il y ait eu de lien entre Antoine MÉCHIN et l'école normale de Draguignan, pas plus qu'entre Florentin ALZIARY (né en 1898, 11 ans en 1909, et entré à l'école normale d'instituteurs de Draguigan en 1917, donc bien après qu'Antoine méchin eut composé L'instituteur en vacances.

Marius AUTRAN n'étant plus là pour évoquer ses souvenirs, nous n'avons jamais pu élucider l'origine de cette confusion.










Quelques autres souvenirs de l'École Normale d'Instituteurs de Draguignan de la fin des années 1920, conservés par Paul Camoin (promotion 1926-1929), que nous avons numérisés à partir de ses manuscrits, et que nous publions avec l'autorisation de sa fille, Madame Annie Genta.

Art. I - Par définition, on vient à l'Ecole Normale pour bûcher.
 
Art. II - Il existe une division en 3 parties dans l'effectif des normalots :
a) les protos : négligeables
b) les dottos : respectables
c) les vétérans : vénérables
 
Art. III - Les protos : moins que la dix millionième partie d'un de ces monticules qui se rencontrent dans les endroits malodorants.
Un proto est une canaille de sotte espèce.
Les protos sont corvéables à merci : ils font le service, vont ramasser les crottes et la terre pour le jardin du patron, font les corvées supplémentaires sans rouspéter : charbon, bois,... etc...
Ce sont eux qu'on empègue en étude.
Ils n'ont que le droit de se taire et encore leur est-il contesté.
On leur aplatit les coutures et il paie cigare, café, pousse-café le premier dimanche de sortie.
Ils doivent respect et obéissance aux vétérans et aux dottos. Les protos ont toujours bon dos : en étude, au réfectoire, au dortoir.
Un seul jour leur est accordé pour se soulager de leur misère : c'est la descente.
 
Art. IV - Les dottos : n'ont jamais été protos : ils étaient élèves de première année. Ils ont bien quelques pouvoirs, en premier lieu celui de se monter le coup, mais c'est la promo qui reste le plus dans l'ombre. Intermédiaires entre les protos et les vétérans, ils marquent la choff, connaissent les trad's et forment l'association des jeux de mots. Ils bardent un seul jour par an : à la descente.
 
Art. V - Les vétérans : ceux qui n'ont pas autre chose à faire que d'attendre la fuite. Ils détiennent tous les pouvoirs et tous les privilèges. Chefs de service, ils empèguent qui bon leur semble.
Pourvus d'une étude spéciale, ils peuvent se permettre quelques libéralités : transformer leur étude en cour de justice et faire des baptêmes ; ils enseignent les trad's aux protos et disent la messe le soir de la descente.
 
Art. VI - La descente : supprimée et remplacée par une fête des dottos.
 
Art. VII - Chaque proto doit voir son carnet de trad's où sont écrites les poésies traditionnelles : silhouettes normaliennes, les pauvres moineaux, réponse à une bécasse encagée.
Le carnet doit avoir aussi un graphique de la vie de normalot et la photo de la promo.
Des poésies copiées par les copains achèvent le carnet.
 
Art. VIII - Chaque promotion a son baptême particulier, chanson bien rythmée avec accompagnement de bureau, règle, tiroir.
Il existe de plus un baptême traditionnel : celui de la promo 16-19 : De passage à la mascara.
 
Art. IX - Un normalot est toujours modeste : il est sûr d'avoir le super et se croit supérieur aux autres élèves : norm's et potaches, parexemple.
Ce sont les normalots qui brillent dans les concerts, fêtes de gym et matchs de foot.
 
Art. X - Lorsque les protos rentrent, ils sont polochonnés et on les fait sauter. Les compilatis et pieux en portefeuille sont de rigueur.
 
Calendrier de la promotiion 1926-1929,
avec, au sommet, le 17 février 1928 à minuit : la descente)
- Le Proto -
 
L'uniforme est sans plis, la casquette sas rides
Les palmes sur le drap mettent leur tache d'or
Il s'en va, triste et seul, dans le grand jardin vide
La grande et rude école l'ahurit tout d'abord.
 
Il rêve en ce jardin aux faciles écoles
Dont il dut à jamais déserter le chemin
Pour venir à la norm' parler de paraboles
De leçon de chimie qu'il faut savoir demain
 
Et tous les mots nouveaux sortis de son lourd livre
Dansent dans son esprit en des rondes sans fin
A l'heure où le jardin de dentelle se givre.
 
Le directeur lui dit : « après l'arithmétique,
Etudiez votre âme », mais lui fort peu malin
Ne trouve rien en lui de bien psychologique.
 
 
- Le Dotto -
 
Les palmes sont flétries, la casquette est brisée
Et la cravate noire a déserté le col.
Il ne t'étudie plus, grand-mère méprisée
Et chante en clé de fa bien mieux qu'en clé de sol.
 
Il rêve en ses loisirs une date terrible
Terme fatal, épique et qu'il redoute un peu
Il mâchonne un espoir : être au moins admissible ».
Seul, au vent qui en rit, il répète son voeu.
 
Il pioche en attendant les carbures primaires
Les talents de Racine, les vertus des métaux
Et les divers terrains des couches secondaires.
 
Il déserte la ville, alourdit son allure
Gonfle sa pauvre tête de chapelets de mots
Et, plongé dans son livre, il oublie la nature.
 
 
 
- Le Vétéran -
 
La casquette est finie, disloquée, trop petite
Les genoux sont râpés, les coudes reluisants
Mais qu'importe, il consulte la blanche marguerite
Car sa Lise est jolie et vient d'avoir seize ans.
 
Toute question de notes, le sature et le vexe,
Il blague le proto, q'un d'eux a dépité
Mais il s'indignera de sa note d'annexe,
D'un 0 de péda qu'il n'a pas mérité.
 
Il désire tout bas l'escapade prochaine
Au déclin des journées de fatigue et d'ennui
Il tremble un tantinet en pensant au C.N.
 
Et le soir à l'étude, inquiet des lendemains
Il cherche en s'absorbant dans la revue qu'il suit
La petite leçon qu'apprendront les gamins.
 
 
 
- Le Cube -
 
Lui aussi quelquefois rêvait à l'escapade
Aux murs que l'on laissait à l'ombre du Malmont
A la vie qu'on guettait : morne, unie et bien fade
Pour un autre lointain, mais brillant horizon.
 
Il est libre aujourd'hui, sa toute petite école
S'ensoleille et se pare ainsi qu'un frais jardin
Et sa troupe de même, docile à sa parole
S'en allant dans la vie, choisit le droit chemin.
 
Et la pédagogie pour lui seul souriante
Effeuille sous les pas des lauriers et des fleurs
Il est le benjamin de la troupe enseignante.
 
Il regrette pourtant le passé qui s'envole
Et du geste, il adresse, oubliant ses rancunes
Un nostalgique adieu à son ancienne école.
 

 
MM. J. BARRA
R. BOUVIER
R. CHABOT
J. CHIAPELLO
M. CLAIR
V. COLLEGHIA
E. COULOMB
H. DEDIEU
P. GIORDANO
A. LUCCIONI
G. MAGNINO
G. RENAC
P. ROUVIER
H. RINAUDO
E. SIMI
P. UNIA
 

 


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