La Seyne_sur-Mer (Var)   Histoire de La Seyne_sur-Mer (Var)
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du Tome III
Marius AUTRAN
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Images de la vie seynoise d'antan - Tome III (1990)
De l'Olympique Seynois
à l'O.M.S. de 1980
Cent ans de sport à La Seyne
(Texte intégral du chapitre)
 

 Préambule - Trois périodes

Parmi les nombreux souvenirs évocateurs du passé seynois, il en est qui rappellent des faits marquants, éphémères, dont les prolongements font l'objet de rappels périodiques de la presse et qui malgré cela s'évanouissent peu à peu avec le temps qui passe.

Ce fut le cas pour des catastrophes dont notre ville n'a pas été épargnée ou alors des événements ponctuels souriants : des lancements de bateaux célèbres, des inaugurations spectaculaires de structures économiques, par exemple.

Par contre d'autres faits ont été, à l'origine, de véritables institutions qui ont sensibilisé les individus à tel point qu'ils ont éprouvé le désir d'assurer des continuités et de transmettre aux autres ce qu'ils avaient jugé bon pour eux-mêmes.

Quand Marius Gaudemard fonda La Seynoise, il y a 150 ans, il ne se doutait pas que le flambeau de l'art musical et de la culture artistique qu'il porta très haut dans notre ville serait repris par d'autres, après sa mort en 1870 et que son oeuvre se poursuivrait si longtemps sous des formes diverses.

Quand certains de nos concitoyens comme Laugier, Oliver et bien d'autres, fondèrent, il y a déjà un siècle, les premières associations à caractère de loisirs à une époque où le travail était rude et les congés rares, ils ne pouvaient alors imaginer que leurs initiatives seraient considérées un jour comme l'origine du mouvement sportif qui tient tant de place dans la vie quotidienne seynoise.

Comme nous avons en d'autres occasions rendu hommage aux premiers édiles, aux premiers constructeurs de navires, il nous a paru nécessaire et utile d'intégrer dans notre recueil une sorte d'historique des sports à partir de la fondation de notre communauté seynoise.

Si nous avions omis de le faire, nos amis auraient estimé impardonnable cette grave lacune et ils auraient eu raison.

Nous allons donc vous parler du sport à La Seyne en remontant aussi loin que possible dans le passé, mais le sujet est si vaste et si ardu qu'il n'a été traité ici que de façon fragmentaire, ce dont nous nous excusons par avance. Vaste, parce qu'il s'étend sur plusieurs siècles, ardu parce que la recherche de documents probants n'est pas toujours chose aisée surtout quand on veut résolument affronter les obscurités d'un passé souvent impénétrable.

Il faut dire aussi que notre XXe siècle agonisant nous a donné le spectacle d'une transformation si profonde de la société, d'une évolution si rapide des conditions de vie et des mentalités humaines, qu'il est de plus en plus difficile de reconstituer le passé lointain... un passé qui ne semble pas toujours concerner nos jeunes, à les entendre, parce qu'ils sont familiarisés avec les transistors, les machines à calculer, les ordinateurs, le Concorde et le Bathyscaphe.

Et pourtant ont-ils le droit d'ignorer les mérites d'un Galilée ou d'un Copernic dont les premiers travaux et les découvertes ont ouvert la voie à l'astronomie et à la conquête spatiale à une époque où les instruments de travail relevaient de la plus grande indigence et surtout dans une société dominée par la toute puissance de l'Église et des forces rétrogrades opposées violemment à toute idée de progrès.

Nous avons fait des remarques semblables à propos des problèmes de l'Enseignement et de la culture pour vanter les mérites de nos anciens et malgré cela il nous faut y revenir pour expliquer le retard considérable pris par les hommes dans la pratique des sports et comprendre qu'on ne devait pas se contenter de faire des exercices quelconques.

Il fallut d'abord connaître sérieusement la constitution du corps humain et son développement ; savoir tirer le meilleur parti de la force musculaire.

On a de la peine à imaginer aujourd'hui des luttes nécessaires de plusieurs siècles contre les préjugés et plus généralement contre les forces de l'obscurantisme.

Au sortir du Moyen Age l'esprit scientifique apparaît. On traduit les ouvrages des savants grecs et romains et l'on découvre que leurs conceptions diffèrent.

Puis les discussions, les échanges conduisent à une observation précise des lois de la nature et la science expérimentale apparaît. Mais les résistances de l'Église s'avèrent particulièrement redoutables.

N'est-il pas vrai que les premiers spécialistes de l'anatomie, de la physiologie et de la chirurgie tels Ambroise Paré, André Vésale, Michel Servet ont eu des démêlés avec elle parce qu'elle s'opposait à la dissection des cadavres ?

N'est-il pas vrai que, dans la même période, Galilée fut condamné à abjurer devant l'Inquisition ses théories sur la rotation de la terre et le mouvement général des planètes, que Vésale, accusé faussement d'avoir ouvert le corps d'un homme vivant, fut condamné à mort, que Servet, accusé de nier la Trinité, fut condamné au bûcher par Calvin ? On pourrait multiplier des faits semblables.

Dans de telles conditions, les idées de progrès eurent bien du mal à se frayer un chemin à travers l'histoire.

Et il en fut du Sport comme des Arts, des Sciences, de la Culture.

Le Sport ! Que signifie exactement ce vocable dont nous savons tous qu'il est d'origine anglaise. Ce que l'on sait moins c'est son étymologie qui provient du mot desport ou encore déport, vieux français qui a le sens de : " manière d'être du corps et celui de divertissement, d'où les lexicologues ont tiré la définition suivante : ensemble d'amusements comprenant surtout les exercices ayant pour but de développer la force musculaire, l'adresse et le courage ".

Le mot sport n'a pas son équivalent dans la langue française et la signification en anglais reste vague. Il désigne un grand nombre de jeux, d'exercices et même de plaisirs tout simples : depuis la chasse et la pêche, le tir, l'escrime, la natation, la navigation, les courses en tout genre en passant par les sports d'équipes avec toutes leurs variantes pour en arriver à des créations nouvelles d'origine française ou étrangère.

Les lois de l'évolution étant inéluctables, on constate au fil des ans que dans le domaine du sport comme dans tous les autres, des changements interviennent avec le temps, les moyens matériels, les progrès de la science, la conquête des milieux naturels, la montagne, le ciel, la mer, les cours d'eau...

Les sports de la montagne sont nés quand l'homme a pu la pénétrer aisément. Après la découverte des carburants et des moteurs, sont apparus les sports mécaniques.

Les disciplines sportives se sont multipliées. Remarquons toutefois que les plus anciennes persistent depuis des millénaires. Aux Olympiades des Grecs de l'Antiquité, la course à pied, le disque, le javelot n'étaient-ils pas déjà pratiqués avec ferveur ?

Quand on parle du sport, on aborde le domaine immense des activités que l'homme a recherchées par nécessité vitale d'abord, par amusement ensuite. Par surcroît, la compétition fait naître en lui le désir de parier, mais reconnaissons-le, cette perspective lucrative n'est pas le meilleur côté des activités sportives qui débouchent trop souvent, hélas ! sur les trafics d'influence et même des scandales.

Notre étude se limitera au cadre local en essayant d'expliquer comment le sport et ses variantes sont nés à La Seyne, quelle place ils ont pris peu à peu dans la cité.

Pour obtenir des pôles d'attraction pour des milliers de nos concitoyens ; quels furent les protagonistes dont nous avons le devoir de perpétuer le souvenir ?

Nous l'avons divisée en trois périodes de durées très inégales déterminées en fonction des moeurs, des coutumes du temps passé, de la législation décidée par les autorités publiques, des événements politiques, des influences venues de l'étranger.

La première s'étend sur plus de deux siècles durant lesquels rien de concret ou presque ne se dégage en faveur des activités proprement sportives. Le mot sport lui-même n'est pas connu. Entre 1657 date de fondation de notre Commune et la naissance de la IIIe République, on pratique bien des activités physiques et même des entraînements parce qu'il faut toujours penser à préparer des hommes à la guerre.

Avec plus ou moins de fréquence il est vrai ; mais il en est ainsi depuis les Spartiates.

Au Moyen Age, on exaltait la force physique dans les combats singuliers, dans les tournois. Le sport équestre était connu. Certes, les féodaux le pratiquaient intensément mais essentiellement à des fins guerrières.

La grande masse des travailleurs, surtout ceux de la terre, les manants attachés à la glèbe s'épuisaient dans les champs, leur journée de travail n'avait pas de limites et leurs instruments aratoires primitifs n'allégeaient guère leurs efforts. Leur vie misérable ne leur offrait que de rares perspectives de divertissements.

De loin en loin, ils assistaient sur les places publiques, à des foires au cours desquelles des saltimbanques se produisaient, des faiseurs de tours, des acrobates, des équilibristes, des funambules, capables de faire des prouesses pour gagner quelque argent. Des patrons bateleurs exploitaient honteusement des enfants desquels on exigeait, à force d'exercices répétés vingt fois par jour, des déformations de leur corps contre nature. Des athlètes robustes allongés sur le dos attendaient qu'on posât sur leur ventre des enclumes sur lesquelles d'autres venaient forger. Tout cela remplissait bien d'admiration les badauds qui s'en allaient souvent avant la fin du spectacle pour n'avoir pas à verser leur obole.

Tout cela était du spectacle, mais on était loin de la vulgarisation du sport.

Ce genre d'attractions qui coïncidait souvent avec le passage des troubadours dura pendant des siècles.

Les choses auraient pu changer plus vite avec le développement des sciences et des techniques et surtout par le désir du peuple de savoir et de s'instruire.

La Féodalité disparue, ce ne fut pas la Royauté qui se lança dans une politique d'émancipation de ses sujets. Il fallut parvenir au milieu du XIXe siècle pour qu'une amorce de vie associative prenne naissance. Des groupements à caractère philosophique, culturel, mutualiste seront non pas autorisés, mais tolérés seulement... à titre précaire et révocable suivant l'expression consacrée.

À partir de là, notre étude entrera dans la deuxième période, celle qui s'étendra sur la IIIe République, les deux guerres mondiales, la libération du sol national, la IVe République. Nous verrons comment dans cet intervalle, le sport et les activités de loisirs pour la population sont nés et auraient pu prendre une extension considérable, si la guerre et le manque d'initiative, comme toujours, n'avaient pas freiné le progrès dans tous les domaines de l'activité humaine.

La troisième période c'est l'après-guerre qui débute à partir de 1948 pour les Seynois qui assisteront à une véritable flambée des activités sportives, à la multiplicité considérable des disciplines, à la fondation de l'Office Municipal des Sports sous la Municipalité Toussaint Merle.

En attendant d'examiner dans le détail l'aspect de chaque période, les tâtonnements, la lente évolution du début, revenons à la fondation de La Seyne comme commune autonome.

 

1658... Avec l'Enseigne de la Jeunesse

Le 22 Avril 1658 fut mise en place à La Seyne la première administration municipale avec ses consuls, son trésorier, ses intendants de santé, son capitaine de port, etc. Parmi les fonctionnaires ou responsables locaux, fut désigné un Enseigne de la Jeunesse dont on aurait pu croire qu'il avait pour mission de donner aux jeunes seynois les premiers rudiments de la lecture ou du calcul.

Pas du tout ! Cette notabilité de la hiérarchie communale était peut-être illettrée elle-même dans cette période où l'instruction n'était réservée qu'à une minorité de la classe bourgeoise bien pensante et dispensée par le Clergé.

Le rôle de cet Enseigne de la Jeunesse consistait à organiser pour elle des loisirs sains, des divertissements collectifs, des jeux susceptibles de canaliser et de maîtriser des turbulences excessives, parfois génératrices de désordre public.

C'est probablement là, dans ces rencontres de jeunes gens sous la direction de l'animateur officiel qu'il faut voir la naissance du sport à La Seyne.

Certes, aucune réglementation n'est imposée ni aux joueurs ni aux organisateurs. On joue pour se distraire, pour se détendre. On connaît le jeu de ballon que l'on pratique dans les rues, la rue Messine en particulier, qui connut cet amusement jusqu'au XVIIIe siècle et c'est bien pourquoi elle s'appela primitivement rue du Jeu de Ballon.

Dans les terrains vagues, aux abords mêmes de l'agglomération, au quartier Beaussier, sur la place des Capucins (extrémité du cours), sur la place de la Lune, nos jeunes gens jouaient, couraient, sautaient.

Les rues paisibles s'animaient des joueurs de quilles. Les petites filles s'intéressaient beaucoup aux jeux de la corde, de la marelle et du diabolo. On y voyait aussi s'exhiber les amateurs du jeu de paume.

Ce dernier consistait à se renvoyer des balles avec la paume de la main. On le pratiqua jusqu'au milieu du XIXe siècle en utilisant alors des gants de cuir. On peut dire qu'il fut à l'origine du tennis quand les joueurs imaginèrent la raquette pour renvoyer les balles.

L'histoire locale nous a appris que ce jeu de paume était encore pratiqué en 1901 sur la place Noël Verlaque (place de la Lune) contre le mur des chantiers navals et que la Municipalité du moment présidée par Julien Belfort recevait des protestations des gens du quartier, on comprend bien pourquoi.

Déjà se posaient les problèmes de l'environnement. Un lieu qui connut les premiers spectacles d'animation fut le bas du Cours (place Laïk père et fils aujourd'hui) qui vit défiler des chanteurs ambulants accompagnés de faiseurs de tours, des jongleurs, des gymnastes, des lutteurs, des haltérophiles, des pugilistes, des montreurs d'ours...

Nos anciens venaient toujours nombreux admirer et entendre ces amuseurs publics. Les acteurs partis, les jeunes seynois vigoureux, dynamiques inspirés par de véritables athlètes imaginèrent de donner à leur tour des spectacles (pas toujours gratuits d'ailleurs !).

Au début de la vie communale, à l'occasion des fêtes de quartier décidées par les Religieux, la population se rassemblait pour célébrer Saint-Joseph (19 mars), Saint-Jean (24 juin), Saint-Pierre (29 juin), Saint-Roch (16 août), Saint-Éloi (1er décembre). Puis c'était la fête du Roitelet du 24 décembre.

La fête patronale locale du 2 juillet, fixée elle aussi par le Clergé durait trois jours. Quand ce dernier perdit de son influence, elle fut organisée uniquement par la Municipalité.

Ces fêtes débutaient toujours par une procession que la Municipalité supprima vers 1880 pour ne conserver que des réjouissances dont la plupart, à caractère sportif, comme les courses à l'aviron, les concours de boules, les exercices de lutte, de natation. Parmi les activités nautiques, on pratiquait le jeu de la targue ou joutes provençales, que les Romains pratiquaient déjà sous le nom de Naumachies, qui n'étaient autres que des simulacres de combats navals. Toutes ces activités physiques ne s'appelaient pas encore le sport, la langue anglaise n'ayant pas encore introduit dans le vocabulaire français : football, rugby, bowling, footing, handball, basket-ball, volley-ball, twirling, karting, tennis, etc.

Nos anciens pratiquaient donc les sports sans le savoir : ils couraient, ils sautaient, ils grimpaient, ils ramaient, ils nageaient. Ils ignoraient comment tirer le meilleur parti de la force musculaire, la science n'ayant pas encore enseigné aux hommes les lois de l'anatomie et de la physiologie.

Il en fut ainsi pendant plus d'un siècle. Ces divertissements et ces formes d'activités pacifiques furent souvent contrariés dans les périodes de guerre : plus de vingt ans sous la Révolution et l'Empire. On faisait bien pratiquer certaines formes de sport à la jeunesse : marches intensives, escalades, maniement du fusil, du sabre, de l'épée. C'était pour les préparer au combat. Il est vrai que certains aristocrates voulaient faire admettre au bon peuple, qu'après tout, la guerre ce n'était jamais qu'une forme d'activités physiques.

Le XIXe siècle commençait à s'ouvrir à la modernité des techniques, mais les modes de divertissements n'évoluaient guère. Dans les budgets communaux des années 1820-1830, on affectait un crédit de 150 F pour les fêtes publiques. Les Maires de La Seyne, qu'il s'agisse de Raymondis, Fauchier, Berny, Martinenq, qui suivirent en restèrent au stade des amusements, des divertissements organisés sous le contrôle rigoureux de l'administration municipale.

Les initiatives en faveur du sport ne pouvaient pas venir d'ailleurs, les associations étant interdites. À l'époque de la Royauté et de l'Empire, les groupements, de quelque nature qu'ils fussent étaient toujours suspects. La culture, les associations, aux yeux du Pouvoir royal ou impérial soupçonnées d'être ou de devenir des foyers d'une éventuelle sédition, demeurèrent interdites jusqu'à l'arrivée de Louis-Philippe au Pouvoir.

Le peuple aspirait de plus en plus au savoir et à la satisfaction de ses besoins d'expression. Rien de plus naturel !

La vie communautaire implique nécessairement des relations entre les citoyens, des rencontres, des échanges d'idées, des affinités et aussi des oppositions, mais les confrontations si passionnées soient-elles ne doivent pas être un obstacle à l'intérêt général.

Tous les citoyens, quoi qu'ils pensent, quelles que soient leurs origines, n'ont-ils pas droit à l'eau pure, à la lumière, à la libre circulation, aux structures d'accueil, à l'art musical, au gymnase... ?

En 1834, Louis-Philippe veut soigner son image de monarque libéral. Il veut créer l'instruction publique. Il fait voter une loi qui tolèrera les Associations, ce qu'avait voulu la Révolution française, mais dont on ne parla plus du tout sous Louis XVIII et Charles X.

La nouvelle loi, apparemment démocratique, permet bien la constitution de groupements, mais l'effectif ne devra pas dépasser vingt personnes. Les réunions, surveillées de près, ne se feront pas à date fixe ; l'ordre du jour devra être connu à l'avance par la police.

L'Association coupable de la moindre infraction aux règlements sera frappée de sanctions sévères. Le Président devra payer de lourdes amendes et s'il persiste dans ses négligences envers les autorités locales, alors tous les membres de la Société seront incriminés - autrement dit : le principe de la loi a bien été adopté, mais son application est sabotée, ce qui explique les raisons du retard dans le développement de la culture à La Seyne et partout ailleurs.

Ce sont les mêmes qui ont freiné le développement sportif. L'Enseigne de la Jeunesse du XVIIe siècle ne pouvait suffire à tout, la population ayant quadruplé par rapport à l'origine de la première administration communale, ce responsable aux loisirs ne disposait d'aucun moyen sérieux, d'aucune structure logistique pour satisfaire aux aspirations et aux besoins de la jeunesse.

La IIe République se voulut bien généreuse, mais elle n'eut pas le temps d'organiser un état démocratique, trois ans après sa naissance, le Prince Napoléon Bonaparte l'ayant étranglée.

Il faudra en venir à la IIIe République pour voir l'État se préoccuper des problèmes de la culture physique et prendre conscience de ses devoirs en la matière. Son action va s'exercer de deux manières en direction de la jeunesse par le ministère de l'Instruction Publique et aussi par l'encouragement au mouvement associatif qui s'éveille dans le dernier quart du XIXe siècle.

Une commission interministérielle arrêta un certain nombre de dispositions visant à faire pénétrer dans nos moeurs et dans notre vie publique par tous les moyens possibles, le goût et la pratique de l'éducation physique.

Le Président de la commission insistait en ces termes :

" Notre race est menacée d'une déchéance fatale si l'on ne parvient pas par un vigoureux effort à faire sentir à tous, la nécessité absolue d'imposer à la jeunesse l'éducation physique comme on est arrivé à lui imposer l'instruction en la rendant obligatoire ".

" Par ailleurs il faudra multiplier à l'infini les sociétés de gymnastique pour réaliser le voeu du Général Chanzy : " Faites-nous des hommes, nous en ferons des soldats " ".

À partir de 1882, pour la première fois dans les programmes scolaires, il fut question de consacrer un peu de temps (1 heure par semaine) à l'enseignement de la culture physique et sportive.

Les instructions ministérielles précisent que les élèves, maîtres et maîtresses sont tenus de passer un brevet d'Éducation physique.

À l'usage, on s'aperçut que les enseignants vieillissants éprouvaient des difficultés certaines à l'exercice de cette forme d'enseignement.

Il fut alors recommandé aux Communes de payer des moniteurs et même des instructeurs militaires pour suppléer aux défaillances - ce qui, soit dit en passant, entraîna des conflits entre Pouvoir central et Municipalités ; ces dernières estimant trop lourde leur participation aux dépenses d'enseignement (gymnastique, musique, travail manuel, dessin et même langue étrangère).

Alors le maître d'Éducation physique - et ce fut le cas à La Seyne - fut payé à la fois par la ville et le Ministère de l'Instruction publique, chaque partie entrant pour moitié dans la dépense (sans commentaire !).

Si l'État se préoccupait des problèmes de culture physique et corrélativement de la santé de la jeunesse, il avait aussi une autre perspective.

Dans les années qui suivirent la proclamation de la République, le souci des gouvernants d'alors avait été de donner aux citoyens une instruction fidèle à l'esprit républicain afin de les préparer aux devoirs civiques imposés par la Constitution nouvelle, ce qui impliqua l'introduction de l'Instruction civique dans les programmes scolaires et parallèlement à cet enseignement nouveau, il fallait former des citoyens forts physiquement et capables de défendre la Constitution républicaine et le suffrage universel en cas de conflit guerrier.

Voilà pourquoi, outre l'enseignement de la gymnastique et l'initiation à la pratique du sport, l'État voulut encourager la création de sociétés se proposant de favoriser le développement physique des citoyens, la pratique des sports d'endurance et d'adresse.

Vers la fin du XIXe siècle, le mouvement associatif prend des proportions inattendues : aux Syndicats, aux sociétés de secours mutuels, associations de charité, cercles artistiques, musiques... viendront s'ajouter les sociétés sportives.

Les premières associations de ce type groupèrent des touristes, des excursionnistes, des jeunes désirant se familiariser avec la pratique du tir, d'autres recherchant la préparation militaire dans la perspective d'un engagement dans l'armée.

 

Premières associations seynoises à caractère sportif

Dans les années 1890-1894, la Municipalité Saturnin Fabre vote des subventions à la Société de gymnastique qui, d'ailleurs, manifeste ses activités fréquemment. À l'occasion des fêtes votives, les gymnastes défilent en uniformes blancs sur le port et le Cours pour se rendre au terrain de la Gatonne, utilisé aussi par les soldats de la Coloniale logés dans les locaux actuels du Collège Curie.

Quelques clairons en tête du cortège égrènent des notes éclatantes accompagnées du roulement des tambours et font sortir les gens sur les trottoirs. Jeunes et vieux se précipitent pour applaudir les acrobates qui se produiront sur le terrain quelques instants plus tard. Tous grossissent le cortège et clament leur joie bruyamment. Si le mauvais temps interdit les exercices de plein air : courses, sauts en hauteur et en longueur, exercices au sol, etc., le spectacle a lieu dans le sous-sol de l'École Martini que l'on avait équipé en agrès dès la parution des lois rendant obligatoire la gymnastique pour les élèves.

Rien ne manquait : corde lisse, corde à noeud, trapèze, barre fixe, barres parallèles, anneaux, cheval d'arçon,...

Des spécialistes y organisaient aussi des combats de boxe, de lutte, des épreuves d'haltérophilie.

Rappelons au passage le rôle précieux que joua ce sous-sol, cave de l'ancien Hôtel de la Dîme qu'on appellera plus tard Gymnase de l'École Martini. Pendant longtemps, il fut le seul endroit où les Seynois pouvaient y tenir des assemblées.

Après la saisie des biens du Clergé, le sous-sol servit comme école en 1793, puis de salle de réunions publiques quand les syndicats furent autorisés. La Seynoise y donna des concerts. Jean Aicard et d'autres personnalités y donnèrent des conférences. Puis il devint une salle de sport.

La Société de gymnastique l'occupa souvent en alternance avec la Société de tir qui initiait les jeunes pour des exercices à courte distance.

Autre association qui naquit dans cette période : la Société des excursionnistes dont les membres s'en allaient par groupes le dimanche, par monts et par vaux, sac au dos, effectuer des circuits importants dans la région toulonnaise.

Par exemple : La Seyne - La Valette et retour par Le Revest, La Seyne - Ollioules - Sainte-Anne d'Evenos et retour par Le Revest, La Seyne - Ollioules - Le Gros Cerveau et retour par Sanary, La Seyne - Le Brusc - N.-D. de Bonne Garde et retour par Fabrégas. Ces équipes de marcheurs se recrutaient plutôt parmi des employés, des gens des professions libérales ou les petits-bourgeois. Les ouvriers, accablés par des journées de dix et douze heures et qui n'avaient pas toujours bénéficié du repos hebdomadaire, n'étaient pas les plus fervents de ces sorties pédestres.

Les premiers clubs ou associations à caractère sportif sollicitaient tous des aides de la Municipalité. Le droit de réunion était bien toléré par le Pouvoir d'État. On avait bien publié depuis 1872 des traités de gymnastique classique (gymnastique suédoise en particulier) mais les sociétés manquaient de moyens pour fonctionner avec le maximum d'efficacité.

Les crédits faisaient défaut, et les locaux étaient rares et il fallait bien trouver des moyens pour récompenser les sportifs méritants.

La Société de gymnastique bénéficiait de subventions régulières et pourtant Saturnin Fabre vota un crédit exceptionnel de 25 francs pour l'achat d'une médaille en argent dite Médaille de la ville.

Il accepta également de donner satisfaction à M. Andrieu maître d'Armes, qui demanda la création d'un cours d'escrime à l'École de garçons (Gymnase Martini).

Par contre, il n'acceptait pas d'encourager des compétitions populaires organisées à l'initiative d'un quelconque parieur. À ce propos, nos parents se plaisaient toujours à nous conter les exploits de quelques célébrités seynoises d'une époque qu'on peut situer au début de notre siècle. Les noms de Jérôme (Djéromé comme l'appelaient ses amis), un personnage dont nous avons déjà parlé, remarquable par sa stature herculéenne, et d'Arnaud dit Lou Buou (le boeuf), apparenté aux propriétaires actuels du domaine de Cachou, revenaient souvent dans leurs souvenirs.

Jérôme participait régulièrement à des épreuves d'endurance qui consistaient entre autres, à transporter le plus loin possible, d'un point de départ bien précis un poids très lourd, une balle de farine de 100 kg par exemple.

Et c'est ainsi qu'un jour de compétition Jérôme le débardeur, parti de la Place des Esplageols avec cette charge sur les épaules se retrouva dans les Gorges d'Ollioules, exténué, mais vainqueur, ayant semé tous ses concurrents sur un parcours de près de cinq kilomètres. Toute une cohorte de jeunes et d'adultes qui l'avaient suivi le ramenèrent triomphant parmi ses supporters en délire.

Lou buou avec sa grosse tête qui rappelait précisément celle d'un bovidé se distinguait par des exercices qui n'avaient avec le sport qu'un lointain rapport.

Il pariait de défoncer des panneaux de porte à coups de tête. Sans doute choisissait-il des portes ouvragées offrant des points de moindre résistance... Mais tout de même, cet exploit ne manquait pas de lui occasionner des démêlés avec les propriétaires à qui il répondait dans ses altercations : " Que voulez-vous ? On s'amuse comme on peut ! ". Et Lou buou s'en allait en promettant au plaignant de réparer les dégâts !

 

Le sport équestre

Sur la fin du XIXe siècle, sous l'impulsion de quelques disciples du turf, le sport équestre prit naissance, en 1898 plus précisément. Son implantation fut facilitée par l'ouverture de l'hippodrome de Lagoubran sur l'immense propriété de la famille d'Estienne d'Orves.

Sur toute la partie comprise entre la Pyrotechnie et la route de la Gare de La Seyne, soit près de 10 hectares, furent aménagés : une belle piste, des locaux d'accueil, des écuries. Les tribunes furent adossées à la colline de Brégaillon où s'élevait jadis la Chapelle du Mont Carmel.

Ce champ de courses connut sa période la plus faste entre 1900 et 1914 et il attirait des foules nombreuses, élégantes de personnalités généralement nanties... Le sport équestre dans ce temps-là n'avait pas la faveur du petit peuple. S'il l'a conquise aujourd'hui c'est moins par la pratique de l'équitation qui demeure un sport très coûteux que par les attraits des jeux d'argent dont il faut reconnaître qu'ils ont pris des proportions étonnantes, ce dont les lois de la morale ne s'offusquent guère.

Pendant les premières années, les courses de chevaux attirèrent des fanatiques qui venaient par trains spéciaux de Sanary, de Marseille, de La Ciotat, d'Hyères. Les omnibus à chevaux venaient de Toulon.

Le pesage se faisait dans des locaux face aux anciens ateliers de La Provençale en bordure de la route de la Gare.

Ces courses furent interrompues pendant la guerre de 1914-1918. Une certaine reprise se manifesta par la suite, mais les tentatives de réhabilitation de la société hippique se terminèrent par un échec.

Il faut convenir aussi que la pratique du sport hippique dans une région dont la configuration des terrains ne se prête guère à l'équitation est forcément limitée.

Pour en terminer avec notre hippodrome disons que les tribunes demeurèrent visibles jusqu'en 1955.

On sait que depuis, les terrains achetés par les C.N.I.M. pour la création d'une zone industrielle ne montrent plus guère de vestiges de cette structure de loisirs que fut l'hippodrome de Lagoubran. Seul le Château qui fut occupé par les propriétaires de l'ancien domaine est encore visible à proximité de la route départementale (D 18).

 

À l'aube du XXe siècle

La vie associative prend corps depuis le triomphe de la IIIe République. Avec le développement de l'Instruction publique, les gens s'organisent, se groupent et s'expriment. Les associations se multiplient et dans cette prolifération, les sociétés sportives vont prendre une grande place.

Le perfectionnement des techniques, l'emploi des carburants nouveaux, l'influence étrangère seront autant d'éléments générateurs d'idées nouvelles pour la propagation des disciplines sportives,

Après l'invention du pneumatique à partir de 1888, des roulements à billes, des chaînes de transmission, on put alors imaginer des courses de bicyclette sur route ou piste aménagée.

De même, l'invention du moteur à explosion permit d'envisager dès le début du siècle des épreuves avec des voitures automobiles, même si la vitesse du début ne dépassait pas 20 kilomètres à l'heure.

Autre phénomène sensible : l'influence anglaise sur le sport français qui adoptera très vite le football et le rugby.

Mais revenons pour l'instant à nos structures locales.

Le début du siècle a vu naître de nombreuses associations. Tout d'abord l'Olympique Seynois fondé par François Cresp en 1905 et qui groupait plusieurs sections : le rugby seynois fondé par Victor Marquet (voir plus loin la liste du Conseil d'Administration), et dont le stade de la Muraillette porte le nom ; l'Aurore, Société de gymnastique fondée en 1884 et dont J. Oliver fut l'un des premiers présidents, les Sans peur, Société d'instruction militaire et de gymnastique, le Club Nautique Seynois, le Vélo-Sport Seynois, avec le Président Moquet, les Touristes Seynois, les Juniors Seynois, l'Avant-garde Seynoise (gymnastique et préparation militaire), les Boulomanes Seynois avec le Président Marius Aillaud, le Vélo-Club Excursionniste, le Fleuret Seynois fondé en 1906.

Cette énumération est certainement incomplète. De nombreux clubs n'ont eu qu'une existence éphémère, faute de ressources. Par la suite, il y eut des regroupements au sein d'organismes de coordination comme l'Union Sportive Seynoise.

En somme, on peut dire que dans le tissu associatif seynois, le sport prenait une grande place au début de notre siècle et il aurait pu se développer plus vite encore sans les désastres de la guerre de 1914-1918. On sait bien que dans ces périodes dramatiques que sont les conflits guerriers, la vie associative est quasiment anéantie.

Nonobstant la menace d'un nouveau conflit qui planait sur le monde, en ce début du XXe siècle, les gens se seraient sentis plus heureux car ils commençaient à goûter le fruit du progrès des sciences et des techniques. On avait su vaincre de grands fléaux comme le choléra, la peste, la rage..., on vivait de plus en plus confortablement, les conditions du travail s'amélioraient, les moyens de transport se développaient en fonction des découvertes de la science ; l'électricité, la vapeur, le pétrole bouleversaient les modes de vie et de travail, épargnant sensiblement la peine des hommes qui pouvaient alors investir un peu de leurs temps dans des loisirs de leur choix.

Et la vie associative qui avait pris corps depuis quelques années leur procurait des joies certaines et des plaisirs sains.

Les Présidents de sociétés cherchaient à nouer de bonnes relations entre eux. On s'adressait mutuellement les souhaits de bonne année, on se rendait de petits services, on s'invitait souvent à l'occasion d'événements heureux. Il y eut bien de-ci, de-là quelques mésententes passagères, mais il faut bien dire que dans l'ensemble régnait une atmosphère de convivialité entre les associations locales.

À l'appui de cette affirmation, la lecture des lettres ci-jointes est significative. Le Président des Sans peur serait bien heureux de compter parmi les membres honoraires, les membres du Conseil d'Administration de La Seynoise, tandis que le Président de L'Aurore sollicite le concours de la musique à l'occasion d'une fête de gymnastique qui doit se dérouler à l'Eden-Théâtre (place de la Lune). Remarquons au passage qu'il n'y a jamais eu d'incompatibilité entre le sport et la musique, bien au contraire.

Il y eut parfois des rapports un peu plus tendus entre associations et municipalités. Nous l'avons vu dans notre Histoire de La Seynoise qui fut dissoute (injustement et illégalement) par le Maire François Bernard.

Que de fois, les Municipalités furent dans l'obligation de refuser des subventions aux associations pour la simple raison que leurs budgets étriqués, ne pouvaient permettre de grandes largesses.

Voici quelques exemples puisés aux sources municipales.

Le 23 octobre 1902, un conseiller propose de voter 50 francs à une société de gymnastique pour lui permettre de prendre part aux concours sportifs régionaux - ce qui entraîne la réplique ferme du Conseiller Baptistin Paul, celui qui deviendra Maire, quelques années plus tard, arguant du fait que la Société de gymnastique n'ayant aucun caractère humanitaire, elle ne méritait pas que la ville puisse lui octroyer une subvention. Le futur maire avait encore des progrès à faire pour comprendre l'importance du sport dans la vie des citoyens.

Le 8 mars 1902, la première U.S.S. doit faire un match contre l'Olympique de Marseille et demande une subvention à la Municipalité, à cette occasion, sans doute pour faire face au moins aux frais de déplacement. Les édiles ont été d'accord sur le principe, mais ils ont seulement accordé 20 francs. On devine la déconvenue des quémandeurs.

Le 8 juin 1902, la Société de tir du 113e territorial (section de La Seyne) demande aussi une subvention à la Municipalité. Laquelle donne son accord pour 200 francs à la condition expresse que la société s'occupera de l'instruction militaire des enfants de l'École communale... les règlements sur le maniement du fusil et du tir dans les écoles primaires existaient toujours.

Le Maire avait fait ses comptes - c'était la ville qui payait habituellement la dépense de l'instruction militaire.

En accordant la subvention, le budget de la ville n'eut pas trop à souffrir. On pourrait multiplier les exemples.

Dans la multitude des Associations, nous en retiendrons quelques-unes seulement, celles dont l'impact sur la population fut durable, on sait que la turbulence des événements ont souvent mis à rude épreuve la vie des sociétés, des clubs ou amicales. Tous leurs dirigeants n'ont pas eu la même envergure pour faire face aux difficultés ou n'ont pas su animer avec la même foi les idées force du début de leur entreprise. Certaines disciplines sportives ont suscité parfois un engouement momentané - d'autres sont nées et que les amateurs de sport jugèrent plus attractives.

Voilà pourquoi, dans le domaine du sport, comme celui des arts et de la culture, certaines associations se sont assuré une belle continuité. Le premier exemple significatif est celui du rugby.

À ce point de notre étude, nous allons retracer un historique succinct des principales sociétés sportives depuis le début du siècle jusqu'en 1947. Pourquoi cette date précise ? Parce qu'elle a marqué un grand tournant, une véritable explosion dans le développement du sport à La Seyne sous l'impulsion incomparable des Municipalités d'après la guerre.

 

Union Sportive Seynoise : Liste des membres actifs (1902)

Membres du Bureau

Marquet Victor - 4 janvier 1875 - 2 bis rue Taylor
Laurent Léopold - 18 août 1881 - 7 avenue Gambetta
Paul Louis - 5 mars 1879 - 8 place du Séminaire
Autran Émile - 11 octobre 1883 - 8 avenue Hoche
Louit Henry - 24 mars 1871 - 62 avenue Gambetta
Tixador Sébastien - 20 janvier 1883 - 12 bis rue des Maures
Crispin Antoine - 6 août 1880 - 32 avenue Hoche
Verlaque Baptistin - 17 août 1880 - rue de la Paroisse
Victor Marquet, en 1938

Membres actifs

Besson Joseph - 3 décembre 1882 - 9 rue Parmentier
Rouit David - 10 août 1882 - 1 quai du Port
Séneca Louis - 10 mai 1882 - 2 bis rue Taylor
Patau Laurent - 2 octobre 1883 - 29 quai Regonfle
Tourré Louis - 15 mars 1883 - avenue des Sablettes
Lyons Marius - 15 janvier 1882 - 29 rue Denfert-Rochereau
Daniel Gaston - 6 novembre 1882 - 5 cours Louis Blanc
Jauffret Maurice - 26 avril 1879 - rue Cyrus Hugues
Curet Alexis - 8 juin 1882 - 40 boulevard du Quatre-Septembre
Curet Prosper - 7 septembre 1883 - 40 boulevard du Quatre-Septembre
Gras Aimé - 1 er octobre 1882 - avenue des Sablettes
Bori Jean - 21 avril 1885 - Villa du Rêve, quartier Beaussier
Roure Victor - 13 mars 1879 - rue d'Alsace
Marquet Jean - 4 août 1883 - 1 rue Frangipani
Gourdon Raymond - 23 janvier 1881 - boulevard de la Gatonne
Alibert Marius - 11 juillet 1882 - quartier Saint-Jean
Agarra François - 1er avril 1886
Verlaque Marius - 10 mars 1885 - rue de la Paroisse
Jabouley Raoul - 21 mars 1886 - 39 rue Frangipani
Filliol François - 10 avril 1882 - rue de l'Hôtel de Ville

 

Le rugby seynois

Voir par ailleurs l'ouvrage de Henri GIOVANNETTI et de Jean-Marc GIRAUDO (1995) : Un dimanche à la Muraillette - Un siècle de Rugby à La Seyne. Union Sportive Seynoise, 189 p.

Il prit naissance à La Seyne en 1900 à l'initiative d'un jeune technicien des Chantiers Navals, Victor Marquet dont l'ancien stade de la Muraillette porte aujourd'hui le nom.

Un club et une équipe se formèrent avec des éléments locaux renforcés par quelques soldats de l'Infanterie coloniale casernés à La Gatonne (Bâtiments de l'actuel C.E.S. Curie).

Nous nous devons de citer les précurseurs seynois : Gustave Daniel, Émile Autran, Pierre Pastorino, Gaston Roux, Barthélemy Poggio, Joseph Lyons, Romain Jouffret, Pierre Zanolo, Victor Marquet, Seghezza, etc.

Le théâtre des premières compétitions fut le terrain de manoeuvre de la caserne, devenu aujourd'hui le Stade Hubidos.

Laissons parler notre concitoyen Sias qui fut pendant longtemps Président du Rugby Seynois.

Les premières rencontres opposèrent les Seynois aux clubs marseillais dont l'O.M. et les clubs vauclusiens dont Salon et Avignon. Pendant la guerre de 1914-1918, l'activité sportive à La Seyne comme ailleurs fut pratiquement nulle.

En 1920, le Club de rugby reprit ses activités et en 1921, il connut un nouvel essor grâce à la fusion de toutes les sociétés sportives sous l'impulsion de l'U.S.S. (Union Sportive Seynoise - Club Omnisports) en 1921.

Les Seynois jouèrent alors en division Honneur et malgré les victoires qui illustrèrent nos représentants, ils ne purent franchir les matches de barrage jusqu'en 1934.

La saison 1934-1935 vit le club accéder à la catégorie Excellence (2e Division d'alors).

Championne de France Honneur, l'U.S.S. est reçue à l'Hôtel de Ville.
- Au centre, mains croisées, Maître Ollivier.
- A sa droite, Baudéna, le sénateur Lamarque, Andréoli, Geiser, Bonanséa, Blachère et Sias.
- A la gauche de Maître Ollivier, Victor Marquet.
- En bas, Lombard, Troubat, Crouzet, Sorzana, Maurric, Cruchandeau, Lombard, Lorenzini.

Jusqu'en 1939, La Seyne disputa le Championnat de France avec Bourgoin, Valence, Thuir...

En 1937, elle échoue de peu pour la montée en division Fédérale. Et nous revoilà dans une période dramatique de notre histoire nationale. La guerre éclate en 1939 et les hostilités entraînant ipso facto la cessation des activités sportives et le club de Rugby se mettra en sommeil jusqu'en 1946 comme la plupart des autres.

La Seyne panse ses blessures et s'efforce de faire disparaître les stigmates de la guerre. L'activité sportive reprend et les dirigeants du Rugby repartent du bon pied en insistant sur la formation des jeunes au sein même du club. Les rugbymen Seynois jouent alors dans une poule Honneur groupant les clubs du littoral et de Provence.

Après bien des heurts et des rencontres homériques, nous dit Sias, rencontres opposant La Seyne à Bédarrides, Salon, Châteaurenard..., le club accède en fin de saison à la catégorie Excellence B.

L'année 1947 vit la fusion avec l'A.S.F.C.M. qui apporta un renouveau d'activités et prépara l'important succès de la saison 1949-1950 qui vit les Seynois accéder au Championnat de Provence Honneur et gagner leur place en Excellence.

Laissons le rugby pour l'instant. Nous l'avons vu naître au début du siècle, surmonter les difficultés de deux guerres, remporter des succès appréciables sous la direction de valeureux dirigeants comme Daniel, Pastorino, Maurel, Poggio, Lions, Jauffret, Zanolo.

Nous le verrons reprendre sa place dans la flambée sportive de 1950-1970, période qui doit être étudiée de façon tout à fait distincte.

L'équipe de rugby de La Seyne en 1953
En haut : Berretta (Dir.), Sambarino, Tornato, Cometto, Siberchicot, Revertegat, Rigotti, Teply, Roumat, Maziska, X, Navarro (Dir.)
En bas : Charles, Revest, Binetti, Laugier, Pesce, Arthaud, Prouvat.

 

Le football

Avant la création d'une association spécialiste de cette discipline, disons que le football constituait une section de l'Olympique Seynois fondé par François Cresp au début du siècle. On sait que ce sport d'origine anglaise prit un développement considérable en France même pendant la guerre de 1914-1918. Dans les unités militaires au repos, les compétitions amicales se multipliaient.

Les Français adoptèrent la pratique du football avec une ferveur qui ne s'est jamais démentie depuis. Le Midi Méditerranéen vit se multiplier les associations. À La Seyne, la première formation dite Association Club Seynois de Football naquit en 1916.

Les rencontres se disputaient à la Rouve et à la Gatonne où l'on trouvait de bons terrains aménagés.

À la lumière de l'expérience, les amateurs de sport comprirent que les petits clubs isolés et c'était le cas pour le football, pour le rugby, pour le cyclisme, manquaient plutôt d'efficacité pour la réalisation de leurs ambitions. Ils en vinrent à l'idée de l'union et de la structuration à l'échelle communale du moins.

La 1re guerre mondiale terminée, les plaies refermées, les hommes et les femmes délivrés du cauchemar allaient prendre goût à des compétitions pacifiques..., encore que pour ces dernières, il faudrait vaincre bien des préjugés.

Localement, ce fut le, 28 octobre 1921 que l'on vit se constituer l'Union Sportive Seynoise dont le premier Président fut Henri Romanet, professeur de Français à l'École Martini, un fervent sportif dont nous avons longuement évoqué la mémoire dans notre Histoire de l'École Martini.

L'Union Sportive Seynoise (U.S.S.) comportait les sections suivantes : Rugby association - Natation - Boxe - Cyclisme - Athlétisme - Gymnastique - Moto - Préparation militaire.

Cette même année, fut inauguré le Parc des Sports à l'initiative du Président d'honneur M. Barrel - créé sur le terrain du vélodrome (emplacement actuel de la Salle Maurice Baquet).

Ce vélodrome en terre battue fut cimenté à cette occasion. Nous apporterons des précisions à ce sujet à propos du Vélo-Sport Seynois.

Revenons au football dont les équipes seynoises comportent de nombreuses compétitions. En 1923 et 1925 par exemple, elles remportent de brillants succès par la conquête de la Coupe du Var et de la Coupe de Provence.

L'U.S.S. poursuivit sa carrière jusqu'en 1936 année de sa dissolution.

Nous entrons de nouveau dans une période sinistre de notre histoire : la deuxième guerre mondiale.

Pendant la période de l'occupation ennemie, à l'initiative d'un prêtre une société de football se créa qu'on appela La Jeanne d'Arc. Les Seynois de la génération présente ont toujours en mémoire les noms de ces jeunes joueurs tels : Passaglia, Bozzi, Delage, Soupène, Manca, Moriconi, Trotobas, Mauro, Perona, Di Somma, Cometti, Campodonico, Pastorino, Guiol, les frères Era, Taulaigo, les frères Peiré...

Cette formation, dans le contexte de cette période trouble, ne fut pas en mesure de réaliser de grandes choses. Elle eut néanmoins le mérite d'entretenir la flamme jusqu'à la libération qui vit la reconstitution de l'Union Sportive Seynoise et la disparition de la Jeanne d'Arc.

Équipe de football de l'U.S.S. 1946-48, avec MM. Caverni et Galy

Équipe de football de l'U.S.S. 1946-48, avec MM. Bellone, Fouraignan et Taulaigo

Équipe de football de l'U.S.S., avec le Président Perpès

Équipe de football de l'U.S.S. - 1952-53

 

Un bureau dynamique composé de MM. Caluri, Caverni, Bonturi, Bellone, Coste, Coreil, allait impulser l'U.S.S. dans cette période que nous avons qualifiée de flambée des sports et dont nous soulignerons les succès importants dans la dernière partie de notre étude.

Revenons au début du siècle plus exactement à la date du 8 août 1905. Notre ville vit ce jour-là, la naissance du Club Nautique Seynois.

 

Club nautique seynois

Rien d'étonnant au fait que le nautisme ait intéressé nombre de nos concitoyens. La navigation à voile existe depuis la plus haute Antiquité et notre pays baigné par quatre mers, a construit des bateaux pour tous les usages : marine de guerre, transports de voyageurs et de marchandises, bateaux de pêche...

Ici, il sera question des sports nautiques.

L'idée de construire des navires de plaisance pour des compétitions sportives ne prit corps qu'après la satisfaction des besoins vitaux des populations à savoir les importations, les exportations, la défense nationale.

Les tartanes, les brigantins, les gabarres, les felouques apparurent bien avant les yachts de plaisance.

Depuis le Moyen Age, La Seyne était dotée d'une douzaine de chantiers de constructions maritimes en bois et d'un corps d'élite de charpentiers de marine et vers la fin du XIXe siècle, on trouvait encore en bordure des Esplageols et autour du Port, les petits chantiers appartenant aux Curet, Argentery, Baudoin, Beaussant, Guerry, Nicollet, Jouglas, Abran, Lombard... Quelques-uns d'entre eux entreprirent de construire de petits navires, avec des formes bien étudiées pour la course à la voile, des matériaux légers, dotés d'une forte quille et de mâtures pouvant supporter une grande surface de voiles afin d'obtenir des vitesses impressionnantes. On appela ces bateaux des yachts (nom d'origine néerlandaise). Alors se constitua, le 8 août 1905, le Club nautique seynois dans la perspective d'organiser la navigation de plaisance et même des régates. Les pionniers de cette fondation furent Louis de Burgard, employé des Chantiers Navals et le Docteur Germain Loro.

À l'origine, le siège du Club Nautique se situait au premier étage du Café de la Méditerranée, proche de l'Hôtel de Ville. Par la suite, fut construit en 1932 le Pavillon avec plate-forme permettant de suivre à la jumelle les compétitions de la rade. Cette construction coquette remarquable à l'entrée du Port fut détruite pendant la dernière guerre et reconstruite après les hostilités en 1948 plus précisément.

Il serait bien long de raconter toutes les compétitions et épreuves organisées par le Club nautique seynois depuis sa fondation.

Pendant longtemps, plusieurs journées de régates furent organisées, particulièrement en juillet et août. L'une d'elles était réservée à la baie du Lazaret.

Elle se terminait souvent par des réjouissances et des fêtes de nuit luxueuses au Casino de Tamaris.

À l'origine, une trentaine d'unités faisaient partie du club avec des navires dont la longueur variait de 4,50 à 8,50 m.

Les régates du Club nautique seynois connurent des succès brillants avec la participation de yachts en provenance de Nice, Cannes, Marseille, La Ciotat, Toulon, Sanary, Monaco.

Nos anciens ont souvenance d'une grande semaine dite de la Rade de Toulon qui vit se réunir les deux associations de Toulon et La Seyne au cours de l'année 1923.

La Marine participa à cette manifestation nautique de premier plan sous la forme de courses à la rame des embarcations de l'État, de concours de natation.

Le jour de la clôture un important banquet réunit une centaine de personnalités locales et naturellement les organisateurs, sous la présidence du Préfet Maritime accompagnés de commandants d'escadres, d'amiraux, de généraux. Ajoutons pour être plus complet que la Musique des Équipages de la Flotte se fit entendre dans ses meilleures partitions pour égayer le banquet et aussi la fête de nuit qui suivit.

Pendant de longues années, le Club nautique seynois fut présidé par une figure très populaire de La Seyne, Guillaume Besson qui fut un architecte naval réputé. Il étudia pour le service de la Marine un nombre important de bateaux de toutes espèces avec des installations de bord très variées, ce qui lui valut de belles récompenses au cours d'expositions, en particulier l'Exposition universelle de 1900.

Aujourd'hui, le Club nautique seynois continue de jouer son rôle sous la Présidence de Louis Giraudo, avec son trésorier Bonturi qui occupe sa fonction depuis 40 ans. Il importe de constater que, depuis sa fondation, cette association a connu elle aussi, bien des vicissitudes liées aux événements de l'Histoire locale que ses dirigeants successifs ont su dominer. Sa continuité a été assurée sans faille depuis le début du siècle. Si, à ses débuts elle a compté seulement des représentants de la petite bourgeoisie, son recrutement aujourd'hui s'est démocratisé, le coût du sport nautique étant devenu dans l'ensemble plus à la portée des bourses modestes.

Le Club nautique a été un exemple suivi dans la période de l'après-guerre de la naissance de plusieurs formations similaires : il compte seulement 85 adhérents, mais comme le dit son vénérable Président Louis Giraudo :

" Nous envisageons de créer dans la catégorie des pointus, une section voile et une section pêche ; ce qui apportera certainement un sang nouveau et rendra peut-être au club le lustre de l'époque où il était la seule association nautique ".

Aujourd'hui les rivages seynois voient se multiplier les activités nautiques avec la Société Nautique des Mouissèques, la S.N.P.M. (Société Nautique de la Petite Mer), le Club omni-sport des chantiers navals, la section Voile-Loisir des employés communaux, le club La Méduse, le J.K.C. (Jonquet Kayak Club) spécialiste de l'archéologie subaquatique, la Section plongée du Club Sportif Municipal Seynois, le Yacht-Club des Sablettes, la Section nautisme de l'U.M.G.O.S. et de Gazelec.

Cette énumération atteste à la fois de la vulgarisation et de la diversification des sports nautiques qui résulte du progrès incessant des techniques nouvelles mais aussi de l'impulsion donnée par les protagonistes du nautisme.

 

Le vélo-sport seynois

L'année 1905 fut décisive pour le développement du sport à La Seyne. Après le Club Nautique, la même année, ce fut le populaire François Cresp, militant politique acquis aux idées de Jules Guesde et de Jean Jaurès, qui fonda L'Olympique Seynois, projet ambitieux d'une grande formation qui voulut réunir des activités sportives différentes comme la gymnastique, le rugby, le football, le vélo.

Cette dernière section mérite, elle aussi, un historique particulier, mais il nous faut au préalable corriger certaines confusions quant à l'implantation du cyclisme à La Seyne.

Certains chroniqueurs d'histoire locale font débuter le Vélo-Sport seulement en 1923, alors que la 1re section organisée de cette discipline est partie prenante dans l'Olympique Seynois de 1905.

Les premières bicyclettes confortables n'apparaissent en France qu'en 1890, après l'invention de la roue libre et des pneus gonflables. On n'aurait guère pu envisager de compétition avant ce perfectionnement des techniques.

Il fallut aussi que les sportifs conquièrent eux aussi le droit d'association qui ne fut laborieusement octroyé aux Français qu'en 1901. Et pourtant la IIIe République existait depuis 25 ans !

Le cyclisme se pratiquait donc librement depuis le début de notre siècle et la preuve nous en est donnée par la presse de l'époque. Un journal du 20 au 29 avril 1904, Le Réveil Artistique, consentait à de telles annonces.

Tout simplement parce que les premiers groupements de loisirs constitués ne pouvaient se payer un journal particulier. Alors le journal en question qui ne paraissait que les 10-20 et 30 de chaque mois, dans un esprit de parfaite solidarité, offrait ses colonnes à d'autres groupements comme les sociétés musicales, les chorales, les associations sportives. Nous avons relevé par exemple dans le numéro d'avril 1904, les noms des Seynois ayant participé à un circuit de 120 kilomètres courus à travers le département du Var : Lombard, Fabre, Giran, Caprino... D'autres ayant participé la même journée à des courses pédestres Toulon - Hyères (aller et retour). Les temps et les classements nous sont donnés avec précision. Nous apprenons que le circuit de 120 kilomètres a été accompli par notre concitoyen Caprino en 4 h 06 ce qui représente une vitesse de 30 km/heure, performance appréciable en un temps où les vélos étaient lourds et la force musculaire mal utilisée par ignorance de la médecine sportive.

Nos anciens coururent donc à vélo depuis le début du siècle jusqu'à la première guerre mondiale dont le déclenchement amena fatalement des perturbations dans les activités pacifiques.

Le Vélo-Sport Seynois

 

Incertitudes et angoisses

L'année 1905 avait été décisive avons-nous dit pour l'émergence du sport à La Seyne, grâce à l'impulsion donnée par l'Olympique Seynois, coordinateur des disciplines essentielles du moment : le rugby, le football, le vélo-sport, la gymnastique (L'Aurore), les boulomanes...

La jeunesse de ce temps-là commençait à trouver dans le sport des loisirs sains et agréables qui auraient pu prospérer considérablement à la condition expresse d'avoir des appuis sérieux auprès des pouvoirs publics et des collectivités territoriales, des encouragements de quelque mécène local (on ne disait pas encore sponsors).

L'État, nous l'avons constaté à travers les discours de politiciens, souhaitait un bel avenir pour le sport, mais le meilleur de ses ressources, il le consacrait à la préparation à une revanche militaire : les lancements de bateaux de guerre se succédaient, la durée du servie armé augmentait. De tous côtés se répandaient les bruits d'un conflit mondial.

L'opinion publique suivait bien dans cette période les compétitions sportives de haut niveau : les deuxièmes jeux olympiques par exemple, qui se déroulèrent à Paris le 14 juillet 1900 à l'occasion de l'Exposition universelle ou alors les premiers tours de France dont les circuits atteignaient 4 450 km.

Le peuple se passionnait pour les premières gloires du sport français : Georges Carpentier qui fut en 1911 champion d'Europe de boxe ; Jean Boin qui enleva le record mondial de course à pied (10 000 mètres en 30 mn 58 s. 4/5).

La même année, le tournoi de rugby des cinq nations du 1er janvier 1910 retint aussi l'attention de nos concitoyens.

Mais, répétons-le, cet engouement en faveur du sport était profondément contrarié par la gravité des événements qui se préparaient.

1914 ! Ce fut la catastrophe de la première guerre mondiale et les conséquences que l'on sait : notre jeunesse seynoise allait payer un lourd tribut au massacre : 373 morts et 8 disparus. Il est évident que pendant ces années dramatiques, les activités sportives se ralentirent considérablement sauf toutefois dans les casernes et sur les terrains de manoeuvre où l'on entraînait les nouvelles recrues à des exercices intensifs pour une meilleure résistance aux combats.

Quand le clairon de l'armistice annonça la fin du cauchemar, quand la population reprit ses activités pacifiques et manifesta avec force son désir de dissiper ses malheurs, de se livrer aux joies de la détente et des plaisirs variés, on assista à une progression spectaculaire des disciplines sportives, mais les structures indispensables à leur développement faisaient défaut. Il nous faut faire une exception pour le cyclisme car, à partir de 1917, des rencontres sportives furent organisées sur un terrain dit de La Carnourgue aménagé en vélodrome avec piste en terre battue, en bordure du cimetière.

Quelques années après, en 1923, plus exactement, le Vélo-Sport Seynois se donna des dirigeants dynamiques comme Sicard, Don, Mattone, Bertelon.

Le vélodrome devint plus tard le Stade Barrel, nom d'un mécène dont le passage à La Seyne fut de courte durée. Il essaya d'impulser les courses sur piste et des sportifs locaux très connus firent accourir pendant quelques années la foule seynoise. Dans nos lointains souvenirs reviennent les noms de Berton, Satragno, Caprino, Grassi, Gamel... Mais le Stade Barrel, privatisé, dura seulement quelques années et cette expérience se termina par un échec.

La ville de La Seyne prit alors possession en 1925 du stade et des installations sportives.

Une ère prospère s'ouvrit pour le Vélo-Sport Seynois qui organisa de nombreuses compétitions : courses à l'américaine, courses derrière motos, etc.

D'autre part, la partie centrale du vélodrome fut utilisée pour le football, et aussi par le moto-ball à partir de 1928. La piste fut cimentée et agrandie (400 mètres environ) au grand dam de certains coureurs qui la trouvèrent trop longue. Signalons au passage que ce beau travail fut effectué par un entrepreneur de La Seyne bien connu : Monsieur Montpellier.

La carrière du vélodrome de la Canourgue prit fin avec la deuxième guerre mondiale, le bombardement du 29 avril 1944 lui ayant occasionné beaucoup de dégâts. Mais le Vélo-Sport Seynois n'en poursuivit pas moins sa carrière avec des alternances de prospérité et de stagnation.

Arrêtons pour un instant son histoire qui se poursuit de nos jours. Nous retrouverons cette association qui demeure avec le football, le rugby, le club nautique, l'une des plus anciennes dans le sport seynois. Nous la verrons évoluer dans la période de 1950 à nos jours, celle que nous avons appelée la flambée des sports, sous l'impulsion de son dévoué Président Marius Don dont les traces dans le cyclisme seynois demeureront vivaces.

 

L'entre-deux guerres

Reportons-nous maintenant à cette période de l'histoire du XXe siècle qu'on a l'habitude d'appeler l'Entre-deux guerres. Après les années de cauchemar et d'épouvante, la population seynoise aspirait naturellement, à satisfaire ses besoins d'évasion pacifique, de loisirs nouveaux, de connaissance, d'expression et de créativité. Le contrecoup de la guerre entraîna une période de frénésie bien compréhensible.

L'électricité et ses applications, l'énergie des carburants, le cinéma, la radio, les véhicules plus modernes, plus rapides, tout le progrès aux formes multiples vont transformer profondément les moeurs. On veut vivre en s'amusant, danser nuit et jour, participer à toutes les fêtes populaires, cueillir les fruits du progrès général, en somme dévorer la vie de toutes les manières.

Qui ne rêvait alors de posséder une moto, une auto, un téléphone ?

Souvent la Presse de l'époque qualifiait d'années folles cet engouement vers les plaisirs, les festins, les voyages et pourquoi pas vers le luxe et la richesse ?

Le mouvement associatif prit des proportions considérables. Depuis 1919, les ouvriers avaient obtenu la journée de travail de huit heures et maints avantages corporatifs. Dans les années qui suivirent s'affirmèrent le renforcement du mouvement syndical et la puissance du mouvement populaire.

Une ère nouvelle s'ouvrait pour les loisirs. Au fil des années, on vit surgir des clubs, des groupements à caractères culturel et artistique, des associations sportives nouvelles. Certes, les associations traditionnelles, les syndicats, les partis politiques, les anciens combattants continuaient de jouer leur rôle spécifique. Les clubs sportifs se multiplièrent dans les quartiers et les entreprises avec des disciplines diversifiées et dans cette myriade d'associations nouvelles qui se constituaient puis se fédéraient au plan régional, puis national, puis international, on vit apparaître des sports nouveaux ; on vit se multiplier les échanges entre pays et l'on assista à la grande démocratisation du sport.

Le sport ouvrier prit naissance à La Seyne comme ailleurs mais ce ne fut pas à Lagoubran avec les turfistes, le sport équestre étant réservé à des nantis, pas davantage au Club Nautique Seynois où se manifestèrent surtout à ses débuts les propriétaires de beaux yachts.

Le sport travailliste voulait que chaque citoyen, quelles que soient ses conditions sociales, puisse pratiquer le sport de son choix. Il voulait éviter que les compétitions ne soient des sources scandaleuses de profit pour certains.

Nous verrons plus loin comment au plan local ses adeptes ont agi avec profit pour qu'il en soit ainsi.

Après la première guerre mondiale se constitua la F.S.T. (Fédération Sportive du Travail), le 13 septembre 1919 plus précisément, qui devait devenir peu après la F.S.G.T (Fédération Sportive et Gymnique du Travail).

En 1921, elle établit les premières relations avec le sport soviétique qui se développèrent de telle manière que le 11 janvier 1926, la France connut un événement historique qui doit s'inscrire dans l'histoire du sport : une équipe de football soviétique y rencontra une équipe de la Fédération sportive et gymnique du travail. Cette démonstration fut suivie en 1928 des Jeux Olympiques d'Amsterdam. Ces premières spartakiades rassemblèrent 600 sportifs de 12 pays.

Le sport travailliste français se manifesta brillamment à cette occasion.

Dans cette période de l'entre-deux guerres, nous avons pu constater la disparition du sport équestre, des sociétés de tir et d'instruction militaire, des clubs d'excursionnistes qui pratiquaient la marche à pied.

Ces derniers ne pourront résister aux progrès de la modernité en utilisant, surtout dans la période des congés payés de 1936 des tandems, des motos, des side-cars, les premiers autocars. Les anciennes formations sportives : rugby, football, vélo-sport, athlétisme, natation, boxe... se regroupèrent sous la houlette de l'Union Sportive Seynoise en 1921 dont les moyens furent bien limités et qui disparut en 1936.

Certains de nos concitoyens commencèrent à s'intéresser au tennis, sport d'origine anglaise qui ne connut à ses débuts que des structures privées.

L'achat des équipements, la location d'un terrain et son entretien faisaient du tennis un sport coûteux de sorte que les nantis seuls pouvaient le pratiquer et s'il a pu se développer à La Seyne et se vulgariser, ce fut sous l'impulsion des municipalités d'après la guerre. Nous y reviendrons plus loin.

Le sport scolaire en était à ses premiers balbutiements. Si au début du siècle, l'Enseignement de la gymnastique se faisait à l'E.P.S. Martini avec des professeurs tel M. Riou, le ministère de l'Instruction publique comme on disait alors, ne fut même pas en mesure de l'assurer avec régularité dans l'après-guerre, des dizaines de milliers d'enseignants : instituteurs, professeurs ayant été fauchés sur les champs de bataille. Ce qui explique qu'entre les deux guerres, les professeurs et maîtres d'éducation physique étaient rares. On utilisait, quand on le pouvait, des sous-officiers de l'armée de terre pour enseigner la culture physique par la gymnastique suédoise aux élèves des écoles secondaires, tandis que les instituteurs et les institutrices étaient tenus de l'enseigner à leurs élèves.

Pour ces derniers, la tâche devenait ingrate surtout à l'approche de la retraite et ceux qui rechignaient à la besogne préféraient emmener les enfants en promenade à la campagne.

Il arriva même que certains professeurs, loin d'être spécialisés dans les disciplines sportives, soient mis à contribution pour s'en occuper.

Anciens de Martini des années 1920-1930, souvenez-vous des conseils que vous receviez de M. Romanet, Professeur de lettres ; de M. Doche, professeur de mathématiques ; de M. Laure, professeur de sciences physiques et naturelles. Exception faite pour M. Romanet qui fut, je crois bien, le premier Président de l'Union Sportive Seynoise et passionné de sport, les autres ne manifestèrent que peu d'enthousiasme pour l'enseignement de la culture physique pour lequel d'ailleurs ils n'avaient reçu aucune formation.

Malgré toutes les difficultés, ces braves gens organisèrent des compétitions d'athlétisme et nos jeunes étudiants, par centaines participèrent avec succès aux Championnats d'Académie. Ils eurent beaucoup de mérite car les structures et les équipements dont ils disposaient relevaient de la plus grande indigence.

Dans le domaine du sport scolaire comme dans la plupart des autres, il faudra attendre la Libération de 1944 pour assister à l'essor véritable de toutes les disciplines sportives. Les six années précédentes n'avaient pas apporté grand chose de positif pour les associations sportives locales et cette situation peut s'expliquer et se résumer en quelques mots :

- pas ou peu de subventions - aucune formation de cadres - absence d'équipements valables - insécurité inhérente à l'ambiance guerrière et fascisante de cette période.

Comme au début du siècle, La Seyne comptait toujours deux terrains de sport, loués à des particuliers et qui devinrent propriété de la ville ultérieurement (la Canourgue et la Muraillette, un gymnase obscur et malsain : le sous-sol de l'École Martini.

Les scolaires utilisaient généralement les cours d'écoles pour la gymnastique et les compétitions sportives, ce qui perturbait les cours des maîtres et maîtresses.

Depuis 1905, on trouvait les mêmes formations sportives : rugby, vélo, football, gymnastique, club nautique, boulomanes. Le paysage sportif se modifia quelque peu avec l'apparition de trois associations : le Moto-Club Seynois, l'association des Sports et Loisirs et le Ping-Pong Club Seynois.

Ces trois groupements méritent un historique particulier dont nous donnons ici un condensé.

 

Le moto-club seynois

Laissons ici la parole à notre concitoyen Louis Meunier qui fut la cheville ouvrière de cette première formation d'un sport mécanique à La Seyne après son père qui en fut le fondateur.

" À ma connaissance dit-il, M. Dutto était l'un des rares Seynois à posséder une motocyclette qu'il utilisait pour son travail à l'entreprise Barrel. Cet engin portant la marque Harley Davidson des surplus américains, était complété par le sabot d'un " side ".

Difficile à manier, on ne pouvait prévoir que cette moto allait être à l'origine d'un essor extraordinaire.

En 1926, passionné par la mécanique, mon père s'y intéressa vivement d'autant que dans cette période, en déplacement pour son travail, il faisait chaque semaine le trajet Aix-La Seyne et retour. L'acquisition d'une moto fut un événement marquant dans notre famille.

Arrivé à la maison, l'engin dont les pièces nickelées, éblouissaient tous les regards, fit l'objet de toutes les attentions.

Au grand dam de ma mère la " Ravat " prit place pour la nuit dans la salle à manger.

Après son premier sommeil, je crois bien que mon père se leva pour venir contempler la moto dont il avait tant rêvé.

Dans les mois qui suivirent d'autres Seynois profondément captivés à l'idée de posséder un tel véhicule en firent l'achat et ce fut la marque " Terrot " 500 cm3 qui eut leur faveur.

Les motards se rencontraient, échangeaient leurs impressions et ils éprouvèrent insensiblement le besoin de s'unir pour l'organisation en commun de loisirs variés : sorties, excursions, concours, rallyes, gymkhanas...

Une première association fut ainsi constituée en 1928 sous la Présidence de Louis Meunier père, assisté d'André Raynouard comme vice-président. On trouvait les frères Pepino au secrétariat et à la trésorerie : Consani et Mouton.

Le bureau se réunissait sur le port chez Gilardi, au Florida, et peu avant la guerre le siège de l'association fut le Bar Régence, chez Andrieu.

Louis Meunier - Président fondateur du Moto-Club seynois

Quelles furent les activités du Moto-Club Seynois (M.C.S.) à ses débuts ?

Il organisa essentiellement des sorties de week-end qui ne passaient pas inaperçues car on y compta jusqu'à 25 véhicules aux moteurs pétaradants, arborant le drapeau du club, aux couleurs rouge et bleu de notre ville.

Les retours sur le port, le dimanche soir étaient très remarqués. Autre activité dominante : l'organisation des gymkhanas motocyclistes pour les fêtes locales, les fêtes de quartiers.

Parmi les adhérents, certains ayant fait l'acquisition d'une auto, l'association devint Auto-Moto-Club Seynois .

De semblables associations surgirent à Avignon, Troyes, Carpentras qui ont lancé l'idée du jeu de ballon à motos. Et voilà comment naquit la pratique du Moto-Ball avec ses règlements particuliers, ses équipes composées de cinq joueurs seulement.

Après des débuts difficiles, le Président Meunier organise des courses cyclistes au Vélodrome de la Canourgue où se produisent également les motos. Les noms de Coupry, Leduc, Magne, Vietto attirent les foules et, de ce fait, le moto-ball peut mieux affronter ses difficultés financières.

Les compétitions vont se multiplier : Toulon sera vaincue par les Seynois qui imposeront rapidement leur loi aux clubs de la région : Nîmes, Aix, Marseille, Avignon... Aux Championnats de Provence, le M.C.S. s'adjuge la 2e place derrière Carpentras. Nous sommes en 1938. Le spectre de la guerre apparaît, les activités pacifiques sont stoppées et il faudra une dizaine d'années pour voir repartir l'association.

Moto-club seynois en 1937.
Les 6 joueurs (de gauche à droite) : Paul Pratali, Loulou Meunier, Pastorino, Simonetti, Nomade, Gori.
Au second plan : MM. Cousan, Louis Meunier (père), Aynaud, Imbert, Dutto et Pascal.

En 1950, devant le nouveau siège (Bar l'Oasis), de nouvelles machines sont exposées qui entreront en action l'année suivante pour jouer en 2e division du Championnat de France avec d'autres joueurs : Massello, Nomade, Pastorino, Pratali ; Meunier fils (Loulou) devenant capitaine de l'équipe.

La nouvelle direction (Meunier père, Aiguier, Gay, Meunier fils, Baumont, Massello) se démène. C'est maintenant par milliers que les Seynois affluent au stade.

L'équipe seynoise de moto-ball en 1953 :
Loulou Meunier, Champion, Delmas, Paul Pratali, Aimé Deluy, Charly Herman (goal)

Sélection de Moto-Ball Nord contre Sud à Clermont-Ferrand en 1957 :
Debout (Sud) : Fontvieille, Viret, Ovili, Loulou Meunier (capitaine)
Accroupis (Nord) : Bartfeille, Négrin, Cassan

C'est alors l'accession de l'équipe seynoise en division nationale. Les annales mentionnent (plus particulièrement le match La Seyne - Versailles qui vit gagner celle-ci), un Championnat de France 2e division, devant 6 000 spectateurs, à la Canourgue.

En 1954, en tête du Championnat, les Seynois disputent à nouveau le titre national. Opposés au Moto-Club de Paris, ils gagnent l'aller et le retour, deviennent Champions de France et accèdent à la division nationale où figurent seulement 10 équipes - et au sein de laquelle La Seyne jouera jusqu'à la fin de la carrière du moto-ball.

Avant de tourner la page de cette vaillante formation, citons quelques joueurs de talent dont les exploits firent vibrer les Seynois pendant plusieurs années : Loulou Meunier, qui devint capitaine international, les frères Orsatelli, Gilbert Marro, Pratali, Imbert dit Banane, Ovili, Fino, Raboutet, Pouloin, Blasi.

En 1966, le Moto-Club Seynois gagne la Coupe de France en battant Châlons-sur-Marne en finale.

Ses activités se poursuivront pendant quelques années encore, mais il fallut bien constater qu'au fil des années, la passion du public s'était émoussée ; beaucoup de gens s'intéressaient à d'autres activités dans cette période où la vie associative de notre cité prenait des proportions considérables.

Pour continuer, le M.C.S. aurait dû renouveler tout son matériel ce qui représentait des dépenses hors de sa portée.

Sagement le Conseil d'Administration décida de déposer le bilan comme on dit en style commercial.

Cette association qui aura connu des heures de gloire a duré une quarantaine d'années et procuré à nos concitoyens des joies certaines.

Avant de passer à une autre discipline sportive ayons une pensée émue pour les fondateurs disparus pour la plupart. Remercions les joueurs dont nous avons cité les principaux sans oublier les réparateurs de véhicules qui eurent fort à faire pendant des années : Rossi, Orsini, Rabattu, Binotti.

Restons dans les années de l'Entre-Deux guerres. La conquête de la semaine de quarante heures et des congés payés en 1936 eut pour conséquence l'accroissement des loisirs. On vit à chaque week-end partir sur les routes des multitudes de bicyclettes, de tandems, de side-cars, de voitures légères. Nos concitoyens découvraient leur département. Ces propos n'ont rien d'excessif. Combien d'entre nous purent s'extasier à la vue des Gorges du Verdon, du Mont Ventoux et des chaînes alpestres ?

L'année 1933 avait vu la naissance d'un sport paisible avec le tennis de table ou ping-pong. Son existence remonte donc à plus d'un demi-siècle et les premiers fervents de l'époque constituèrent une association appelée le Ping-pong club seynois.

 

Le ping-pong club seynois

Le fondateur fut Angelo Barrel qui s'entoura de personnalités locales bien connues comme MM. Bernard, Bertrand, Bonneau, H. Pastorino, Honorat, Le Pen, L. Siccardi.

Le club connut des périodes d'activités prospères puis des interruptions. Avant la guerre, il se réunissait au Théâtre Comédia (sur l'emplacement actuel de l'Office H.L.M., place Benoît Frachon). Quelques années après, son siège se fixa au Café de l'Univers.

Les années de la guerre le mirent en sommeil pendant dix ans.

À partir de 1949, il connut une période de déclin puis cessa en 1954. Treize ans plus tard, il connut une renaissance prospère. En 1967, des animateurs comme MM. Monnier, Leroy, Chenot lui rendirent une place honorable dans la gamme des sports.

Comme elle manifeste toujours ses activités avec une intensité soutenue malgré les difficultés de notre temps, il nous a paru indispensable de rappeler le rôle bénéfique qu'elle a joué (et qui continue) dans la population seynoise.

Et pourquoi ce petit club ne pourrait-il pas obtenir un jour un label international ?

 

Les Cigaloun Segnen

L'année 1933 reste mémorable pour les vieux provençaux qui applaudiront à la naissance des Cigaloun Segnen, association à caractère folklorique qui pratiquait surtout les danses provençales en costumes de l'époque mistralienne, au son des tambourins et du galoubet. Pendant longtemps, les jeunes danseurs et danseuses que nous considérons aussi comme sportifs, se manifestèrent pendant les festivités locales sous la conduite d'André Garro, le fondateur du groupement suivi de Augustin Tinteri, ancien musicien de La Seynoise.

Augustin Tinteri, co-fondateur des Cigaloun Segnen, qui s'est éteint au début de l'été 1967 à l'âge de 86 ans.

Voir le site internet des Cigaloun Segnen, avec la composition du premier bureau de l'Association, créée le 2 mars 1933 au sous-sol de l'école Martini :

- Président : André GARRO, félibre, conseiller municipal
- Vice-Président : Marius GAY, boulanger
- Secrétaire : Eugène GUILHON, ouvrier à l'arsenal
- Trésorier : Auguste TINTERRI, félibre, officier marinier en retraite
- Professeur de danse : Etienne MANAVELLA, retraité des chantiers
- Adjoint à la danse : M. LAMBERT et Joseph ABONNA.
Il y avait aussi comme membres fondateurs : Edouard AILLAUD, Joseph MARTIN, Lucien MARENDA, Joseph JULIEN, Albert SCOTTO, Barthélémy FINO, Vincent GAUBERT, Pierre FRAYSSE, Aimé MOLINARI, Marius MICHEL, François REVEST, Pierre CHARLES, Lucien GARNIER, Joseph MAZEN.

Voir également sur le site http://perso.wanadoo.fr/mezanimo le texte et la musique de la Marcho dei Cigaloun Segnen écrite en 1937 par Ernest Gabriel.

Après une longue période d'inactivités, les Cigaloun semblent vouloir ressusciter le folklore local et c'est tant mieux.

L'année 1936 vit la naissance d'une nouvelle association appelée Sports et Loisirs du Var.

 

Sports et Loisirs du Var

Comme elle manifeste toujours ses activités avec une intensité soutenue malgré les difficultés de notre temps, il nous a paru indispensable de rappeler le rôle bénéfique qu'elle a joué (et qui continue) dans la population seynoise.

Elle a été créée à l'initiative du Comité d'Entreprise des Coopérateurs du Midi et impulsée par Pierre Fraysse, son premier Président.

Depuis un demi-siècle, elle rend à la population des services considérables. Forte de 1200 adhérents recrutés pour nombre d'entre eux, hors des limites de la commune, elle a pour but capital l'organisation d'excursions et de voyages.

Mais il faut rappeler qu'à l'origine, elle s'intéressa aux activités sportives de la jeunesse des écoles. Cette forme d'activité fut abandonnée par la suite parce qu'elle ne pouvait se superposer aux structures officielles qui s'imposaient par les lois de l'Enseignement. Encore faut-il rappeler que dans les écoles primaires se déroule périodiquement la coupe de football Pierre Fraysse.

Dans la période où l'Association Sports et Loisirs fut fondée combien de Seynois éprouvèrent la joie de connaître d'autres lieux, d'autres gens, d'autres moeurs et d'avoir ainsi une meilleure connaissance du monde ? Et tout cela à des conditions financières abordables.

Elle utilisa à ses débuts un modeste autocar qui ne présentait certes pas le confort des véhicules actuels, mais il était bien suffisant pour aller passer une journée à la Sainte-Baume ou faire des parties de champignons à la Londe avec les amis. On était loin de penser qu'un jour Sports et Loisirs pourrait organiser de superbes voyages à travers le monde entier - que les touristes partent seulement pour une sortie d'un jour ou des croisières de 8 à 15 jours, ils savent que tout est prévu pour leur confort. Les horaires sont rigoureusement respectés, les places assurées dans les restaurants, les hôtels, les temps libres prévus.

Aucune inquiétude ne peut tenailler le voyageur, de telle sorte qu'il peut observer, apprécier, jouir des plus beaux spectacles qui s'offrent à ses yeux, en toute sérénité d'âme.

Combien de nos concitoyens ont pu mettre le pied sur la plupart des continents de notre planète grâce au développement impétueux de la navigation et de l'aviation et surtout grâce au dévouement des dirigeants de Loisirs et Sports.

Qui aurait pu croire cela au temps du premier tandem, du premier Car Étoile... et des premiers congés payés ! Que de chemin... et quel chemin parcouru !

Il était bon de rappeler que cette association permet à 4 000 personnes en moyenne de voyager chaque année dans les conditions définies tantôt.

Il était légitime de rendre hommage à son premier Président Pierre Fraysse qui l'impulsa, pendant plus de 10 ans, et de remarquer que depuis sa disparition en 1950, Camille Dutto son Président actuel a assuré à l'Association la continuité, la stabilité, l'efficacité.

Camille Dutto - Président de l'Association
" Sports et Loisirs du Var " depuis 1946

 

De la Libération à nos jours : la flambée des sports

Nous abordons ici la troisième période de notre historique des sports, la plus riche en initiatives, la plus spectaculaire en réalisations, la plus remarquable par les luttes obstinées menées par les amateurs et les fanatiques au premier rang desquels on trouva les élus municipaux de ces trente dernières années.

Après l'arrêt des combats, après que la population eut refermé les tombes, pansé ses blessures, retrouvé ses activités habituelles, une immense espérance se leva dans tous les foyers. Tout le monde fut pris du désir de s'ébattre, de se divertir, de prendre du bon temps comme l'avaient fait les Seynois des années folles de 1920, vingt-cinq ans auparavant donc, avec cette différence toutefois que ces derniers n'avaient pas connu la disette ni les destructions massives.

Cette fois, il fallait penser d'abord au ravitaillement et à la reconstruction. Il fallait redonner vie à une cité en ruine, dont les structures essentielles avaient disparu dans le fracas des bombes. Bien évidemment, on pensait au Sport, mais ce n'était pas l'essentiel... Nos édiles tentèrent toutefois de mener de front toutes les tâches, y compris celles que la jeunesse attendait. Que fallait-il faire ? Se mettre au travail sans attendre l'aide problématique des organismes officiels.

Des équipes de volontaires participèrent dans l'enthousiasme, pelles et pioches en mains à des travaux de réfection des stades (nivelage, drainage, clôture,...) en même temps qu'on rétablissait les communications, les réseaux d'eau, du téléphone, de l'électricité. On boucha les trous du stade de la Canourgue qui deviendra le stade municipal, du stade Victor Marquet réservé au rugby.

Un troisième stade appelé Hubidos, nom d'un jeune Seynois, Paul Hubidos, jeune aviateur mort en 1944 dans un combat aérien en Normandie, fut aménagé sur l'ancien terrain de manoeuvre de la Gatonne, à l'époque où l'infanterie coloniale occupait les locaux du Collège Curie.

Précisons que ce terrain devint communal en 1928 après l'achat de la caserne par la ville.

L'aménagement de ce terrain fut possible grâce à l'utilisation de quelques dommages de guerre. Le gymnase Martini qui n'avait pas subi de dégâts sérieux put être utilisé par les scolaires, la société de gymnastique et les boxeurs.

Section Gymnastique de La Seyne - 1930

Autrement dit les équipements sportifs se réduisaient à peu de choses et les associations sportives représentaient à peu près les mêmes disciplines qu'au début du siècle.

Et nous étions en 1945. Il y avait donc beaucoup à faire.

Il est nécessaire d'affirmer ici avec force que les grands changements dans le domaine du sport n'interviendront qu'à partir de 1947, année où Toussaint Merle accéda à la tête de la Municipalité, et mieux encore quand fut désigné Jean Passaglia comme Adjoint aux Sports, fonction qu'il assurera pendant longtemps avec celles d'Adjoint à l'Éducation nationale et à la culture.

Dans notre texte consacré à Toussaint Merle paru dans le Tome II de notre ouvrage, nous avons évoqué quelques réalisations importantes à caractère sportif. Nous l'avons fait succinctement. Ici, nous allons parcourir 22 années de mandat pour ne retenir de son oeuvre prodigieuse que les seules réalisations sportives, et encore faut-il préciser qu'il ne s'agira que d'un survol de la question.

 

De 1947 à 1970

Nous entrions dans une période où le sport apparaissait comme une nécessité impérieuse pour les individus et aussi pour l'avenir de la Nation. On l'avait bien recommandé dans les programme scolaires depuis la naissance de la IIIe République, on avait bien encouragé la création de clubs et d'associations, mais à la vérité ce n'était pas la grande masse qui s'y intéressait et le sport féminin en était à ses premiers balbutiements.

Qui devait se préoccuper de ces problèmes ? C'était l'affaire de tout le monde et en priorité celle des pouvoirs publics qui devaient consacrer d'importants crédits à la création des structures : terrains de sports, gymnases, complexes sportifs, encouragements sous toutes les formes. L'État, les communes, les entreprises, les corporations... devaient se pencher sur ces questions capitales.

Notre municipalité seynoise dès 1947 prenait ces problèmes à bras le corps et agissait conjointement dans toutes directions.

Il fallait défendre et développer les quelques associations existantes traditionnelles : vélo, rugby, football, nautisme, athlétisme..., mais il fallait voir beaucoup plus grand.

Il fallait penser aux adultes hommes et femmes. Celles-ci, avec la conquête de leur émancipation, allaient montrer leurs aptitudes à la pratique d'un très grand nombre de disciplines.

L'horaire de l'éducation physique pour les scolaires devait être complété. Le sport scolaire et universitaire comme nous le verrons fera l'objet de toutes les attentions municipales.

Et puis avec le développement des techniques nouvelles, des transports individuels et collectifs, ce fut l'apparition des sports de la montagne, une plus grande diversité avec les sports de la mer.

Ne fallait-il pas aussi, pour une municipalité progressiste, être attentif à la naissance et à la prolifération des sports nouveaux d'origine anglo-saxonne ou orientale ?

Et le sport à caractère médical, avec la gymnastique corrective par exemple n'était pas à négliger, pas plus que la gymnastique d'entretien pour les adultes, pas plus que la gymnastique artistique avec les danses rythmiques ou autres.

Équipe U.S.S. de gymnastique, avec M. Perpès

Équipe U.S.S. de gymnastique. Au centre, le moniteur Jardet

Le sport prenait aussi naissance dans les entreprises, dans les quartiers, dans les écoles, les administrations, et la ville ne pouvait rester indifférente à la densité croissante du tissu sportif avec des activités multiformes qu'il fallait suivre, encourager, coordonner.

Toutes les associations et clubs divers se chiffrent aujourd'hui par centaines. Ils ont su vivre en bonne intelligence et coopérer avec les municipalités de l'époque, lutter efficacement et exiger des pouvoirs de tutelle des moyens fructueux pour la juste cause du sport.

Voyons comment les choses ont évolué à La Seyne. Nous allons montrer les moments les plus forts et les résultats spectaculaires obtenus dans notre cité grâce au travail acharné de nos édiles aidés par la bonne volonté de milliers de supporters pour la noble cause du sport et les faits, les chiffres, les dates sont là indiscutables qui prouvent que les quatre dernières décennies de notre histoire locale ont apporté à La Seyne dans le domaine du sport, comme dans les autres, beaucoup plus que dans les siècles passés.

Au lendemain de son élection du 19 octobre 1947, la municipalité se mit en devoir de réaliser son programme : achèvement du stade municipal (agrandissement, drainage, vestiaires, gradins,...) ; aménagement de divers terrains : basket, sautoirs, football ; amenées d'eau, maison du gardien, douches, etc. Des formalités furent engagées pour l'achat du terrain de rugby de la Muraillette et d'un terrain pour les écoles à Berthe et aux Sablettes.

Mais l'objectif essentiel de la municipalité fut la création de structures opérationnelles efficaces susceptibles d'intervenir dans toutes les directions et à tous les niveaux.

En attendant toutes les autorisations légales pour la mise en place des organismes nouveaux, notre jeunesse sportive ne demeurait pas inactive surtout dans le domaine du football.

En 1945, l'U.S.S. avait enlevé le titre de Champion de 1re série et accédé au Championnat Promotion d'Honneur lors de la saison 1946-1947.

Le 6 septembre 1946 fut créé le Club des supporters, puis ce fut l'accession en Championnat de division d'honneur. Un fait notable : l'U.S.S. élimine l'Étoile Sportive de Fréjus (2 buts à 1).

Au cours de l'année 1948-1949, l'U.S.S. accèdera au 1/16e de finale de l'Équipe de France, mais échouera à Troyes.

L'année suivante la municipalité créa, sous l'égide de l'O.M.S., l'École municipale de football avec 50 membres. D'autres disciplines suivirent peu à peu.

Avant de quitter l'année 1948, rappelons que l'un des soucis majeurs de la municipalité fut la création d'un centre de gymnastique corrective et médicale dont le but et les bienfaits n'ont pas échappé à la population, une structure unique à l'époque qui permit à des centaines d'enfants d'être soignés ou guéris de leurs malformations ou de leurs infirmités.

Dans cette période, plus précisément entre 1945 et 1952, les travailleurs des chantiers navals orientèrent leurs loisirs vers les activités sportives sous l'impulsion du Comité d'entreprise. L'Association Sportive des Forges et Chantiers de la Méditerranée (A.S.F.C.M.) créa le premier club omnisports d'entreprise au niveau départemental avec des sections bien diversifiées comme le basket, le football, le rugby, l'aviron, le ski, les boules, l'athlétisme. Ultérieurement suivirent les sections chasse, judo, karaté, culture physique, cyclotourisme. Cette association sportive devait devenir le C.O.S. des C.N.I.M. après les mutations de 1966.

 

1948, une date capitale : fondation de l'O.M.S.

Les offices municipaux des sports sont nés après la deuxième guerre mondiale à la suite d'une circulaire du Recteur Sarrailh. Le nôtre est né en 1948. Il fonctionne comme une association du type loi 1901.

Il groupe les représentants des associations sportives locales et des établissements scolaires, les personnalités compétentes en matière sportive, ainsi que les membres du Conseil Municipal. Il élit un comité directeur et un bureau.

Depuis sa fondation, l'Office Municipal des Sports (O.M.S.) a joué un rôle très important dans les activités physiques et sportives de la ville pour :

- l'aide à l'organisation des grandes manifestations sportives,
- par ses avis sur les installations : projets, répartition, fonctionnement,
- par son aide et la promotion du contrôle médico-sportif,
- par l'attribution et la remise de récompenses aux sportifs méritants et aux dirigeants locaux et plus généralement à tous ceux qui oeuvrent dans l'ombre pour former des sportifs et des éducateurs.

Jean Passaglia fut le premier Président de l'Office Municipal et depuis l'année 1948 ses amis et camarades lui ont renouvelé leur confiance. Sa longue expérience, ses compétences dans tous les domaines du sport, son dévouement illimité nous permettent d'affirmer qu'il est et qu'il demeurera une grande figure dans l'histoire de notre cité tant il aura apporté de bienfaits à la jeunesse dans les domaines de l'Éducation, du Sport, de la Culture et des Arts.

Jean Passaglia - Président fondateur de l'O.M.S.

Dès sa fondation, l'O.M.S. reçut une subvention de 300 000 F qui passa à 500 000 F l'année suivante de manière à faciliter les clubs dans leurs réalisations.

Les manifestations sportives furent encouragées. Rappelons à titre d'exemples que 30 de nos sportifs allèrent disputer les Championnats de France d'athlétisme F.S.G.T. à Paris ; que put se dérouler le premier Grand Prix Cycliste de la ville La Seyne ; que le Boxing-Club fut équipé d'un ring ; que des tournois de basket-ball se déroulèrent avec des équipes de Strasbourg, d'Arras, de Bordeaux ; des matches de handball avec la ville de Paris... que La Seyne participa au Championnat de France de gymnastique... que fut organisé un Grand Prix Cycliste du Var (le petit tour de France, disait-on, où La Seyne obtint la deuxième place).

Il n'est pas possible d'entrer dans le détail de ces multiples compétitions qui attestait dans cette période une vitalité croissante du sport dans notre cité.

D'autant que les formations anciennes voulaient se régénérer et elles y parvenaient fort bien : le rugby, le vélo-sport, le football, les gymnastes se défendaient admirablement.

La municipalité avait le souci permanent de multiplier les structures et de former des jeunes dans toutes les disciplines. Elle mit au point un projet de stade omnisports à la Canourgue (là où exista le vélodrome et le terrain de football) et organisa les écoles de sport.

 

Les écoles municipales du sport

La première de ces écoles fut celle du football. Elle naquit en 1951 avec 50 participants.

Les années suivantes, il fallut ouvrir celles du rugby, du basket-ball, du handball, du volley, de la danse rythmique et de l'athlétisme. Y étaient admis les garçons et les fillettes de 10 à 14 ans.

L'enseignement y était gratuit et les frais de fonctionnement étaient pris en charge par la ville.

En quelques années, l'effectif atteignit 1500 élèves et le personnel d'encadrement fut porté à 20 éducateurs et 10 moniteurs municipaux qualifiés.

Écoles Municipales des Sports
Évolution des effectifs

Le grand intérêt de ces écoles réside dans le fait qu'elles ne s'adressent pas seulement à une élite d'enfants physiquement surdoués. Les organisateurs ont voulu que tous les enfants seynois puissent s'initier dans une ou plusieurs disciplines sportives de leur choix.

Et le but idéal à atteindre sera la conquête de l'esprit sportif, fait à la fois du goût de l'effort, du sens des responsabilités, de la solidarité, du courage, de la correction... autant de qualités qui contribueront au développement physique et moral des individus et des citoyens de demain.

 

Le premier stade omnisports

Ce projet fut approuvé en 1950, après bien des difficultés et sa réalisation nécessita plusieurs tranches de travaux. Il mérite un historique rapide.

Les crédits ne pouvaient être accordés qu'avec une extrême parcimonie du fait de l'énormité des budgets de guerre, dans cette période de notre histoire nationale où l'essentiel des ressources étaient dilapidées dans des guerres coloniales toujours perdues d'avance : guerres d'Indochine et d'Algérie auxquelles vint s'ajouter celle de Corée.

La commune supportait donc les plus grandes charges en matière de travaux qu'elle ne pouvait même pas financer par des emprunts.

Deux terrains de football, 2 courts de tennis, 1 terrain de basket-ball, un terrain de volley-ball, 1 terrain de handball, 1 gymnase d'entraînement, 1 salle pour 850 spectateurs. La salle des sports et le gymnase portent le nom de Maurice Baquet, premier Président de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail (F.S.G.T.) dont le dévouement à la cause du sport est demeuré légendaire.

L'inauguration de cet ensemble sportif eut lieu le 18 février 1967 en présence de Jacques Duclos.

M. Jacques Duclos lors de l'inauguration de la salle des sports Maurice Baquet
Sur la photo : Danielle Colonna, suppléante aux élections législatives ; Toussaint Merle, Maire ; Marius Autran, Jean Passaglia, Philippe Giovannini, adjoints au Maire.

Le Conseil Municipal ne perdait pas de vue la création de structures sportives à implanter dans les quartiers de la ville. Des terrains furent acquis dans les quartiers Berthe, Farlède, Les Sablettes. Les installations sportives suivirent la construction des écoles avec des décalages que l'adjoint aux Sports s'efforça de réduire au minimum. À la flambée scolaire que nous avons décrite avec précision dans notre Histoire de l'École Martini, suivit celle des sports.

 

Un grand bond en avant

À partir des années 1960-1965 l'État et la Nation prirent mieux conscience que le sport et la pratique sportive devenaient un service public car l'éducation physique était un complément indispensable et nécessaire à l'éducation morale et intellectuelle.

Des subventions furent accordées dans de meilleures proportions, mais la commune éprouvait toujours des difficultés à contracter des emprunts pour financer la part des dépenses non couverte par la subvention.

L'accroissement des structures sportives et leur diversité conduisit la municipalité à la création d'un service des sports spécialisé dans l'entretien du matériel, des pelouses, des plantations, de la propreté, etc.

De 1947 à 1965, les améliorations considérables apparurent. Nous résumons ici l'essentiel :

- piste de 400 m en cendrée,
- plantation de gazon au stade de la Canourgue,
- réfection complète du stade Hubidos,
- création et aménagements du terrain de football au quartier Berthe,
- aménagements divers au Stade Victor Marquet à la Muraillette,
- travaux au gymnase Martini pour la pratique de la lutte, de l'escrime, de la boxe et de la musculation,
- création du gymnase Maurice Thorez au quartier Berthe,
- création du gymnase Ernest Renan au quartier Daniel,
- structures spécialisées supplémentaires au stade Omnisports de la Canourgue,
- éclairage des terrains de football,
- courts de tennis au quartier Barban,
- boulodrome de la place des Esplageols,
- rénovation du stade municipal avec piste Tarlan, pelouse Austria-Grasvlies et éclairage moderne,
- circuit rustique d'activités physiques aménagées (C.R.A.P.A.) en forêt de Janas,
- base nautique de Saint-Elme,
- complexe sportif Langevin-Wallon.

Cet ensemble dessert deux établissements scolaires : le collège technique Langevin et le C.E.S. Henri Wallon soit un effectif de 1 800 élèves. On y trouve des terrains spécialisés pour le football, le handball, le volley, les sautoirs, les lançoirs, une piste de 125 mètres, un complexe évolutif couvert de 40 m par 21,44 m avec bureaux, locaux pour le matériel, vestiaires, sanitaires, etc. Il fut financé à 98 % par la commune.

Arrêtons-là cette langue énumération de réalisations dont nos lecteurs seynois ont pu suivre au fil des années la naissance et les perfectionnements, pour évoquer maintenant les sphères dirigeantes, les animateurs, les structures administratives.

Le complexe sportif Langevin-Wallon

 

Club seynois municipal des sports (C.S.M.S.)

Sa création est parue au Journal Officiel du 25 octobre 1955, sous la présidence de M. Racine assisté de MM. Passaglia, Pezet, Jardet, Guigou, Ghibaudo, Donati et Mlle Scaronne.

À l'origine fonctionnent deux sections : la gymnastique et le basket féminin. Puis, d'année en année, ces sections font boule de neige : le handball, le football, la lutte, les boules, l'escrime, les échecs... (oui ! les échecs ne sont-ils pas un sport cérébral ?). 10 ans après sa fondation, le C.S.M.S. comportait 9 sections et 382 adhérents.

Quelques années après s'ajoutèrent le tennis, la boxe, le rugby, le basket masculin, l'athlétisme, le karaté, le volley-ball, la plongée sous-marine, le ski, le trampoline. Ce nombre de sections passait alors à 18 et le nombre des adhérents à 2 120. On pouvait donc constater une évolution incessante, possible grâce à la qualité des structures d'accueil et à la compétence des responsables d'associations, des moniteurs ou animateurs.

Bien entendu, les Écoles municipales de sport, qui fonctionnaient à la satisfaction générale avec une dizaine de moniteurs municipaux, enseignaient une quinzaine de disciplines et regroupaient plus de 2 000 enfants. Prises en charge en totalité par la ville, elles constituaient un réservoir très riche où puisaient les clubs qui pouvaient ainsi s'assurer des succès appréciables.

Le C.S.M.S., sous la présidence de Jean Passaglia, aidé de Désiré Huiart, Louis Sillard, Michel Leroy, comme vice-présidents, avec Marcel Chalmin au Secrétariat général, Michel Ravoux et Jean-Claude Mistral comme secrétaires-adjoints - constitua une structure solide se donna un moyen de liaison par l'édition d'un bulletin appelé L'écho du C.S.M.S.. Il a oeuvré pendant de longues années pour la jeunesse seynoise dans l'amitié et la franche camaraderie et montré son attachement le plus total aux couleurs bleu et rouge de notre ville de La Seyne.

Les résultats sont significatifs : dans cette période, 7 000 jeunes et moins jeunes pratiquent un sport à La Seyne, soit plus de 13 % de la population - un des pourcentages les plus élevés de France.

Les efforts conjugués des dirigeants sportifs, des supporters dévoués de la municipalité, d'une jeunesse enthousiaste aboutirent à des résultats impressionnants dans toutes les disciplines.

 

Jeunesse à l'honneur

Il y eut des sélections remarquables dans la plupart des disciplines pratiquées au C.S.M.S. comme l'attestent de longs palmarès dont nous ne pouvons extraire que l'essentiel. Citons :

Nous lisons dans un palmarès une mention spéciale pour le handballeur Saurin qui, depuis 20 ans, s'est dévoué corps et âme au C.S.M.S. Bravo ! pour une telle fidélité.

Rappelons que dans cette période, le club de rugby se distingua en obtenant le titre de Champion de France Honneur, qu'il accéda au Championnat de France (3e Division).

Nous avons signalé dans la rubrique Moto-Ball que cette formation avait accédé au Championnat de France et que son capitaine Loulou Meunier avait pris le titre d'International.

 

Du sport tous azimuts

À partir des années 1965-1970 apparurent une multitude de sections, de formations, de clubs groupant des fervents de disciplines nouvelles, à telle enseigne qu'il est difficile de reconstituer une chronologie précise. Nous nous bornerons à donner ici l'essentiel en insistant sur quelques nouveautés.

Aux organisations les plus anciennes qui se manifestaient depuis le début du siècle (athlétisme, football, rugby, vélo-sport, voile, natation,...) s'ajoutèrent celles résultant des progrès techniques : l'automobilisme avec l'Écurie Azur, l'Auto-Racing Club du Soleil, le cyclotourisme...

Le Billard-Club Seynois n'avait-il pas sa place au sein du C.S.M.S. ? Et le ping-pong, auquel nous avons réservé une mention spéciale ?

Aux Boulomanes seynois du XIXe siècle allait s'ajouter une bonne dizaine de clubs de quartiers avec 760 licenciés utilisant 9 boulodromes (Les Plaines, Saint-Jean, Saint-Elme, Gambetta, Joyeux de la Roure, Boule du Lou, Boule du Soleil, C.O.S. des C.N.I.M...).

Dans cette période apparut aussi le Bowling-Club Seynois. En 1966, l'escrime, pratiquée déjà vers la fin du siècle dernier, entré en léthargie pendant plusieurs décennies fut remise au goût du jour.

Le football se multiplia dans toutes les directions : formations d'entreprises comme les C.N.I.M., Schneider, Mammouth, Renault, Grisoni, ou alors associations de quartiers (Mar Vivo, Mont des Oiseaux, La Présentation, Centre Culturel de Berthe, Amicale Sportive tunisienne, etc.).

Et d'autres disciplines apparurent avec la gymnastique sportive, la gymnastique volontaire, la gymnastique pour handicapés (Handi-Sport), le handball, le volley-ball, le ski, le Karting Club Seynois, la lutte, le twirling (majorettes), la marche athlétique, la plongée sous-marine (C.S.M.S., Club Omnisports des C.N.I.M., Centre de Plongée Seynois, Jonquet Kayak Club).

La 1ère équipe de handball masculin créée à La Seyne avec, à gauche, M. Cagnon

À cette myriade de disciplines nouvelles, il fallut ajouter le trampoline, la spéléologie, la pêche sportive, la planche à voile,... Et quand ces lignes paraîtront dans les livres, cette énumération sera certainement dépassée.

Nous avons envisagé la reconstitution de la vie et des activités de chaque association sportive de la localité, mais nous n'avons pas voulu empiéter sur l'excellente information que la revue de l'O.M.S. Par la ville et par le sport apporte à nos concitoyens périodiquement.

Nous consacrerons quelques développements à des groupements que des vicissitudes ont menacé de disparition et qui ont pu reprendre leur souffle sous l'impulsion de nouveaux dirigeants obstinés et passionnés... Et aussi à des groupements récents qui ont conquis d'emblée la faveur de nombreux adeptes et dont le tissu sportif seynois s'est enrichi solidement durant ces dernières années.

Dans cette période d'ascension fulgurante des sports, n'oublions pas de rappeler qu'une structure nouvelle et non des moindres fut le centre médico-sportif. Il fut en quelque sorte le complément du Centre médico-scolaire édifié, place Séverine, dans les années 1950.

Il fonctionna dans le même bâtiment et permit de surveiller, avec le concours d'une équipe de médecins, de surveiller l'état sanitaire des athlètes de toutes catégories.

 

Importantes étapes

Dans les années 1970, les activités sportives à La Seyne se poursuivaient avec une intensité soutenue. Le nombre des clubs augmentait et se diversifiait et avec eux les licenciés proliféraient sous l'impulsion de l'O.M.S., du C.S.M.S. et des écoles municipales.

Disons quelques mots du XXe Congrès National de la Fédération sportive et gymnique du travail qui se tint à La Seyne-sur-mer (Salle Maurice Baquet, les 25, 26, 27 mars 1972), un congrès qui marqua une étape importante de la F.S.G.T. qui allait bientôt fêter son quarantième anniversaire.

Le Président Gattegno refit l'historique de cette belle organisation démocratique, de masse dont les statuts précisent qu'elle se propose de :

- préserver et d'améliorer la santé et les capacités physiques de la jeunesse,
- d'inculquer à ses adhérents les principes de camaraderie, de discipline et d'honneur
- de contribuer à la satisfaction des besoins de tous jusqu'à l'âge le plus avancé dans le domaine de l'activité physique,
- de lutter contre l'exploitation commerciale et chauvine du sport,
- de préparer les sportifs à leur rôle de citoyens au service d'une République laïque et démocratique.

Le Président du Comité du Var, R. Soulier, souhaita la bienvenue aux congressistes, donna toutes les directives au déroulement des travaux. Nul doute que ces journées contribuèrent à impulser le mouvement sportif à travers le pays.

Depuis, les rencontres se sont multipliées, les activités sportives ont décuplé dans la ville. Il ne se passe pas de jour sans que ne se manifestent des clubs de ville, de quartier, d'entreprises, de corporations dans les disciplines traditionnelles comme dans les nouvelles.

Nous allons montrer dans cette dernière partie comment peu à peu le sport est devenu l'affaire de toute une population des enfants, des adultes, des hommes et des femmes, des jeunes et des anciens ; comment les disciplines se sont diversifiées à l'extrême en fonction des progrès de la science, des influences de l'étranger, comment dans notre ville de La Seyne la vie associative sportive a pris des proportions inouïes pour le plus grand bien de nos concitoyens.

À la date de décembre 1972, la municipalité avait construit ou aménagé 4 stades, une salle de sport (Maurice Baquet), 4 gymnases ; créé 18 centres d'initiation sportive. Elle consacrait alors 2,5 % de son budget à l'équipement sportif.

 

Le tennis

Faisons à ce sport une mention spéciale parce qu'il eut bien du mal à s'implanter et à s'intégrer dans les disciplines seynoises. On le pratiquait avant la guerre seulement dans des clubs privés à Toulon, à Six-Fours, aux Sablettes et il paraissait réservé à la petite bourgeoisie. La location des terrains et l'entretien étaient coûteux. Les joueurs ne portaient pas des culottes courtes mais des pantalons obligatoirement blancs comme le jersey et les chaussures.

La municipalité présidée par Toussaint Merle se préoccupa de lui trouver des terrains. Le 11 octobre 1967, le C.S.M.S. créa la première section de tennis avec 4 courts. Deux ans plus tard ce fut la construction des installations au quartier Barban, puis la mise en service d'une salle couverte.

La section se composa rapidement d'une trentaine de joueurs classés, puis avec la création du complexe sportif Jean Guimier aux Sablettes par le comité d'entreprise des C.N.I.M., 4 courts de tennis permirent aux travailleurs de l'entreprise de pratiquer ce sport réservé autrefois à quelques privilégiés. Le tennis devint ainsi un sport de masse.

 

Le ski

C'est un sport qui naquit tardivement chez les citadins. Quand l'accès aux pentes neigeuses fut résolu par le développement des transports, les premiers skieurs seynois se constituèrent en association en 1952 au sein de l'A.S.F.C.M. En 1973, fut créée la section de ski du Club Sportif Municipal Seynois (C.S.M.S.). Depuis cette date se dispute chaque année, le grand prix de la ville sur les pistes du Col d'Allos.

À partir de 1974, la municipalité organisa les classes de neige à Ornons en Oisans et au Touvet en Isère.

Tous les enfants participants ont appris à skier tout en recevant l'enseignement scolaire habituel. Des centaines d'enfants des classes de cours moyen ont ainsi bénéficié (les tarifs étant bien modiques) de cette discipline sportive oh ! combien salutaire pour leur développement physique et psychique.

N'est-il pas démontré que l'oxygénation meilleure du cerveau entraîne un bon fonctionnement des cellules nerveuses et facilite la compréhension ?

 

Les arts martiaux

Il s'agit de disciplines sportives d'origine orientale qui ont traversé nos frontières tardivement, alors que la plupart des autres, très anciennes, sont d'origine gréco-romaine ou anglo-saxonne.

La pratique des arts martiaux s'est implantée solidement à La Seyne dans six associations qui les pratiquent. Ses protagonistes les définissent ainsi :

" Sports d'équilibre physique, moral et intellectuel, écoles de volonté et de maîtrise de soi. Créateurs de l'harmonie entre le physique et le moral, les arts martiaux s'adressent à tous, sans distinction d'âge, de taille ou de sexe, mais exigent une totale adhésion de la part du pratiquant ".

On les définit aussi comme étant l'art d'attaque et de la défense dérivé du vieux Jiu-Jitsu du samouraï japonais.

Il s'agit donc d'un sport très ancien qui est devenu le judo avec toutes les variantes que sont l'Aï-ki-do, le Viet-vo-dao, le Karaté, d'origine japonaise - auquel s'est ajouté le Qwan-ki-do d'origine sino-vietnamienne. Le judo n'a été retenu comme discipline olympique qu'en 1964. Le karaté a été lancé en 1968 par le maître Pham-Xuan-Tong d'origine vietnamienne.

La Seyne compte plus de 600 licenciés dans ces disciplines, répartis dans 6 associations.

 

Sports pour le 3e âge et les handicapés

À partir de 1979, des cours gratuits de gymnastique pour les personnes du 3e âge ont été donnés dans les foyers d'anciens, puis dans les gymnases. Cette innovation visait à la lutte contre le vieillissement par une double action : maintien de l'équilibre physique par une gymnastique corporelle douce, d'une part, moyen de communications et de rencontres, d'autre part.

Quelques années après, naquit une structure nouvelle spéciale aux handicapés qu'on appela Section municipale handi-sports.

 

En ce XXe siècle finissant

Nous arrivons au terme de notre historique Cent ans de sport à La Seyne que nous arrêterons à la dernière décennie comme les autres récits contenus dans cet ouvrage. Il est évident que l'histoire du sport dans notre ville ne s'arrêtera pas là. Mais il fallait bien fixer des limites.

À l'oeuvre considérable accomplie par les municipalités d'après la guerre sont venues s'ajouter d'autres réalisations importantes que nous nous bornerons à résumer.

Là où de nouvelles structures sont nées les installations sportives ont suivi. Avec la naissance des collèges, le stade Hubidos a reçu tous les équipements pour la pratique du handball, du volley, du basket, des exercices physiques. Les élèves des collèges Paul Eluard et Curie s'y succèdent tous les jours. Les équipements sportifs des Sablettes se sont enrichis du C.O.S.E.C. (Complexe Sportif Evolutif Couvert) avec sa magnifique halle des sports (Gymnase Armand Sauvat). Les écoles Toussaint Merle, Jean-Jacques Rousseau, Léo Lagrange ont été pourvues de plateaux d'éducation physique et sportive.

Ont été réalisés également : le complexe sportif du quartier Léry, la base nautique de Saint-Elme, la piste cyclable en forêt de Janas, les Boulodromes du quartier Saint-Jean et de la place Benoît Frachon, de nouveaux courts de tennis au quartier Barban.

La collaboration du comité d'entreprise et de la municipalité a permis la naissance du complexe sportif Jean Guimier (1) entre Les Sablettes et l'Évescat ; le C.O.S. des C.N.I.M. a pris, de ce fait, une extension considérable. De 4 sections sportives avec 87 adhérents, il est passé à 21 sections et 1 500 adhérents.

(1) Jean Guimier : pionnier de l'Éducation physique et sportive, Professeur à l'E.N.S.E.P.E., Secrétaire de la fédération nationale des offices municipaux de sport.

Indépendamment des aides apportées au sport scolaire et universitaire, à l'impulsion donnée au mouvement sportif par la création de l'Office Municipal, du C.S.M.S., la municipalité des années 80 créa un service de la jeunesse chargé d'organiser des loisirs sains, de créer des foyers de jeunes comme la Maison Anne Frank au quartier Berthe ou le C.L.V. (Club Loisirs Vacances) des Sablettes. On retrouva aussi dans ces structures des activités sportives très diverses.

Ce qui nous conduit à constater qu'à La Seyne le sport est de venu un véritable phénomène social.

Qu'il s'agisse de l'école, des entreprises, des quartiers, partout les jeunes comme les adultes et les anciens pourront se féliciter de vivre dans une cité où le droit au sport, inséparable du droit à la santé, a été conquis grâce à la volonté des animateurs, des passionnés et aussi grâce à la compréhension de nos élus qui ont lutté avec persévérance pour qu'il en soit ainsi.

 

Les disciplines sportives d'aujourd'hui

Arts martiaux (Jiu-Jitsu - Judo - Karaté - Viet-Vo-Dao - Owan-Ki-Do) - Athlétisme - Automobilisme - Aviron - Ball-trap - Baskett-ball - Billard - Boules - Bowling - Culture physique - Cyclotourisme - Cyclisme - Danse - Escrime - Football - Gymnastique (féminine - artistique - sportive - volontaire - rythmique) - Handball - Karting - Lutte - Twirling (majorettes) - Marche athlétique - Moto-Sports - Natation - Pêche sportive - Ping pong - Pitt-bulls (football américain) - Plongée sous-marine - Planche à voile - Spéléologie - Trampoline - Voile - Volley-ball.

 

Conclusion

Malgré tout ce que nous avons écrit sur le sport à La Seyne, tout ce qui a été rappelé, comptabilisé, énuméré, le sujet est loin d'être épuisé. Il semble bien cependant que l'essentiel a été dit.

Nous nous proposions de rechercher les origines, d'expliquer les tentatives de développement des protagonistes locaux, les difficultés énormes à vaincre pour le triomphe du mouvement associatif, puis la poussée irrésistible de la vie, la volonté inébranlable des humains désireux de maîtriser et de vaincre les forces de la nature, mais avant tout le culte de la force physique nécessaire à la santé du corps.

Et nous avons montré que la prolifération des associations, des clubs, l'extrême diversité des disciplines ont concrétisé le véritable phénomène social qu'est devenu le sport à La Seyne.

Peut-être nous reprochera-t-on les longues énumérations et les inventaires correspondant aux périodes prospères ? Et pourtant, il était bien nécessaire d'insister sur des bilans oh ! combien positifs pour remercier tous ceux qui ont lutté sans faiblesse pour le triomphe de la noble cause du sport : dirigeants, élus municipaux, athlètes, supporters, bienfaiteurs, tous animés de la même foi et du même amour de leur ville.

Nous avons rendu un hommage particulier aux fondateurs des associations ou groupements les plus anciens en regrettant la disparition de nombre d'entre eux.

Il n'était guère possible d'envisager de citer tous les clubs d'aujourd'hui avec leurs dirigeants, tant leur nombre est considérable, sans risquer d'alourdir notre texte. La revue de l'O.M.S. Par la ville et par le sport se charge de le faire périodiquement, compte tenu des modifications incessantes.

Avant de terminer, disons notre gratitude à tous ceux, grands et petits, jeunes ou anciens, qui se dévouent pour la cause du sport - du sport qui occupe sainement les loisirs - du sport nécessaire à la santé de chacun - du sport véritable qui doit inculquer à tous ses adeptes les principes de disciplines, de camaraderie, d'honneur et de démocratie - du sport qui doit condamner l'exploitation commerciale et le chauvinisme.

 


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