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Quelques faits divers qui se sont produits à La Seyne au XXe siècle

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Les informations précédemment rassemblées resteront en ligne, mais il ne pourra être répondu à aucune nouvelle question
                                                                                                                                                       Jean-Claude Autran

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Historique des échanges de messages à propos de :

Accident aux Deux Frères
Accident d'avion sur l'hippodrome de Lagoubran
Accident de Paul Fouilloux
Ancienne usine de produits toxiques au quartier Peyron
Attentat contre le relais de télévision du Cap Sicié (1961) 
Chutes dans les falaises du Jonquet et du Cap Sicié
Conséquences du « Complot des pigeons voyageurs » (1952) à La Seyne
Crash d'un avion anglais sur les falaises de Sicié
Crime perpétré par Pierre Joyeux en 1959
Croix et stèle sur le chemin du Sémaphore
Faits divers survenus à La Seyne dans les années 1915/1917
Incendies et explosions à La Seyne
Journaux couvrant les évènements de La Seyne début septembre 1944
La « Maison du pendu »
Tentative d'assassinat à La Seyne 


3 juin 2013 - 26 février 2014 : Incendies et explosions à La Seyne

Q1.

Cher Capitaine AM,

Je suis heureux d’avoir fait votre connaissance samedi dernier au Salon des auteurs régionaux.

Comme promis, je vous adresse ci-joint une photo de la dalle du monument du Souvenir Français de La Seyne-sur-Mer sur laquelle figurent les décès de 7 victimes d’une explosion qui se serait produite le 23 décembre 1969 à l’école de Pyrotechnie.

Comme je n’ai jamais retrouvé de témoin ayant souvenir de ce drame, ni de mention dans la presse locale de l’époque, peut-être pourrez-vous m’en fournir une explication.

Peut-être y a t-il une erreur de date, car cette dalle a été regravée à une époque assez récente. Il y est fait aujourd’hui mention de victimes, respectivement (de haut en bas) des années 1969, 1890, 1896 et 1911. Comme on le voit, la date du 25-9-1911 (décès de mon grand-père maternel Louis Gautier) a été corrigée récemment car le 25-7bre-1911 de l’origine était devenu 25-7-1911. Y aurait-il une autre erreur concernant l’explosion de l’école de pyrotechnie ?? Aurait-elle eu lieu en 1869 au lieu de 1969 ??

Merci par avance si vous pouvez me renseigner.

Bien cordialement,

Jean-Claude Autran


R1.

Bonjour,

J'ai été très heureux moi aussi de faire enfin votre connaissance.

J'ai bien reçu votre demande. Je vais essayer de trouver. Je vous tiens au courant.

Pour mes recherches concernant les grands incendies dans la rade, connaitriez-vous des navires qui auraient brûlé dans le port de La Seyne ?

Lorsque les Allemands ont détruit les chantiers navals à l'explosif, il y a-t-il eu de grands incendies sur le site ?

Votre ami a parlé d'un dessin relatif à l'explosion du Liberté : vous serait-il possible de me l'envoyer par mail ?

A bientôt.

AM

Q2.

Bonjour,

Voici les quelques éléments que j’ai pu rassembler en réponse à votre message du 3 juin :

1) Je n’ai pas connaissance, d’après les archives dont je dispose, de navires qui aient brûlé dans le port de La Seyne, en dehors des nombreuses petites ou moyennes embarcations qui ont été endommagées ou coulées lors du bombardement du 29 avril (notamment le steam-boat La Seyne-Toulon l’Albatros) et de la destruction des chantiers par les Allemands le 17 août 1944 (voir ci-après).

2) Lorsque les Allemands ont détruit les chantiers navals à l'explosif (17 août 1944), il y a eu, outre l’effet du souffle des 197 mines, de grands incendies sur le site comme en témoignent les récits de cette journée et l’état des installations sur les photos (ci-jointes)

Mon père a fait état de cette destruction dans deux de ses chapitres :
http://jcautran.free.fr/oeuvres/tome2/annees_dramatiques.html#9
http://jcautran.free.fr/oeuvres/tome5/chapitre_3.html#6

Monsieur Jean-Pierre Guiol, auteur de Evocation de la construction navale à La Seyne (2011) y consacre aussi les pages 182 et 183 (ci-jointes) de son ouvrage.

Je vous adresse aussi un texte où j’ai rassemblé quelques écrits sur la destruction des chantiers, ainsi que sur divers incendies qui ont touché les chantiers ou leurs environs (1884, 1907, 1939)

3) J’ai retrouvé le dessin, édité en carte postale, de l’explosion du cuirassé Liberté. Je vous l’adresse ci-joint. Il est effectivement signé Dechifre (qui serait donc le grand-père de Jo Dechifre, journaliste à Var-Matin pour La Seyne, le monsieur qui nous en avait parlé samedi au Salon des Auteurs). A noter qu’il y a d’autres cartes postales de cette explosion, une photo apparemment prise depuis le port de Toulon, et une autre photo quelque peu retouchée (ci-jointes aussi).

Bien cordialement,

Jean-Claude Autran
Aux environs du 15 août 1944, se nouait le sort tragique des chantiers seynois car l'impitoyable directeur nazi qui dirigeait les préparatifs de destruction fut informé que tous les membres de sa famille venaient de mourir au cours d'un bombardement de la Ruhr. Il se suicida après avoir confirmé les consignes de leur état-major de ne se retirer des chantiers qu'après les avoir totalement détruits.
M. Veyssière avait alors des contacts secrets avec les résistants français et la C.G.T. clandestine pour tenter d'atténuer le désastre que les occupants s’apprêtaient à commettre, mais sans résultat en raison du manque de moyens. Des soldats de la Wehrmacht veillaient partout et la population comme le personnel, étaient complètement désarmés !
C'est dans l'après-midi du 17 août 1944 que les artificiers allemands ont mis méthodiquement en œuvre le plan diabolique de destruction totale qu'ils avaient préparé de longue date et qui visait à dynamiter, sans exception, la totalité des installations de ce fleuron de notre industrie nationale.
Des fourneaux de mines, tous les vingt-cinq mètres, avaient anéanti tous les quais et un cargo (le KT 42), coulé dans la darse, en barrait l'entrée.
Cent quatre-vingt-dix-sept mines ruinèrent systématiquement, non seulement la presque totalité des bâtiments, soit 69.000 mètres carrés, sur les 71.000 couverts, mais aussi tous les équipements, la darse, les quais jusqu'aux immeubles du front de mer !
La centrale électrique et les sous-stations de distribution de courant d'air comprimé et de gaz furent détruites en priorité suivies de l'incendie de l'ensemble des bâtiments de la direction, des précieuses archives centenaires, des bureaux de dessin, ateliers et magasins, réduits à des pans de murs en flammes, puis en cendres.
Les grandes nefs s’effondraient sur les puissantes machines déjà démantelées et cette vision de cauchemar a atteint son paroxysme lorsque furent projetées, une à une, dans la darse aux quais détruits, les grues Titan et le colossal ponton-mâture Atlas qui étaient l'image emblématique des constructions sur cales, elles aussi éventrées !
Comparables, par l'intensité de leurs détonations, aux effets des plus violents bombardements aériens que la ville avait connus, ces funestes explosions ont parcouru le site d'est en ouest, des ateliers de Mouissèques, au symbolique pont basculant Daydé, dont la chute devait clôturer cette infamie !
Aucun commando de patriotes n'avait été armé pour tenter d'entraver cette mise à mort concertée qui s'acheva par la fuite des artificiers, leur forfait consommé, dans une vedette automobile, en direction de l'arsenal. Les dispositifs de mise à feu ont été retrouvés et désamorcés dans ce champ de ruines, car ils comportaient encore les explosifs du pont Daydé qui n'avait pas été dynamité en raison de sa trop grande proximité avec la batterie antiaérienne nazie implantée sur le môle dit de « la caisse » qui lui faisait face.
Seul le pont Daydé est resté debout comme pour narguer leur sinistre tâche accomplie et matérialiser l'espoir de renouveau.
Le 26 août, les thabors et les tirailleurs sénégalais de l'armée française prennent d'assaut les forts Napoléon et Balaguier, un siècle et demi après l'illustre exploit du capitaine Bonaparte, et ils libèrent la ville martyre et ses chantiers détruits qui dans l'esprit de certains, n'existeraient plus que de nom. Et bien Non !

Extraits (pp. 182-183) de l'ouvrage de M. Jean-Pierre Guiol, Evocation de la construction navale à La Seyne (2011) qui traite de la destruction des chantiers (17 août 1944)
Incendies aux chantiers et dans le port

Incendie aux Chantiers Curet. — À la même époque (1884) se déclara un grave incendie dans les Chantiers Curet qui possédaient de gros approvisionnements de bois et de matières. La Marine apporta son concours à la ville pour combattre le sinistre ; les bateaux qui étaient en armement ou en réparation dans ces chantiers furent mis à l’abri dans le port de La Seyne sous les yeux du préfet maritime qui surveillait l’opération.
(Louis Baudoin, Histoire de La Seyne, 1965)

Incendie de la menuiserie des Forges et Chantiers en 1907. - Voir photos ci-dessous.

1939 – 24 avril. L’ex paquebot Angers est détruit par un incendie sur son chantier de démolition à La Seyne .

1944 - 17 août. Ce que les bombardements des alliés n'avaient pu faire, les Allemands allaient le réaliser en quelques heures à La Seyne avec une parfaite précision par la pose de 197 mines puissantes dont les explosions ruinèrent la construction navale pour longtemps. L'ennemi s'était préparé à l'éventualité de cette opération dévastatrice. Et il avait trouvé pour sa réussite la complicité de quelques éléments odieux parmi le personnel des chantiers : des gens qu'on peut qualifier sans crainte de mouchards et de traîtres à leur patrie. Quelles meilleures preuves que ces correspondances échangées entre des responsables de haut niveau de l'entreprise avec les autorités régionales allemandes quelques jours seulement avant l'exécution du plan de destruction et dont la trace existe dans les archives locales. Il n'y eut pas ce jour-là de pertes en vies humaines. Pour l'ennemi, l'objectif à atteindre c'étaient surtout les destructions matérielles de manière à rendre impossible, ultérieurement le ravitaillement des armées de la libération. Les services allemands du génie militaire connaissaient parfaitement leur travail. Rien ne fut négligé pour obtenir l'effet maximum. Toutes les installations portuaires : quais, engins de levage, ateliers,... volèrent en éclats sous l'effet des explosions violentes des fourneaux de mine disposés tous les 25 mètres le long des quais. Ceux des chantiers d'abord, du côté de la rade, mais aussi ceux du port de la ville. Le pont-levis également avait été miné. Les documents photographiques attestent des conséquences catastrophiques sur la basse ville, épargnée lors des bombardements précédents. Le bord du quai transformé en un rivage dentelé, était maintenant inaccessible aux navires, même de faible tonnage. Des dizaines de petits bateaux volèrent en éclats et offraient aux regards un spectacle de désolation. Les maisons du port rendues inhabitables allaient ajouter au pourcentage de sinistres déjà énorme depuis le 29 avril. Une statistique ultérieure de la direction des chantiers nous donne 69 000 m2 détruits sur 71 000 m2. Les grues mobiles appelées familièrement Titans et qui d'ordinaire roulaient gaiement sur leurs rails, gisaient sur le sol en amas de ferraille tordues. La centrale électrique, le transformateur, la station de gaz comprimé, minés en priorité étaient pulvérisés. Dans l'atelier des turbines particulièrement éprouvé, les tours, les machine-outils, les installations électriques, enchevêtrés dans les amas de décombres, étaient hors d'usage. La situation des autres ateliers n'était guère meilleure. La grande cale si solidement construite se trouva lézardée, une explosion ayant creusé à ses pieds un entonnoir gigantesque. Le torpilleur Foudroyant est remorqué puis sabordé par les Allemands au milieu de la grande passe .

Extrait d'une Chronologie de La Seyne écrite par M. Henri Ribot (2010)
Incendie de la menuiserie des Forges et Chantiers (1907)

Dessin, signé Dechifre, édité en carte postale, de l’explosion du cuirassé Liberté.
Autres photos ou dessins de l’explosion du cuirassé Liberté.

R2.

Bonjour,

Le travail m'a empêché de vous remercier plus tôt et veuillez m'en excuser.

Un gros merci donc pour la documentation envoyée.

Si j'ai d'autres questions je ne manquerai pas de vous recontacter.

Bien cordialement.

AM

Q3. (25 septembre 2013) [échange sur Facebook]

MA : 5h53, 25 septembre 1911, disparition par explosion du cuirassé Liberté en Rade de Toulon.
En mémoire de...

GR : Il y a eu aussi le Iéna en 1911 et le Magenta en 1875. Ces trois catastrophes "pyrotechniques" étaient l'épine dorsale de notre cours de sécurité sur les explosifs à l'Ecole de des pyrotechniciens ! Le souffle de la détonation avait brisé les vitres jusqu'à Lagoubran ! Pour les puristes on parlait à l'époque d'exsudation d'acide picrique sur les projectiles,acide mieux connu sous le nom de mélinite qui a été remplacé par le TNT depuis ! Bon ça va Alzheimer ce n'est pas pour demain !

PC : C'est aussi l'histoire de deux poudres...

Jean-Claude Autran : A propos de l'École des Pyrotechniciens, l'un d'entre vous aurait-t-il des informations sur l'explosion qui se serait produite le 23 décembre 1969 et qui aurait fait 7 victimes (voir la photo ci-jointe de la pierre tombale du Souvenir Français au cimetière de La Seyne) ? Merci par avance.

GR : Bonjour Monsieur, sur les 7 personnes inscrites, 4 déjà ne peuvent appartenir à cette école du fait qu'ils étaient militaires (quartiers-maîtres et un matelot de 2ème classe) et que l'école à laquelle je fais allusion était réservée au personnel de la DCAN ! Quand aux trois autres, ils sont inconnus de l'établissement car la plaque en bronze à la mémoire des morts de la Pyrotechnie je l'ai eue sous les yeux pendants des années et ces noms-là n'y figuraient pas. Il faudrait peut-être voir du côté de la sécurité civile ou alors du côté de la Marine car avant la création du CIN de Saint Mandrier l'école des canonniers était soit à la DCA de Saint Elme ou alors sur Porquerolles? Les archives de la Marine Nationale pourraient vous en apprendre ! Désolé de ne pas pouvoir vous renseigner mieux que ça. Cordialement. GR.

PS : MM sur Sanary est un puits de connaissances et peut-être vous renseignera-t-il !

Jean-Claude Autran Cette pierre tombale du Souvenir Français de La Seyne m'intéresse particulièrement. D'abord, parce que le dernier nom de la liste, Louis Gautier, victime, à l'âge de 25 ans, de l'explosion du cuirassé Liberté, était mon grand-père. Ensuite parce que personne ne semble se souvenir de cette explosion du « 23 décembre 1969 » qui aurait fait 7 morts. Le capitaine Meuvrey, auteur du livre "Explosions à Toulon" n'a pas pu pour l'instant retrouver la trace de cet évènement - qui aurait dû figurer à la une de la presse locale. Et, de votre côté, les noms ne vous parlent pas. N'y aurait-il pas alors une grosse erreur de date ? Car cette plaque a été regravée à une époque récente. Il est curieux que l'on trouve successivement : 1969, 1890, 1896, et 1911. Il y avait d'ailleurs eu une erreur (maintenant corrigée) sur le 25-7bre-1911, devenu 15-7-1911. Et puis « ci-gisent » 7 victimes d'une explosion de 1969 est incompréhensible car le corps de mon grand-père a été exhumé du caveau du Souvenir Français en mars 1978, pour être transféré dans la tombe familiale, et, à l'époque, le caveau ne contenait pratiquement plus rien que des cercueils très dégradés et difficiles à identifier et, selon le conservateur, le caveau n'avait plus été ouvert depuis 1914. Alors, l'explosion de l'Ecole de Pyrotechnie a-t-elle bien eu lieu en 1969, ou en 1869 ???

GR : L'hypothèse de l'erreur de date est plausible car à cette date-là il y avait un mélange entre civils et militaires sous l'égide de l'Artillerie Navale. C'est peut-être de côté qu'il faut chercher ! De toute façon toutes les dates d'accidents pyrotechniques sont forcément répertoriées quelque part, donc aux archives de Castigneau, le service historique de la Marine.

MA : Il suffirait de faire sortir des Archives du Service Historique de la Défense (La Corderie), le registre des Dépêches Ministérielles de la deuxième quinzaine de décembre 1869 ; par exemple. En principe ce genre d'événement est générateur d'échanges entre les plus hautes autorités de la Marine au niveau national et au niveau local.
J'exploite ces sources pour la période 1900-1914 ; je ne pense pas qu'il y ait de difficulté pour la période antérieure. Je ne retournerai chez eux que brièvement cette semaine, ensuite pas avant novembre. A suivre si intérêt. Il faut trois jours après la commande pour disposer de la reliure en salle de lecture. Sinon, les journaux de 1869 aux Amis du Vieux Toulon, sur les bobineaux de la Bibliothèque centrale ou certainement chez Gallica.

Jean-Claude Autran : Merci. Je vais suivre vos conseils. Il semblerait qu'il y ait bien erreur de date car, d'après des recherches déjà effectuées, ni l'état-civil de La Seyne, ni celui de Toulon, ni même celui d'Ollioules n'ont enregistré ces décès à cette date. Et rien non plus en 1869. Et rien non plus dans Le Figaro ou Le Gaulois du 24 décembre 1869 et des jours suivants. N'ayant plus aucune certitude sur la date, cela va un peu compliquer les choses. Mais nous continuons à chercher.

R3. (26 février 2014)

Concernant l'explosion à l'École de Pyrotechnie qui nous préoccupe depuis plusieurs années, j'ai enfin trouvé la clé de l'énigme. Il s'agit d'une erreur de gravure de la pierre tombale du monument du Souvenir Français. L'explosion s'est produite le 23 décembre 1869 à trois heures et demie de l'après-midi (et non en 1969 !). C'est un chapitre sur « Le cimetière de La Seyne-sur-Mer » (Regard sur deux terroirs : La Seyne et Saint-Mandrier, sous la direction d'Henri Ribot (2012), Cahier du Patrimoine Ouest Varois, n° 14, pp. 551-558) qui m'a mis sur la voie. Il y est écrit : « Le monument aux morts (allée 35 nord) : ce caveau surmonté d'un obélisque est installé dans une concession offerte par la municipalité en 1877 aux sept victimes de l'explosion de l'École de Pyrotechnie en décembre 1869 ».

En feuilletant la presse de l'époque, plus précisément Le Petit Toulonnais (le seul journal de l'année 1869 actuellement accessible en ligne sur le site des A.D. du Var), à la date du 25 décembre 1869 on trouve effectivement l'article suivant :

Et, en consultant les avis de décès du 24 décembre 1869 à La Seyne, on retrouve les avis de décès des sept malheureux artificiers ou canonniers :

Danet Léopold Jean Marie, 27 ans, né à Locminé (Morbihan)
Dorigny Jules, 25 ans, né à Braux (Ardennes)
Houteiller Jean Eugène 23 ans, né à Saint-Mars-sur-Colmont (Mayenne)
Le Moal Jean François, 23 ans, né à Crozon (Finistère)
Monier Célestin Camille, 22 ans, né à La Salles (Hautes-Alpes)
Ollivier Jean Louis, 28 ans, né à Coatascorn (Côtes du Nord)
Viel Théodore Louis Napoléon, 22 ans, né à Rouen (Seine-Inférieure)

Les noms ont donc bien été gravés sur la pierre tombale dans l'ordre chronologique : 1869, 1890, 1896 et 1911. Je note qu'aucune mention n'est faite du dernier corps à avoir été inhumé dans ce caveau du Souvenir Français, celui du soldat Edmond Douvry, mort le 29 septembre 1914 à l'hôpital complémentaire n° 4 (Institution Sainte-Marie à La Seyne) [témoignage de mon père qui a vu, en 1978, le cercueil d'Edmond Douvry déposé dans le caveau au-dessus de celui de Louis Gautier].

Concernant l'explosion du 23 novembre 1869, il est regrettable que la pierre tombale comporte une telle erreur de date (100 ans) ainsi que plusieurs erreurs dans l'orthographe des victimes : Dorigny (et non Borigny), Danet (et non Banet), Monier (et non Monnier). Le nombre exact des victimes n'est pas clarifié non plus. L'article de journal parle de deux autres corps retrouvés le lendemain, ce qui porterait le total à neuf. Mais je n'ai retrouvé que 7 actes de décès, correspondant à ceux des victimes inhumées dans le caveau du Souvenir Français.

Jean-Claude Autran




18 décembre 2012 : Attentat contre le relais de télévision du Cap Sicié (1961)

C.

Copie d'un article de journal ancien : Le Petit Varois, lundi 5 juin 1961

JCA

Le Petit Varois, lundi 5 juin 1961



29-30 juin 2010 : Tentative d'assassinat à La Seyne

Q.

Cher ami,

Comme je l'avais promis, tu trouveras ci-joint l'article écris par JD dans Var-Matin après la disparition de RN, où il le classe dans le « panthéon des Seynois républicains » !

J'avais dit à JD que cette phrase m'avait un peu surpris compte tenu du passé pour le moins trouble de certains des amis de RN. Certains, il me semble, n'avaient plus le droit de vote, étant des repris de justice. Alors, comme « panthéon des Seynois républicains »... Mais JD avait répondu que, de toutes façons, dans chaque parti, à droite comme à gauche, il y avait eu des éléments qui n'étaient pas irréprochables, ce qui est possible. Mais la grande différence entre les amis de mon père (Toussaint Merle, Paul Pratali, Loulou Meunier, Philippe Giovannini, et bien d'autres), et l'équipe de RN à laquelle ils se heurtaient régulièrement au moment des campagnes électorales, c'est que les premiers se donnaient à fond pour leurs idées et leurs convictions sans qu'il n'y ait jamais eu d'enrichissement personnel, tandis que les seconds étaient grassement payés (6000 F par soirée, ce qui était une somme à l'époque) pour coller des affiches (l'argent venant, disait-on, de MC de Fabrégas qui, de notoriété publique, avait des liens avec le « milieu »).

J'ai de nombreux souvenirs de cette époque qui sont encore très vivaces, tels l'attaque de Gaspard Francioli, une nuit, devant sa maison de Bastian en 1958 (article ci-joint du Petit Varois) et j'y pense souvent puisque j'habite tout à côté. Les amis de RN étaient toujours armés, sans doute pas pour tuer mais pour intimider leurs adversaires, sans que la police de l'époque ne les aient jamais inquiétés pour leurs actes.

Une autre nuit de collage d'affiches, RN avait pointé son arme sur le ventre de mon oncle Loulou Meunier en lui disant : « Ho ! Loule, qu'est ce qui arrive si je tire ? ». Et le lendemain mon cousin Roland Meunier s'était arrêté au bar de RN où il l'avait prévenu que s'il refaisait ça à son père « il lui mettrait le feu à la baraque ». Et RN avait dit « mais non, jeune, viens boire un coup, c'est un malentendu... ». Et Roland lui avait répondu : « Non, vous avez bien entendu, maintenant vous êtes averti ».

A propos de MC, je me souviens encore que Philippe Giovannini, qui lui parlait souvent, étant Corse aussi, essayait de flatter son amour-propre en lui disant : « Quand même, toi qui es un type bien, comment peux tu frayer avec ce milieu de nervis et d'argent sale ? ». Et l'autre lui répondit, avec l'accent corse : « Èeh, si ça paye bien... ! ».

Et il y en aurait beaucoup d'autres à raconter autour de RN et de sa bande. Toute une époque, que je n'ai jamais oubliée.

A plus tard, s'il me revient d'autres souvenirs intéressants...

Amitiés,

Jean-Claude Autran

R.

Bonsoir Jean-Claude,

Merci beaucoup pour les deux articles.

Je confirme tes propos pour avoir été en partie témoin de certaines de ces pratiques peu recommandables (dans les années 68). Ces derniers temps, RN (il était mon voisin - maison à côté de MV - et je discutais souvent avec lui pour la gym) tentait de se refaire une virginité en minimisant ses actes politiques passés. Son relais à Six-Fours était RC, dit Le Rouge - homme de main de B - qui était lui aussi payé et pratiquait de la même façon. Je l'ai vécu en direct lors des cantonales de 1973 lorsque j'étais candidat. Il y a eu quelques échanges houleux et j'ai eu de la peine à tenir mes "colleurs".

J'ai bien connu et cotoyé Gaspard dans les années 1965 et plus tard au Parti entre 1970 et 1980. De même j'avais des liens amicaux avec Loulou que j'estimais beaucoup, non seulement pour les idées mais aussi pour le Moto-Ball (c'était en quelque sorte le Platini de mon enfance). Je ne savais pas que vous aviez des liens de parenté.

Merci encore,

Amitiés,

JD

PS. : Chez Jacques, j'ai commis une erreur en disant que j'avais un morceau du Liberté. En fait, il s'agît de l'Algesiras qui a subi un incendie le 24 novembre 1906.


 

19 avril - 6 mai 2010 : Accidents de plongée près des Deux Frères

Q1.

Avé Fox,

Tant que tu es dans les recherches en archives tu devrais essayer de retrouver des renseignements sur l'accident qui est survenu le 15/08/60 (si mes souvenirs de la plaque fixée sur les deux frères ne me font pas défaut). Il s'agissait d'un certain Pierre Labat et je ne sais plus s'il était marin ou scout marin (peut être les deux après tout!).

Au sujet de l'accident de Michel Jaune, tu n'as pas de précisions sur le lieu et le jour où son corps a été retrouvé ?

A bientôt.

Pif

R1.

Salut Serge,

(...) Sinon, je suis allé aux Amis du Vieux Toulon cet après-midi. J'ai trouvé 2 autres articles du Méridional sur l'accident de Michel Jaune. L'un daté du 4 août 1960, dans le même numéro du journal que celui qui mentionnait l'accident, avec sa photo, que je t'avais déjà envoyé. L'autre daté du 5 août, qui annonce que le corps a été retrouvé et remonté. Je t'envoie les 2 articles ci-joint. Mais pourras-tu les ouvrir ?

Mais, par contre, je n'ai rien trouvé sur Pierre Labat, ni le 15 août, ni les jours suivants en recherchant jusqu'à fin août.

Bonne soirée.

Claudet

Q2.

Salut Fox,

J'ai obtenu quelques informations sur l'accident de Pierre Labat !

Il aurait eu lieu le 16 août 1955.

Pierre Labat était un scout de Tarbes qui aurait eu un accident de plongée (avec bouteilles donc probablement pas en chasse sous marine quoiqu'à cette époque là...) sur l'Arroyo.

Voilà un info qui pourra certainement t'aider pour retrouver les articles de presse.

Amitiés.

Pif

 


 

5 septembre 2004 - 9 avril 2010 : Chutes dans les falaises du Jonquet et du Cap Sicié

Q1.

Salut Fox !

(...) Je suis toujours à la recherche de plus ample information sur l'affaire Pierre Joyeux et sur le décès de Georges Ostertag (un camarade de classe et de violon) qui a fait une chute mortelle dans les falaises du massif.

Serge

R1a. (27 janvier 2010)

Salut Pif,

(...) je retourne cet après-midi aux Amis du Vieux Toulon avec Claude Pratali. As-tu d'autres évènements à rechercher dans les journaux ? A part l'accident d'Ostertag qu'on va essayer de trouver cette fois. Jusqu'ici, on ne l'a pas trouvé en 1957, ni 1958. Mais, dans les cahiers de mon père, j'ai trouvé que Georges Ostertag était en 5e (avec toi) en 1954-55. Il aurait dû être en 4e en 1955-56. Mais il n'apparaît dans aucun palmarès de juin 1956, ni au BEPC en 1957. Peut-être alors son accident avait-il eu lieu en 1956 ? ou en 1955 ?? Qu'en penses-tu ?

Adessias.

Claudet Autran

R1b. (à SM)

(...) Sinon, on n'a encore rien trouvé sur l'accident d'Ostertag dans les journaux de Juin-juillet-août 1957 à 1960.

JCA

R1c. (à CP)

Il reste à retrouver l'accident de Georges Ostertag dans les falaises du Jonquet. On n'a rien trouvé en 1957 ni 1958. Mais, dans les cahiers de mon père, j'ai trouvé qu'il était en 5e (avec Malcor) en 1954-55. Il aurait dû être en 4e en 1955-56. Mais il n'apparaît dans aucun palmarès de 1956, ni au BEPC en 1957. Peut-être alors son accident il eu lieu en 1956 ?

JCA

Q2.

Bonjour Claudet,

(...) Pour Ostertag, il me semble qu'il avait obliqué vers technique, à moins que ce soit vers un apprentissage aux chantiers ou à l'arsenal. C'est la raison pour laquelle il n'est plus dans les cahiers de ton père. La seule chose que je me souviens c'est que c'est moi qui l'ai emmené, à vélo, sur les sentiers de Sicié et que les journaux (Le petit varois en tout cas) avaient rédigé une quinzaine de lignes disant qu'il avait glissé sur une plaque de lauvisse et qu'il avait fait un chute importante. Je faisais du violon avec lui, rue Picot chez madame Robin-Lesiers et j'étais allé une ou deux fois chez lui, dans la maison de "Lysia" (Là où il y avait cette grande cheminée d'usine, sur la droite de la route avant d'arriver à l'entrée du cimetière de Lagoubran).

En te souhaitant, ainsi qu'à Claude, de fructueuses recherches.

Adessias !

Pif

R2.

Salut Serge,

J'avais promis de t'envoyer les coupures de journaux concernant une chute mortelle à Sicié le 29 septembre 1956. Ce n'est pas Ostertag, et ça n'a peut-être que peu d'intérêt pour toi, mais je te les envoie tout de même.


Le Méridional, 30 septembre 1956

Le Méridional, 1er octobre 1956
Amitiés,

Fox

R4a.

Salut Fox,

Merci pour ces renseignements sur ce pêcheur de Sicié. Cette chute dont plusieurs des habitués de l'émissaire m'avaient fait le récit je pense dans les années 58 ou 59 quand je commençais à faire de la chasse sous marine dans cette zone.

Je ne pense pas m'en servir dans mes textes sur Sicié car il me semble que si nous voulons réaliser une rubrique nécrologique de ce massif il y aurait beaucoup trop de zones d'ombre.

(...).

Pif


 

2-7 février 2010 : OVNIs sur le Var

Q.

Bonjour Jean-Claude,

(...) Je pourrais t'aider dans d'autres recherches, si tu le désires, les deux prochains mercredis (vacances scolaires).

En discutant avec Michel Ferrand, il m'a parlé d'une apparition d'ovni dans le ciel toulonnais : cela daterait de 1957 ou 1958 , et aurait fait l'objet de la une des journaux. « C'était au printemps, puisque je me souviens, j'étais en short !!!! » affirme-t-il.

Que penses-tu d'une prochaine réunion d'anciens fin février ou début mars ? Il faudrait cette fois-ci demander en majorité, à ceux qui ne sont pas encore venus , même si je ne les ai pas fréquentés durant la période scolaire.

C'est un bon moyen de faire connaissance ! Pourrais-tu en dresser une liste préférentielle ?

Tous ne pourront peut-être pas venir, qu'importe ! Une autre rencontre devrait avoir lieu au printemps !....

Est-ce que le restaurant habituel te convient ? Sinon tu peux en proposer un autre

Amitiés et à bientôt,

Claude

R.

Bonjour Claude,

(...) Le prochain mercredi, je suis déjà pris avec le photographe Chabert et avec une Assemblée générale. Peut-être le mercredi 17 ? Je te ferai signe 1-2 jours avant.

Il reste à retrouver l'accident de Georges Ostertag dans les falaises du Jonquet. On n'a rien trouvé en 1957 ni 1958. Mais, dans les cahiers de mon père, j'ai trouvé qu'il était en 5e (avec Malcor) en 1954-55. Il aurait dû être en 4e en 1955-56. Mais il n'apparaît dans aucun palmarès de 1956, ni au BEPC en 1957. Peut-être alors son accident il eu lieu en 1956 ?

Concernant les OVNIs, il y en a eu plusieurs vagues. Je ne me souviens plus de ceux du printemps 1957 ou 1958. Mais, déjà en 1954, on parlait beaucoup de soucoupes volantes sur le Var. J'avais d'ailleurs repéré des articles du Petit Varois qui les mentionnaient à la Une (voir ci-joint les articles du 16 octobre 1954). Mais on peut certainement en trouver d'autres dans les années suivantes. Peut-être, là aussi, une recherche sur google permettrait de préciser les dates précises où on en a signalé dans le Var.

Le Petit Varois - La Marseillaise, 16 octobre 1954
Tout à fait d'accord pour un repas fin février ou début mars. Le même restaurant me convient tout à fait. La priorité serait en effet d'avoir ceux qu'on n'a pas encore rencontrés. Il faudrait voir si l'un de ceux qui sont éloignés comme Paul Clément, ou Jeannot Joucla, ou Michèle Tribut n'a pas une occasion de venir à La Seyne à cette période. Ensuite, il y a Jacqueline Gueury qu'on n'a pas encore revue. Mais je vais réfléchir à une petite liste des affinités possibles avec ces derniers. Je te la communique rapidement. Maintenant, je n'ai plus le temps, il faut que je descende à l'Assemblée générale de La Seynoise.

A bientôt.

Jean-Claude


 

27-28 janvier 2010 : Crash d'un avion anglais sur les falaises de Sicié

Q1.

Salut Serge

Je retourne cet après-midi faire des recherches dans les journaux aux Amis du Vieux Toulon, avec Claude Pratali.

De son côté, Claude Pratali a effectué quelques recherches. Voir ce qu'il a trouvé sur les sites suivants de crashs aériens :

http://aviation-safety.net/database/record.php?id=19480714-1&lang=fr
http://www.crash-aerien.com/www/database/fiche.php?id=9991

Il s'agit bien d'un Dakota, en approche vers Hyères, qui s'est écrasé "Crashed into cloud-covered cliffs", c'est-à-dire des falaises couvertes par les nuages. Et des falaises dans la région, ça peut-être celles de Sicié.

Mais c'est en 1948, 10 ans plutôt que les années supposées. Quel est ton avis ?

Claudet

R1.

Salut Claudet,

L'avion qu'a débusqué Claude n'est pas celui que je recherche mais un autre Dakota qui depuis a été retrouvé par des plongeurs de la pyrotechnie entre le fort de Sainte Marguerite et le port de Carqueiranne.

Le Douglas c 478;10 DK.Dakota IV git par environ 45 mètres de fond sur de la vase et sert d'abri à de succulent merlans sans parler des langoustes, homards et autres congres ou murènes. Quelques restes de filets de pêche sont accrichés aux restes de l'empennage (...) Les falaises en question étaient certainement celles du Cap Brun et de la Terre Promise.

(...) Adessias.

Pif

Q2.

Salut Serge,

Après un nouveau passage aux Amis du Vieux Toulon, et examen des journaux de juillet 1948, j'ai bien l'impression que le crash qu'a retrouvé Claude Pratali est celui que tu cherches. Voir ci-joint l'article de « La France de Marseille et du Sud-Est » du 15 juillet 1948.

Suite des photos d'articles dans les messages suivants.

Fox

Articles du Petit Varois du 15 juillet 1948

Sinon, on n'a encore rien trouvé sur l'accident d'Ostertag dans les journaux de Juin-juillet-août 1957 à 1960.

A plus tard.

Foxygène

Deux photos de l'article de la Une du Provençal du 15 juillet 1948

Suite :

Articles de « La France de Marseille et du Sud-Est » respectivement du 16 et du 19 juillet 1948.

Les noms des victimes s'y trouvent.

Pendant que j'étais aux Amis du Vieux Toulon, le bibliothécaire a téléphoné au Capitaine M (Caserne du Port Marchand) qui a écrit le livre sur Les explosions à Toulon. J'ai pu parler quelques instants à ce Capitaine, qui m'a dit avoir rassemblé pas mal d'autres précisions sur ce crash, sur lequel il a travaillé. Il m'a dit que si tu voulais en savoir davantage, tu pouvais l'appeler sur son portable au (...). Il est très sympa, il répondra à toutes tes questions.

D'autres photos à suivre.

Fox

Le Provençal du 15 juillet 1948
La France de Marseille et du Sud-Est, 15 juillet 1948
Le Petit Varois, 14 juillet 1948

R2.

Merci pour tous ces renseignements !

L'autre avion, que nous nommions "avion de sainte Marguerite" n'a pas d'histoire, lui non plus.

Par contre il était en très bon état, posé sur le fond. Il avait dû amerrir.

Je vais traiter tes coupures de journal afin de les intégrer dans mon article.

J'avais toujours pensé qu'il s'agissait d'un monomoteur car je n'ai jamais vu le second moteur.

Bravo et merci encore.

Pif


 

27 octobre 2003 - 27 janvier 2012 : Crime perpétré par Pierre Joyeux au Jonquet en 1959, avant de s'enfuir en kayak à l'île du Levant

Q1a. (27 octobre 2003)

Je n'arrive pas à retrouver la date du crime que perpétra Pierre Joyeux avant de s'enfuir en kayak jusqu'à l'île du Levant où il a été retrouvé pendu dans une grotte bien plus tard.

Aurais tu une idée de la date ainsi que du nom de la victime ?

Q1b. (16 octobre 2004)

Je suis toujours à la recherche de plus ample information sur l'affaire Pierre Joyeux et sur le décès de Georges Ostertag (un camarade de classe et de violon) qui a fait une chute mortelle dans les falaises du massif.

R1. (8 août 2009)

Salut Pif,

Comment cela va-t-il en ce début d'août ? Si tu es là, je ne manquerai pas de passer te dire bonjour, maintenant que nous sommes rentrés de 2 semaines à la montagne.

Mon message de te ce jour est pour commencer à répondre à une question que tu m'avais posée le 27 octobre 2003 : « Je n'arrive pas à retrouver la date du crime que perpétra Pierre Joyeux avant de s'enfuir en kayak jusqu'à l'île du Levant où il a été retrouvé pendu dans une grotte bien plus tard », sur laquelle je n'avais à l'époque aucune idée.

Il se trouve que Michel Havard vient de me faire cadeau d'un très grand nombre de journaux des années 1958-1962 (surtout des Petit Varois), qu'il a retrouvés dans le grenier de l'ancienne maison de ses parents près de la Colle d'Artaud, qu'il est en train de vider pour la faire rénover ensuite.

J'ai commencé à reclasser ces journaux. C'est un travail colossal (il y en a 4 gros cartons, et il en a retrouvé d'autres depuis), mais extrêmement intéressant car c'est la période de notre adolescence à La Seyne et c'est la période que je comptais peu à peu investiguer aux archives de Toulon.

L'avantage maintenant c'est d'avoir l'édition papier au lieu des microfilms, et d'avoir la page de La Seyne (que, souvent, on ne retrouve pas dans les journaux microfilmés, qui n'ont conservé que l'édition locale de Marseille, ou de Nice, ou de Toulon).

Bref, j'ai pensé à toi en retrouvant des articles sur Pierre Joyeux dans les numéros des 17 et 23 octobre 1959. Voir les scans ci-joints. Le 1 et le 2 viennent du 17 octobre, et le 3 et le 4, du 23 octobre.

Il est certain qu'il doit y avoir d'autres journaux antérieurs à ces dates qui en parlent, mais que je n'ai pas encore trouvés. Je te les ferai suivre par la suite. Personnellement, je ne sais plus quel était le mobile du crime de ce Robert Bessoudo, mais toi tu t'en rappelles peut-être.

Le Petit Varois - La Marseillaise du 17 octobre 1959
Le Petit Varois - La Marseillaise du 23 octobre 1959
Je te communiquerai aussi des copies de quelques palmarès de distribution des prix de Martini et de Beaussier de cette époque. Je pense retrouver aussi bien des photos "Chabert" de cette époque (stade Scaglia, salle des fêtes, colonies de vacances, etc.) que nous avons vu passer mais que nous ne savions pas dater).

A un de ces jours,

Claudet

R1.

Merci Claudet pour ces articles sur Pierre Joyeux !

Hélas, ils sont arrivés avec la partie basse tronquée. Je n'ai donc pas pu tout lire.

Ce phénomène est assez fréquent mais je sais qu'il est possible d'obtenir la totalité de la photo ou de l'article si tu changes de (?) pour l'envoi.

Je suis encore à La Seyne pour environ trois semaines et tu peux passer quand ça t'arrange.

J'ai hâte de t'écouter au sujet de tes quinze jours à Chamonix.

Pour moi, ce sont les visites d'anciens copains de plongée (En congés depuis la France d'en haut) qui agrémentent mes semaines ainsi que quelques salons littéraires nocturnes, régates de pointus, bringues avec les amis de la plage et quelques soirées aussi exotiques qu'arrosées (pas à l'eau!).

En espérant te lire et te voir très bientôt.

Adessias.

Pif

Q2a.

Salut Pif,

Je ne sais pas ce qu'il faut faire pour que tu reçoives l'image entière. Il est vrai que ce que je t'ai envoyé a été retravaillé, contrasté, pivoté, compacté, etc.

Je peux essayer (ci-joint) de te renvoyer l'image scannée d'origine et brute, sans aucune retouche. Naturellement, elle est parfois de travers ou renversée. A toi de la redresser après réception (si du moins tu la reçois entière). C'est un essai. On va voir ce que ça donne.

A bientôt, certainement dans la semaine.

Claudet

Q2b.

Salut chef !

En poursuivant le classement de la collection de journaux de Michel Havard, j'ai retrouvé quelques autres articles relatifs à Pierre Joyeux, de 1959, 1960 et 1961. Certainement pas tous car il y a des trous dans la collection. En particulier, il me manque ceux du 11, 12 et 13 octobre 1959 qui doivent révéler le crime (qui avait eu lieu le 10 octobre).

Voici toutefois les textes des titres de 1ère page du journal de tous les articles que j'ai pu retrouver. J'ai renoncé à tout scanner, je te montrerai les journaux à ma prochaine visite (la semaine qui vient sans doute).

14 octobre 1959 : Le meurtrier de Fabrégas ne s'est pas suicidé.
JOYEUX TRAQUÉ
Poursuivi par six marins à la Batterie basse, il est parvenu à disparaître
Deux balles ont tué Robert Bessoudo
Dont les obsèques ont lieu cet après-midi à 15 h 45 au cimetière de Lagoubran
Pierre Joyeux est introuvable. Toutes les recherches entreprises à ce jour sont demeurées vaines. Nulle trace du meurtrier de Robert Bessoudo n'a pu être relevée.
 
15 octobre 1959 : PIERRE JOYEUX : RECHERCHES TOUJOURS VAINES
La veille du crime, « Le Barbu » se trouvait à Toulon avec sa victime et le belle Germaine
Les obsèques de Robert Bessoudo ont eu lieu hier devant une nombreuse assistance.
 
16 octobre 1959 : Exclusif : JOYEUX et sa famille.
L'assassin de Fabrégas (capable de vivre des mois, seul dans les bois) ECHAPPE A TOUTES LES RECHERCHES. A-t-il sombré avec son kayak ? La police mobile regagne Marseille.
 
17 octobre 1959 : JOYEUX a attendu longuement l'heure propice pour tuer.
Des vêtements du meurtrier jetés pour alléger le kayak retrouvés près de Sicié.
Au pied du Suc (Hérault), nous avons rretrouvé le chalet de Joyeux.
 
23 octobre 1959 : La trace de Joyeux retrouvée hier à l'île du Levant par la police d'Hyères et les gendarmes du Lavandou. Il aurait vécu, jusqu'à leur arrivée, dans la villa inoccupée d'un cureur automobile.
 
4 avril 1960 : C'était bien le kayak de Joyeux ! (retrouvé sous les branchages à Port-Cros).
 
7 avril 1960 : Pierre JOYEUX aurait été hébergé par des habitants de l'îlle du Levant (où les policiers enquêtent). « Le meurtrier n'est pas chez nous », dit-on à Port-Cros.
 
8 avril 1960 : Il y a peu de temps encore, JOYEUX aurait vécu dans la tour de Port Man (Ile de Port-Cros). Les enquêteurs viennent d'y découvrir une chaise et un cageot.
 
9 avril 1960 : L'affaire Joyeux. Les enquêteurs font le point avant d'entrer dans la phase finale.
 
22 avril 1960 : JOYEUX : Des cartouches de 22 long rifle retrouvées à Port-Cros. Le meurtrier de Fabréga serait toujours dans le maquis de l'île.
 
9 juillet 1961 : Le squelette d'un pendu découvert à Port-Cros par un sous-marin en exercice
Ce serait le cadavre de Joyeux
Qui tua le 10 octobre 1958 au Jonquet le Toulonnais Robert BESSOUDO.
 
10 juillet 1961 : Au cœur du maquis de Port-Cros
Pierre JOYEUX, devenu fou de peur et de solitude S'EST PENDU un an après son crime APRES AVOIR NOTE SUR SON CARNET : « Tout est cuit. Seul avec la mort ».

A bientôt. Je n'ai pas encore pu passer ayant encore eu une partie de ma tribu toute la semaine dernière. Et il en arrive deux autres demain pour prendre la relève jusqu'à mercredi. J'essayerai de passer mercredi après-midi, ou jeudi (je t'appellerai auparavant).

Fox-i-gène

Q2c. (27 janvier 2010)

Salut Pif,

(...) J'ai retrouvé quelques autres articles concernant l'affaire Joyeux dans Le Méridional des 12 et 13 octobre 1959, dont je t'adresse les photos ci-joint (tu peux essayer de zoomer pour lire le texte, même s'il est un peu flou dans les coins). Le texte ne t'apprendra ans doute rien, mais il y a des photos que je ne crois pas avoir vues dans les articles du Petit Varois.

Adessias,

Claudet Autran

Le Méridional, 12 octobre 1959
Le Méridional, 13 octobre 1959
Le Méridional, 13 octobre 1959
Adessias.

Claudet Autran

Q3. (26 janvier 2012)

Jean Claude, bonsoir !

J'espère que tu vas bien depuis notre dernière rencontre (...).

Je continue de temps en temps  -trés discrètement mais avec toujours autant de plaisir-  à farfouiller sur le site de ton père et le tien. C'est toujours un + pour mes recherches locales ; au passage, encore un grand merci à vous deux.

Ce soir, il y a quelques minutes seulement, c'est sur ton site que j'ai lu  -plutôt relu-  l'histoire de Pierre Joyeux. Et donc, mes méninges se sont mises à mouliner en arrière...trés en arrière...

Tu pourras dire à Pif de ma part (avec un peu de retard, c'est vrai, et je m'en excuse !) que je me souviens très bien que maman nous parlait à l'époque de l'histoire de "Pierrot le fou !". Nous étions tout juste installés à La Font de Fillol à Six-Fours (le lotissement construit par les frères Jean et Robert Tristani de La Seyne)  depuis quelques mois seulement. L'ensemble de la construction des villas n'était pas fini. Autour de chez nous ce n'était que champs de vignes, prairie bordée d'alignement de cannes en limites de terrain pour le petit chemin qui partait vers la plage de La Coudourière (écrit à l'ancienne !). Je me souviens très bien que des gendarmes à pied (ils étaient 2) ratissaient l'immense surface qu'était alors La Font de Fillol. Ils étaient venus voir maman -la seule habitante de ce nouveau quartier- pour lui demander si, par hasard, elle avait vu quelque chose "d'anormal". Je m'en souviens trés bien puisque sitôt tournés les talons, maman m'a dit "s'ils croient qu'avec 4 minots au cul j'ai le temps de voir ce qui normal et anormal...!". (Y a des choses qui marquent, Jean Claude, tu le sais). Il n'empêche qu'à partir de ce moment là : Adieu la Liberté ! nous étions consignés à la piaule car Pierrot le Fou rôdait, mais ... où ???. 

Après, bien sûr, j'ai le souvenir de maman qui nous disait "ils" cherchent encore à Sicié... Et puis, plus rien. Sans doute parce qu'un problème en chasse un autre... Quelques temps après (combien ???) la porte de la volière s'est re-ouverte... et les oiseaux (nous) sont repartis vivrent en liberté totale (quelle belle époque !). Alors, voilà, un petit plus pour Pif ?. (Je serais pas étonnée que ce soit S.M.) ???.

Je te souhaite une bonne soirée,

A bientôt j'espère,

IPD

R3.

Bonjour Isabelle,

Merci pour ton message et tes vœux. S’il n’est pas trop tard, nous vous souhaitons le meilleur pour 2012. Et gardez-vous en forme et profitez des moments heureux, ils passent bien vite !

Concernant Pierre Joyeux, c’est bien Serge Malcor (“Pif” pour de nombreux amis) qui m’avait parlé il y a quelques années de cette histoire, dont personnellement (et contrairement à de nombreux Seynois) je n’avais pas gardé de souvenir. Je ne sais pas à quoi je pensais en 1959-1961, mais mon esprit devait être ailleurs (peut-être un peu trop dans les mathématiques).

Bref, depuis plusieurs années, Serge cherchait des comptes-rendus de cette affaire et, en fouillant dans les archives des journaux de l’époque, je lui ai retrouvé la plupart des articles qui traitaient de Pierre Joyeux (une partie seulement a été mise sur le site ; j’en ai quelques autres que j’ai communiqués à Serge et que je n’ai encore jamais mis en ligne).

Et à partir de ces articles et de ses propres sources, Serge a écrit un chapitre dans son dernier livre : “Petites histoires de Sicié”. Tes souvenirs personnels auraient certainement pu l’intéresser, mais il est trop tard pour les inclure car le livre est paru en novembre 2011.

(...) A bientôt, j’espère.

Jean-Claude Autran

PS. Le livre de Serge (voir copie de la couverture en pièce jointe) n’est pas en vente en librairie. On ne peut se le procurer qu’en s’adressant à lui : (Le Ventoulet, 352 Chemin Daniel, La Seyne-sur-Mer)


 

5 mars - 21 octobre 2009 : Croix et stèle sur le chemin du Sémaphore

Q1.

Bonjour,

Inépuisable et indispensable, félicitations pour ce site dont la richesse n'a d'égal que la lecture passionnante des ses articles.

En redescendant de l'ancien sémaphore vers Peyras, à mi-pente, une petite croix et une stèle rappelle un événement qui s'est passé le 13.3.53, deux noms figurent sur la plaque "JP de Coppet et J. Serra", sur la croix on peut lire "DCA" (photo jointe).

Auriez vous s'il vous plait des renseignements sur cet événement ?

Merci.

JPR

R1.

Bonjour,

Merci pour votre message et vos félicitations.

Hélas, concernant cette plaque, nous sommes plusieurs à nous être posé la question et nous n'avons, pour l'instant, pas trouvé de réelle explication.

D'ailleurs, les photos et les échanges à propos de cette stèle se trouvent dans le forum de mon site, rubrique "victimes des guerres". Cliquer sur le lien suivant :

http://jcautran.free.fr/forum/victimes_des_guerres.html#22B

Et descendre ensuite au niveau des messages R14b. et suivants.

La question a été soumise a M. JCS, spécialiste de l'inventaire des victimes de guerres ou d'accidents liés à des faits militaires. Qui l'a lui-même transmise à d'autres personnes. Jusqu'ici, ils n'ont rien trouvé, même dans les journaux du 3-3-1953 et des jours suivants.

Mon ami SM, qui s'était lui aussi depuis longtemps interrogé sur cette stèle, croit se souvenir qu'il y avait bien eu vers cette époque un accident dû à la manipulation d'un obus (de DCA ?) dans le massif de Sicié. Mais il n'a lui non plus rien trouvé comme document écrit pour l'attester.

Nous continuons à chercher. Et nous vous tiendrons au courant dès que nous aurons un élément de réponse.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Bonjour,

Merci beaucoup pour votre réponse, le "mystère" finira bien par être levé un jour.

Il m'est régulièrement arrivé de trouver des stèles dans les collines. Je pense aux nombreux monuments dédiés à la Résistance (Limate, Jounces, celle du LV Louis Revel sur le Croupatier...) ou encore plus surprenant et isolée la stèle en souvenir d'un couple en retrait d'un chemin, près du lac du Trapan à Bormes.

Merci encore et félicitations pour ce bel outil de mémoire.

JPR

R2. (12 octobre 2009)

Bonjour,

Je pense que le "mystère" vient d'être levé.

En feuilletant les archives de "La Marseillaise" à Toulon (ce que d'autres avaient fait avant moi, sans succès), j'ai enfin retrouvé la mention de l'accident qui avait donné lieu à cette stèle au bord du chemin de l'ancien sémaphore :

DCA
"JP de Coppet et J. Serra"
_3 - 3 - 1953

Voir ci-dessous la copie de l'article paru le 14 mars 1953.

Le Petit Varois - La Marseillaise du 14 mars 1953
Il ne s'agit pas d'un accident de tir de DCA comme on avait pu l'imaginer, mais d'un accident de véhicule de la Marine Nationale qui appartenait apparemment au « fort de DCA de Peyras ».

C'est le seul article que j'ai retrouvé sur le sujet. Rien les jours suivants, ni sur l'enquête, ni sur les obsèques des victimes.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q3.

Bonsoir Jean-Claude,

En fait je reviens sur l'évènement. J'ai sûrement écrit mon précédent mail un peu vite, nul doute que la date du 13 ne vous avait pas échappé.

(...) Merci encore.

R3.

Bonjour,

Merci pour votre message et toutes mes félicitations pour la richesse de votre site et la qualité des illustrations. (et je suis loin de l'avoir encore complètement exploré).

J'avais aussi pris plus ou moins les mêmes photos en ce qui concerne les falaises du littoral, mais je n'avais jamais pensé à en faire un recueil aussi pédagogique que le vôtre. Très bien aussi pour les images plus rares de l'intérieur du fort du Peyras et de la chapelle N.-D. Du Mai.

Vous avez également accompli un remarquable travail en ce qui concerne les stèles, les monuments la Résistance. Un travail de mémoire très noble et très émouvant.

Et les innombrables pages sur les randonnées, la faune, la flore, etc. Remarquable.

Merci enfin pour les liens vers mon site, notamment vers le chapitre Sicié. (...).

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

24 janvier 2007 - 18 février 2010 : Conséquences du « Complot des pigeons voyageurs » (1952) à La Seyne

Q1a.

(...) En 1952, lors de l'affaire du « complot des pigeons », il [Marius Autran] fut recherché ; « complot des pigeons » : bêtes retrouvées dans la voiture de Jacques Duclos, et destinées à la marmite familiale ; mais la guerre froide et l'anticommunisme en avaient fait des « porteurs de messages » vers l'ennemi désigné, l'URSS ; Marius Autran était bien caché (et alimenté) dans une campagne du quartier Bastian. (...).

Francisque Luminet (extrait de l'allocution prononcée lors des obsèques de Marius Autran, le 24 janvier 2007)

Q1b.

J'ai lu avec intérêt les discours d'hommage à ton père. L'histoire des pigeons pour Duclos est renversante (mais elle m'a fait rire malgré les avatars causés à ton père) : je ne savais pas que la guerre froide avait des conséquences aussi triviales. (...).

Christiane Berbudeau

R1.

Bonjour Xi,

Merci pour tes deux derniers messages.

L'histoire des pigeons est tout à fait véridique. Je m'en souviens comme si c'était hier, j'avais 8 ans et j'étais au CE1 à Ernest Renan chez M. Melgazza.

C'est l'occasion, pour moi aussi, d'un peu m'épancher, même si ce n'est pas sous la forme d'un blog (...) :

Au niveau national on se souvient que Jacques Duclos avait été arrêté le 28 mai 1952 à Paris, dans sa voiture, en possession d'un petit revolver et de 2 pigeons (je ne sais plus s'ils étaient encore vivants ou s'ils avaient déjà été tués pour être consommés le soir même ?), d'où il avait été imaginé (dans le contexte de la guerre froide et du maccarthysme) que ceux-ci auraient pu servir à échanger des messages secrets avec la Russie soviétique. D'où inculpation de Jacques Duclos, plusieurs semaines d'emprisonnement, puis libération et non-lieu. [Mais j'ai lu que certains détracteurs de Duclos au sein du PCF l'avaient par la suite accusé de grave imprudence, voire de provocation, pour s'être aventuré avec sa voiture et son arme en plein milieu des forces de police, en marge de la manif contre la venue à Paris du général Ridgway].

Mais cette chasse anti-communiste s'était étendue au niveau local, et de nombreux militants communistes avaient été inquiétés. A La Seyne, 3 mandats d'arrêts avaient été déposés (contre Philippe Giovannini, Marius Autran, et, je crois, Jacques Mattone). Mais mon père en avait eu vent et avait "pris le maquis" juste avant d'être arrêté. (Il avait déjà été arrêté, dans sa classe, en 1942, et avait passé 2 mois à la prison maritime, pour être ensuite libéré et obtenir un non-lieu - et il n'avait aucune envie d'y retourner). Pendant une bonne semaine mon père avait ainsi disparu de la maison. [C'était aussi prendre un gros risque, car absent de son travail sans autorisation, il aurait pu être révoqué, mais le directeur M. Malsert avait été conciliant et n'avait peut-être pas fait remonter l'absence à l'Académie]. Je ne savais pas où pouvait bien se trouver mon père. Je savais ma mère m'avait ordonné de ne rien dire à l'école. Naturellement, la situation étant trop insolite pour moi, j'avais au contraire raconté toute mon histoire : « mon père est parti, je ne sais pas pourquoi, je crois qu'il est chez des gens qui le nourrissent... » à mon meilleur camarade Rémy Pergoux, qui l'avait racontée à ses parents. Lesquels parents étaient venus voir ma mère pour les prévenir de faire attention à moi parce que j'avais dit à leur fils des choses sans doute compromettantes... Sentant que j'avais gaffé, j'avais tout nié en bloc. Et quand on m'avait demandé (surtout au retour de mon père) « pourquoi as-tu raconté ça ? », je m'en étais tiré par un autre gros mensonge (j'avais déjà de l'imagination à 8 ans) en disant : « mais c'est Rémy qui m'avait demandé : et ton père ? ». Et mes parents avaient cru comprendre et trouvé plausible que c'étaient les parents Pergoux qui, curieux de savoir ce qui se passait chez nous, avaient dû en parler devant leur fils, qui m'avait alors questionné. Et c'était tout le contraire.

Je me souviens encore que pendant cette semaine, ma mère essayait de dissimuler aux voisins l'absence de mon père. Comme on était en juin 1952 et que mon père avait l'habitude, après le dîner, d'aller prendre le frais et fumer une cigarette assis dans un fauteuil sur le balcon donnant sur le boulevard Staline, ma mère achetait des cigarettes et allait s'asseoir dans le fauteuil pour en fumer une (elle qui n'avait jamais fumé et qui avait horreur de ça), pour que les passants (et surtout un voisin dont on soupçonnait le rôle de mouchard et qui promenait chaque soir en regardant ostensiblement notre balcon), voyant une présence dans la pénombre et la lueur ou la fumée d'une cigarette, soient convaincus que mon père était bien présent à la maison.

Et je n'avais jamais su où mon père était caché. Curieusement, je ne l'ai appris que très récemment, après le décès de mon père, à partir de l'allocution de M. Luminet, ancien Premier-adjoint de La Seyne, qui lui le savait. Mon père était simplement caché dans son cabanon du quartier Bastian (sur la terre que j'habite aujourd'hui) et il était approvisionné en vivres par son voisin Gaspare Francioli. Je n'aurais pas pensé qu'il avait pu se cacher dans une propriété à lui, car on aurait pu commencer par le chercher là, mais la police n'était peut-être pas futée à ce point...

Je me souviens aussi d'un matin où je m'amusais avec Rémy Pergoux, de l'autre côté du boulevard, quand une "traction" noire était venue se garer devant notre immeuble, d'où sortirent 2 ou 3 individus vêtus de noir. Je n'y prêtai guère attention car il venait quelquefois chez mon père l'une ou l'autre des "tractions" noires de la mairie ou de la Fédération du PC. Mais cette fois, c'étaitent des inspecteurs de police qui recherchaient mon père et qui venait perquisitionner au domicile de mes parents. Ma mère avait dû répondre aux questions rituelles : « M. Autran est-il là ? ». « Non ! ». « Où est-il ? ». « Je ne sais pas », etc. Et surtout à diverses questions curieuses qu'ils devaient lire sur leurs fiches d'interrogatoire : « Possédez-vous des armes ?», « Non ». « Des munitions ? », « Non ! », etc. ... « Des chars d'assaut ? », « Non ! ». « Des avions de bombardement ? » (sic). « Non ! Ah oui, au fait, oui, celui-ci que mon fils vient de construire en meccano... ». Le mot "perquisition", que je ne connaissais pas auparavant, est entré dans ma mémoire ce jour-là. Et chaque fois que, dans ma vie, je l'ai entendu prononcer, ces images de la "traction" noire et de l'avion en meccano me sont revenues à l'esprit.

Un autre détail me revient, c'est lorsque les policiers [je me souviens que ma mère avait par la suite mentionné les noms de MM. Matraglia, ou un nom comme ça, et B---i (?)] avaient pénétré dans le hall de notre immeuble [c'était l'un des 3 bâtiments de la Reconstruction qui avaient été construits sur le « boulevard du 4 septembre prolongé » à la fin des années 40, et qui étaient donc encore quasiment neufs - et il y avait et 7 ou 8 constructions semblables à la même époque au quartier La Rouve], un voisin avait entendu l'un des policiers s'exclamer : « Putain ! C'est beau ici ! Alors qu'à la Rouve, ils ont déjà la merde qui leur monte jusqu'à la moitié des murs ! ». Sans commentaire.

C'était hier tout cela, et pourtant, c'était il y a bientôt 55 ans. (...).

Je t'embrasse, ainsi que ta famille.

Jean-Claude

Q2.

Passionnante ton histoire ! Tu dois la publier quelque part. Si tu veux tu peux commencer par mettre mon dernier mail (...) sur ton site et ajouter ta réponse.

Xi

R2.

Bonne idée,

Mon histoire va figurer dans les pages du forum "Histoire de La Seyne - sujets divers" : http://jcautran.free.fr/forum/histoire_de_la_seyne.html#13

Ce n'est peut-être pas la meilleure place, mais c'est provisoire. Par la suite, cela fera partie de mes souvenirs personnels et familiaux que je compte un jour mettre en ligne, année par année. Ce sont d'ailleurs surtout "mes années 50" qui seront les plus curieuses et les plus représentatives du contexte de luttes politiques dans lequel j'ai baigné, et duquel je garde des images très fortes, depuis mes premières années jusqu'à mon adolescence. Mais c'est un énorme travail et vu la montagne de documents, de photos, de textes, d'allocutions, d'archives de toute sorte que mon père laisse et que j'ai entrepris de trier, indexer, et mettre en ligne pour certains, cela risque de prendre un certain temps. Bises à tous.

Jean-Claude

Q3. (14 février 2010)

Cher Monsieur Autran,

Parcourant votre site j'y ai trouvé un sujet qui m'a particulièrement touché puisque si M. Autran votre père fut recherché par la police, le mien FP à la prison Saint-Roch. Je fus moi-même arrété au siège de l'U.J.R.F. et déféré devant le juge Roth des mains duquel je fus littéralement arraché par Maître Dominique Scarbonchi, Bâtonnier de l'Ordre à Toulon. J'ai bien connu Marius Autran puisque secrétaire général ajoint de la mairie j'ai travaillé sous son autorité notamment à la caisse des Ecoles. Recevez mes plus amicales salutations.

JP

R3.

Cher ami,

Merci pour votre message.

J'ai assez bien connu votre père à la fin des années 50 et au début des années 60. Nous nous sommes aussi certainement croisés plusieurs fois à cette époque. Ensuite, j'ai été absent de La Seyne près de 40 ans pour mes études et ma vie professionnelle. Et j'ai malheureusement perdu de vue la plupart de mes anciens amis ou connaissances - que j'essaye de rencontrer de nouveau, maintenant que je suis retraité et de retour à La Seyne (depuis 2004).

Je suis heureux que vous ayez trouvé ce passage de mon site où j'ai écrit quelques souvenirs de l'année 1952 où mon père fut recherché par la police, et avait "pris le maquis" pendant quelque temps en attendant que les choses se calment : Il n'avait aucune envie de se retrouver à la prison Saint-Roch (où il avait déjà séjourné 2 mois en 1942). Et je me souviens que plusieurs de ses camarades avaient comparu devant ce tristement célèbre Juge Roth. Mais je ne savais pas que vous aviez été vous-même arrêté.

Recevez aussi mes plus amicales salutations. Depuis que Marc Vuillemot est devenu Maire, je viens assez souvent aux inaugurations et célébrations diverses. Je ne manquerai pas de m'approcher pour vous saluer à la prochaine occasion où je vous apercevrai.

Jean-Claude Autran


 

18 octobre 2006 - 2 septembre 2007 : Journaux couvrant les évènements de La Seyne début septembre 1944

Q1.

Monsieur.

Je me permets de vous contacter car je recherche les détails d'un fait divers qui s'est passé à La Seyne s/mer le 3 ou 4 septembre 1944: Le pan de mûr d'un immeuble s'abat sur un homme qui passait à ce moment là; grièvement bléssé il est transporté à l'hopital Ste Anne. Il y décèdera le 5 septembre. Cet homme, c'était mon père; il travaillait aux Chantiers de La Seyne.

De ce fait, pourriez vous me dire quel était, à cette époque, le journal d'information qui couvrait la Seyne afin de faire appel à ses archives (s'il existe toujours); car je pense que bien que nous soyons dans une période trouble, ce fait divers hors du commun n'a pas pu, ne pas être rapporté par la presse locale.

D'avance je vous en remercie.

Cordialement.

RP

R1.

Bonjour,

Pour essayer de répondre à votre message, j'ai interrogé des personnes qui ont connu l'époque qui a immédiatement suivi la Libération à La Seyne (25 août 1944) pour savoir quels journaux existaient à l'époque.

Celui qui a paru le plus régulièrement dans ces années difficiles paraît être Le Petit Provençal (devenu en 1945 Le Provençal et actuellement La Provence).

D'autres journaux ont paru ou commencé à reparaître peu après la Libération, mais il m'a été difficile de savoir s'ils existaient dès le début septembre, puisque c'était quelques jours seulement après le débarquement des Alliés et le départ des Allemands. J'ai ainsi des coupures de La Marseillaise d'octobre 1944, mais je ne peux pas dire si le journal paraissait dès septembre et avec une édition couvrant La Seyne ? Il y a eu aussi Le Petit Varois, communiste (anciennement Le Petit Var, à tendance radicale) et République (qui était La République du Var, avant guerre, devenu par la suite Var-Matin), mais les articles les plus anciens que j'ai vu passer sont d'octobre 1945 et je ne pense pas qu'ils aient pu reparaître dès la fin 1944. Quant à Rouge-Midi qui paraissait en 1944, c'était un journal très politique qui ne devait pas mentionner de faits divers.

Conclusion, vous pouvez essayer de vous adresser aux journaux actuels pour savoir s'ils possèderaient des archives de leurs titres prédécesseurs pour septembre 1944 (avec les pages de l'édition du Var et de La Seyne en particulier). C'est d'ailleurs souvent là qu'est la difficulté : les journaux sont tenus de garder un exemplaire de chacune de leurs parutions quotidiennes, mais lorsqu'ils éditent plusieurs pages régionales différentes, il est rare qu'ils les gardent toutes, et souvent ils ne conservent en archive que l'édition principale (celle de Marseille, par exemple).

La Provence : 13902 Marseille Cedex 20 - Tél. 04 91 84 45 45
http://www.laprovence-presse.fr/
 
Var Matin : quai Saturnin Fabre 83500 La Seyne sur Mer
avotreecoute@nicematin.fr
http://www.varmatin.fr/
 
La Marseillaise Journal
11 rue Truguet 83000 Toulon - 04 94 92 29 97

Ou encore, voir auprès des Archives Départementales du Var (avenue Alphonse Daudet 83300 Draguignan), qui doivent également posséder des collections des quotidiens Le Petit Var, la République du Var, ce qu'ils ont comme archives de la période de septembre 1944.

Bon courage pour cette recherche. Je reste à votre disposition si vous pensez que je peux encore vous aider.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2a.

Cher J Claude.

Ce monsieur (...) pourrait trouver la relation de l'accident survenu à son père à la Bibliothèque du Musée de Toulon, sur le grand boulevard central entre le jardin de la ville et Vauban [113 boulevard Maréchal Leclerc].

Ils gardent tous les journaux de l'époque sur micros films et se font même un plaisir de faire la recherche.

HG

Q2b.

Monsieur

Je vous remercie pour votre réponse à mon message du 18 octobre.

Je vais essayer d'exploiter les pistes que vous m'indiquez; sauf pour ce qui concerne le journal "La Marseillaise" que j'ai déjà contacté en décembre 2004 (le siège social à Marseille) sur les conseils de leur journaliste, responsable de l'agence de La Seyne; ils ne m'ont jamais répondu.

Je vous remercie également pour l'aide que vous me proposez et je ne manquerais pas d'y faire appel si cela s'averait nécessaire.

Cordialement

RP

R2.

Suite à nos précédents échanges, je vous communique une information que deux amis viennent de me confirmer : les archives du Petit Var existent (depuis la fin du XIXe siècle), sous forme de micro films et sont consultables à la Bibliothèque Municipale de Toulon (bâtiment du Muséum, 113 boulevard Leclerc). L'un de ces amis a ainsi retrouvé tous les détails du décès accidentel de son arrière grand-père survenu aux Chantiers de La Seyne en 1898. Mais il m'a dit qu'il existait malheureusement des trous dans certaines années du journal, notamment à la fin de la guerre. Vous pouvez cependant essayer de leur demander, d'autant que les bibliothécaires sont sympathiques et se font « un plaisir de faire de la recherche », d'après ce qu'on m'a dit aussi.

On m'a aussi confirmé que les  Archives Départementales du Var (avenue Alphonse Daudet 83300 DRAGUIGNAN), devaient avoir conservé les collections des quotidiens varois comme Le Petit Var ou La République du Var.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q3.

Bonsoir Monsieur.

Je vous remercie pour les deux informations que vous me communiquez.

Je vais les contacter (et croiser les doigts) en esperant trouver ce que je cherche depuis pas mal de temps déjà.

Encore merci!

Cordialement.

RP

Q4.

bonjour

(...) je reponds donc sur ce forum et j espere que c est bien la que je dois repondre car l informatique et moi deux mondes differents j ai la chance de posseder les journaux du 4 5 6 septembre 1944 je n ai rien trouve pour ce monsieur qui le demande un article concernant son pere j ai les avis de deces des 3 jours quel est sont nom??? si je trouve je vous fait passer les photos .

merci encore pour votre travail ma vie au chantier a beaucoup consomee de la vie de l homme et cela est dommage j aurais pu peut etre m interesser en temps voulu, a appoter le l eau au moulin de votre papa et,lui donner ce que je savais sur chez nous.

cordialement .

A&RL

ps en attendant veuillez trouver quelques journaux sur d autres sujet sil sont personnel achete par la famille .

R4.

Bonjour,

Merci beaucoup pour votre message et vos copies des pages du Provençal de fin août 1944.

Concernant la personne qui a été tuée par l'écroulement d'un mur, il s'agit de Monsieur RP. Voici la copie complète du message de son fils :

Monsieur.

Je me permets de vous contacter car je recherche les détails d'un fait divers qui s'est passé à La Seyne s/mer le 3 ou 4 septembre 1944: Le pan de mûr d'un immeuble s'abat sur un homme qui passait à ce moment là; grièvement bléssé il est transporté à l'hopital Ste Anne. Il y décèdera le 5 septembre. Cet homme, c'était mon père; il travaillait aux Chantiers de La Seyne.

De ce fait, pourriez vous me dire quel était, à cette époque, le journal d'information qui couvrait la Seyne afin de faire appel à ses archives (s'il existe toujours); car je pense que bien que nous soyons dans une période trouble, ce fait divers hors du commun n'a pas pu, ne pas être rapporté par la presse locale.

D'avance je vous en remercie.

Cordialement.

RP [18 octobre 2006]

Si vous pouviez trouver quelque mention de cet accident ou du décès, cela apporterait beaucoup aux recherches de M. RP.

Votre aide est très précieuse car il y a certainement très très peu de gens qui ont conservé des journaux de 1944 !

Merci encore. Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q5. (18/11)

bonsoir

je vous ai retrouve les journaux du 4 et 5 et 6 septembre 1944 et fait bizare je n en ai aucun d autres avec des dates proche de celles que nous parlons.

j ai pris les photos de la page 1 et au verso de la chronique qui parle de la seyne et elle est reduite helas !

ce journal traite je pense plus sur la region que sur le local je ne vous apporte donc pas d aide ni pour vous ni pour ce monsieur car son nom ne figure pas sur ces 3 journaux et pourtant j aurais aime cela .

je pense qu acette epoque nous achetions le journal pour connaitre un ensemble d evenement et le local etait peut etre traite ailleur et la debacle fesait plutot penser a sauver sa peau que de savoir ce qui se passer tres proche helas.....

mes salutaions nos compliments a votre papa.

un seynois depuis 2 siecles en arriere .

j espere que meme sans l obtention de l information m RP serat heureux de voir ces journaux et ces dates de journaux ...

A et R L

R5.

Bonsoir,

Merci beaucoup. J'ai bien reçu les premières pages du Provençal des 4, 5 et 6 septembre 2006, avec les rubriques de La Seyne.

Effectivement, on ne parle pas de cet accident. Mais merci d'avoir cherché. Vous avez fait tout ce que vous pouviez. Je vais néanmoins communiquer ces copies de journaux à M. RP.

Très cordialement,

Jean-Claude Autran

Q6.

bonsoir

pour m RP il y avait aussi les journaux suivant qui sortaient a cette periode je vous joint les 3 exemplaires que nous possedons ,bone reception a bientot je pense que cela pourra aider ce monsieur .

(...) sinceres salutations

A et R L

R6. (à RP)

Bonjour Monsieur,

Suite à nos précédents échanges, que j'ai fait figurer sur le forum de mon site, un de mes correspondants m'a dit posséder un certain nombre d'exemplaires de journaux qui ont paru à La Seyne début septembre 1944. Il m'a adressé des copies de la première page du Provençal des 4, 5 et 6 septembre, ainsi que de ce qu'il a trouvé comme rubrique de "La Seyne". Je vous adresse ces photos en fichiers attachés.

Malheureusement, aucun ne semble mentionner, du moins à ces dates, le malheureux accident de votre père.

Ce correspondant possède aussi quelques exemplaires des différents journaux qui ont paru (peut-être pas régulièrement) à La Seyne entre fin août et octobre 1944. Il s'agit de :

Le Provençal
La Marseillaise
Le Var Libre
La Liberté du Var

Il m'en a adressé quelques copies de première page, mais ce ne sont pas les dates qui correspondent à l'accident de votre père. Néanmoins, le fait que la preuve soit apportée que 4 journaux au moins existaient bien à cette époque à La Seyne, pourra peut-être vous aider à mieux cibler vos recherches.

A bientôt, si nous retrouvons d'autres informations plus précises.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q7.

Bonsoir Monsieur.

Je tenais à vous remercier pour l'intérèt que vous portez à ma recherche concernant l'accident de mon père survenu (entre le 1er et le 4 septembre 1944 ) à La Seyne, ainsi que pour les coupures de journaux que vous avez eu la gentillesse de m'adresser.

J'ai déjà contacté les A.D du Var à Draguignan; voici leur réponse:

Réf: A2211/D1645
 
Monsieur,
 
En réponse à votre courriel du 17 novembre dernier et dans l'état actuel de nos inventaires, nous n'avons malheureusement pas de journaux locaux et généraux pour septembre 1944. Cette période de la Libération du département n'a pas été propice à la parution des journaux locaux. Il existe bien une collection de coupures de journaux, mais elle ne débute qu'en janvier 1945 au moment où les services de la Préfecture reprennent une activité "normale".
 
Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.
 
Cordialement
 
BJ
Chef du Service des Publics
Responsable Accueil du public et Bibliothèque
Archives départementales du Var
(...)
Encore merci!

Cordialement.

RP

R7.

Bonjour Monsieur,

D'après la réponse que vous ont faites les A.D., il paraît certain qu'ils ne possèdent pas les journaux de fin 44. Mais il me semble un peu anormal de le justifier simplement en disant "que cette n'a pas été propice à la parution des journaux locaux". S'il y a certainement eu des trous dans la parution, des difficultés à s'approvisionner en papier, et si les rubriques locales ont sans doute été réduites, il y a bien eu des journaux qui ont paru, même fin août et début septembre, la preuve étant les quelques exemplaires des journaux (et ils sont loin d'en avoir la collection complète) que possèdent mes correspondants, tels que La Marseillaise du 29/08 et du 15/09, Le Provençal des 30 et 31/08, ainsi que des 4-5-6/09, Le Var Libre du 30/08, La Liberté du Var du 24/10, etc.

Le débarquement en Provence ayant eu lieu le 15/08, il s'est bien trouvé des journaux pour annoncer, jour après, jour la progression des alliés vers le Nord, comme vous l'avez vu dans ceux que je vous ai adressés. Il est donc curieux que les A.D. ne possèdent plus d'exemplaires de journaux de cette époque.

Enfin, c'est ainsi. Mais cela ne facilite pas vos recherches.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q8.

Bonsoir Monsieur.

Je reviens vers vous car j'ai contacté le journal "La Provence" et je vous livre leur réponse car celà peut servir à d'autres.

En ce qui concerne la "bibliothèque de votre ville" il est sous entendu, je pense, "bibliothèque de Marseille"

Je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'année

Cordialement

RP

Bonjour,
Vous pouvez venir consulter. Nous sommes ouverts au public les Mardi et Mercredi matin de 9h000 à 13h00.
Nous avons les journaux sur microfilm à partir d'août 1944, mais cela risque d'être très difficilement lisible.
Nous vous conseillons plutôt d'aller consulter à la bibliothèque de votre ville.
Sincères Salutations
Le Service documentation

R8.

Bonjour Monsieur,

Merci de m'avoir communiqué les informations du journal "La Provence". Je ne sais pas ce qu'ils entendent par la "bibliothèque de votre ville". Cela semble s'adresser à vous et cela dépend de quelle adresse vous avez écrit. (Je ne sais plus si vous résidez à Marseille ou dans une autre ville). Mais les exemplaires du journal de l'époque (Le Provençal) consultés à Marseille risquent de ne contenir que l'édition locale des Bouches-du-Rhône et de ne pas vous informer sur les faits survenus à La Seyne. Peut-être vaudrait-il mieux essayer de consulter les journaux de l'époque se trouvant (j'espère) à la bibliothèque du Musée de Toulon.

(...) Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q9. (1er septembre 2007)

Bonjour monsieur.

Je reviens vers vous pour vous faire part du résultat de mes recherches concernant l'accident dont a été victime Vincent Persico (mon père) à la Seyne en 1944.

J'ai obtenu l'information du Service des Archives Médicales Hospitalières des Armées ; c'est là que sont regroupées toutes les archives médicales hospitalières des Armées ; et pour ce qui concerne l'Hôpital Ste Anne, celles antérieures à 1998.

Ils ont accepté de me communiquer son dossier de Clinique dans lequel se trouve le constat d'accident dressé lors de son admission à l'Hôpital Ste Anne (Voir P.J).

Maintenant, il ne me reste plus qu'à trouver l'article du journal qui pourrait m'indiquer le lieu et les circonstances exactes de l'accident ; mais là-dessus, je suis plutôt pessimiste pour la simple raison que l'accident ayant eut lieu aux environs de 18 heures et de plus, un dimanche soir, il n'est pas sûr que la presse locale en ait été informée.

Malgré tout, les recherches continuent.

Cordialement.

RP

R9.

Bonjour Monsieur,

Merci beaucoup pour ces informations et pour le document que vous m'avez adressé.

De mon côté, je n'ai aucune information nouvelle à vous communiquer. Il est malheureusement en effet peu probable que l'on trouve quelque chose dans des journaux de l'époque.

Mais c'est très bien que vous continuiez les recherches. Sait-on jamais. C'est parfois quand on s'y attend le moins qu'un témoignage se révèle.

Bon courage. Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

22 septembre 2006 - 25 novembre 2012 : Ancienne usine de produits toxiques au quartier Peyron ?

Q1a.


    (...) Avez vous entendu parler à La Seyne en face des pompiers actuels où il y avait les cars, qu il y a eu longtemps une usine d'un produit très toxique et mortel qui fabriquait de l'arséniate de plomb. C'est une sorte d'arsenic et le tout à ciel ouvert et avec tout ce que l'on peut imaginer comme infiltrations des résidus de produits... Ceci est une information vraie, je pense, je devrais trouver le nom de l'usine.

    ARL

Q1b. (à SM)

    (...) Un de mes correspondants me demande si j'ai entendu parler de : « en face les pompiers actuels, où il y avait les cars, il y a eu longtemps une usine d'un produit très toxique et mortel : l'arséniate de plomb - et le tout à ciel ouvert avec tout ce que l'on peut imaginer comme infiltrations des résidus de produits... ceci est une information vraie je pense je devrais trouver le nom de l'usine ».

    Moi, ça ne me dit rien. Mais toi qui es souvent allé vers l'anse de Brégaillon, as-tu vu ou entendu parler de cette usine ?

    Merci.

    Fox

R1. (de SM)

    Je n'ai pas souvenance d'une quelconque usine à la Muraillette. Le quartier Peyron était arboré de vignes et d'arbres fruitiers. Sur la partie Nord du stade, au bout de l'allée de platanes qui est toujours là, il y avait l'abattoir et ses annexes ainsi qu'un hameau de vieilles maisons où logeait alors un camarade de classe nommé Conte qui avait des problèmes de motricité (accident, polio,...). Un chemin rectiligne rejoignait la route de Six Fours au niveau d'un imposant complexe transformateur d'EDF. Côté Ouest de ce chemin il y avait l'hospice des personnes âgées, là où nous allions chanter avec la chorale durant la période de Noël et un lotissement de villas séparait l'hôpital de l'abattoir (Celle-là, il fallait la faire !). C'est dans la première de ces villas qu'habitait la famille Rosenblatt dont nous avons tous eu un exemplaire en classe (moi, j'en ai même eu un morceau dans le front, mais c'est une autre histoire...). Dans l'Est de ce chemin se trouvait un terrain vague où s'épandait le vallat de Vignelongue. C'était le paradis des rainettes et des sangsues. C'est là que je m'étais fait piétiner par la moitié des concurrents du challenge du nombre. J'ai le vague souvenir de vestiges métalliques enfouis sous les roumias et les cannes de Provence ainsi que d'un cyprès d'une dizaine de mètres, envahi par un lierre vorace, qui était penché à presque 45°, certainement par l'action conjuguée du mistral et du sol meuble. Ce lieu a ensuite été le dépôt des cars Étoile et reçoit à présent les bâtiments des pompiers.

    J'essayerai de me renseigner auprès de quelques copains de l'époque (Tamburi, Trojani, Lanata) mais si cette usine a vraiment existé, ça pourrait être avant la dernière guerre ou juste après, et pas longtemps.

    Pif

R2.

    Bonjour,

    (...) Concernant votre question sur l'ancienne usine de produits toxiques en face des pompiers actuels, je n'ai pas pu trouver non plus d'information très précise. L'un de mes amis qui connaît bien le quartier depuis le début des années 50 m'a fait la réponse suivante : (voir le paragraphe R1 ci-dessus).

    J'ai essayé d'identifier cette usine sur des anciens plans de La Seyne (copies ci-dessous).

    Sur le plan du quartier en 1933, on distingue bien l'hôpital et l'abattoir, mais la route départementale 559 n'est pas encore ouverte entre l'hôpital et le rond-point de la gare. On voit bien un enclos avec des bâtiments, auquel on semble accéder par la rue Emile Zola. On pourrait penser que ce sont les bâtiments de l'usine dont vous parlez.

    Mais sur le plan de 1958, on retrouve cette fois la D 559 qui a été ouverte, et qui longe une partie des bâtiments cités ci-dessus. Mais en 1958, le dépôt des Cars Étoile se trouvait alors à cet emplacement. Alors, je ne sais pas si les Cars Étoile occupaient exactement l'emplacement des bâtiments de l'usine. Ou alors la carte de 1958 (dont la mise à jour par rapport à 1933 n'a été que partielle) porte encore la représentation des bâtiments de ce qui aurait pu être l'usine dont vous parliez.


Quartier Peyron : entre l'hôpital, l'abattoir et le rivage de Brégaillon (carte au 1/20.000 de 1933)

Quartier Peyron : entre l'hôpital, l'abattoir et le rivage de Brégaillon (carte au 1/50.000, mise à jour partielle de 1958)


    Voilà ce que je peux vous dire, mais je ne sais rien de plus précis sur cette usine de produits toxiques. Si vous en retrouvez le nom, on pourra essayer de poursuivre la recherche.

    Encore un grand merci pour vos photos.

    Cordialement,

    Jean-Claude Autran


Q3a.

    (...) merci d abord sur vos recherche et explications accompagnees de cartes sur le quartier de la resecence murillette et la fameuse usine mystere de produit hyper toxique.

    je pense aussi que vous ferez bon usage des photos de l huilerie p gros ou travaillait mon g pere.

    ARL

Q3b.

    (...) petite info pour ce que nous avions discute la fameuse usine a la recense ou il y avait la fabrication d arsenate d apres ce que j ai apris de mon pere il s agirait d une usine qui s appelait paul fabre.....

    sinceres salutations

    ARL

Q4. (28 août 2008)

    bonjour

    je vous adresse une photo de la boite des produits hautement dangeureux dont l usine etait a la recsence aux pompier actuel a quelques choses pres.

    bonne reception

    sinceres salutations merci d exister pour la memoire de ma ville

    ARL

R4.

    Bonjour,

    Merci beaucoup pour ces photos. C'est très instructif !

    Je me souviens que ce produit était couramment utilisé dans les années 50. Mon grand-père, à Mar-Vivo, était à l'époque outré de voir son proche voisin pulvériser de l'arséniate de plomb sur ses hectares d'artichauts, qui étaient ensuite commercialisés.

    Je mettrai volontiers l'une de ces photos sur internet (...).

    Cordialement,

    Jean-Claude Autran


Q5.

    Je vous ai passé ces photos afin d'enrichir la base d'infos sur la ville, pas de pb sur une diffusion (...).

    A bientôt si de nouveaux échanges d'infos se présentent.

    Sinceres salutations.

    ARL

Q6. (14 mars 2009)

    Bonjour

    Ne me souvenant pas si j'avais déjà fais passer les photos des bidons d'arséniate de plomb en référence à l'usine qui existait sur La Seyne, je vous repasse donc ces photos.

    Bonne réception.

    Recevez nos salutations.

    ARL

R6.

    Bonjour,

    Oui, vous m'aviez bien envoyé ces trois photos l'année dernière.

    J'avais copié l'une des trois sur mon site, à la suite de nos échanges de messages, dans la rubrique du forum "Histoire de La Seyne - Sujets divers".

    Merci encore.

    Cordialement,

    Jean-Claude Autran


Q7. (24 novembre 2012)

    Bonjour,

    Je vous adresse en pièces jointes :

    (...) Il s'agit du terrain de la recense, là où après la pression des huiles, rue Étienne Prat, les charretons chargés des grignons des olives étaient portés à  cet endroit indiqué sur ma carte pour à l'aide d'eau bouillante y extraire la dernière huile, qui était expédiée à Marseille pour y réaliser le savon.

    Le même bâtiment a servi ensuite à l'installation des usines de produit chimique d'arséniate de plomb fabriqué par Paul Fabre, dont nous avons déjà parlé, voir les photos des bidons.

    (...) Voilà, c'est tout pour le moment, un passé parfois triste... pour alimenter le site...

    PS. Si vous le désirez et si vous pensez qu'il a sa place, vous pouvez utiliser mes photos de la restauration de la "Marianne de la mer" de Balaguier et notre texte, ou autre...

    Sincères salutations

    ARL

R7.

Chers amis,

Un grand merci pour ces nouveaux documents. Cela fait suite aux anciens échanges que nous avions eu sur ce terrain près de la Muraillette et aux produits chimiques qui y avaient été entreposés. Cela conforte et précise ce qui avait été avancé à ce sujet. Je serai heureux de le rajouter à la suite des précédents documents que vous m’aviez envoyés, dès la prochaine mise à jour de mon site, début décembre.

De même pour certaines des photos de la restauration de la Marianne de la Mer, que je pourrais utiliser, avec votre texte, puisque vous me le proposez aimablement.

(...) Encore merci pour cette contribution à la sauvegarde du patrimoine de notre ville.

Cordialement,

Jean-Claude Autran



 

8-15 septembre 2006 : Faits divers survenus à La Seyne dans les années 1915/1917

Q.

Bjr Mr,

Bravo et merci pour votre site passionnant sur ma ville natale dont je suis exilé depuis 1942.

Peut-être sauriez-vous me dire s'il existe un site sur les journaux à première dessinée, qui mentionnaient les faits divers survenus à La Seyne, en 1915/1917 ?

Avec mes sincères remerciements,

Reç. Mr, mes Sltns.

HG

R.

Bonjour,

Merci pour votre message et vos félicitations pour mon site internet.

Je n'ai personnellement pas connaissance de l'existence d'un site sur les journaux à première dessinée, qui mentionnaient les faits divers survenus à La Seyne dans les années 1915/1917.

Je vais cependant poser la question à des collègues historiens spécialistes de cette époque, et je ne manquerai pas de vous re-contacter si j'avais connaissance de quelque chose.

Très cordialement,

Jean-Claude Autran



5-6 avril 2005 : Accident de Paul Fouilloux

Q.

Bonjour Monsieur,

Je suis à la recherche d'informations sur mon grand-père, Monsieur Paul FOUILLOUX, né le 06/12/1908 à Pardines (63) et décédé à la SEYNE SUR MER le 21 août 1945 de manière accidentelle par balle. Certains journaux ont relaté cet accident mais aucun service d'archives n'est en mesure de me donner plus de précisions. Mr Fouilloux travaillait vraisemblablement à l'entreprise générale d'acconage à la Seyne sur mer et logeait à OLLIOULES.

Avez vous des informations sur ce drame?

Avec mes remerciements anticipés,

Cordialement,

MDC

R.

Bonjour,

Merci pour votre message, que j'ai communiqué à mon père, Marius Autran. Malheureusement, mon père (94 ans) n'a pas souvenance du drame qui a touché votre grand-père en 1945 et je ne pense pas que nous ayons, dans les archives familiales, de document sur ce sujet.

J'imagine que vous avez dû essayer de consulter les archives des journaux de l'époque (Le Provençal, Rouge-Midi, Le Petit varois, République ?, Le Méridional ?). Mais je sais qu'on n'y retrouve pas tout ce que l'on cherche car, si les journaux sont tenus d'archiver un exemplaire de chaque parution quotidienne, ils ne gardent en général qu'une seule des différentes éditions locales, et c'est en général celle de Toulon (ou de Marseille) qui est conservée, et qui ne contint pas forcément les rubriques des plus petites villes comme La Seyne-sur-Mer.

Il y a une autre piste, bien mince, mais je peux tenter de vous la suggérer. Ce sont les archives personnelles de M. Paul Pratali, qui était Premier adjoint au Maire entre 1944 et 1946. Paul Pratali a conservé, pendant plusieurs dizaines d'années, les coupures de journaux de la page de La Seyne. M. Pratali a maintenant 92 ans et je sais qu'il a confié tous ses cartons d'archives à un historien spécialiste du Var, M. Jacques Girault, qui est en train de les reclasser et de les indexer en vue de les verser au fonds des archives municipales de La Seyne, courant avril, où elles seront alors consultables par le public. Si vous avec l'occasion de venir à La Seyne, vous pouvez essayer de rechercher ce qui a pu être conservé sur ce drame du 21 août 1945 (Prendre RV au préalable avec la responsable des Archives, villa Tamaris-Pacha, Mlle Adeline Luminet). (D'après le plan d'archivage de Jacques Girault, je pense qu'il faudrait chercher dans la rubrique G 12 qui contient « les articles sur la vie seynoise, conservés dans des cahiers d'écoliers, du 21 décembre 1944 au 22 mars 1965, cahiers numérotés de 1 à 14 »).

Je ne peux pas vous promettre de faire moi-même cette recherche car je suis actuellement très occupé, mais je note néanmoins cette question et je peux la poser à la prochaine occasion où je rencontrerai, soit Jacques Girault, soit Paul Pratali.

Si je trouve quelque élément de réponse à votre recherche, je ne manquerai pas de vous le communiquer.

Cordialement,

JCA



 

4 juin 2002 - 30 septembre 2016 : La maison du pendu

Q1.

Connaît-on l'origine du nom "la maison du pendu" située sur le chemin des Douaniers au Cap Sicié ?

SP

R1.

Bonjour,

Curieusement, la même question vient de nous être posée il y a quelques jours par M. P., responsable du "Contrat de Baie".

La réponse qui a été faite par Marius Autran (grâce aux informations fournies par C. Ciampi, sergent aux Pompiers de La Seyne) est la suivante :

Il existait autrefois (il y a plusieurs décennies) un retraité de l'Armée, qui vivait isolé dans une maison bâtie quelque part entre le Jonquet et le Cap Sicié. Cet homme, connu pour être dépressif, finit un jour par se pendre dans sa maison. D'où le nom de "Maison du pendu" qui avait ensuite été donné à cette maison, notamment par les Pompiers qui avaient été appelés pour ramener le corps. La maison a aujourd'hui disparu, mais des ruines de construction seraient encore visibles.

C'est tout ce que j'ai pu savoir.

A noter cependant, qu'il a eu au XX° siècle plusieurs autres personnes à La Seyne qui se sont pendues, et que le nom de "maison du pendu" a pu être donné à d'autres maisons que celle-ci. Il y aurait ainsi, dit-on, une autre "maison du pendu" vers Lagoubran ou la Pyrotechnie.

Cordialement,

JCA

Q2. (18 février 2009)

Salut Pif !

Ces derniers jours, je suis allé 3 fois dans le massif de Sicié :

1) pour voir s'il y avait des asperges. Elles doivent être plus en retard que l'an dernier car je n'ai rien aperçu, rien de rien, pas même des tiges coupées que des gens qui m'auraient précédé auraient pu cueillir. En tout cas, je me suis pelé et je n'ai retiré le bonnet de laine qu'en fin de matinée.

2) pour refaire des photos en vue de la nouvelle édition des bouquins de mon père : 2 Frères, Peyras, N.-D. Du Mai, tour sarrasine, etc. Ce matin, il faisait nettement moins froid et je pense qu'on pourra faire la sortie projetée à la "Maison du Pendu" prochainement. La semaine prochaine ? (Je n'ai aucun rendez-vous et ce sont les vacances scolaires).

Mais donc, ce matin, je suis allé un peu explorer ce coin, d'après ce que tu m'avais expliqué sur cette "Maison du Pendu". J'ai pris les 2 photos ci-jointes.

Peux-tu me dire si c'est bien ça ? Depuis que j'entends parler de cette maison, je n'avais jamais réussi à la voir. Si c'est celle-là, j'ai pu l'atteindre par un vague sentier qui traverse les éboulis. Je ne sais pas s'il y en a un meilleur mais je me suis quand même emmerdé pour y arriver et j'ai glissé deux fois. Enfin, c'est faisable avec un bâton pour se retenir.

(...)

A bientôt.

Claudet Autran

R2.

Salut Claudet,

Il s'agit effectivement de "la maison du pendu" qui est en réalité les vestiges de la batterie du Jonquet créée en même temps que la batterie Notre Dame (vers 1806). On voit toujours les restes des fortifications ainsi que les les deux maisons (la poudrière et l'habitation). Mis à part quelques pans de murs écroulés elle semble être restée en état depuis les années 80. Si le temps continue à respecter cette trêve nous pourrions nous y rendre la semaine prochaine. J'ai hâte de refaire des photos de ces bâtiments !

(...) Adessias.

Pif

Q3a.

Salut Pif,

Je ne sais pas si tu es familier de Google Earth. J'y ai jeté un coup d'œil à propos de la maison du pendu et je n'avais pas réalisé qu'on la voyait aussi bien. Voir la copie d'écran ci-jointe, avec : en haut à gauche, la table d'orientation, à droite, le sentier du littoral et, en bas à droite, la mer.

A cet après-midi, vers 13 h 30.

Fox

Q3b.

Voici quelques autres photos de cette fameuse "maison du pendu" et de son environnement.
Vue générale du site face aux Deux-Frères : la poudrière (à gauche), le logement des canonniers (à droite) et l'emplacement de la batterie (mur de pierres en arc)
La poudrière (encore en partie couverte de sa voûte et de ses tuiles), avec vue sur les différentes criques rocheuses, jusqu'aux Sablettes
Vestiges du logement des canonniers, devenu plus tard la "maison du pendu"
(La maison avait gardé sa poutre faîtière, ses chevrons et ses tuiles jusque dans les années 70)
C'est là qu'était venu habiter le personnage, qui un jour se pendit en utilisant cette poutre
L'intérieur de la "maison du pendu" et les Deux-Frères
L'emplacement des canons de l'ancienne "batterie du Jonquet"
Le mur de soutènement sud de la plateforme de l'ancienne batterie
Jean-Claude Autran

Q4. (24 juin 2010)

Bonjour,Monsieur

M'étant mis à la recherche de "la maison du pendu" du Jonquet;je vous joins les deux vues que j'ai prises mais qui se situent trés nettement plus bas que la batterie dont vous faites état.

Qu'en pensez vous.

Meilleures salutations.

JD

Q4b. (à SM)

Salut Pif,

Tout va bien ?

Je te fais suivre une question que je viens de recevoir et pour laquelle j'ai besoin de tes lumières.

Ce monsieur JD a lu sur le sentier du littoral le panneau d'une halte (photos ci-jointes) qui s'appelle "maison du pendu" et il l'air de penser que la dalle de béton qui se trouve là correspond à cette maison du pendu. Ce que je ne crois pas puisque tu m'as enseigné que la vraie "maison du pendu" correspondait au logement des canonniers de la batterie du Jonquet.

Mais j'ai oublié ce à quoi correspondait cette dalle de béton (un ancien casernement ?) et pourquoi le balisage du sentier du littoral mentionnait "maison du pendu" à cet endroit ?

Merci de m'éclairer.

A bientôt.

Fox-y-gène

R4a.

Bonjour Foxygène !

Le terme "maison du pendu" n'a été mentionné que dans les années 90. Je n'avais alors jamais entendu parler de cette macabre découverte.

(...) C'est un ancien copain de classe de sixième, (qui habitait alors à Janas, tout près de la maison forestière et qui après sa retraite d'ingénieur des eaux et forêts est revenu dans la région) qui m'a révélé que son papa lui avait raconté que entre les deux guerres il avait été découvert par des chasseurs un pendu dans l'ancienne batterie dite du Jonquet. Comme cette masure possédait encore sa charpente et ses tuiles dans les années 80, c'était très possible.

Le sentier qui passe actuellement tout prés de la batterie n'a été tracé que dans les années 90 pour permettre aux randonneurs de monter vers le sémaphore sans se fourvoyer sur le sentier plus ou moins éboulé qui va à la points du cap et qui monte ensuite au sémaphore. A l'époque il fallait, pour atteindre cet endroit monter par le col de Bramas, le sentier des feuillus puis basculer sur le flanc maritime de la couale. Un sentier anecdotique descendait pourtant déjà dans l'éboulis, à droite de la batterie mais il était alors beaucoup plus facile de le descendre que de remonter par là. Il aboutissait à environ cinquante mètres dans l'ouest des bâtiments de la cantine de l'émissaire.

Les reste de construction dont fait partie la dalle de béton sont ceux de la cantine édifiée durant les travaux de percement de l'émissaire pour les terrassiers qui chaque jour descendaient jusqu'au pin de sucre pour creuser la falaise ou coffrer le tunnel. Ces bâtiments en brique existaient encore en assez bon état dans les années 1955/1960, je me souviens y avoir passé de fabuleuses nuits, à la lueur d'un feu de camp et de quelques guitares en compagnie notamment de Paule Giloux, de Maurice Merle et peut être aussi d'Henri Ribot. Si les toitures étaient alors totalement détruites, les murs étaient encore debout et des tomettes tapissaient le sol. A cette époque il était encore possible de descendre jusqu'à cette esplanade avec une voiture.

En ce qui concerne la pancarte indiquant la maison du pendu, à mon avis elle désigne la direction du sentier et pas les ruines de la cantine.

Je ne sais si je t'ai éclairé mais je pense que je t'ai dit tout ce que je sais.

Adessias.

Pif

R4b. (à JD)

Bonjour Monsieur,

Merci pour votre message.

Pour répondre avec précision à votre question, j'ai de nouveau consulté mon ami Serge Malcor, écrivain et spécialiste du massif du Cap Sicié, qu'il a arpenté pendant plusieurs décennies.

1) Je confirme que la "maison du pendu" correspond bien au casernement, actuellement en ruines (alors qu'il avait encore sa charpente et ses tuiles jusque dans les années 80), de la batterie du Jonquet, à côté d'un autre bâtiment plus petit qui était la poudrière.

2) Cette maison est peu visible depuis les sentiers qui parcourent le secteur. On ne peut guère y accéder, et avec quelques difficultés (traversée d'un éboulis) que depuis les extrémités sud des 2 derniers lacets qui relient la "table d'orientation est" au sentier du littoral (voir copie ci-jointe d'une image Google Earth). D'ailleurs, si vous allez sur Google Earth et si vous zoomez suffisamment sur ce secteur vous pourrez facilement apercevoir, faisant face aux Deux Frères, la poudrière et les ruines du casernement.

3) Il existe effectivement un panneau du sentier du littoral qui indique "maison du pendu", mais ce n'est probablement qu'un repère par lequel on a désigné le point d'intersection entre le sentier de N.-D. du mai et le sentier du littoral (d'ailleurs déconseillé aux promeneurs au sud de ce point), et rappelant aux promeneurs qu'on est dans le secteur de cette mystérieuse "maison du pendu" - qui est hors de tout sentier balisé. [Il arrive aussi que ceux qui dessinent les panneaux indicateurs des sentiers ne soient pas de bons connaisseurs des lieux... Voir par exemple le nombre d'erreurs et d'inversions de directions sur les panneaux du GR 99 entre Le Revest et Sioou Blanc].

4) D'après Serge Malcor, la dalle de béton que vous avez photographiée est ce qui reste de la cantine édifiée durant les travaux de percement de l'émissaire commun (années 40 et début des années 50) pour les terrassiers qui travaillaient au creusement puis au coffrage du tunnel. (A cette époque il était encore possible de descendre jusqu'à cette esplanade avec une voiture). Ces bâtiments en brique existaient encore en assez bon état dans les années 1955/1960. Si les toitures étaient alors totalement détruites, les murs étaient encore debout et des tomettes tapissaient le sol.

5) Enfin, le terme "maison du pendu" n'aurait été mentionné que dans les années 90. Serge Malcor en a eu connaissance par un ancien copain de classe de sixième, (qui habitait alors à Janas, tout près de la maison forestière et qui après sa retraite d'ingénieur des eaux et forêts est revenu dans la région) qui tenait l'histoire de son père. Celui-ci avait raconté qu'entre les deux guerres il avait été découvert par des chasseurs un pendu dans l'ancienne batterie dite du Jonquet. Il s'agissait, paraît-il, d'un retraité de l'Armée, devenu dépressif, qui était venu s'isoler dans ce bâtiment, et qui avait fini par s'y pendre. L'histoire s'est également transmise au sein des pompiers de La Seyne, dont les plus anciens l'avaient entendue raconter par leurs prédécesseurs des années 30, qui avaient été appelés pour décrocher et transporter le corps du pendu.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q5. (30 septembre 2016)

Bonjour Jean-Claude,

Je t'envoie cette photo aérienne de 1950 où on voit le casernement qu'il y a sur le chemin des douaniers, plus à gauche on devine la batterie du Jonquet.

A bientôt.

CC

R5.

Merci Christian.

Il s'agit d'une vue aérienne extrêmement précieuse où l'on voit très bien, pour la première fois, qu'à l'endroit précis où il reste aujourd'hui une dalle avec des briques rouges (et où le sentier de randonnée indique à tort « Maison du pendu », il y a eu effectivement une construction importante sur 2 ou 3 niveaux. Serge Malcor nous a toujours dit qu'il y avait en ce lieu la "cantine" des ouvriers travaillant au creusement de l'émissaire commun. Mais cela ne m'a jamais totalement convaincu cat on ne voit pas pourquoi cette "cantine" aurait été édifiée à cet endroit qui est fort éloigné et d'un accès compliqué depuis la sortie de l'émissaire ou depuis le puits de Bramas. Alors, s'agit-il d'un poste intérmédiaire que la Marine aurait construit lorsque les ouvrages du Cap Sicié étaient en activité ? Ou d'une construction datant de l'occuparion allemande ? A moins que les Allemands n'aient utilisé un casernement construit auparavant par les Français. En tout cas, la photo montre qu'une partie des murs était encore debout en 1950, de même, d'ailleurs, que la batterie du Jonquet.

Amitiés.

Jean-Claude





30 novembre 2004 - 5 juillet 2012 : Accident d'avion à Lagoubran

Q1.

Bonjour Cher Monsieur,

Je suis à la recherche de détail sur les circonstances d'un accident d'avion survenu aux environs de 1933 ou 1935 à un avion "Potez 36" qui s'est écrasé sur l'hippodrome de Lagoubran, piloté par deux personnes originaires de Lorraine Messieurs Charles THAON et Robert TRAMPOL. Ceux ci se tirèrent de l'accident sans trop de mal.

Ci-joint une photo de l'accident.

Je suis en train de préparer une monographie sur le développement de l'aviation en Lorraine d'ou étaient originaires ces personnes, et serais très heureux si vous pouviez m'aider.

Merci par avance

DL

R1a.

Bonjour,

Bien reçu votre message, que j'ai communiqué à mon père, Marius Autran. Malheureusement, mon père (94 ans !) n'a pas souvenance de cet accident, et d'ailleurs il ne se trouvait pas à La Seyne dans ces années-là. Nous n'avons rien qui fasse mention de cet accident dans nos archives familiales. Peut-être pouvez-vous, à l'occasion, rechercher dans les archives des journaux de l'époque (Le Petit Var ? Le Petit Provençal).

Désolé de ne pas pouvoir vous aider davantage. Cordialement,

JCA

R1b.

Confirmation de cet accident d'avion, avec photo de journal, sur la page Facebook de Patrick Martinenq (5 juillet 2012).

JCA





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