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Election présidentielle des 26 avril et 10 mai 1981

Autres élections présidentielles : 1958, 1965, 1969, 1974, 1981, 1988, 1995, 2002, 2007, 2012, 2017


Généralités sur cette élection présidentielle :

La cinquième élection présidentielle de la Cinquième République s'est tenue en France les 26 avril et 10 mai 1981. Elle avait pour but d'élire le président de la République française pour un mandat de sept ans. Elle fut remportée au second tour de scrutin par François Mitterrand, premier président socialiste de l'histoire du pays, face à Valéry Giscard d'Estaing, président sortant.

L'élection présidentielle française de 1981 mit fin à 23 années de pouvoir de la droite, la plus longue période de continuité politique en France depuis l'Ancien Régime. Elle a permis l'alternance politique au bénéfice de la gauche, et au vainqueur François Mitterrand, après ses deux échecs précédents, d'exercer le premier de ses deux septennats. Pour la première fois depuis l'établissement du suffrage universel pour cette élection, la présidentielle a eu lieu à l'issue d'un septennat complet du président sortant. Durant son mandat (1974-1981), ce dernier, Valéry Giscard d'Estaing, a pâti d'une politique économique impopulaire dans un contexte de crise. Il est le premier président sortant battu au suffrage universel, en France. Cette élection a été marquée par des affrontements internes virulents. Dans la majorité ont été avivées les tensions entre les partisans de l'ancien Premier ministre gaulliste Jacques Chirac et les partisans de Valéry Giscard d'Estaing, issu de la droite libérale. Dans l'opposition, la fin de l'Union de la gauche quelques années plus tôt a ranimé l'antagonisme entre le Parti socialiste et le Parti communiste, l'avantage progressivement pris par le premier étant entériné par cette élection.

Valéry Giscard d'Estaing, président sortant, se déclare officiellement candidat le 2 mars 1981 - le dernier des quatre « grands » candidats à entrer en piste - dans un discours radiotélévisé prononcé en début de soirée à l'Élysée, où il apparaît déjà dans l'optique d'une campagne de second tour face à François Mitterrand, négligeant ainsi Jacques Chirac. Le 9 avril 1981, le Conseil constitutionnel retient les 10 candidats suivants :
M. Valéry GISCARD d'ESTAING, Union pour la démocratie française
M. François MITTERRANDParti socialiste
M. Jacques CHIRACRassemblement pour la République, soutenu par le Centre national des indépendants et paysans
M. Georges MARCHAIS, Parti communiste
M. Brice LALONDE, Mouvement d'écologie politique
Mlle Arlette LAGUILLER, Lutte ouvrière
M. Michel CRÉPEAU, Mouvement des radicaux de gauche
M. Michel DEBRÉ, Divers droite gaulliste
Mme Marie-France GARAUDDivers droite gaulliste
Mme Huguette BOUCHARDEAU, Parti socialiste unifié

Le premier tour de scrutin a permis de sélectionner Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand. Aucun candidat n'ayant reçu la majorité absolue des suffrages exprimés, le second tour de scrutin se déroule le dimanche 10 mai 1981. Comme en 1974 et avec les mêmes protagonistes, un débat télévisé est organisé entre les deux candidats du second tour le 5 mai 1981.

Le Conseil constitutionnel proclame l'élection du candidat PS François Mitterrand avec 51,76 % soit 15 708 262 bulletins de vote en sa faveur. Le mandat de Valéry Giscard d'Estaing prend fin le 21 mai 1981 à minuit.

Le 21 mai 1981, François Mitterrand est investi de ses fonctions de président de la République par M. Roger Frey, président du Conseil constitutionnel, pour un premier septennat, dans la salle des fêtes du palais de l'Élysée.

Contexte :

Rappel des sondages (Source : TNS Sofrès)




Tous les candidats, avec leur profession de foi [Sources : archives Jean-Claude AUTRAN - NB. Certains documents ont été annotés en rouge par Marius AUTRAN...]

M. Valéry GISCARD d'ESTAINGUnion pour la démocratie française



M. François MITTERRAND, Parti socialiste



M. Jacques CHIRACRassemblement pour la République, soutenu par le Centre national des indépendants et paysans


M. Georges MARCHAIS, Parti communiste



M. Brice LALONDEMouvement d'écologie politique



Mlle Arlette LAGUILLER, Lutte ouvrière



M. Michel CRÉPEAUMouvement des radicaux de gauche



M. Michel DEBRÉDivers droite gaulliste




Mme Marie-France GARAUDDivers droite gaulliste



Mme Huguette BOUCHARDEAUParti socialiste unifié








Résultats du premier tour (26 avril 1981) à La Seyne-sur-Mer

Source : Archives Jean-Claude AUTRAN


Nombre
% Inscrits

   Inscrits

35 810
100,00 %

   Abstentions

  6 703
   18,72 %

   Votants

29 107
  81,28 %


Nombre
% Votants

   Blancs ou nuls

    418
    1,44 %

   Exprimés

28 689
  98,56 %

Ont obtenu :


Voix
% Exprimés

   M. Georges MARCHAIS

9 090 31,68 %

   M. Valéry GISCARD d'ESTAING

7 644 26,64 %

   M. François MITTERRAND

5 745 20,03 %
   M. Jacques CHIRAC 3 479 12,13 %

   M. Brice LALONDE

   986   3,44 %
   M. Michel CRÉPEAU    453   1,58 %

   Mlle Arlette LAGUILLER

   444   1,55 %

   Mme Marie-France GARAUD

   364   1,27 %
    M. Michel DEBRÉ   300  1,05 %

   Mme Huguette BOUCHARDEAU

   184
  0,64 %



Résultats pour La Seyne-sur-Mer : Le Monde, mardi 28 avril 1981
La Seyne-sur-Mer, résultats par bureau : La Marseillaise, mardi 28 avril 1981
Résultats et commentaires pour le Var : Le Monde, mardi 28 avril 1981

Rappel des résultats du premier tour pour la France entière

Sources :
France politique, PolitiquemaniaWikipedia


Nombre
% Inscrits

   Inscrits

36 398 859
100,00 %

   Abstentions

  6 882 777
  18,91 %

   Votants

29 516 082
  81,09 %


Nombre
% Inscrits

   Blancs ou nuls

    477 965
  1,62 %

   Exprimés

29 038 117
98,38 %

Ont obtenu :


Voix
% Exprimés
    M. Valéry GISCARD d'ESTAING   8 222 43228,32 %

   M. François MITTERRAND

  7 505 960 25,85 %

   M. Jacques CHIRAC

  5 225 848 18,00 %

   M. Georges MARCHAIS

  4 456 922 15,35 %
   M. Brice LALONDE   1 126 254    3,88 %

   Mlle Arlette LAGUILLER

     668 057    2,30 %

   M. Michel CRÉPEAU

    642 847    2,21 %

   M. Michel DEBRÉ

     481 821
   1,66 %
   Mme Marie-France GARAUD      386 623    1,33 %
   Mme Huguette BOUCHARDEAU      321 353    1,10 %



Candidats présents au second tour (10 mai 1981) [Source : archives Jean-Claude AUTRAN]


M. François MITTERRAND, Parti socialiste




M. Valéry GISCARD d'ESTAINGUnion pour la démocratie française



Résultats du second tour (10 mai 1981) à La Seyne-sur-Mer

Sources :
Archives Jean-Claude AUTRAN

Nombre
% Inscrits

   Inscrits

35 804
100,00 %

   Abstentions

  4 998
  13,96 %

   Votants

30 806
  86,04 %


Nombre
% Votants

   Blancs ou nuls

    760
  2,47 %

   Exprimés

30 046
97,53 %

Ont obtenu :


Nombre
% Exprimés

   M. François MITTERRAND

17 337
57,70 %

   M. Jacques CHIRAC

12 709
42,29 %

 

Résultats pour La Seyne-sur-Mer : Le Monde, mardi 12 mai 1981
Résultats et commentaires pour le Var : Le Monde, mardi 12 mai 1981


Rappel des résultats du second tour pour la France entière

Sources : France politique,
PolitiquemaniaWikipedia

Nombre
% Inscrits

   Inscrits

36 398 762
100,00 %

   Abstentions

  5 149 210
  14,14 %

   Votants

31 249 552
  85,85 %


Nombre
% Votants

   Blancs ou nuls

     898 984
  2,88 %

   Exprimés

30 350 568
97,12 %

Ont obtenu :


Nombre
% Exprimés

   M. François MITTERRAND

15 708 262
51,76 %

   M. Jacques CHIRAC

14 642 306
48,24 %

M. François MITTERRAND est élu président de la République



Commentaires sur les élections présidentielles de 1981 en France [Source : Wikipedia]
Le 26 avril, 29 516 082 Français se rendent aux urnes. Le taux d'abstention atteint 18,91 %, grosso modo dans la moyenne de l'ensemble des élections présidentielles et législatives précédentes sous la Ve République, mais il est tout de même nettement supérieur à celui du premier tour de 1974 (15,08 %). Cette augmentation de l'abstention, qui va de pair avec un plus grand nombre de bulletins blancs ou nuls, est mise sur le compte de l'abaissement de l'âge du droit de vote (les jeunes étant censés être moins intéressés par la politique), de la relative insipidité de la campagne, ou encore de l'attente du second tour qui cristallise l'enjeu essentie.

Les deux qualifiés pour le second tour sont Valéry Giscard d'Estaing, en première position avec 28,32 %, et François Mitterrand, deuxième avec 25,85 %. Le président sortant a perdu 4 points par rapport à 1974, certainement rognés par Jacques Chirac. Son avance est faible et il apparaît fragilisé. Le score de Mitterrand n'est pas comparable à celui qu'il a réalisé 7 ans plus tôt, en l'absence d'une Union de la gauche, mais il est cependant meilleur que ce que laissaient présager les derniers sondages.

La plupart des commentateurs constatent que le fait le plus marquant de ce premier tour est le score médiocre du candidat du Parti communiste. Arrivant en quatrième position, Georges Marchais ne recueille que 15,35 % des suffrages. Accusant un net recul de près de 5 %, près d'un million et demi de voix en moins par rapport aux dernières législatives, c'est la première fois depuis 1945 que le vote communiste descend en dessous de la barre symbolique des 20 %. Visiblement, de nombreux électeurs anciennement communistes ont été rebutés par une campagne excessive et les positions anti-unitaires, pro-soviétiques ou anti-immigrés d'un PCF qui n'a pas su s'adapter aux évolutions de la société moderne. Il semblerait donc que, par ricochet, le candidat socialiste a bénéficié du vote utile. Le parti se réfugie derrière la thèse d'un « accident électoral ».

Le troisième homme, Jacques Chirac, échoue à atteindre son objectif, être présent au second tour. Néanmoins, son score (18,00 %), supérieur aux dernières estimations, est plus qu'honorable, et marque une progression électorale du RPR, d'autant plus qu'en cumulant les voix de Marie-France Garaud (1,33 %) et Michel Debré (1,66 %) la droite gaulliste atteint 20,99 %. Le report de ses voix sera indispensable à un candidat-président qu'il n'a cessé de critiquer.

Les six petits candidats se partagent 12,48 %. Brice Lalonde, avec 3,88 % offre une belle progression au mouvement écologiste. Il est suivi par Arlette Laguiller (2,30 %), qui reste dans son étiage de 1974. Le radical Michel Crépeau (2,21 %) ne pouvait guère espérer faire mieux. Après Debré et Garaud, Huguette Bouchardeau (1,10 %) arrive en dernière position. Les candidats de gauche totalisent 46,81 % ; ceux de droite 49,31 %. La balance pourrait donc sembler pencher pour cette dernière, mais les 3,88 % d'écologistes sont réputés s'orienter plutôt vers Mitterrand, et la faiblesse des communistes amoindrit la crainte d'une gauche au pouvoir. Quoi qu'il en soit, la question des ralliements du second tour est déterminante.

Le 10 mai, en fin d'après-midi, si des sondages circulant dans les rédactions des journaux donnent le candidat socialiste gagnant, l'incertitude est en revanche totale dans la population. Le suspense prend fin à 20 heures, lorsque les radios et la télévision annoncent officiellement le résultat : François Mitterrand remporte ce second tour et devient le quatrième président de la Ve République (et le premier de gauche).

Un peu plus tard, les résultats seront affinés : Mitterrand a obtenu 51,76 % des voix exprimées, choisi par 15 708 602 électeurs, soit 1 065 956 de plus que son adversaire, et 8 202 302 de mieux que son résultat du premier tour, quand Valéry Giscard d'Estaing n'a rallié que 6 419 874 nouveaux électeurs. Par rapport au second tour de 1974, le score du candidat socialiste s'est amélioré de 2 736 658 votes. Le taux d'abstention (14,13 %) a été faible : par rapport au premier tour, 1 733 470 électeurs supplémentaires se sont déplacés. Les votes blancs et nuls ont doublé entre les deux tours. François Mitterrand a avant tout bénéficié d'un bon report de voix : 92 % des communistes, 53 % des écologistes, et 18 % des gaullistes selon la Sofres. François Mitterrand a remporté la majorité dans 65 départements de la France métropolitaine ; il en a conquis 25 de plus qu'en 1974. Les différences catégorielles entre l'électorat de Mitterrand et celui de Giscard d'Estaing ne sont pas très marquées. On peut néanmoins noter que, en moyenne, l'électeur de gauche est légèrement plus masculin, jeune et salarié que l'électeur moyen de droite.

Plusieurs politologues ont analysé la victoire du candidat socialiste François Mitterrand, qui avait su faire preuve de persévérance, comme étant davantage le résultat d'un rejet de la droite au pouvoir que d'une adhésion au programme de la gauche. La gauche électorale ne serait pas, pour autant, devenue majoritaire dans le pays en 1981. « Les Français ont donné aux socialistes la possibilité de transformer profondément la société française, mais ils ne leur ont pas réellement donné le mandat », écrira François Goguel dans Le Monde en novembre 1981. D'autres analyses soulignent au contraire que la France est devenue progressivement et structurellement de gauche dans le sillage des transformations de la société dans les années 1970 (urbanisation, développement des classes moyennes salariées, arrivée à maturité des générations du baby-boom, féminisme, recul des valeurs conservatrices, etc.).

D'un point de vue plus strictement politique, la bipolarisation induite par les institutions de la Ve République impliquait obligatoirement une alternance tôt ou tard. Celle-ci est d'ailleurs venue tardivement, après 23 années de pouvoir de droite. La gauche avait déjà été sur le point de gagner à l'occasion des élections législatives de 1978, et en a été empêchée principalement par sa désunion, et l'incertitude sur la nature d'une éventuelle cohabitation a retenu nombre d'électeurs de choisir l'alternance. En revanche, en 1981, les effets négatifs de la désunion de la gauche sont atténués par l'affaiblissement du PCF, tandis que la division est plus forte que jamais à droite, sans compter que la considérable dégradation de l'économie française à la fin du mandat de Valéry Giscard d'Estaing a amplifié le phénomène de rejet du pouvoir en place.

Le 13 mai, le Premier ministre Raymond Barre remet la démission de son gouvernement et les ministères se vident. Valéry Giscard d'Estaing s'adresse une dernière fois aux Français en tant que président de la République, le 19 mai, lors d'une déclaration télévisée dans son bureau de l'Élysée, prononçant son fameux « Au revoir », avant de se lever et de quitter la pièce, la caméra continuant de cadrer sa chaise vide durant plusieurs secondes. La cérémonie de passation de pouvoir entre le président sortant et François Mitterrand a lieu le 21 mai. En quittant, à pied, l'Élysée, Valéry Giscard d'Estaing est hué par des militants socialistes. Le même jour, le nouveau président se rend à l'Hôtel de Ville où il prononce un discours, puis au Panthéon, où se déroule une cérémonie retransmise à la télévision mise en scène par Serge Moati. François Mitterrand, s'extrayant d'une foule compacte, pénètre, seul et solennel dans le bâtiment, se recueille devant les tombes de Victor Schœlcher, Jean Jaurès et Jean Moulin, sur lesquelles il dépose une rose.

Le soir du 21 mai, comme prévu, Pierre Mauroy est nommé Premier ministre. La composition du nouveau gouvernement, comptant 43 membres mais aucun communiste, est donnée le lendemain, avec des personnalités telles que Gaston Defferre (Intérieur), Jacques Delors (Économie), Michel Rocard (Plan et Aménagement du Territoire), Jean-Pierre Chevènement (Recherche et Technologie), Charles Hernu (Défense), Édith Cresson (Agriculture), Claude Cheysson (Relations extérieures), Jack Lang (Culture), Laurent Fabius (Budget), Jean Auroux (Travail), Alain Savary (Éducation), Michel Crépeau (Environnement), Michel Jobert (Commerce extérieur), etc. Le même jour, comme annoncé pendant la campagne et pour éviter l'expérimentation institutionnelle d'une cohabitation, François Mitterrand fait usage de l'article 12 de la Constitution et dissout l'Assemblée nationale. Les élections législatives des 14 et 21 juin donnent une large majorité à la gauche, donnant au nouveau président les moyens de son action politique. Avec 37,77 % des suffrages et 266 sièges sur 491 (on parle de « vague rose »), le Parti socialiste obtient à lui seul la majorité absolue, sans besoin de l'appoint des 44 députés du PCF. Sa position de parti hégémonique de la gauche, qu'il ne quittera plus, est ainsi confirmée. Néanmoins, après les élections, quatre communistes (Charles Fiterman, Anicet Le Pors, Jack Ralite, Marcel Rigout) obtiennent des ministères (de second ordre) dans le deuxième gouvernement Mauroy, qui voit aussi entrer Robert Badinter à la Justice. Relégués dans l'opposition, le RPR et l'UDF se rapprochent et définissent des accords électoraux et un programme commun. Par la même occasion, Jacques Chirac renforce sa position à droite.

Entre la présidentielle et les législatives, dans les jours suivants sa nomination, le gouvernement de Pierre Mauroy prend plusieurs mesures : grâces accordées aux condamnés à mort, suppression de la Cour de sûreté de l'État, suspension de l'expulsion d'immigrés clandestins, arrêt de la construction de certaines centrales nucléaires dont celle de Plogoff, annulation du projet d'agrandissement du camp militaire du Larzac. Il annonce en outre la hausse du Smic de 10 %, des allocations familiales et des allocations logement de 25 %, du minimum vieillesse de 20 %, et la création de 55 000 emplois publics.

Le gouvernement renforce également le contrôle des changes pour essayer d'enrayer la fuite des capitaux qu'a instantanément provoquée la victoire du candidat socialiste. Celle-ci a suscité une profonde consternation parmi les patrons français inquiétés par les nationalisations et l'éventualité de communistes au pouvoir, et certains d'entre eux abreuvés par diverses rumeurs prévoient un désordre généralisé. Entre les deux tours de la présidentielle, le patron des patrons François Ceyrac, président du CNPF, avait appelé à voter pour Giscard d'Estaing. Sous l'effet de l'afflux de capitaux, le franc suisse atteint des niveaux records, et la CFDT accuse le patronat de sabotage économique. Pour soutenir la monnaie nationale malmenée sur le marché des changes, la Banque de France est obligée d'y injecter 10 milliards de francs, renforçant la perspective d'une dévaluation et d'une augmentation de l'inflation. Deux ans plus tard, le ministre des Finances Jacques Delors met en place un changement de politique économique, qualifié de « tournant de la rigueur », provoqué tant par ces attaques contre le franc que par le coût des programmes économiques et sociaux instaurés entre-temps par le nouveau pouvoir socialiste.

L'alternance permet de mettre en œuvre des actions politiques allant dans le sens du « changement » selon le programme de la gauche, non sans de vives oppositions de la droite. Certains dirigeants socialistes vont jusqu'à évoquer la Révolution française, tel Paul Quilès. Le nouveau ministre de la Culture, Jack Lang, avait quant à lui dit que l'élection de Mitterrand était un « passage de l'ombre à la lumière ».

Durant son « état de grâce », le gouvernement socialiste réalise les nationalisations des principales banques (Société générale, Crédit lyonnais, CIC, Paribas, Crédit du Nord, etc.) et de certaines des principales entreprises industrielles (Thomson, Rhône-Poulenc, Pechiney, Saint-Gobain, Usinor, Compagnie générale des eaux, Matra, Dassault). Il abolit la peine de mort ; instaure une cinquième semaine de congés payés, la semaine de 39 heures et la retraite à 60 ans ; accorde des aides aux entreprises qui embauchent ; accroit les droits des salariés avec les lois Auroux ; promulgue la première loi de décentralisation ; réorganise administrativement les trois premières communes françaises avec la loi PLM ; légalise les radios libres et créé une autorité de régulation de l'audiovisuel (la Haute Autorité de la communication audiovisuelle) ; et met en place d'autres réformes concernant le logement, l'enseignement supérieur, l'immigration et la santé. Le coût important de la politique sociale et économique (estimé à 6,8 milliards de francs pour la politique d'emploi, 43 milliards pour les nationalisations) doit être financé par de nouveaux impôts et taxes sur les hauts revenus, les sociétés et les bénéfices des grandes entreprises.

Environ un an plus tard, l'élan qui a porté la gauche au pouvoir est retombé. Si les avancées sociales du gouvernement socialiste sont reconnues, son bilan économique, alors que le chômage continue d'augmenter, est rapidement considéré comme un échec. Il faut rappeler (voir article ci-dessous) que - face au "scandale" que représentait le million de chômeurs atteint au 2e trimestre 1977 sous la présidence Giscard d'Estaing et le gouvernement Barre - le Parti socialiste envisageait de ramener le chômage à zéro en France à raison de 200 000 chômeurs de moins par an pendant 5 ans... Or, après 3 ans de présidence Mitterrand, le chômage avait doublé, dépassant les 2 millions dès le 2e trimestre 1984.

Le Monde, 15 mars 1977

Les conséquences seront l'adoption du tournant de la rigueur, qui marquera à la fois une mutation idéologique de la gauche française, son adaptation à une certaine culture de gouvernement et une désillusion chez une grande partie de ses électeurs, qui profite à moyen terme à la droite, qui revient au pouvoir pour expérimenter la première cohabitation en 1986. François Mitterrand parviendra néanmoins à se faire réélire en 1988. Il est à ce jour le président de la République resté le plus longtemps en fonctions.




Autres documents sur les élections présidentielles de 1981 et les premiers mois de la première présidence Mitterrand [source : archives Jean-Claude AUTRAN]
Verbatim...

- Var-Matin du 21 avril 1981. Pages 7-10 : « De Louis-Napoléon à Valéry Giscard d'Estaing : vingt présidents pour quatre républiques »
- Tract A4 recto-verso « Fête populaire de 15 H à l'aube - 1er mai 1981 Montpellier - Rassemblement pour la victoire avec François Mitterrand - Plan avec 7 itinéraires pour aller à la fête socialiste du 1er mai à Antigone ».
Le Monde du vendredi 24 avril 1981 : pages 11-13 : « Les principales propositions économiques des dix candidats » - M. Defferre : « M. Chirac sera éliminé au premier tour » - M. Rocard : « M. Mitterrand n'est pas un homme seul » - « Des femmes du M.L.F. appellent à voter pour le candidat du P.S. ».
- La Marseillaise, du mardi 28 avril 1981. Pages 5-8 : « Les résultats du Var » - « Les résultats par département » - « Le soutien des communistes de Renault à Georges Marchais » - Pierre Juquin : « Les travailleurs auront besoin du P.C.F. dans la période à venir » - « Le "vote utile" et le mode de scrutin ont désavantagé le P.C.F. », estime la presse - « Chirac votera Giscard ».
Le Monde du mardi 28 avril 1981. Titres de la Une : « Le premier tour de scrutin recrée les conditions d'un duel serré entre M. Giscard d'Estaing et M. Mitterrand » - « Face à la progression du P.S., le comité central du P.C. tire les leçons du grave échec de M. Marchais » - « Sans donner de consignes à ses électeurs, M. Chirac annonce qu'il votera « à titre personnel » pour le président sortant » - « Et l'eurocommunisme ? » - « Double succès », par Jacques Fauvet - « Bouleversements », par Raymond Barrillon ; pages 2-7 : Commentaires et réactions : La physionomie du scrutin : « L'évolution des principales familles politiques en métropole de 1974 à 1981 » - « La gauche de l'union à la désunion » - « Du centrisme au giscardisme » - « Seize ans de gaullisme » - « Les abstentions » - « Le recul du P.C.F. est net dans ses bastions mais aussi dans ses « terres de mission » » - « Les gains et les pertes du parti communiste » - « L'évolution des suffrages du P.C.F. de 1924 à 1981 » - « Les douze « mesures d'urgence » des écologistes » ; Les déclarations des candidats : M. Giscard d'Estaing : « Je représenterai tous ceux qui rejettent la bureaucratie et le marxisme » - M. Mitterrand : « Que nul ne relâche son effort » - M. Chirac : « Les idées auxquelles je crois l'emporteront un jour » - M. Marchais : « Poursuivre la même lutte » - M. Lalonde : « Pas de consigne de vote » - Mlle Laguiller : « Pour Mitterrand sans illusion » - M. Crépeau : « Le président sortant sanctionné » - Mme Garaud : « Aller lus loin » - Mme Bouchardeau : « Rassembler » ; Dans la presse parisienne : « Partis dominants et forces d'appoint », par André Laurens - L'Humanité : « Ils ont réussi à nous porter un coup » - Le Matin de Paris : « Nous attendons de M. Mitterrand qu'il soit le rassembleur des Français » - Le Figaro : « Ce qui compte c'est de tout faire pour battre M. Mitterrand » - Les Échos : « Un libéralisme plus authentique » - « L'Aurore : « Un homme blessé [M. Marchais] est souvent dangereux » ; Dans les milieux syndicaux : C.F.D.T. : « Se taire serait une démission » - C.G.T. : « La question décisive gravite autour des conditions d'un vrai changement » - F.O. : « relancer immédiatement la négociation collective » - FEN : « Marquer avec force la volonté de changement » - C.F.T.C. : « Pas de consigne de vote » - C.G.C. : « Pas de déclaration en faveur de l'un ou de l'autre » - P.M.E. : « Le choix est facile à définir » ; pages 9-31 : « Les résultats par département ».
Le Monde du mercredi 29 avril 1981. Titres de la Une : « Le P.C. appelle à voter pour M. François Mitterrand » - « Selon M. Giscard d'Estaing, la victoire de la gauche amènerait « l'ordre communiste ou le désordre socialiste » » - « L'épouvantail », par Maurice Duverger - « Les inquiétudes du C.N.P.F. » ; pages 10-11 : « Le candidat socialiste devient celui de « toutes les forces de la France » » - « Les gains et les pertes du parti socialiste » - « Le R.P.R. confirme la liberté de vote laissée aux électeurs de M. Jacques Chirac » - « M. Chaban-Delmas lance un appel en faveur de M. Giscard d'Estaing »
Le Monde du jeudi 7 mai 1981. Titres de la Une : « Le face à face télévisé avant le second tour : Les candidats se sont contesté mutuellement les moyens de gouverner » - « M. Giscard d'Estaing a souligné le poids qu'aurait le P.C. dans la nouvelle majorité » - « M. Mitterrand a insisté sur les critiques de M. Chirac contre le président sortant » - « L'alternance est-elle permise », par Raymond Barrillon - « La défense du franc » ; page 7 : « Appel pour la Ve République », par Robert Galley - « Un vaste dessein pour la France », par Gaston Defferre ; pages 8-16 : Le débat radio-télévisé : « Le président a joué le rôle du challenger » - « Dissolution et affaires courantes » - « Vous êtes bien changeant... » - « Quels ministres ? » - « On ne peut pas conduire un peuple les yeux bandés » - « Je respecte la classe ouvrière » - « La crise, les succès et les revers » - « Le ministère de la parole » - « L'homme du passé et l'homme du passif » - « Les nationalisations » - Une économie socialisée » - « L'emploi » - « C'est la droite qui étatise » - « Les trente-cinq heures » - « Personne n'embauchera » - « Le budget et l'emprunt de 1973 » - « Les charges du chômage » - « Les droits e succession » - « Les œufs dans le même panier » - « L'indépendance énergétique » - « L'Europe et la Grande-Bretagne » - L'Europe, la pêche et Varsovie » - « Le voyage à Varsovie » - « L'Afrique et la défense » - « L'accord de Camp-David et la Jordanie » - Pour conclure : Le président sortant : « Moi, j'ai changé, je me suis transformé » - Le candidat socialiste : « La politique du passé et celle du possible » - Analyses et commentaires : « Economie : c'est l'imagination qui manque le plus » - Politique sociale : deux monologues ».
- Le Journal de Montpellier, n° 76, semaine du 8 au 14 mai 1981. Titre de la Une : « Et si Mitterrand gagnait... » ; page 9 : « Fiction : Et si Mitterrand gagnait... » ; pages 11-13 : « Actualité : Mitterrand à Montpellier ».
- Midi Libre du lundi 11 mai 1981. Titre de la Une : « MITTERRAND PRÉSIDENT avec 52,04 % des suffrages exprimés » - « Nous avons tant à faire ensemble » - « L'alternance » - Marchais : « Le P.C.F. prêt à prendre ses responsabilités » - « Les vœux de Giscard » - Chirac : « J'appelle au rassemblement pour le combat » ; pages 3-8 : résultats et commentaires : « Chez François Mitterrand : la joie tranquille » - « Chez V.G.E. : le bureau des pleurs » - « Chez Georges Marchais : des ministres communistes » - « Du regroupement de la gauche à la présidence de la République » - « Danielle Mitterrand : retenue et simplicité » - M. Jean Lecanuet : « Tristesse » -
M. Labbé : « La responsabilité n'est pas dans notre camp » - Lionel Jospin : « Pour une grande ambition collective » - Pierre Mauroy : « La victoire de la République » - M. Rocard : « Réconcilier le rêve et la réalité » - M. Poniatowski : « Remporter le 3e tour » - « Les résultats dans l'Hérault : A partir de 20 h au centre ville : Une explosion de joie populaire » - G. Frêche : « Montpellier, bastion du Parti Socialiste » - F. Delmas : « Un jour noir pour la France ».
- Le Point des 11-17 mai 1981. A la Une : « Le Président ». pp. 59-79 : « Un autre vent se lève - Une nouvelle présidence - Le premier mot de Mitterrand : « Quelle histoire ! » - Sept ans, mais cinquante jours décisifs - Dissolution : Une nécessité et un risque - Gouvernement : Deux semaines pour un puzzle - Syndicats : Pas de cadeaux, pas d'apocalypse - Mesures immédiates : Beaucoup de "social" mais pas tout à la fois - Secteurs clés : Des changements, pas d'épuration » - Giscard-Chirac : le duel des vaincus - Quand la Bourse s'éveillera - Ces 3 % qui ont fait l'alternance - Le dessous des cartes électorales - L'adieu aux sept ans
Le Monde du mardi 12 mai 1981. Titres de la Une : « La très nette victoire de M. François Mitterrand va au-delà du rassemblement de toute la gauche et aggrave les divisions de la majorité sortante » - « M. Chirac souhaite l'unité de candidature pour les législatives » - « M. Barre dénonce « ceux qui ont joué à quitte ou double » la Ve République » - « Le Premier ministre remettra sa démission « avant la fin du septennat » » - « Le franc baisse et la plupart des valeurs françaises n'ont pu être cotées » - « Des manifestations d'enthousiasme ont eu lieu à Paris et en province » - « Un nouveau style » - « Le besoin de changement, par André Laurens » - « Les raisons de l'échec », par Noël-Jean Bergeroux - « Le succès et l'avenir », par Jacques Fauvet ; pages 2-14 : Analyses et commentaires : « Pour que la joie demeure », par Robert Barrillon - « M. Jacques Chirac propose sans tarder un nouveau rassemblement « sans esprit partisan » - M. Raymond Barre : « Je veillerai à ce que la transition se déroule dans des conditions conformes aux intérêts du pays » - L'élection de M. François Mitterrand : « Une riche carrière ministérielle sous la IVe République - Un homme qui fait son chemin sous la Ve République » - « Les mots, la conviction, l'instinct », par André Fontaine - « Un écrivain né », par Bertrand Poirot-Delpech - « L'amorce d'une planification sociale ? », par Jean-Pierre Dumont - Au P.S., rue de Solferino : « Dès 18 h 30, l'explosion de joie » - Au siège du P.C.F. : « On a gagné, on a gagné... » - Au R.P.R., rue de Tilsitt : « Ah ! S'il avait écouté Chirac ! » - « La nouvelle prise de la Bastille », par Claire Brisset - Un moment historique à Château-Chinon : « Enfin, les ennuis commencent » - A Chanonat : « Une longue et morne journée de pluie » - M. Chinaud : « Se mobilier » - M. Peyrefitte : « Avec respect, tristesse et espoir » - M. Bonnet : « Les Français ont choisi » - M. Barrot : « Péché originel » - M. Poniatowski : « Se reprendre » - M. Deniau : « J'espère que les Français ne se sont pas trompés » - M. Lecanuet : « Faire contrepoids à la majorité présidentielle » - Mme Pelletier : « Un vote d'humeur » - M. Jacques Blanc : « Volonté unitaire » - M. Mitterrand : « Nous avons tant à faire ensemble » - M. Delors : « Le programme du futur gouvernement » - M. Rocard : « Réconcilier le rêve et la réalité » - M. Mauroy : « Un moment de bonheur et une politique nouvelle » - M. Jospin : « Le jour de joie est arrivé » - M. Chevènement : « Comme Gambetta » - M. Crépeau : « La voie de l'espérance » - M. Cheysson : « La France est liée par les accords internationaux » ; dans les milieux politiques : au RPR : Jacques Chirac : « J'appelle à se rassembler... » - M. Pasqua : « Ce que nous craignions » - M. Toubon : « Pourquoi des législatives ? » - M. Pons : « Le respect des institutions » - M. Labbé : « La responsabilité n'est pas dans notre camp » ; à l'extrême-droite : « M. Le Pen : « Un échec prévu » - Le Front National de la Jeunesse : « Giscard d'Estaing, le président le plus incapable de la Ve » ; au PCF : M. Marchais : « Nous sommes prêts à assumer toutes nos responsabilités » - « Des ministres communistes » ; dans les milieu syndicaux : « La « nouvelle situation » est accueillie avec calme et avec une joie sereine » - CGT : « Mobilisation et lucidité » - CFDT : « Transformer l'essai » - FO : « Nous ne changerons pas de politique » - FEN : « Enraciner la victoire du 10 mai » - CFTC : « Transformer les engagements en décision » - CGC : « Respecter les promesses » - CSL : « Les problèmes demeurent » ; les réactions à l'étranger : Bonn : « Que vont devenir les relations franco-allemandes ? » - Moscou : « Embarras et nuances » - Jérusalem : « Presque l'enthousiasme » - Londres : « Entre le préjugé favorable et le bénéfice du doute » - Washington : « Désarroi et interrogations » - Beyrouth : « Déception dabs le monde arabe » - Lisbonne : « Un évènement de grand importance pour le monde » ; pages 15-32 : Les résultats par département ; page 34 : La physionomie du scrutin : « La progression de M. Mitterrand, favorisée par le P.C.F. et par les écologistes est particulièrement sensible à l'ouest. M. Giscard d'Estaing a reculé dans les bastions « chiraquiens » ».




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