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- Objet de ce référendum
- Contexte
- Questions posées
- Résultats pour La Seyne
- Résultats pour la France
- Commentaires
- Sources
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Objet de ce référendum
Le référendum sur la loi constitutionnelle de 1945 [premier référendum organisé en France depuis 1870] se tient le 21 octobre 1945 pour déterminer la marche à suivre dans l'élaboration d'une nouvelle Constitution, processus qui permettra d'aboutir à la Constitution du 27 octobre 1946 et à l'avènement de la IVe République.
Contexte
À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, le Gouvernement provisoire de la République française, avec à sa tête le général de Gaulle, décide de suivre la procédure la plus démocratique possible. Le Gouvernement provisoire organise donc, par l'ordonnance du 17 août 1945, le référendum du 21 octobre 1945, en parallèle d'élections législatives qui se tiendront le même jour.
Le général de Gaulle s 'attache à appliquer l'ordonnance du 21 avril 1944 qui prévoyait la convocation d 'une Assemblée nationale constituante « dès que les circonstances permettront de procéder à des élections régulières au plus tard dans le délai d 'un an après la libération complète du territoire ». Après maintes discussions qui reflètent les divisions internes du gouvernement ou les divisions entre le gouvernement et l'Assemblée consultative, le général de Gaulle parvient à imposer sa solution : le choix du référendum sur la base de deux questions posées aux Français.
NB. Il ne s'agit pas de la première élection politique ouverte aux votes des femmes, puisque cette première a eu lieu lors des élections municipales du 29 avril 1945.
Questions posées
Lors de ce référendum, deux questions sont posées aux Français :
1. « Voulez-vous que l’Assemblée Nationale, élue ce jour, soit Constituante ? »
2. « Si le corps électoral a répondu oui à la première question, approuvez-vous que les pouvoirs publics soient, jusqu'à la mise en vigueur de la nouvelle Constitution, organisés conformément au projet ci-contre ? »
La première question « Voulez-vous que l’Assemblée Nationale, élue ce jour, soit Constituante ? » pose en réalité le choix entre un rétablissement de la Constitution de la Troisième République, ou la rédaction d'une nouvelle Constitution qui ouvrirait une Quatrième République. Comme il ne pouvait pas y avoir de continuité avec l'acte constitutionnel de 1940 - puisqu'il était considéré illégitime par le Gouvernement provisoire et par l'ensemble des Français au jour de la victoire des Alliés - on décida de l'ignorer. En revanche, la Constitution de 1875 aurait pu être rétablie, étant un texte légitime.
La deuxième question : « Si le corps électoral a répondu oui à la première question, approuvez-vous que les pouvoirs publics soient, jusqu'à la mise en vigueur de la nouvelle Constitution, organisés conformément au projet ci-contre ? » pose le problème de l'organisation des pouvoirs publics et de la transition constitutionnelle.
Le texte qui lui est annexé est en fait un projet de loi, élevé à la valeur constitutionnelle s'il est adopté par le peuple français. Cette consécration constitutionnelle, bien que précaire, doit ainsi permettre aux pouvoirs publics de se soumettre à cette loi, et de mener une action politique, attendue urgemment. On a aussi qualifié ce texte de « petite Constitution ».
Ce projet de transition constitutionnel décide de donner un mandat très bref à cette Assemblée Constituante : elle cessera son mandat au jour de l'entrée en vigueur de la nouvelle Constitution, ou sept mois au plus tard. La transition doit légitimement être la plus rapide possible, mais toutefois de manière démocratique : il est prévu que la Constitution adoptée par l'Assemblée doit être présentée aux Français par la voie du référendum. S'ils refusent le texte, il sera procédé de manière identique, avec l'élection d'une nouvelle Assemblée constituante.
Si le peuple français avait répondu « Non » à cette question, il était prévu que l'Assemblée Constituante élue définisse elle-même, « à son gré », les rapports entre les pouvoirs publics.
Résultats pour La Seyne (y compris le hameau de Saint-Mandrier) :
Première question :
Nombre % / inscrits Inscrits
12 265
100,00 % Abstentions
2 663
21,71 % Votants
9 602
78,29 %
Nombre % / votants Blancs et nuls
500
5,21 % Exprimés
9 102
94,79 %
Voix % / exprimés
- OUI
- 8 991
98,78 %
- NON
111
1,22 %
Deuxième question :
Nombre % / inscrits Inscrits
12 265
100,00 % Abstentions
2 663
21,71 % Votants
9 602
78,29 %
Nombre % / votants Blancs et nuls
699
7,28 % Exprimés
8 903
92,72 %
Voix % / exprimés
- OUI
- 4 434
48,87 %
- NON
4 639
51,13 %
La Liberté du Var, 23 octobre 1945
La Liberté du Var, 23 octobre 1945
Résultats pour La France
Première question :
Nombre % / inscrits Inscrits
25 744 992 100,00 % Abstentions
5 391 007 20,94 % Votants
20 353 985 79,06 %
Nombre % / votants Blancs et nuls
1 070 103 5,26 % Exprimés
19 283 882 94,74 %
Voix % / inscrits % / votants % / exprimés
- OUI
18 584 746 72,19 % 91,91 %
96,37 %
- NON
699 136 2,72 % 3,43 % 3,63 % Deuxième question :
Nombre % / inscrits Inscrits
25 744 992 100,00 % Abstentions
5 391 007 20,94 % Votants
20 353 985 79,06 %
Nombre % / votants Blancs et nuls
1 109 836 5,45 % Exprimés
19 244 149 94,55 %
Voix % / inscrits % / votants % / exprimés
- OUI
12 794 943 49,70 % 62,86 %
66,49 %
- NON
6 449 206 25,05 % 31,69 % 33,51 %
À la suite de la réponse des électeurs à la première question, la Constitution de 1875 n'est donc pas rétablie. Elle n'est pas encore abrogée, puisque aucun autre projet de Constitution n'est encore entré en vigueur pour la remplacer. La nouvelle Assemblée Nationale, élue le même jour, a donc pour mission de rédiger un nouveau projet de Constitution.
Les électeurs ont donc répondu à une forte majorité au vœu du chef du gouvernement en réclamant par 98 % une Assemblée constituante, ce qui signifie la mort de la IIIe République. La réponse à la seconde question sur les pouvoirs de l'Assemblée est également un satisfecit pour le général de Gaulle, mais dans une proportion moindre. Comme lui, deux tiers des Français souhaitent une limitation des pouvoirs de l'Assemblée. Les socialistes et le MRP étaient partisans du oui aux deux questions ; les communistes avaient fait voter oui à la première question, non à la seconde. Les radicaux, non aux deux questions.
La Liberté du Var, 21 octobre 1945 : « Pour un oui ou pour un non » (Sylvain).
La Liberté du Var, 21 octobre 1945 : « Vous allez voter aujourd'hui : organisation du vote - Rappel des questions - Conséquences du vote ».
La Liberté du Var, 22 octobre 1945 : A la Une : « La France a voté » - « Les premiers résultats marquent une nette victoire des Socialistes et des Communistes - D'après le référendum, le pays veut d'une Constituante dont les pouvoirs seront limités - Les résultats connus dans le Var (avec ceux des élections à l'Assemblée Constituante)».
La Liberté du Var, 22 octobre 1945 |
La Liberté du Var, 22 octobre 1945 : « Les résultats connus dans le Var (suite) et à travers la France ».
La Liberté du Var, 22 octobre 1945 : « Les résultats connus dans le Var (fin) et à Toulon ».
Résultats des autres référendums français
depuis 1945
- (1) 21 octobre 1945 : 1er projet de constitution - 1ère question
- (2) 21 octobre 1945 : 1er projet de constitution - 2ème question
- (3) 5 mai 1946 : 2ème projet de constitution
- (4) 13 octobre 1946 : Constitution de la IVe République
- (5) 28 septembre 1958 : Constitution de la Ve République
- (6) 8 janvier 1961 : Autodétermination en Algérie
- (7) 8 avril 1962 : Accords d'Evian
- (8) 28 octobre 1962 : Election du Président au suffrage universel
- (9) 27 avril 1969 : Création de régions et rénovation du Sénat
- (10) 23 avril 1972 : Elargissement de la CEE
- (11) 6 novembre 1988 : Statut de la Nouvelle-Calédonie
- (12) 20 septembre 1992 : Traité de Maastricht
- (13) 24 septembre 2000 : Quinquennat
- (14) 29 mai 2005 : Constitution européenne
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