La Seyne-sur-Mer (Var)   La Seyne-sur-Mer (Var)

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A propos du lexique provençal et des mots d'ici


  Après 15 ans d'existence (2001-2015), la section "Forum" de ce site internet n'est plus désormais régulièrement alimentée
Les informations précédemment rassemblées resteront en ligne, mais il ne pourra être répondu à aucune nouvelle question
   Jean-Claude Autran                                              
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Historique des échanges de messages à propos de :

Traductions français -> provençal

A la bonne heure !
A mon grand-père
Allumeur de réverbères
Arlésienne
Avec l'accent qui chante, de notre village
Bât (de l'âne)
Bienvenue (1)
Bienvenue (2)
Bienvenue au cabanon
Chênes verts (les)
Colline (la)
Cordialement
Couteau de poche
Déchet, recycler, environnement
Désirée
Ferme du soleil
Frelon : cabrian ou cabridan ?
Gourmand et gourmet
Havre de paix
Ici tout est bonheur
Inattendue
Je suis parce que nous sommes
Je suis ton fils, tu es ma vie
Jeu de boules, terrain de boules
La maison du passeur
Le petit ressemble à son parrain, de dos 
Maison des Normands
Maison des rouges-gorges
Maître
Nid douillet (le)
Parrain radin, le petit sera bossu 
Petit nid (le)
Rugby sans frontières
Seigneur
Soleil me fait chanter (le)
Spécialités provençales, produits de la mer
Tas de cailloux
Un seul être vous manque et tout est dépeuplé

Traductions provençal -> français

Aco vaï mi
Acovaïmi
Ai cabanu
Amairi
Anoubli
Argeiras
Bassilat (?) ou barrilat 
Batiboy, ou batibeuil
Becarut
Besson
Bouléguer (se), bouligue
Bourguignoun
Bousquatière
Bréguières
Cabanon
Cabucelle
Cadet de chichette
Caffalo (1)
Caffalo (2)
Cafoutchi et cafournoli
Caganis, ou cago nis
Cago-au-niou
Canoubié (le)
Cant dóu dóufin (lou)
Càti (1)
Càti (2)
Cebette et renardive
Charradisse
Ciapacan
Couchadou
Escandillade
Estarpe (du cheval)
Fòu barrois
La Foux 
Fuste
La Galamauda

Traductions provençal -> français (suite)

Gambedaye
Gangasser
Gauto ou gaugno ?
Gnotti
Gourgoulino 
Jahina / Jaïna
Magaou a tres bano (lou)
Maiale !
Moco, ou Moko
Murès (les)
Mustèle
Niard
Niotti
Ousidou
Parpeleger
Peirin rascous
Peluou ! Peluou ! 
Pessegon
Plang pèr un anti clouchié 
Quinquarinette
Quiquetaïré
Rabassière
Rabocher
Raille
Rascladou
Ratapenade (1)
Ratapenade (2)
Razeire, ou raseire
Sambuco
Sanquette
Scalabarri, ou escalabari
Sirouquette 
Sergetière 
Sueio et souillarde 
Tintaine
Tornailh 
Vanade
Vié maré (lou) 

Expressions provençales

A l'an que vèn
A propos de Molinari
Agantas lou e ne lou mouardes pas !
Ana a Macan
Batti lou batéou
Bazar vauclusien
Crese que toun chin fai la farandoulo
Dimècre
Embrasso-mi que cagui
Endimencho coume un amélie flouri
Etre sinistré de la cabucelle
Expressions locales 
Faire la cabucelle
Faire les brègues
Faire sauta li brinigo au saumié
Gros Lazare (il mangerait…)
Les trois sueurs
Peluou ! Peluou ! Lou pichoun vendra gibous
Meste Arnaou (un conte de)
Nostro Damo dóu Pati
Partir en barigoule (1)
Partir en barigoule (2)
Serre, boudere (ou biderre), camin de ferre
Venez nombreux, les pauvres seront contents !

Termes généraux

Mots se rapportant à la Provence
Mots se rapportant au temps récréatif
Noms de fleurs en provençal
Noms de papillons en provençal
Noms de pièces d'une maison
Noms de poissons de nos côtes
Termes de loto du Midi 
Traduction de quelques noms d'arbres 


Chants, contes, ouvrages et théâtre, en provençal

Chant de la veillée de Noël
Coupo Santo
Formulettes en provençal
Hymne des Provençaux « Provençau e catouli »
Il est né le divin enfant, en provençal
Maurin des Maures
Paroles de chants en provençal
Paroles de la Pastorale Maurel

Toponymie provençale

Baou de 4 Ouro
Bréguières
Countabalet
La Coudourière ou La Coudoulière ?
Lou Pey blanc
Lou Serre, Lou Faou
Mireille (le prénom)
Oïde (l')
Pas de Pouyen (le)
Pey
Pioch et Puech
Pramousquier
Traduction de noms de villes en provencal 

La langue provençale

Apprentissage du provençal
Bèn-vengudo et benvenguda
Emploi et différences locales orales et littéraires
Graphies mistralienne et pré-mistralienne
Le o final au féminin provençal
Marius Autran, Jean-Claude Autran et la langue provençale
Précision sur un article pluriel provençal
Prononciation en provençal
Questions diverses sur le provençal
Renseignements concernant la langue provençale
Revue Aquò d'Aqui








Lexique provençal : achat, édition, mise en ligne, dictionnaires

Achat du lexique provençal (1)
Achat du lexique provençal (2)
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Additions au lexique provençal (1)
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Autorisation de copie du lexique provençal
Base de données informatique du lexique provençal (1)
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Edition du Lexique des termes provençaux (1)
Edition du Lexique des termes provençaux (2)
Edition du Lexique des termes provençaux (3)
Les maux des mots
Livre sur les mots d'ici ?
Mise en bibliothèque du fichier des termes provençaux
Mise en ligne du lexique provençal
Recherche d'un lexique provençal
Recherche de dictionnaire français-provençal
Sur quelques autres termes obscurs du lexique provençal

Questions diverses

Chemin de Galice (à Aix)
Dimension provençale de la vie de Marius Autran
Donner un nom à une maison
Pour l'enseigne d'un restaurant en provençal 
Escargots blancs que l'on sert en vinaigrette à l'apéro
Félicitations
Félicitations pour le lexique des termes provençaux
Frédéric Mistral, le Johnny Haliday de l'époque ?
Histoire de Mireille
La cigale et la fourmi, façon provençale
Moulin a rusco
Richesse de votre site
Santabousca
 






17-18 février 2016 : Niotti, gnotti, oiseaux, moineaux

Q1.

Bonjour,

Avec les copains de la "raille", il y a maintenant plus de 70 ans, un oiseau était un "Nioti ou niauti", terme que je ne retrouve pas ;

L'avions nous inventé pour notre seul usage, ou est-il issu d'un parler typiquement toulonnais, marqué peut être par l'argot du bagne ?

AM (exilé à Saint-Raphaeël).

R1.

Bonjour,
 
Je connais bien ce mot, bien que son emploi ait dû être géographiquement très limité (Toulon et environs ?) car il ne figure dans aucun des « lexiques du parler provençal » que je possède.
 
Mais j'ai vu (chez des anciens de ma “raille”) que certains l'orthographiaient niotti, et d'autres gnotti. Dans mon lexique, je l’avais fait figurer seulement à la lettre G : gnotti. Je vais donc le rajouter aussi à la lettre N : niotti. Dans tous les cas, le terme semble désigner de petits oiseaux que les gamins de mon époque essayaient d’atteindre au lance-pierres. Mon père utilisait le synonyme toulissié, c’est-à-dire passereau des toits, dont le moineau.
 
J’ai essayé de trouver l’étymologie de niotti. Peut-être y a-t-il un lien avec le provençal niou, le nid. Mais ce n’est pas certain.
 
Cordialement,
 
Jean-Claude Autran

Q2.

Bonjour,
 
Grand merci pour votre réponse, et félicitations pour votre lexique, qui est pour moi une authentique "machine à remonter le temps". Bravo.

Cordialement.
 
AM




 

14 juin - 15 septembre 2015 : Base de données informatique du lexique provençal

Q1.

Bonjour M. Autran,

Il y a quelques années déjà, vous m'aviez gracieusement fait parvenir votre fichier Excel du dictionnaire.

Pour rappel, je n'avais aucune vocation professionnelle ou marchande, mais juste  en tant que formateur un besoin de support (car je suis né en Provence, alors je fais partager ma langue :)

En effet quitte à former des gens à la gestion des bases de données, autant le faire avec des infos qui me font plaisir :)

Malheureusement, suite à un problème informatique, je n'arrive plus à mettre la main sur ce fichier original Excel ?

Et j'en suis désolé à tel point que je vous reformule la même demande.

Bien à vous

Dans l'attente de vous lire.

SG

R1.

Bonjour,

Oui, j'ai retrouvé nos échanges de messages d'octobre 2004.

Je vous avais alors envoyé 2 fichiers de mon lexique, l'un au format html, l'autre au format Word. Je ne me souviens pas de vous l'avoir envoyé au format Excel (bien que le fichier Word puisse être assez facilement converti en Excel).

Je vous les renvoie donc ci-joints, tels qu'ils étaient annexés à mon message de 2004.

Mon lexique a cependant un peu évolué depuis cette époque, plusieurs dizaines de termes ayant été rajoutés ou complétés, mais la dernière version n'est consultable que via mon site internet et seulement lettre par lettre :

http://jcautran.free.fr/provencal/lexique_provencal.html

Je n’ai pas récemment reconstitué de fichier complet, de a à z, à partir de la version actuelle qui est en ligne. Mais si j’ai un peu de temps ces jours-ci, j’en reconstituerai un en fusionnant les différentes pages de mon site internet et je vous le ferai parvenir sous les formats Word et Excel.

A bientôt donc.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Bonjour, je vous réponds avec un peu de retard :)

Mais donc merci et aucun souci. J'attendrai :)

Bon été.

Sincèrement

SG

R2.

Cher Monsieur,

Je vous avais promis avant l’été de reconstituer, dès que j’aurais eu le temps, une mise à jour complète de mon « lexique des termes provençaux et des mots d’ici » (qui n’était jusqu’ici accessible que lettre par lettre sur mon site internet.

Tout arrive. Vous trouverez ci-joint la toute nouvelle version, sous Word, avec de nombreuses corrections et rajout de plusieurs dizaines de nouveaux termes ou expressions.

Je vous en souhaite une bonne réception et un bon usage.

Bien cordialement.

Jean-Claude Autran

PS. Ce document de 173 pages est téléchargeable au format pdf en cliquant ici

Q3.

Vous avez tenu votre promesse et je vous en remercie :)

Je vais remanier le fichier pour qu'il prenne la forme d'un Excel nécessaire à la gestion de base. (Je vous l'enverrai).

Bonne journée.

SG





14-16 janvier 2015 : Sueio et souillarde [échanges sur Facebook]

HR : « (…)1683 – 15 janvier : Assainissement – Collectivités – Municipalité - Santé – Population - Urbanisme – Voirie - Un arrêt du Parlement d'Aix précisait « Les rues seront tenues propres devant les maisons par leurs habitants... Défense d'y faire des tas de fumier, d'y déposer des ordures et de procéder à des jets de nuit... » (Marius Autran, vol 1). Pour ce qui est de notre ville (La Seyne), chaque maison possédait sa fosse à purin et à fumier, sa « sueillo » ; on voit les inconvénients d'un pareil système, surtout à la saison chaude et bien que les artères seynoises fussent généralement assez aérées par la présence de nombreux enclos et jardins garnis d'arbres. Cependant, une réglementation abondante, établie par les conseils des communautés locales et par le Parlement de Provence, était fréquemment rappelée aux populations mais les particuliers, obéissant à des usages invétérés, les négligeaient trop souvent. Entre cent prescriptions, on peut citer, à ce sujet, l’arrêt suivants : celui du 15 janvier 1683 qui disait : « Les rues seront tenues propres devant les maisons par leurs habitants ; défense d'y faire des tas de fumier et d'y déposer des ordures, de procéder à des jets de nuit — les fameux « passo-rès » de nos anciens — et obligation de tenir dans les immeubles des «lieux convenables » (Louis Baudoin, 1965, p. 212).       

NM : Sur le plateau du Larzac on dit souillarde, à la place de sueillo.

JCA :‪ En Aveyron, Rouergue, Tarn, la « souillarde » désigne une arrière-cuisine, une petite pièce où sont faits les gros travaux de cuisine et dont la fraîcheur permet aux stocks de nourriture d'être entreposés et conservés (sources ; Dictionnaire du français régional en Languedoc, Wiktionnaire, L'Internaute.com, Dictionnaire Larousse, etc). Je ne vois pas le rapport avec la sueillo (suie, suèye, suèio) qui, en Provence, désigne la fosse creusée dans les jardins où s'accumulaient les déchets quotidiens ; cf. fosse à purin, égout naturel, cloaque, pàti...‬ ‬

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HR : J'avais fait la même lecture. Merci Jean-Claude.
‬

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‪NM‪ : Pour ma grand-mère qui était née au Caylar, cela était une petit réduit en général attenant à la cave ou il y avait le cochon , la "fosse septique commune" c'était le merdassou. Si mes souvenirs sont justes.




20-23 octobre 2014 : Traduction de noms de villes en provencal

Q1.

Bonjour,

Je cherche la traduction en provencal des villes suivantes: Aups, Gordes, Simiane la Rotonde, Saint Antonin sur Bayon, Sollies Pont, Le Barroux, Aulan.

Merci de beaucoup pour votre aide.

Cordialement

YL

R1.

Bonjour,

Votre message a reçu toute mon attention.

Voici ce que j’ai pu trouver à partir des sources suivantes : Lou Tresor dóu Felibrige (Frédéric Mistral), Mémoire des villes et villages de Provence (Yvon Bouffier), Toponymie provençale (Bénédicte et Jean-Jacques Fénié), Sémanié prouvençau e di païs d’O.

Aups (Var) : Aup, Alp, ou Alpes [selon les sources]

Gordes (Vaucluse) : Gordo, Gouerdo (m.), Gouardo (du b. lat. Gordæ, du lat. Vordensis). Habitants de Gordes : les Gourden, Gourdenco, Espeio-rosso.

Simiane la Rotonde (Alpes-de-Haute-Provence) : Simiano, Sumiano (du rom. Sumiana, du b. lat. Simiana). Le nom du village, tel qu’il apparaît la première fois au XIe siècle (castri Simianæ), dérive du gentilice  romain Simius, augmenté du suffixe -ana, ce qui signifie domaine de Simius. Le nom propre Simius provient probablement du nom commun simius, singe, d’où le « domaine du singe ». La commune s’appelle Simiane-la-Rotonde depuis 1954. Elle se nomme Simiana-la-Rotonda en provençal selon la norme classique et Simiano-la-Routoundo selon la norme mistralienne.

Saint Antonin sur Bayon (Bouches-du-Rhône) : Sant-Antounin, Sant-Antounin-sur-Bayo, Sant-Antounin-de-Baioun.

Solliès-Pont (Var) : Souliés-Pont, Souliés-Pouant (du rom. Soliers, Solliers, du b. lat. Soleria, Solaria, Solarium). Habitants de Solliès : les Soulieren.

Le Barroux (Vaucluse) : Barrous (du rom. Albaroux, du b. lat. Alba Rufi).

Aulan (Drôme) : Aulan (du b. lat. Aulancum).

Bien cordialement,

Jean-Claude Autran



15 septembre 2014 : Traduction de : Parrain radin, le petit sera bossu

Q1.

Bonjour Monsieur Autran,

Toutes mes félicitations pour ce long travail de mémoire

Maintenant que ma chère et tendre maman est décédée mon enfance me revient et je m'aperçois que plus personne ne peut me renseigner

Pourriez-vous me dire en provençal la traduction de : « Parrain radin le petit sera bossu »

Phonétiquement ça donne à peu près ça : « Parrain raspousse le petit gibousse »

J'aimerais acheter votre lexique provençal

Il faut que je transmette à ma jeune génération mon demi côté provençal

Merci pour tout et encore bravo

MJC

R1.

Bonjour,

Merci pour votre sympathique message.

Dans mes souvenirs, la traduction de "Parrain radin le petit sera bossu" est quelque chose comme “Peirin ! Rascous ! Lou pichoun vendra gibous !

Mais c’est ce qu’on entendait autrefois à La Seyne-sur-Mer. Car il est probable que, d’une ville à l’autre, l’expression ait pu légèrement varier.

D’ailleurs, dans le forum de mon site, il y a tout un échange de messages à ce sujet (avec des versions marseillaises, aixoises, niçoises, etc. de cette phrase). Vous pouvez y accéder avec le lien suivant :

http://jcautran.free.fr/archives_familiales/forum/lexique_provencal.html#169

Malheureusement, mon “lexique provençal” n’est pas à vendre : il n’existe pas de version papier mais seulement la version mise en ligne sur mon site internet à l’adresse :

http://jcautran.free.fr/provencal/lexique_provencal.html

A noter cependant qu’un de mes amis a publié un lexique provençal et des mots d’ici intitulé “Les maux des mots”, qui a beaucoup de points communs avec le mien et qui est disponible sous forme de livre (ci-joint une copie de sa couverture). Si vous êtes intéressé, il se fera un plaisir de vous le vendre. Il faut pour cela le contacter à l’adresse suivante :

M. Serge MALCOR
Le Ventoulet
352 chemin Daniel
83500 La Seyne-sur-Mer

Bien cordialement,

Jean-Claude Autran




15-18 mai 2014 : Demande de traduction du mot La Foux

Q1.

Monsieur,
 
A Cagnes-sur-Mer (06800), j'habite rue de la Foux. Ce mot ''foux'' en Provençal (?), me donner sa signification S.V.P en Français. Merci.

Mes salutations .

JPM, Cagnes-sur-Mer (http://www.diapocagnes.com)

R1.

Bonjour Monsieur,

D’après les ouvrages en ma possession, le mot “foux” viendrait très probablement du provençal font, avec des variantes régionales comme fous, fouant, fouent, fouount, fou, fos, etc., le tout dérivant du latin fons, fontis, signifiant : fontaine, eau jaillissante, eau vive, source.

Le terme apparaît dans de nombreux sites provençaux : la Font de L’Evesque, la Font de Vau-Cluso, etc. et, plus spécialement sous la forme foux, avec La Foux, La Foux d’Alllos, etc. Dans le sud-ouest du Var, que je connais mieux, nous avons au moins 3 sites portant le nom de La Foux, à Evenos, au Revest et à Riboux, qui correspondent à chaque fois à l’emplacement d’une importante source vauclusienne.

Je ne connais pas la configuration de votre quartier à Cagnes-sur-Mer, mais il est possible que (du moins, avant l’urbanisation des lieux), il y ait eu une source importante ou un courant d’eau vive qui expliquerait le nom de la rue de la Foux.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


22 avril - 3 mai 2014 : Demande de traduction du mot sirouquette

Q1.

Cher Monsieur Autran,

J'ai lu avec intérêt vos recherches sur les termes, en provençal, employés par les pêcheurs professionnels. Aussi je me permet de vous interroger sur le nom d'une étoile : sirouquette ou cirouquette.

Lorsque j''aidais mon père à la pêche souvent il disait : on va attendre le levé (ou le couché) de la sirouquette pour caler les filets ( aux sardines ou aux anchois). J'habite Cros de cagnes prés de Nice.

J'ai cherché dans  des dictionnaires provençaux et sur l'internet sans résultat.

Est ce que vous avez quelques connaissances sur cette sirouquette ?

Merci beaucoup.

AS

R1.

Bonsoir,

Je n’ai malheureusement pas la réponse à vos interrogations. Aucun document en ma possession ne mentionne cette sirouquette ou cirouquette.

La seule idée qui me vienne c’est que, s’agissant d’une étoile dont les pêcheurs pouvaient observer le lever ou le coucher, il s’agit sans doute d’une étoile particulièrement visible. Alors, pourquoi pas Sirius (devenu “Sir-ouquette” en ajoutant une terminaison affective), l’étoile du berger, l’étoile la plus brillante du ciel, dans la constellation du Grand Chien, Canis major, qui se lève en effet avec le soleil en été, correspondant à l’époque des canicules.

C’est tout ce que je puis vous dire.

Cordialement.

Jean-Claude Autran





14-15 février 2014 : Demande de traduction des mots tornailh et sergetière

Q1.

Bonjour,
 
je m'appelle JL et je suis agent du patrimoine au sein d'un syndicat.
 
Mon travail actuellement consiste à inventorier les moulins de la Haute Siagne (A-M).

Dans les écrits je trouve un mot "tornailh" que je ne sais pas traduire.


Vous est-il possible de m'aider?

 
Vous en remerciant par avance et dans l'attente de votre réponse, acceptez, Monsieur Autran, mes sincères salutations.
 
JL

R1.

Bonjour,

Si l’on se réfère au dictionnaire de Frédéric Mistral Lou Tresor dóu Felibrige, on ne trouve pas exactement cette graphie “tornailh”, mais on trouve les graphies assez voisines suivantes : “tournai”, “tournau”, “tournal”, estournal”, dont la signification est précisément : « meule tournante », « meule à aiguiser », « lieu où elle est placée ».

Je pense que, compte tenu du contexte des moulins sur lequel vous travaillez, la graphie “tornailh” (le o se prononçant ou) doit avoir la même signification.

Bien cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Monsieur Autran,
 
Je tiens à vous remercier pour votre réponse si rapide. Effectivement, j'ai vu cette définition dans le Mistral, mais je n'en étais pas sûre.Vous me confirmez c'est parfait.

J'en profite pour vous demander si vous savez ce qu'est une "Sergetière ou Sayetière".

J'ai trouvé ce mot écrit de deux façons differentes dans le même contexte dans moulins à paroir.
 
Cordialement
 
JL

R2.

Bonjour,

Apparemment, Sergetier, Sergetière est l’un des “métiers de nos ancêtres” (voir à : http://www.vieuxmetiers.org)

Sergentier, Sergier, ou Serger : « Ouvrier fabriquant des étoffes ou tissus de laine, de la serge ». Synonyme : Tisserand.

Je n’ai pas trouvé exactement Sayetier, Sayetière, mais j’ai trouvé une graphie voisine, Sayetteur ou Sayetteu : « Ouvrier tisserand travaillant la sayette, tissu léger de laine fabriqué avec un mélange de soie ».

Cordialement,

Jean-Claude Autran




26-28 septembre 2013 : Lou vié maré

Q. (Discussion sur Facebook, à laquelle plusieurs Seynois ont participé)

Le concombre de mer démasqué - Le Manger www.lemanger.fr

De leur pêche aux Philippines à leur vente dans les pharmacies traditionnelles de Hong Kong, les concombres de mer vous livrent tous leurs secrets.


HG : Comment appelle t-on ça à La Seyne ?

GL : Un stron de mer... Ou un boudin...

YD : Henri j' ai parcouru le site et pour répondre à ta question difficile et après réflexion il y a telement de concombres a la seyne il faudra continuer l'appellation des concombres seynois.........

JCA : En provençal, c'est tout simplement Lou vié maré (en français, Le vier marin...). Voir à : http://jcautran.free.fr/provencal/lexique_u_v_z.html

MD : Un vier marin !

HG : Exact Jean Claude. On appelait ça "viés marins"

RG : Plus connu sous le nom de chichi de mer.

JCA : Et ce terme existe dans le dictionnaire de Frédéric MISTRAL (Prix Nobel de littérature...) : « VIÉ-MARIN : Holothurie, cornichon de mer, Holothuria phantopus (Lin.), zoophyte marin. Syn. : vichas »




28 février - 6 mars 2013 : Pour l'enseigne d'un restaurant en provençal

Q1.

Bonjour,

Suite à ma recherche je tombe sur votre site qui m'a beaucoup intéressé, je vous félicite. Voilà ma demande : Je vais ouvrir prochainement un restaurant dans les Bouches-du-Rhône et je recherche mon nom commercial. Je voudrais trouver un mot en provençal qui se rapporterait à quelque chose de convivial et très guilleret à prononcer car ce mot deviendra notre enseigne, donc le mot doit être chantant, accueillant et surtout il doit correspondre à qq chose de gentil ; Je donne qq exemple : Bon appétit, ou bonne table, endroit sympa etc... Si vous comprenez et surtout si vous avez des propositions, j'attend de vos nouvelles.

Merci et à bientôt.


VR


R1.

Bonjour,
 
Votre message a reçu toute mon attention.

Mais, comme je le dis toujours, je ne suis qu’un petit amateur en matière de langue provençale ; je peux éventuellement faire des traductions mot à mot en m’aidant de dictionnaires ou de lexiques. Mais, pour traduire des expressions de manière attrayante pour vos clients, il faudrait certaines qualités d’humour ou de poésie que je possède certainement pas.
 
Dans la graphie provençale des Bouches-du-Rhône, les principaux termes qui pourraient vous intéresser sont sans doute les suivants : appétit (apetis), bon appétit ! (bouen apetis !), avoir bon appétit (avé bouen apetis, ou estre en bouco), gagner de l’appétit (acampa fan), l’appétit vient en mangeant (en manjant, l’apetis vèn), aiguiser l’appétit (abra, ou reviéuta l’apetis), la bonne table (la boueno taulo), le menu (la pitanço) rester longtemps à table (tauleja), etc.
 
A partir de là, on peut essayer de combiner quelque chose comme :
 
Ici, la bonne table - qui vous ouvre l’appétit : aqui, la boueno taulo - que vous abro l’apetis…
Le bon repas, le bon menu : La bueno pitanço...
Le pain, le vin et les autres mets : Lou pan, lou vin e la pitanço...
Pour ceux qui voudraient rester longtemps à table - Per aqueli que voudrien tauleja…
 
Je ne sais pas si vous trouverez là dedans quelque chose à votre convenance. Je n’ai guère d’autre idée à vous proposer.
 
Bien cordialement,
 
Jean-Claude Autran





3-17 février 2013 : Traduction de quelques noms d'arbres

Q1.

A QUELS ARBRES CORRESPONDENT CES MOTS :

PICAPOLIE
AMELIE
NESPOULIE
HOUME
PINCAS

Merci de me répondre

JPD

R1.

Bonjour,
 
Je ne connaissais pas vraiment les noms de ces arbres. Je me suis donc penché sur le dictionnaire de Frédéric Mistral (Lou Tresor dóu Felibrige). J’y ai trouvé un certain nombre de réponses.
 
Mais il faut bien rappeler qu’en occitan, il y a rarement un seul mot pour chaque mot français : il y a souvent de plusieurs graphies, qui diffèrent selon la région, et même parfois d’un village à l’autre.

AMELIÉ : C’est l’Amandier. [Mais, selon les régions, on dit : AMÉLIÉ, AMÉIÉ (vallée du Rhône), AMENDIÉ (Marseille), AMELLIÉ (Rouergue), AMENLIÉ, ANMELLIÉ, AMENHIÉ, AMAIÈ (Languedoc), etc.]
 
NESPOULIÉ : C’est le Néflier. Là aussi, selon les régions, on dit NESPIÉ, GNESPIÉ, GNASPIÉ (Var), NESPIÉ, NESPOULIÉ (Nice), MESPOULIÈ, MESPLIÈ, NESPOUIÈ (Rouergue), [Mespilus, en latin], etc.
 
HOUMÉ : Ça doit être l’Orme. Mais, selon les régions, on dit OUME, ÓUME (Languedoc), HOUMO, OURMO, OUMO (Limousin), OULME (Gascogne), etc.
 
PINCAS : Selon Frédéric Mistral, c’est le nom du Pin pignon dans l’Hérault. Le Pin pignon, ou Pin parasol (Pinus pinaster, en latin), on l’appelle en Provence Pin Pignoun, ou Pin a pignoun.
 
PICAPOLIÉ
Je ne sais pas. Il y a peut-être une idée de piquant (pica) mais, je n’ai pas trouvé de nom d’arbre qui s’en rapproche.

Bien cordialement,
 
Jean-Claude Autran

Q2.

Je vous remercie d'avoir fait toutes ces recherches pour m'avoir trouvé la traduction de ces arbres en provençal. Je n'ai toujours pas trouvé la signification de "picapolie", mais peut-être, trouverai-je un jour à quoi ce nom d'arbre correspond, en tous cas, merci beaucoup pour votre aide.

JPD




3-11 janvier 2013 : Traduction de Le petit ressemble à son parrain (ou à marraine) de dos

Q1.

Bonjour Monsieur et bonne année 2013,

Je me permets de vous importuner mais par hasard je suis tombée sur votre site en recherchant une expression provençale .J'ai le souvenir que ma grand mère disait en Provençal que "le petit ressemble à son parrain ou à sa marraine du dos". Mais en provençal cela donne la rime. Je vous remercie d'avance, au cas où vous retrouveriez l'expression de me la communiquer.

Salutations distinguées.

LH

R1.

Bonjour Madame,

Je vous également une excellente année 2013.

Concernant l’expression provençale que vous recherchez, je n’ai malheureusement rien trouvé pour l’instant qui corresponde. Je ne connais pas personnellement cette expression et malgré mes recherches dans tous mes dictionnaires, lexiques et “anthologie des expressions provençales”, je n’ai rien trouvé qui se rapproche de “le petit ressemble à son parrain ou à sa marraine de dos”.

J’ai essayé de combiner les mots petit (pitchoun), ressembler (sembla) parrain (peirin), marraine (meirino), dos (esquino), de dos (de darrié), etc. pour imaginer une phrase qui présente des rimes, mais je n’y suis pas arrivé. Il faudrait sans doute en poétiser un peu le sens pour arriver à faire rimer, mais j’en suis bien incapable.

Je vais néanmoins poser la question sur mon site internet parmi les avis de recherches. Peut-être quelqu’un  saura-t-il y répondre un jour. Si j’obtiens une réponse à cette question, je vous en informerai bien sûr aussitôt.

Bien cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Merci beaucoup, je me souviens que le mot esquino était prononcé ; il peut donc rimer avec meirino...

Cordiales salutations.

LH



13-23 novembre 2012 : Traduction d'un poème : Plang pèr un anti clouchié

Q1.

Bonjour.

Je passe régulièrement sur votre site depuis quelques semaines, et c'est à mon tour d'avoir besoin de votre aide.

Ma grand mère m'a remis aujourd'hui un album photo de mon enfance, et j'ai trouvé, sous une photo en costume provençal, la carte postale ci jointe. J'aimerais savoir si il vous était possible de me le traduire, étant donné qu'il se réfère apparement au clocher (de La Cadière ou non, je ne sais pas).

L'auteur est Jan Gavot , et je vous retranscris ici le poème, n'ayant pas de scanner.

Plang pèr un anti clouchié

Desempièi trop de tèms li campano soun mudo
Car noste vièi clouchié se n'es tout escranca,
Clouchié qu'es lou sinbèu, contro la servitudo,
Di liberta publico de la coumunauta,
Qu'es peréu lou signau de touto bèn-vengudo.
E, pèr acò, ami, nous lou fau requinca,
Afin que de soun cant revengue l'abitudo.

J'aimerai aussi savoir si vous pourriez traduire ceci en provençal : "nous avons échangés nos cœurs, nous avons échangés nos âmes. Puissent elles toutes deux voler ensemble en tout temps."

Bien sûr si il vous faut changer quelque chose, faites le, j'ai bien compris que le mot à mot est difficile.

J'espère que vous pourrez m'aider, et je vous remercie beaucoup pour votre site, sur lequel je passe des moments agréables à apprendre un peu du passé de la région.

Bonne soirée/journée.

KP

R1.

Bonjour,

Pardon pour le retard à vous répondre. (J’ai été assez bousculé ces derniers temps).

Comme traduction de votre texte “Plang pèr un anti clouchié”, je vous propose ceci (avec des variantes possibles entre parenthèses) :

Complainte pour un clocher antique

Depuis trop de temps les cloches sont muettes
Car notre vieux clocher s’est tout affaissé (a plié sous son poids)
Clocher qui est une enseigne contre la servitude (l’asservissement)
De la liberté publique, de la communauté
Qui est également la marque (l’insigne) de toute bienvenue
C’est pour cela, ami, qu’il nous faut le retaper
Afin que revienne l’habitude [d’entendre] son chant

Mais je vous rappelle que je ne suis pas vraiment une référence en matière de langue provençale.
Je m’appuie autant que possible sur mes dictionnaires en cherchant des expressions plus ou moins similaires.

De même, pour votre phrase "Nous avons échangé nos cœurs, nous avons échangé nos âmes. Puissent elles toutes deux voler ensemble en tout temps."

Une traduction possible, quand même assez proche du mot à mot, pourrait être :

Aven escambia nòsti cor, aven escambia nòsti amo. Pouguèsse tóuti dos de-longo voula ensèn.”

J’ai cru comprendre que votre expression “en tous temps” se référait plutôt au temps qui passe qu’au temps qu’il fait. Je l’ai donc traduite par de-longo qui signifie à peu près : pour longtemps, ou pour toujours. On aurait pu utiliser longo-mai (longtemps encore). Si ce n’est pas à ce sens que vous pensiez, dîtes-le moi, je pourrai essayer de trouver une autre expression plus appropriée.


Bien cordialement à vous.

Jean-Claude Autran

Q2.

Bonjour, je vous remercie pour votre réponse.

Je vais pouvoir ajouter la traduction à mon album photo.

De même, vous avez parfaitement saisi ma phrase, et elle me conviens tout à fait!

Je vous remercie encore une fois, et ne vous souciez pas de votre "retard" ! Il est tout pardonné!

Je vous souhaite une agréable fin de journée.

KP



25-26 octobre 2012 : Origine du mot moco

Q1.

Bonjour Jean Claude,
 
Il y a un sujet où l'on disserte sur le terme de MOCO ou MOKO et je me permet d'y apporter ma version.

En Bretagne et pour nous qui arrivions de Toulon nous étions des Mokos et ce mot qui doit venir de l'arabe a dû arriver en Bretagne transporté par les nombreux marins.
 
Dans le film, Jean Gabin arrive de Toulon et il est ancien marin. En tout cas, il s'agit d'un film merveilleux ou je retiens surtout l'émouvante interprétation de la chanteuse FREHEL dans le rôle d'une vieille paumée et ce serait super si tu pouvais mettre cette chanson sur le site.
 
 
Aundeséjour

HG

R1.

Bonjour Henri,

Il ne me semblait pas que le mot moko venait de l’arabe. Dans ma famille, on l’attribuait plutôt à l’habitude des  Provençaux de dire Em’ acò (avec ça) ou Es coum’acò, ou Em’o-quo-qui. Répétées plusieurs fois, ces expressions auraient fait ressortir à l’oreille des “estrangers” les syllabes MOCO (parfois écrit MOKO), d’où le sobriquet donné aux habitants (particulièrement aux marins) de Toulon et de sa région.

D’ailleurs, dans le dictionnaire de Frédéric Mistral (Lou Tresor dóu Felibrige), on trouve textuellement : « Comme les Provençaux emploient fréquemment la locution ‘m’ acò, qu’ils prononcent quelquefois ‘m’ ocò, les marins des ports de l’Océan désignent par le sobriquet mocò les Provençaux du littoral et ceux de Toulon en particulier. Les officiers de marine prétendent que le matelot mocò est « incivilisé, raisonneur et peu disciplinable ».

Je connais assez bien le film Pépé le Moko. Justement, j’y travaille dessus actuellement – ainsi que sur quelques autre films où joue l’acteur Saturnin Fabre – pour enregistrer des fragments de sa voix si particulière. Ceci en vue de la conférence que je dois donner le 26 novembre aux Amis de La Seyne Ancienne et Moderne sur le thème « Les deux Saturnin Fabre : l’oncle [le maire de La Seyne] et son neveu [le comédien et acteur de cinéma des années 1930-1955] ».

Concernant l’interprétation de la chanteuse Fréhel, si émouvante en effet, l’enregistrement sonore prendrait trop de place pour mon site, mais je pourrais facilement mettre un lien vers You-tube où se trouve cet enregistrement :

http://www.youtube.com/watch?v=9YG-yriP-Ao

Amitiés,

Jean-Claude

Q2.

Bonjour Jean Claude,
 
Autant pour moi, je pensais que le terme Moko provenait d'un mot Arabe mais tes explications viennent éclaircir mes pensée, ES COUM'ACO, en effet, Jean Gabin joue le rôle d'un toulonnais qui vient se planquer dans la casbah.
 
J'ai beaucoup de famille à Lorient, ville ou l'on employait encore ce qualificatif pour se moquer gentiment de nous.
 
Bonne idée de  préparer la conférence sur les Saturnin Fabre dont j'ignorais la parenté mais des Fabre, à La Seyne et dans le Midi, il y en a des centaines et personnellement j'en connais beaucoup. Nicole Fabre, une écrivaine seynoise en fait partie d'ailleurs.
 
Amitiés
 
Henri


29 septembre - 6 février 2013 : Traduction de Peluou ! Peluou ! et de Lou pichoun vendra gibous ! [Peirin racous (1)]

Q1.

Bonjour,
Lorsque j'étais enfant, je me souviens que, à l'occasion d'un baptême, nous hurlions au Parrain quelque chose comme "Peluou, peluou (puis je ne me souviens plus de la phrase qui comportait les mots "rascous" et "le petit deviendra gibous"). Ce qui voulait à peu près dire "jette tes pièces (...) ; si tu est radin le petit deviendra bossu".

Connaitriez-vous la phrase exacte en provençal et sa traduction?

Vous remerciant par avance de l'aide que vous pourrez m'apporter,

Cordialement.
 
TS

R1.

Bonjour,

Dans le souvenir que j’en ai, la phrase était : “Peirin ! Rascous ! Lou pichoun vendra gibous !”, ce qui signifie “Parrain ! Avare ! Le petit deviendra bossu ! [sous-entendu, si tu ne nous envoie pas quelques pièces de monnaie]. J’ai encore vaguement connu cette tradition des jours de baptême au début des années 50.

Mais c’est mon père qui a rapporté, dans l’un de ses ouvrages, ces scènes de baptême, qu’il avait beaucoup mieux connues dans les années 20 ou 30. Je vous reproduit le fragment de texte en question dans le chapitre 6 de son Histoire de l’Ecole Martini :


« De l'argent, je n'en avais pas souvent et je n'osais même pas en demander à ma mère. Aussi m'arrivait-il d'être quelque peu gêné en comparaison de camarades mieux nantis.

Cela m'amène, si vous le voulez bien, à vous raconter un souvenir d'enfance amusant, une de ces mésaventures qui rappellera à nos concitoyens de ma génération des spectacles de la rue, aujourd'hui disparus.

Ce jeudi-là, j'étais en compagnie de Millou à qui je fis part de mon désir d'acquérir quelques timbres pour ma collection.

J'avais été frappé par la série relative aux Colonies françaises.

En ce temps-là, la IIIe République, désireuse de pérenniser l'empire colonial et surtout les bénéfices d'exploitation qu'en tiraient les capitalistes, avait fait procéder par le Ministère des P.T.T. à l'émission de beaux timbres représentant les paysages et les activités de nos colonies.

Il y avait donc des timbres pour l'Afrique équatoriale, le Sénégal, la Côte d'Ivoire, l'Algérie, la Tunisie, le Maroc, la Nouvelle-Calédonie, la Guyane, le Tonkin, la Cochinchine, l'Annam, le Cambodge, etc. Cette série, je la voyais affichée dans les librairies. Hélas ! je n'avais pas les moyens de l'acheter...

Millou, très entreprenant, me dit : "De l'argent ? nous allons en trouver. Viens avec moi !"

Je me demandais avec un peu d'inquiétude quel pouvait être son secret. Nous arrivâmes devant l'église. Il s'assit sur les marches de l'escalier et me dit de faire comme lui. Je lui dis : "Nous n'allons tout de même pas faire de la mendicité ? - Mais non ! sois tranquille". Et comme je manifestais un certain étonnement, il me dit : "Tu vas voir. Tu ne sais pas que le jeudi c'est le jour où il y a le plus de baptêmes ?"

Je compris d'autant plus vite qu'à ce moment précis, il arriva une calèche tirée par un cheval blanc superbe, aux sabots vernis, conduit par un cocher portant un chapeau haut-de-forme.

De ce véhicule descendirent trois ou quatre personnes dont une femme qui portait un bébé enveloppé soigneusement dans une abondante étoffe de mousseline blanche. Millou me dit en montrant un homme du doigt : "C'est lui, le parrain !"

Pendant que le parrain et la suite entraient dans l'église, une vingtaine d'enfants s'étaient rassemblés sur le perron et se mit à crier : "Peirin ! Rascous ! Lou pichoun vendra gibous !"

Ils s'exprimaient en provençal, ce qui veut dire que cette pratique devait remonter à une époque déjà lointaine. Ce qu'ils disaient ? Je le traduis pour les profanes : "Parrain ! Avare ! Le petit sera bossu !" Implicitement, cela voulait dire qu'il deviendra bossu, si le parrain ne fait pas des étrennes à l'assistance.

Millou criait plus fort que les autres et me sermonna à cause de ma timidité.

Les parrain et marraine entrèrent donc dans l'église pour la cérémonie du baptême, mais la cohorte hurlante attendit sur le porche. Ce n'était pas dans les moeurs de faire du chahut dans un lieu de culte.

Nous attendîmes donc au-dehors. Quelque dix minutes plus tard, quand la porte de l'église se rouvrit, que l'enfant reparut avec son parrain et sa marraine, alors le charivari reprit de plus belle. Le parrain savait ce qu'il lui fallait faire. Il avait préparé dans ses poches, depuis plusieurs jours, sans doute, une provision de menues pièces de monnaie. Il les prit à pleines mains, sitôt arrivé dans la rue avant de remonter dans la calèche et les projeta le plus loin possible, afin de se donner le temps de déguerpir avec son équipage.

Ce fut alors une cohue indescriptible. Chacun des enfants se précipitait pour ramasser le plus de pièces possible. Il y en avait de grosses de 10 centimes, en bronze, de moins grosses, d'un centime, des pièces de nickel percées d'un trou au milieu, de vingt-cinq centimes, dix centimes et cinq centimes. Comme sur la même pièce se précipitaient parfois plusieurs garnements, il fallait se bousculer, faire des crocs-en-jambe, pour s'emparer du moindre butin.

J'eus ma blouse déchirée. D'autres enfants furent piétinés. Pour éviter les mauvais coups ayant vu rouler plusieurs pièces dans le ruisseau, je n'hésitai pas à plonger mes mains dans l'eau sale où couraient quelques macaronis et finis par récupérer une petite pièce en nickel. C'était vraiment peu et mon butin ne me permettait certainement pas des largesses.

Millou, plus fort que moi avait réussi à s'imposer et il avait récolté environ deux francs de monnaie. Il me dit d'attendre encore et que peut-être un autre baptême arriverait.

Mais je décidai de rentrer à la maison, non sans inquiétude, car il me faudrait bien justifier la déchirure de mon sarrau.

Généreux, mon camarade me dit : "T'en fais pas ! tu les auras tes timbres". Il m'emmena sur le cours Louis-Blanc, dans la petite librairie tenue par M. Maratray et il acheta plusieurs des timbres que je convoitais depuis longtemps, qu'il mit dans ma poche.

Ma mère me gronda quand je lui racontai cette mésaventure. Elle me recommanda de ne plus participer à des divertissements de cette sorte, réservés seulement à des malotrus ».

Mais je rappelle que cette expression “Peirin ! Rascous ! Lou pichoun vendra gibous !” est celle qui était utilisée à La Seyne-sur-Mer. Car il est probable que, d’une ville à l’autre, l’expression ait pu légèrement varier.

D’ailleurs dans le dictionnaire de Frédéric Mistral, à l’article Peirin, il est mentionné plusieurs autres expressions régionales à propos des baptêmes. Voici ce qu’on peut y lire :

Jitas, peirin ! Cri des enfants qui suivent un convoi de baptême pour demander au parrain des dragées ou des gros sous ; lou peirin rouvihous !  ou peirin couguou, la merdo au cuou, paroles injurieuses que les enfants crient, au parrain, lorsque au sortir de l’église, il ne leur jette ni dragées, ni monnaie.

à Marseille, on dit :

Peirin couguou,
Qu’a la corno au cuou,
Lou boussoun trauca,
N’a rèn pèr jeta.

A Aix, on dit :

Peirin couguou,
Masseto au cuou,
Meirino de pato.

Quand le parrain ne jette rien, les enfants rajoutent :

Chou ! Chou ! A louga l’abit.

Dans l’arrondissement d’Aix, ils crient :

Peirin couguou,
La maire a fa l’uou.

A Nice, on dit :

Peirin couguou
La tasso au cuou
Meirino cigalo !

Mais, curieusement, Mistral ne mentionne pas notre expression “Peirin ! Rascous ! Lou pichoun vendra gibous !” (qui était peut-être géographiquement très localisée), du moins, à l’article peirin. Il ne mentionne l’expression “Lou pichoun sara gibous” [« sorte de malédiction que jettent les enfants à un parrain qui ne donne rien »] qu’à l’article gibous, bossu. Par ailleurs, pour Mistral, rascous signifie teigneux ou rude au toucher ; couguou, mari trompé, cocu ; rouvihous, hargneux. Tandis qu’avare semble se traduire par avare, avaroun, avarous ou crassous, et non par rascous.

Voilà pour ces quelques commentaires autour de votre question.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Bonjour,

Je vous remercie beaucoup pour vos précieuses informations.

De mémoire, il me semblait que la phrase était un peu plus longue et qu'elle débutait par "peluou" (sous réserve de l'exactitude orthographique -qui veut peut-être dire pluie (sous-entendu d'argent?))... Elle se terminait, effectivement, par "Lou pichoun vendra gibous". Mais la mémoire étant ce qu'elle est...

Vous remerciant encore,

Cordialement.

TS

R2.

Bonjour,

Je n’ai rien de plus concernant notre précédent échange : je ne vois pas le sens de peluou, je n’ai trouvé aucun mot vraiment approchant dans les ouvrages que je possède. Sauf peut-être pelucre (variantes pelugre, pelègre), qui signifie pauvre diable, homme qui n’a que la peau sur les os. Ou encore pelou, bogue de châtaigne, tout ceci pouvant traduire une forme d’avarice, comme “avoir des oursins dans les poches...” (??). Quant à la pluie, il y a de nombreuses variantes du mot pluieo pour la traduire, mais toutes commencent par PL---, aucune par PEL---.

A suivre...

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q3.

Bonjour,

Merci de votre réponse.

C'est peut-être, effectivement, "pelou" qui était prononcé...

Cordialement.

TS

Q4. (31 janvier 2013)

Ben le bonjorn,

Legissi amb interès vòstre sit dempuèi un parelh d'annadas.

E encara mai uèi que demòri aicí a Tolon, pus precisament a la Serineta.

Uèi ai legit lo messatge d'un lector vòstre que mencionava l'expression "peluou, peluou", naturalament, en zò legissent pel primièr còp, i ai vist lo chafre o l'escaisnom d'avar, Pela-Uòu, d'aqueles "qui tondent un œuf".

Aquí tiri de plans... Es una simpla conjectura.

Aquò me fai pensar que autrecòps los mainatges anavan quistar los uòus...

Mas aquò son figas d'un autre panièr.

Amistats tolonencas,

PB

R4a. (à PB)

Boun-jou,
 
Gramaci pèr v
òstre message. Ma, ièu sabi pa escriéure tant bèn que voutre. M’assaji un pau a tourna quauque paraulo o espressioun in provençau, ma ai pas lei baso di gramairo o lou voucabulàri per parla courentamen.
 
Votre idée à propos de Pela-Uòu me paraît excellente et parfaitement plausible. Elle a de grandes chances d’expliquer ce que mon correspondant avait entendu pour « peluou ! peluou ! » à propos du parrain lors des baptêmes. Je vais lui communiquer immédiatement votre suggestion. Dans ma famille, on se rappelait de « pairin rascous », mais « Pela-Uòu » a un sens équivalent.
 
A noter que dans ma famille, à propos d’un avare notoire, on disait aussi de façon imagée : « Tonde leis uòu, Ferre lei mousco, Fa de pessu au vitro… ». Et un couple d’avares, c’était « un biou arput emè un arapedo... ».

Amista seinenco


Jean-Claude Autran

R4b. (à TS)

Bonjour,

Suite à nos précédents échanges à propos de « peluou ! peluou ! », ou de « pairin rascous ! », un des internautes qui a trouvé cette question sur mon site internet a proposé une explication qui me paraît tout à fait plausible.

Pour lui, vous avez bien entendu « peluou », ce qui peut qualifier les avares, ceux qui « tondent les œufs » : « Pela- Uòu ». L’explication me paraît bien plus satisfaisante que ce que nous avions pu imaginer de notre côté.

Voici d’ailleurs la réponse intégrale de ce correspondant, qui manie beaucoup mieux l’occitan que moi :

(...)

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q5a.

È bonjorn,

Un còp de mai m'agrada de vos legir, e aquesta fès en dirècte!!

Seriái plan content de virar las frasas tan ben coma vos dins nòstra tan crana lenga.

Enfin soi urós tanben d'aquelas expressions familialas que partejatz amb ieu.

Vòstre patrimòni familial a una valor subrebèla, e ne podètz èstre fièrs.

Me triga de conéisser mièlhs la cultura seinenca ara que rèsti aicí tan pròche.

Vòstre sit m'aviá rassegurat quand me pausavi la question de venir viure a Tolon o pas: encara existissiá una vida vidanta e de raices, çò qu'avèm tanben en cò nòstre en Carcin (Quercy).

Per tor aquò tornarmai un grandmercé!

Amistat,

PB

Q5b.

Bonjour,

Merci beaucoup pour ces précisions.

L'internaute manie, effectivement, très bien l'occitan. En tous cas beaucoup plus que moi qui ne le manie pas du tout...

C'est parce que je suis en train d'écrire un ouvrage dont le personnage principal est un immigré italien venu en Provence -dans les années 1900, à l'âge de 5 ans-, que je suis amené à rechercher certaines expressions du cru. Malheureusement, hormis sur votre site, j'ai l'impression de trouver un peu n'importe quoi, tant en ce qui concerne les expressions elles-mêmes, que leur orthographe (que je souhaite la plus exacte possible par souci de véracité).

Vous remerciant encore pour vos précisions,

Cordialement.
 
TS



24 septembre 2 octobre 2012 : Traduction de Je suis parce que nous sommes

Q1.

Bonjour monsieur,
 
Un petit mail pour vous demander si c'est possible pour vous de traduire la phrase suivante : "je suis parceque nous sommes", c'est comme ça que je voudrai appeller ma ferme, car si je n'avais pas eu l'aide des autres, je n'aurai rien pu faire. Je suis dans le sud 05, à côté de Sisteron.
 
D'avance merci pour votre dévouement.

SI

R1.

Bonjour,

La traduction me semble être « sièu perqué sian ». D'après le dictionnaire de Frédéric Mistral, cette graphie s'applique aussi bien dans le Var que dans les Bouches-du-Rhône ou que dans les Hautes Alpes.

Mais ce n'est qu'une simple traduction (la conjugaison du présent de l'indicatif du verbe èstre étant : sièu, siès, es, sian, sias, soun). Sans doute un bon linguiste ou un poète provençal vous aurait trouvé une formule plus élaborée avec de l'humour ou de la poésie, qui aurait peut-être mieux exprimé l'idée de « l'aide des autres ». Mais je ne sais pas faire ça et ne peux vous proposer qu'une traduction littérale.

Bien cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Bonsoir,
 
Je vous remercie bien de votre gentillesse, votre traduction me convient trés bien. Si il vous arrive de promener par ici, c'est à dire dans les gorges de la Méouge entre Sisteron (04) et Séderon (26) vous pouvez me rendre visite à St Pierre Avez, Tél : (...).
 
Encore merci

SI


20-21 septembre 2012 : Livre sur les mots d'ici ?

Q1.

Bonjour Jean Claude,
 
Je me suis appliqué cet après midi (pour occuper mon temps) à relire une grande partie de tes textes et je me suis très longtemps attardé sur les réponses que tu as apportées au nombreuses questions posées par des lecteurs.
 
Je puis te dire tout de suite que j'ai particulièrement aimé ta chronique "Les mots d'ici" avec ses questions et surtout les réponses que tu apportais.
 
M'est venu d'un coup cette idée, pourquoi ne pas ressortir ces questions réponses dans un livre ? Je suis certain que ça aurait un énorme succès car on y apprend plein de choses et beaucoup de gens posent des questions vraiment intéressantes.
 
Evidemment qu'il faudra faire un choix des questions mais encore une fois je te répète que me suis régalé.
 
Amitiés Jean Claude
 
HG

R1.

Bonsoir Henri,

Encore merci pour tes commentaires sur mon site et “les mots d’ici”. L’idée d’en faire un livre est en effet envisageable. Pour l’instant, je ne m’y suis pas trop penché, d’autant que mon ami Serge Malcor a lui-même sorti un livre il y a 3-4 ans « Les maux des mots » où il reprend une partie des termes de mon « lexique provençal et des mots d’ici », en y ajoutant de nombreux termes qui sont davantage de son ressort (forêt, sources, pêche, poissons, mer, plongée, etc.). Mais, avec les questions-réponses du forum, ça pourrait se faire. Je retiens ta suggestion.

Mais pour l’instant je suis très pris avec des conférences, et avec la réédition de l’Histoire de l’Ecole Martini, en 2 tomes, puis du Tome III de la série Images de la vie seynoise d’antan. Après, je verrai...

(...) Amitiés.

Jean-Claude



17 septembre 2012 : Traduction du terme bassilat (?) / barrilat

Q1.

Bonjour Jean-Claude,
 
J'ai trouvé dans un document du XIXe siècle l'expression "Raymond Auguste, ancien bassilat".
 
Connaissez-vous ce terme ? bassilat ?
 
Merci de votre aide et bravo pour votre site de référence.
 
Cordialement,

BC -- Connaissez-vous le Trésor d'Auriol ? http://brunocarpentier.skyrock.com

R1.

Bonsoir,

Je suis vraiment désolé, mais je n’ai aucune idée de la signification de bassilat. Toutes mes recherches, soit dans des dictionnaires de langues occitanes, soit des lexiques de termes anciens ou des encyclopédies du XIXe, ou sur internet, n’ont abouti à rien. J’ai recherché aussi des variantes orthographiques possibles, mais, là non plus, rien de positif.

Je ne vois donc guère comment vous aider, sauf à relayer votre question sur le forum de mon site, rubrique lexique provençal. Peut-être que quelqu’un, en la trouvant, saura un jour apporter une réponse...

Bien cordialement,

Jean-Claude Autran

PS. J’avais déjà eu connaissance de votre – superbe – site sur le Trésor d’Auriol.

Q2.

Bonsoir,
 
L'enquête continue donc. Bien-sûr la question peut être relayée sur votre site. Merci. Par ailleurs je vais tenter Lou trésor dóu Felibre mais vous avez dû le faire...
 
Que pensez-vous de ceci : Du verbe "basseler" ? Frapper à coups répétés ? Bassilat = forgeron ?
 
Merci de votre aide. Je vous tiens au courant si je trouve.
 
Trés cordialement,
 
BC

R2.

Bonjour,

Effectivement, cette piste “basseler” doit être creusée. Je n’avais pas pensé à cette variante orthographique car, dans Lou Tresor dóu Felibrige, Mistral orthographie tous les mots de cette famille avec un c : bacela, bacelado, bacelage, bacelaire, bacelas, baceleja, etc.

Mais je n’y trouve pas de substantif avec la terminaison –at. Celui qui frappe, qui donne des coups (de battoir et sans doute d’autres outils comme le marteau) est ici le bacelaire.

Mais, sur internet, la graphie bacelat semble ouvrir d’autres pistes. Dans le site
http://www.panoccitan.org/diccionari.aspx/conjugason.aspx?diccion=bacelat&lenga=oc

Il y a bien le mot bacelat, mais il est traduit par l’adjectif battu.

Je n’ai pas pris le temps d’aller plus loin, mais il y a sans doute à creuser de ce côté-là.

A bientôt. Bien cordialement.

Jean-Claude Autran

Q3.

Bonjour Jean-Claude,
 
Je crois qu'il s'agit de "barrilat", qui fabrique des... tonneaux (barrils ?).
 
Cordialement,
 
BC

R3.

Bonsoir Bruno,

Effectivement, s’il s’agit d’un double r au lieu d’un double s, cela ouvre une autre famille de mots.

J’aurais dû penser à cette possible variante car nous avons à La Seyne deux anciennes rues qui, au XVIIIe et XIXe siècles s’appelaient rue des tonneliers (actuellement rue Marceau) et rue tonnellerie (devenue rue de l’hôtel-de-ville).

Et, lorsqu’il s’est agi, l’année dernière, de remettre leurs noms occitans (en graphie mistralienne et en graphie classique) à un certain nombre de rues du centre ancien, il avait été envisagé respectivement pour ces deux rues : carriero dei barrilat / carriera dei barrilats et carriero dei barralié / carriera dei barraliers. En fait, seule la rue Marceau a reçu de nouvelles plaques (la rue de l’hôtel de ville ayant été absorbée par l’agrandissement de la mairie n’avait plus de raison d’être rebaptisée), et c’est le terme barralié/barraliers qui a finalement été retenu.

Mais je confirme bien que dans Lou Tresor dóu Felibrige, les deux termes figurent : barrilat/barrilhat désigne le « fabricant de barils, tonnelier, boisselier » et barralie (barraié, barrelié, etc.) désigne « l’ouvrier qui fabrique les tonneaux, boisselier ».

Cordialement,

Jean-Claude


6-15 juillet 2012 : Bèn-vengudo et benvenguda

Q1.

Bonjour et bravo pour votre lexique qui est fort instructif.

Je m'interesse à la langue provençale et aimerais connaitre la différence entre bèn-vengudo et benvenguda pour exprimer le mot bienvenue.

Avec mes remerciement et encore bravo.

JW

R1.

Bonjour,

Je ne me considère que comme un amateur en matière de langue provençale et je n’ai peut-être pas les réponses des véritables spécialistes.

Concernant les mots de la famille de bèn-vengudo - comme d’ailleurs pour beaucoup d’autres termes - il existe plusieurs graphies régionales. Pour l’adjectif bienvenu, Frédéric Mistral mentionne ainsi bèn-vengu (et au féminin bèn-vengudo) pour la Provence mais aussi ben-bengut (pour le Languedoc et la Gascogne). Pour le substantif féminin la bienvenue, il mentionne : bèn-vengudo (Provence), bevengudo et bienbengudo (Languedoc), bienbegudo (Rouergue), plabengudo (Toulouse), etc. Et cela dériverait du roman benvenguda, du catalan benvinguda ou de l’italien benvenuta.

En résumé, je pense que bèn-vengudo exprime la bienvenue en graphie mistralienne, tandis que benvenguda (sans accent grave, sans trait d’union et avec un a final) exprime le même mot en graphie occitane classique.

Graphie occitane classique (recommandée par les puristes) et graphie mistralienne (correspondant à la prononciation provençale) se distinguent d’ailleurs souvent ainsi : un a final et des noms et adjectifs qui prennent le s au pluriel pour la graphie classique, mais un o final (qui se prononce cependant un peu comme œ dans œuf) et des noms et adjectifs invariables (seul l’article prend le pluriel) dans la graphie mistralienne. Exemples avec quelques noms de rues de La Seyne-sur-Mer, qui portent des plaques rédigées dans les deux graphies, respectivement classique et mistralienne :

Carriera dei Tèstas Negras / Carriero dei Tèsto Negro
Carriera Farga Granda / Carriero Fargo Grando
Carriera de la Patz / Carriero de la Pas
Carriera dau Mercat deis Èrbas / Carriero dóu Mercat deis Èrbo
Carriera dei Pescadors / Carriero dei Pescadou

Voir également les échanges que j’ai eus sur ce sujet du o/a final dans le “forum” de mon site avec le professeur René Merle
(http://jcautran.free.fr/archives_familiales/forum/lexique_provencal.html#148)

Bien cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Merci beaucoup pour toutes ces précisions.

C'est un plaisir de vous lire.

Cordialement,

JW


30 mai 2012 : La cigale et la fourmi, façon provençale

C1.

Je ne résiste pas à vous faire passer la fable ci-dessous...
Ca vient de notre amie Paulette
Mes amitiés à chacun,
GB et JMK

Sujet : la cigale et la fourmi façon provençale. UN VRAI REGAL ! à lire absolument.
  
La compréhension  sera peut être difficile pour ceux qui habitent au dessus  d'Avignon !!!!!! 

Zézette, une cagole de l'Estaque, qui n'a que des cacarinettes dans la tête, passe le plus clair de son temps à se radasser la mounine au soleil ou à frotter avec les càcous du quartier.
  
Ce soir-là, revenant du baletti ou elle avait passé la soirée avec Dédou, son béguin, elle rentre chez elle avec un petit creux qui lui agace l'estomac.
Sans doute que la soirée passée avec son frotadou lui a ouvert l'appétit, et ce n'est certainement pas le petit chichi qu'il lui a offert, qui a réussi à rassasier la poufiasse.

Alors, à peine entrée dans sa cuisine, elle se dirige vers le réfrigérateur et se jette sur la poignée comme un gobi sur l'hameçon.
Là, elle se prend l'estoumagade de sa vie.

Elle s'écrie :

-" Putain la cagade ! y reste pas un rataillon, il est vide ce counas ! "
En effet, le frigo est vide, aussi vide qu’une coquille de moule qui a croisé une favouille.
Pas la moindre miette de tambouille.

Toute estransinée par ce putain de sort qui vient, comme un boucan, de s'abattre sur elle, Zézette résignée se dit :

- " Tè vé, ce soir pour la gamelle, c'est macari, on va manger à dache ".

C'est alors qu'une idée vient germer dans son teston.

- " Et si j'allais voir Fanny ! se dit-elle ".
- " En la broumégeant un peu je pourrai sans doute lui resquiller un fond de daube ".
Fanny c'est sa voisine. Une pitchounette brave et travailleuse qui n'a pas peur de se lever le maffre tous les jours pour remplir son cabas.

Aussi chez elle, il y a toujours un tian qui mijote avec une soupe au pistou ou quelques artichauts à la barigoule.

Zézette lui rend visite.
- " Bonsoir ma belle, coumé sian ! Dis-moi, comme je suis un peu à la dèche en ce moment, tu pourrais pas me dépanner d'un péton de nourriture ! Brave comme tu es, je suis sûre que tu vas pas me laisser dans la mouscaille ! "
En effet, Fanny est une brave petite toujours prête à rendre service.

Mais si elle est brave la Fanny elle est aussi un peu rascous et surtout elle aime pas qu'on vienne lui esquicher les agassins quand elle est en train de se taper une grosse bugade; ça c'est le genre de chose qui aurait plutôt tendance à lui donner les brègues.

Alors elle regarde Zézette la manjiapan et lui lance:
- " Oh collègue ! Tu crois pas que tu pousses le bouchon un peu loin ? Moi !!!, tous les jours je me lève un tafanari comaco pour me nourrir ! et toi pendant ce temps là, qu'est-ce que tu fais de tes journées?
- " Moi !!???? ", lui répond la cagole

- " J'aime bien aller m'allonger au soleil ! ça me donne de belles couleurs et ça m'évite de mettre du trompe couillon. "
- " Ah ! Tu aimes bien faire la dame et te radasser la pachole au soleil, et bien maintenant tu peux te chasper.
- " Non mais ???!!!! , qu'es'aco ? C'est pas la peine d'essayer de me roustir parce que c'est pas chez moi que tu auras quelque chose à rousiguer, alors tu me pompes pas l'air, tu t'esbignes et tu vas te faire une soupe de fèves.

Texte de CR


21 mai - 6 juin 2012 : Traduction de je suis ton fils, tu es ma vie

Q.

Bonjour,

j'aurais besoin de votre savoir pour m'aider à traduire en provençal la phrase suivante :

" je suis ton fils, tu es ma vie "

Je vous remercie d'avance.

Cordialement.

JF

R.

Bonsoir,

(...) Une traduction de votre phrase, en provençal mistralien, pourrait être : “ siéu toun fiéu, siés ma vido “.

Ce n’est qu’une traduction littérale. Sans doute y a-t-il une manière plus poétique d’exprimer l’idée, mais ce n’est pas trop dans mes possibilités.

Egalement, il s’agit bien ici de la graphie mistralienne, qui correspond au parler des Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse, par exemple. Si vous habitez le Languedoc, ou Nice, ou la vallée du Rhône, ce n’est pas exactement cette graphie qu’il faudrait utiliser. Dîtes-moi si cela vous convient, sinon, je peux rechercher une manière de traduire la phrase plus adaptée à votre région.

Cordialement,

Jean-Claude Autran



21-22 mars 2012 : Traduction du mot becarut

Q1.

Bonsoir Monsieur,

Mes parents me  parlaient des "bécaru" quand nous allions  en Camargue et que nous voyions des flamants roses  dans les étangs ! Pouvez-vous avoir la gentillesse de me dire si cela était le vrai mot  provençal pour qualifier ces oiseaux magnifiques ?

Merci de défendre notre belle langue provençale, cordialement ,

MDD

R1.

Bonjour,

D’après le dictionnaire de Frédéric Mistral, il y a deux mots qui désignent le flamant rose : becarut (ou becharut) et flamen.

Le substantif becarut (ou becharut) est associé à l’adjectif becaru (ou becarut) qui signifie : « qui a un grand bec, qui est remarquable par son bec ». On note aussi qu’en ancien français, on disait le bécharu (ou le phénicoptère) pour désigner le flamant.

Il me semble cependant que la terminaison ut est davantage caractéristique du languedocien que du provençal mistralien. D’après vos souvenirs, il est évident que becarut a certainement dû être utilisé en Camargue, mais, d’après les citations retenues par Mistral, par exemple :

Sus soun capeiroun tremoulavo une bello plumo de flamen de la Camargo (A. Daudet)
Bèu flamen dóu Parnasse emé l’alo pintado (A. Pichot)

je pense qu’à l’est de Rhône, ce doit être le mot flamen qui est davantage utilisé que celui de becarut.

Bien cordialement à vous,

Jean-Claude Autran

Q2.

Merci cher monsieur , pour votre réponse si rapide . Je suis ravie  de lire  vos explications  et de les transmettre à mon fils de 26 ans .
Cordialement à vous ,

MDD


25-30 janvier 2012 : Recherche d'un lexique provençal

Q1.

Bonjour,

je suis tombé sur votre site un peu par hasard il est vrai.

Je suis marseillais, habitant le Vercors et marié à une Dromoise. Ce matin, je lui ai dit (quelque chose qui m'est ressorti probablement de mon enfance: "Eh bien, ce matin, tu n'as pas le bouchon à la rigole !" J'ai vu dans ces yeux que je lui avais parlé chinois !

J'ai donc tapé sur Internet cette expression et suis tombé sur votre site et surtout sur la partie termes provencaux.

Mes parents très agés habitent toujours Marseille, Marseillais et Provencaux fiers de l'être !

J'ai cherché, pour leur offrir, s'il existait un livre mais je n'ai pas trouvé. Je me tourne donc vers vous pour savoir s'il y a un moyen d'avoir une copie, un livre de tous ces merveilleux termes provençaux. Cela leur ferait tant plaisir !

Merci d'avance du renseignement et très cordialement.

MD

R1.

Bonjour,

Merci pour votre message. Je suis heureux que mon « lexique provençal et des mots d’ici » ait pu vous être utile ou vous ait amusé.

Mais il n’existe que dans sa version internet. Il n’est pas édité sous forme de livre.

Je peux cependant vous conseiller un ouvrage écrit par l’un de mes amis de La Seyne-sur-Mer, Serge MALCOR, qui a publié un lexique assez semblable au mien en y ajoutant de nombreux termes concernant la mer et les poissons qui sont sa spécialité. Ce livre de 447 pages s’appelle « Les Maux des Mots » (copie de la couverture, ci-jointe). Il est disponible chez l’auteur au prix de 20 euros + frais de port. Si vous êtes intéressé, vous pouvez le contacter de ma part à l’adresse suivante :

M. Serge MALCOR
Le Ventoulet
352 chemin Daniel
83500 La Seyne-sur-Mer
(...)

Bien cordialement à vous,

Jean-Claude Autran

Q2.

Merci beaucoup pour votre rapide et gentille réponse !

Je vais suivre vos conseils et me tourner vers votre ami Serge MALCOR.

Bien cordialement et encore merci

MD



27 décembre 2011 - 2 janvier 2012 : Recherche du sens de santabousca

Q.

Monsieur,

Je suis Breton et je cherche à savoir le sens de l'expression "santabousca", surnom désignant un "marin", à l'époque de Surcouf. Marin également surnommé "gouin".

Ma référence : le livre " Voyages, aventures et combats ", de Louis Garneray, page 207. Dans lequel on trouve, en note de bas de page :

"Santabousca, ou gouin, signifie, en argot maritime, simple matelot".

"Gouin" est là, le masculin de gouine, au sens ancien, de femrme peu recommandable. Je pense que "santabousca", qui est le synonyme de "gouin", n'est guère plus flatteur. Mais que veut-il dire précisément ?

Si, par hasard, vous pouviez m'aider.... Je vous en serais très reconnaissant.

Avec tous mes remerciements. Et tous mes meilleurs voeux pour 2012.

JH
R.
Bonjour Monsieur,

J'ai bien reçu votre message, mais je n'ai guère d'élément de réponse à votre question sur "santabousca".

Malgré les apparences (bousca est bien un verbe provençal qui signifie rechercher, quêter, ou encore attraper, escroquer ; ou encore gagner les bois, déguerpir ; ou encore souffler fort en parlant du vent), je ne trouve aucune origine provençale dans le mot "santabousca" désignant un "marin".

Santabousca appartient bien à l'argot français : voir sur les lexiques d'argot en ligne comme :

http://www.languefrancaise.net/bob/detail.php?id=22102
http://www.languefrancaise.net/bob/syno.php?id=547&synonyme=marin,%20matelot

Mais, pour l'instant, je n'en ai nulle part trouvé une explication ou une étymologie plausible.

J'essayerai, à l'occasion, de me renseigner auprès de spécialistes et, si je trouve quelque chose, je vous le ferai aussitôt savoir.

(...) Bien cordialement à vous, et tous mes vœux également pour la nouvelle année

Jean-Claude Autran


20 décembre 2011 : « Racle-chaussures », en français et en provençal 

Q1.

Bonsoir Monsieur J.C. AUTRAN,

En cherchant le nom, en français et en provençal, d'un 'racle chaussures', objet en fer forgé que l'on met avant l'entrée dans la maison, à la campagne, dans le Var, Google m'a donné votre site, que je vais aller visiter en profondeur dès que le temps me le permettra.

En voici une photo :

ici, en vert, et, en bas, à droite de la porte d'entrée. (...).

Si vous avez la solution à ma question, je vous serai gré de me répondre dès que vous en aurez le temps.

C'est bien de prendre la suite de son Papa.

(...) Nous sommes en pleins travaux dans le Var et je désire refaire faire un autre 'racle chaussures' pour l'entrée depuis le jardin et le ferronnier, pourtant du pays, ne se souvenait plus du nom provençal de ce qu'il avait créé il y a environ 15 ans pour ma Tante. Alors je me permets de vous poser la question.

Donc à bientôt le plaisir de partager votre savoir.

Bien cordialement.

MST

R1.

Bonjour,

J’ai longuement étudié votre question en m’aidant des ouvrages de référence de ma bibliothèque (car, de mémoire, je n’avais pas la réponse à votre question).

Finalement, en parcourant Lou Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral aux pages qui traitent des mots de la famille de racler (rascla, rasclado, rasclaire, etc.), je suis tombé sur le mot rascladou, substantif masculin que Frédéric Mistral traduit effectivement par : « racloir, fer pour décrotter les souliers ». Avec une citation de L. Astruc : « Aqueli messiès an un rascladou à si porto ».

Cela doit répondre à votre question.

En français, il semble qu’on utilise le terme “racle chaussure” ou “racle semelles”. Voir celui qui est en vente sur internet à : http://www.leboncoin.fr/decoration/251482068.htm

(...) Bonne continuation (...), avec votre projet de fabrication d’un rascladou.

Bien cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Bonjour Monsieur AUTRAN,

Un grand merci pour votre réponse et long mail me donnant de nouvelles informations.

Je vais transmettre l'information au ferronnier qui me fabrique ces 3 rascladous dont j'ai besoin.

Bonnes fêtes de fin d'année.

Bien cordialement et encore merci.

MST



20-22 octobre 2011 : « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé »

Q1.

Bonjour,

Je me présente, je suis une marseillaise de 38 ans, exilée en région parisienne pour des raisons professionnelles.

C'est en recherchant sur internet un dictionnaire "français-provençal" que je suis tombée sur votre site, pour mon plus grand bonheur.

Je me suis attardée avec plaisir sur votre lexique et ai retrouvé des mots ou expressions qu'employait ma grand-mère lorsque j'étais enfant.

Je me permets de vous exposer ma requête : suite au décès de mon papa (à l'âge de 62 ans) il y a 4 mois, je souhaiterais lui rendre hommage avec une phrase de Lamartine qui me tient particulièrement à coeur : "un seul être vous manque et tout est dépeuplé", que j'ai traduit, avec les moyens du bord, par "un soulet èstre vous manco e touti es ..." : il me manque la traduction du mot "dépeuplé", et encore, je ne suis pas sure que le reste soit correct.

Voilà, si vous pouvez m'apporter votre précieuse aide, ce serait avec grand plaisir, et, le cas échéant, je vous remercie pour cet agréable moment passé sur votre site.

Cordialement,

DF

R.

Bonjour,

Merci pour votre message et pour vos commentaires sur mon site.

Je suis désolé pour votre papa, décédé bien jeune.

Une traduction littérale de la phrase de Lamartine pourrait être : "Un soul èstre vous manco e tout es despoupla”.
(J’ai justement rencontré hier M. RM, grand spécialiste des langues occitanes, qui m’a confirmé que la phrase ainsi traduite était grammaticalement très correcte). Vous pouvez donc l’utiliser sans crainte.

Mais, naturellement, il m’a fait remarquer que ce n’est que du français traduit en provençal, sans pour autant donner au texte un “esprit provençal”. Il est certain qu’un vrai poète provençal saurait tourner la phrase différemment d’une simple traduction littérale. Mais je n’ai malheureusement aucune inspiration pour cela...

Bien cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Bonjour,

Un grand merci pour votre réponse et surtout pour votre gentillesse.

Bonne continuation à vous,

Cordialement,

DF


1er - 5 octobre 2011 : « A la bonne heure »

Q1.

Bonjour,
 
Nous habitons au sud de Sisteron, et montons le projet, avec un gnomoniste, d’un cadran solaire pour notre maison. Nous souhaitons une devise provençale, mais butons sur la traduction “à la bonne heure”. Etant donné que c’est une expression, nous hésitons à la traduire mot à mot. Auprès de qui pourrions-nous nous adresser ?

Merci de nous aider dans notre recherche.

Cordialement.

 AFG

R.

Bonjour,

Je crois comprendre que, par cette expression, vous voulez exprimer à la fois la bonne heure, l’heure exacte, et aussi, avec un point d’exclamation, “à la bonne heure !”, l’expression française qui marque l’approbation en signifiant “voilà qui est bien !”.

Pour cela, si je me réfère à la fois aux dictionnaires de Frédéric Mistral et de Jules Coupier, je trouve qu’il y a deux manières de traduire cette expression “à la bonne heure” :

- l’une littérale qui est : “à la bono ouro !
- une autre, moins conforme au texte : “un viage !”, et qui signifie aussi : “à la bonne heure !”, “une fois, enfin !”

Mais je ne suis qu’un amateur en matière de langue provençale. Peut-être pourriez-vous prendre l’avis de vrais spécialistes, qui ont enseigné le provençal, tels que MM. GT (...), CJ (...), ou RM (...).

Bien cordialement à vous,

Jean-Claude Autran

Q2.

Un grand merci pour cette réponse fort intéressante.

Cordialement

AFG



11-13 septembre 2011 : Additions au lexique provençal (4)

Q.

J'ai trouvé par hasard votre lexique humoristique qui m'a beaucoup amusé et m'a fait retrouvé de belles définitions que je collectionne aussi! J'ai goûté le A avec régal, il me reste 25 lettres! Peut-on le modifier ou le fournir ? "Polychromie poétique?"

Merci de votre excellente idée. Cordialement vôtre.

AJ

R.

Cher Monsieur,

Merci pour votre message et pour l'intérêt que vous portez à mos "lexique provençal et des mots d’ici”. Ce lexique ne prétend cependant pas être exhaustif ; il a pour but de sauvegarder un “patrimoine” très local qui consiste souvent en des expressions entendues autrefois dans mon entourage.

Vous ne pouvez pas directement le modifier, mais vous pouvez me proposer, si vous voulez, des expressions humoristiques que vous avez entendu utiliser de votre côté et qu’y ne s’y trouvent pas. Je rajoute de temps en temps quelques termes ou expressions qui me sont suggérés, mais à condition qu'ils me rappellent quelque chose que j’ai déjà plus ou moins entendu dans ma famille.

Par ailleurs, à côte du lexique lui-même, les principaux échanges de messages que j’ai eus sont relayés dans la section “forum” du site, à l’adresse suivante pour ce qui concerne le lexique provençal :

http://jcautran.free.fr/archives_familiales/forum/lexique_provencal.html

Bien cordialement à vous,

Jean-Claude Autran



23 août 2011 : Gauto ou Gaugno ?

Q.
(à HR)
Bonjour Henri,

Mardi dernier, nous avions eu un échange à propos du mot provençal utilisé pour désigné la joue. Vous parliez de gauto (mot que j’avais oublié), sachant que dans ma famille où il y avait plusieurs pescadous, on parlait plutôt de gaugno, surtout pour désigner la bonne chair récupérable dans les joues des poissons.

En fait, Mistral mentionne bien les deux termes, avec des sens sensiblement différents, et des étymologies différentes. Mais c’est bien le terme gaugno qu’il applique plus spécifiquement aux joues des poissons, comme j’en avais le souvenir.

GAUTO, it. gota, b. lat. golta. Joue, bajoue des animaux, v. garo, gaugno, maugno. Gauto de fedo, bajoue de brebis, etc.
 
GAUGNO, (rom. gounha, v. fr. gougne, it. gavigna). Parotide, glande salivaire, partie latérale des jours, joue, v. gauto ; ouïe de poisson, branchie. Avé la gaugno palo, avoir les ouïes pâles, en parlant de la fraîcheur des poissons, etc.

Amitiés,

Jean-Claude
R.
Un grand merci pour tous ces renseignements que j'engrange avec plaisir. (...).

Amitiés
 
Henri





20-21 juin 2011 : Dimècre - "Es coume dimècre toujour au mitan"

Q.
Monsieur,

Orignaire de La Seyne, j'habite actuellement dans le Jura. Je parcours souvent votre site avec un immense plaisir teinté de nostalgie.

Je me souviens avoir eu votre père comme professeur au collège Martini en classe de 6ème et 5ème.


En consultant le "Lexique des termes Provençaux", une expression qu'utilisait ma mère m'est revenue en mémoire.


Elle employait le mot provençal "Dimècre" (Mercredi) pour qualifier une personne qui n'était pas à sa place, un gêneur.
"Tu es (il est...) comme mercredi toujours au milieu." - "Es coume dimècre toujour au mitan". - "Dis dimècre enlèves - toi de là".

Je ne sais pas si ce terme était trés employé, mais je tenais à vous en faire part.

Amicalement.


Jean-Claude Robbiano

R.
Bonjour,

Merci pour votre message.

Effectivement, votre nom apparaît dans les listes d’anciens élèves de mon père (http://jcautran.free.fr/archives_familiales/profession/liste_des_eleves/cahiers_de_notes.html), en 6e, en 5e, et aussi en 4e. Nous avons dû plus ou moins nous croiser à Martini puisque j’étais en 6e en 1954-1955, en 5e en 1955-1956, etc. J’ai aussi très bien connu plusieurs des élèves qui étaient avec vous, comme Roland Meunier (avec qui je suis cousin), René Cochet, Rémy Baille, Claude Mattioli, etc.

J’ai aussi été en classe en 1ère et en terminale avec Pierre Robbiano. Je suppose qu’il est de votre famille.

Concernant le mot “dimècre”, je ne me souviens plus très bien si mes parents l’utilisaient. C’est possible mais mon souvenir est assez vague. Mais les expressions que vous citez sont intéressantes, et, si vous n’y voyez pas d’inconvénient, je les rajouterai au lexique de mon site dès la prochaine mise à jour.

Merci encore.

Bien cordialement à vous.

Jean-Claude Autran




24-28 mars 2011 : Traduction de "spécialités provençales" et de "produits de la mer"

Q1.
Bonjour Monsieur,

Je me permets de vous contacter dans le cadre d'une traduction en provençal. J'aurais en effet besoin de savoir si ces traductions sont exactes à savoir :

Produits de la mer : Proudus de la mar
Spécialités provençales : especialitas de prouvenço

Je vous remercie par avance pour votre attention et votre retour,

Cordialement,

LG
R1.
Bonjour,

Je ne suis qu’un amateur en matière de langue provençale et je ne suis pas certain de pouvoir vous répondre avec certitude.

Les noms provençaux que vous pensez utiliser (proudu, mar, especialita, prouvenço) sont parfaitement corrects.

Pour moi, le problème est cependant leur utilisation au pluriel, car, en bon provençal, les noms sont invariables en nombre. Seul l’article (défini ou indéfini) qui les précède permet de mettre les noms au singulier ou au pluriel :
lou produ / lei produ ; un produ / de produ
l’especialita / leis especialita ; un especialita / d’especialita

Je suis donc un peu embarrassé pour exprimer en provençal le pluriel français dans une expression qui n’a pas d’article comme “Produits de la mer” ou “Spécialités provençales”. Si on dit produs ou especialitas, naturellement, tout le monde comprendra, mais ce sera grammaticalement incorrect. Et si on rajoute un article défini : “lei produ de la mar”, ou “leis especialita de Prouvenço”, ce sera correct, mais peut-être un peu lourd selon où vous voulez l’écrire ?

Je vous conseillerais donc de poser la question à de vrais spécialistes du provençal tels que MM. GT (...) ou RM (...).

Cordialement,

Jean-Claude Autran
Q2a.
Bonjour Monsieur,

Je vous remercie pour vos explications bien détaillées et très instructives, j'apprécie que vous ayez pris le temps de me répondre et de m'éclairer sur l'emploi du pluriel en Provençal (bretonne d'origine cette langue est une découverte pour moi!). Je ne manquerai pas de contacter MM. GT ou RM pour plus de certitude comme vous me l'avez proposé.

Cordialement,

LG
Q2b. (à GT)
Bonjour Monsieur,

Suite à mon échange avec M. AUTRAN dans le cadre d'une traduction en Provençal des expressions "Produits de la mer" et "Spécialités provençales" je me permets de vous contacter sur son conseil.

M. AUTRAN m'a en effet appris que le pluriel ne fonctionnait pas de la même manière en Provençal et en Français et n'étant pas complètement certain de sa
réponse il m'a invité à vous poser à votre tour cette question.

Je suis en train de réaliser un plaquette commerciale pour une conserverie de poisson sur laquelle le gérant souhaiterait voir figurer ce texte en Provençal.
Mes recherches m'ont pour le moment conduites à ces traductions :

Produits de la mer : Proudus de la mar
Spécialités provençales : Especialitas de prouvenço

M. AUTRAN m'a quant à lui conseillé: "lei produ de la mar" - "leis especialita de prouvenço"

Accepteriez vous me donner la meilleure traduction possible pour ces 2 expressions? L'utilisation des majuscules en Provençal est également un point qui me pose problème...

Je vous remercie par avance de votre attention et de votre retour,

Cordialement,

LG
R2.
Bonjour,

Je vous réponds rapidement.

La difficulté en Provençal est de donner une réponse qui tienne compte des deux systèmes graphiques. Ils sont officialisés tous les deux, puisque les examens nationaux (Capes, agrégation) les acceptent : Système dit mistralien et système dit classique. J'ai pratiqué les deux lors de mon enseignement au Lycée Beaussier de La Seyne.

Comme je ne veux pas choisir à votre place je vous indique les deux transcriptions possibles :

Système mistralien : Proudu de la mar (on pourrait dire aussi :"Fru de la mar"; à distinguer de "fru de mar", fruits de mer)
Especialita de Prouvenço

Système classique : Produchs de la mar (on pourrait dire aussi: "Fruchs de la mar")
Especialitats de Provença

Avantage du 1er : c'est le système phonologique français qui est choisi. Il n'indique pas les s pluriels, ni les consonnes finales. ex : canta (verbe chanter) = à la fois infinitif et participe passé.

Inconvénients : il ne se relie pas à la logique d'écriture des autres langues romanes (Italien, Espagnol, Portugais...) à laquelle la langue d'OC (l'Occitan-provençal pour nous) se rattache.

Avantage du deuxième : il est dans la logique graphique de la langue d'Oc telle qu'elle a été écrite en Provence jusqu'au XVIe siècle (textes de notaires, juristes...) et se relie aux autres langues romanes par son système graphique et phonologique. Il note les s pluriels et les consonnes finales. Ex : Plaque du Cap Cicié :"Cap Cessiech".

ex : Cantar (v.infinitif) et cantat (participe passé): chanter et chanté.

A vous de voir. Et un grand merci pour votre promotion bien comprise du Pays. Tenez-moi au courant.

Coralament

GT




14-24 février 2011 : Lou Pey blanc + noms de fossiles en provençal

Q1.

 Cher M. Jean-Claude AUTRAN,
 
Je suis H A-P, un professeur et chercheur catalan de l'Université de Lleida, a la Catalogne (Espagne). Ma recherche se centre sur les aspects sociaux, anthropologiques et folkloriques de la paléontologie européenne, ancienne et récente. Je vous serais très reconnaissant, si vous voulez me donner quelques informations relatives aux fossiles de votre région, tels que :
 
- les noms communs populaires, utilisés dans votre région pour nommer certains types de fossiles,
- les usages traditionels ou modernes, regionaux et locaux, de quelques types de fossiles et roches fossilifères: architectoniques, decoratifs, indumentaires, ésotériques, héraldiques, recreatifs,  etc.
- les légendes populaires, nées autour de certains types de fossiles ou de leurs dépôts, pour expliquer leur présence dans ce endroit
- les noms de lieux ou toponymes, inspirés par la présence de certains types de fossiles dans certains endroits
 
 
J'ai un problème lexical, que j'espère que vous me pouvez aider à résoudre, un informateur m'a dit ce qui suit :
"le site 'Lou Pey Blanc', ce qui signifie 'le poisson blanc', en provençal, pres d'Aix en Provence, qu'il livre des poissons fossiles oligocenes, (actuellement, pas de riviere a proximité), "
 
 Mais, j'ai trouvé, en ligne, que sur ce mot, son père dans le forum dit ce qui suit:
 "un ami, érudit provençal, m'a aussi indiqué que la racine pey appartenait à la famille de mots pei-, pie-, pueg, piog, puei, puech, peuch, pioch, pouy, poil, puy, qui dérivent de podium, colline ; du latin podium et du grec podion, même signification que piédestal, de pedem (pied). Je penserais donc plutôt que certains des noms de lieux que vous citez (« Le Pey Blanc », ou « Le Pey Gaillard » aient pour origine un sommet, une colline. J'ai d'ailleurs une cousine qui habite Aix-en-Provence une résidence « Le Pey Blanc », et nous avons aussi dans le Var : le Pey Chrestian, le Peycaou, le Peygros, le Peyneuf, le Peyras, etc.
 
 Je pense que ce c'est le vrai sens du mot provençal 'pey', mais... M. Autran, il y a quelq'une possibilité que le mot 'pey' peuve signifier poisson ?
 
 Je vous demande des excuses pour tout inconvénient que cela peut vous causer.
 
 Bien cordialement
 
 Prof. H A-P (Catalogne, Espagne)

R.

Cher Monsieur,

Merci pour votre message. Je suis très heureux de faire votre connaissance par e-mail.

Concernant votre seconde question (Lou Pey Blanc), je pense qu’il n’y a guère de doute à ce qu’il s’agisse d’un “oronyme”, c’est-à-dire un nom lié à un sommet, une colline, une éminence, une ondulation du terrain, avec toutes les variantes pei-, pie-, pueg, piog, puei, puech, etc. Il n’est pas impossible que l’on puisse trouver des poissons fossiles dans certains sites, mais le nombre important de sites, en Provence, dont le nom commence par pey, qu’il s’agisse de sols calcaires récents ou de sols primitifs ou siliceux, ne permet pas à mon avis de retenir l’hypothèse “poisson”. Je m’appuie pour cela sur les 40 années de travail de mon ami HR sur la toponymie provençale. Je n’ai rien trouvé dans ses travaux qui puisse associer un nom de lieu avec le mot poisson. D’ailleurs, dans tous les exemples d’utilisation du mot poisson, Frédéric Mistral utilise l’orthographie pèis (bien qu’on le prononce également « pèi »). Et je n’ai jamais trouvé de nom de lieu qui commence par pèis.

Concernant votre première question (informations relatives aux fossiles de ma région), je suis beaucoup plus embarrassé pour vous répondre. Je connais bien sûr un certain nombre de noms français et latins de fossiles, mais vos questions (noms populaires, usages, légendes, toponymes inspirés par certains types de fossiles, etc.) sont beaucoup trop pointues pour moi. Je ne sais vraiment pas y répondre, et je n’ai malheureusement pas le temps, en ce moment, de faire moi-même des recherches sur cette question.

En matière de paléontologie, je peux vous conseiller de contacter le meilleur spécialiste de la région, à ma connaissance, qui est M. RI. Il est le responsable de la section Paléontologie de la Société des Sciences Naturelles de Toulon et du Var (http://ssnatv.pagesperso-orange.fr/index_culture.html). Je n’ai pas son e-mail personnel, mais je pense qu’on peut le contacter à l’adresse e-mail de la Société (...).

Un autre contact possible serait une association de Toulon qui étudie et diffuse la culture provençale : l’Escolo de la Targo (http://www.escolo-de-la-targo.fr/). Vous pouvez essayer d’écrire à son Président, M. GR (...). Il est possible qu’il ait quelque idée sur certaines de vos questions.

(...) Bon courage pour la suite de vos recherches.

Bien cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Cher Monsieur Jean-Claude Autran,

Je suis extrêmement reconnaissant à vous, pour toute l'information experte et raisonnée que vous m'avez envoyé et qu'a répondu de façon très satisfaisante la question que je vous avait exposée dans ma lettre précédente.

Merci, aussi, pour les personnes à contacter que vous m'avez suggéré et à qui je vais envoyer, aujourd'hui, un e-mail.

Par conséquent, M. Autran, je vous remercie beaucoup votre aide

Bien cordiallement

HA






6-16 janvier 2011 : Donner un nom à une maison

Q1.
Excusez-moi de vous déranger pour pas grand chose, mais j'ai besoin d'une aide, en Provençal, pour donner un nom à une maison. C'est une demande d'une maman d'élève.Bien quà la retraite, je vais familiariser les élèves d'un CP avec le Provençal, et je n'ai pas su répondre à la demande: comment dire : " havre de paix", en Provençal? Barcarès est un havre pour les barques, paix, se dit "pas" mais je vois mal l'association des deux...
Si vous avez une réponse, je vous serais très reconnaissant de me la communiquer.
PS.J'ai pensé à:
-Aqui li sian bèn.
-Lou nisadou.
-Lou nisié siau.
Merci beaucoup.
CI
R.
Bonsoir,

Pardon pour le retard à vous répondre.

Je ne suis pas vraiment une référence en matière de langue provençale, car, dans mes réponses, je dois toujours m’appuyer sur des dictionnaires comme Lou Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral.

En ce qui concerne, “havre de paix”, je n’ai pas su trouver de bonne traduction littérale et je pense qu’il vous faut choisir une expression approchante, comme vous l’avez fait.

- Aqui li sian bèn me paraît correct et traduit bien l’idée.
- Lou nisadou (nid, lieu où l’on niche), me paraît valable aussi.
- Par contre, si vous êtes dans le Var, je sens moins bien le mot nisié, pour nid. Il me semble que dans le Var, on dit plutôt niéu. Lou niéu siau me paraîtrait meilleur.

Entre les trois expressions, qui me semblent toutes correctes, à vous de choisir celle qui “sonne” le mieux dans le contexte de la maison et de ses habitants.

Bien cordialement à vous.
Jean-Claude Autran
Q2.
Merci beaucoup, M.Autran. Excusez-moi encore pour le dérangement.
CI


8-16 novembre 2010 : Précision sur un article pluriel provençal

Q1.

Bonjour,

Je découvre votre remarquable site provençal et son fourmillement d'informations.

J'ai une question à vous poser. Pensez-vous que la traduction de : Le mas des figuiers est bien El mas del figuieros

J'ai un doute sur l'article pluriel.

Merci, vraiment de votre réponse.

CF

R.

Bonjour,

Pardon pour le retard dans la réponse à votre message.

Je pense, en me référant au dictionnaire de Frédéric Mistral, que, en graphie provençale, la traduction de “Le mas des figuiers” serait plutôt “Lou mas dei figuiero”. (El mas del figuieros, me sembre davantage correspondre à de l’espagnol)

En effet :

1) en provençal, le nom est invariable, et c’est l’article (le, la, les, qui donne respectivement lou, la lei) qui indique si le nom est au le singulier ou au pluriel.
2) le figuier est féminin en provençal (la figuiero)
3) quand l’article est placé devant un nom suivi par un complément déterminatif, on remplace de par le contracté dóu (singulier) ou dei (pluriel)

D’où “Lou mas dei figuiero”

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Bonsoir,

Je vous remercie vivement pour votre réponse. Je vais prendre en compte votre traduction "Lou mas dei figuiero"

J'espère que nous pourrons nous rencontrer à l'occasion d'une journée provençale mettant en valeur cette si belle graphie.

Belle route à vous.

Bien cordialement

CF


 

30 juin - 8 septembre 2010 : Expressions locales

Q1.

Cher collègue

En vrai toulonnais, je me délecte de votre lexique des termes provençaux dont certains me ramènent à mon enfance.

- Lettre G : Connaissez-vous cette expression que j'entendais et employais souvent quand j'étais minot, à la vue d'une personne particulièrement maigre : Tè, vé ! Gemenos ! Guère de viande et beaucoup d'os !
- Lettre M : Mener pour emmener. Dimanche, je te mène à la plage! employé au présent au lieu du futur.

Mon frère cadet, photographe, qui parcourt le Var à longueur d'année, me dit être en rapport avec vous.

S'il me revient des expressions locales, je vous les communiquerai.

Bien à vous

JD

R1.

Cher ami,

Merci pour votre message. Je me souviens très bien de vous et de nos journées de dédicaces. J'espère vous y retrouver à la prochaine occasion.

Effectivement, je suis en contact avec votre frère depuis quelques semaines à propos de la localisation de divers vestiges dans le massif de Sicié. D'ailleurs, je pense lui proposer une promenade (quand il fera moins chaud) pour aller à la découverte de quelques mystérieux graffitti de navires anciens qui se trouvent sur certaines falaises du Cap Sicié.

Merci également pour votre appréciation sur mon lexique des mots d'ici. Ce n'est pas un travail de spécialiste de la langue provençale. J'ai voulu simplement "sauvegarder" tout ce qui me revenait en mémoire des mots et expressions entendus autour de mois, surtout de mes parents et grands parents. Et si beaucoup de termes sont bien connus des Provençaux, certains sont très localisés, notamment dans la région de Toulon-Ouest et ne sont pas forcément usités à Toulon-Est, et vice versa.

Je rajoute encore de temps en temps quelques termes ou expressions qui me sont suggérés, mais à condition qu'ils me rappellent quelque chose déjà entendu dans ma famille. C'est le cas de mener, pour emmener, que j'avais oublié, et que je vais pouvoir rajouter.

Par contre, Gémenos, je ne sais plus si cette expression était utilisée chez nous. Je n'en ai pas de souvenir.

En tous cas, merci encore. Au plaisir de vous revoir.

Bien cordialement à vous.

Jean-Claude Autran

Q2.

Cher ami

C'est avec plaisir que je prends connaissance de votre réponse.

Il me revient quelques anecdotes ou expressions que je vous communique.

C : Chabi (vendre) Un copain d'origine italienne employait souvent ce terme moqueur de chabigoti. Je n'ai jamais su sa véritable signification. Je suppose qu'il qualifiait un vendeur forain ou quelque chose de similaire ?
D : Dure = une pierre ; faire la dure : se canarder à coups de pierres (les railles)
N : Nas : Un copain que l'on taquinait souvent pour son gros nez, rétorquait par ce proverbe : "Gros du nas, gros d'en bas"

Je me souviens de ceci qui nous amusait beaucoup :

Sur les coups de midi, de loin, nous apostrophions quelqu'un, un jobastre de preference, en lui disant .

Sies pas un peu coun ? en faisant le geste de manger, en agitant le poing fermé devant la bouche, La distance ne lui permettant pas d'entendre les paroles, et croyant qu'on lui demandait s'il allait manger, il acquiescait en agitant la tête, pour notre plus grand plaisir !...

Jeux innocents d'une autre époque...

Bonne journée et à bientôt pour d'autres expressions s'il m'en revient .

Bien amicalement

JD

R2.

Cher ami,

Merci pour ces dernières expressions ou anecdotes, dont certaines me rappellent effectivement quelques souvenirs dans le langage de mes grands-parents, même si ce n'était pas dit exactement de la même façon.

- En ce qui concerne chabi, je sais que la traduction mistralienne est : vendre, se défaire d'une marchandise, consommer, etc. Mais, dans ma famille, notamment mon grand-père paternel qui était d'origine marseillaise, chabi était plutôt utilisé au sens de : user, dépenser, voire gaspiller. Par exemple, quand j'ai eu mon premier train électrique (à une époque où on n'utilisait le courant que pour s'éclairer, et avec parcimonie), je me souviens que mon grand-père disait : « aro, va n'en chabi dóu courant...» (il craignait que ce nouveau jouet, qu'il n'avait pas connu dans son temps, ne nous fasse gaspiller beaucoup d'argent). Et il me semble que le mot chabigoti était aussi utilisé avec cette même acception. Il me semble que chabigoti désignait chez nous, de façon péjorative, quelqu'un de gaspilleur, de négligent dans ses dépenses, ou dans ses affaires qu'il laisse se dégrader faute de soins. Mais ceci est très loin, et je ne saurais être totalement affirmatif.

- Pour la Dure. Je ne me souvenait pas que le mot désignait une pierre, mais c'est tout à fait possible. Je ne me souviens que de l'expression : « La dure, la molle, la (queue de la) casserole » qui était clamée dans les rues quand, effectivement, une raille en attaquait une autre, ou s'en prenait à un individu isolé qu'il fallait punir. Faire « subir la Dure », c'était en effet souvent à coups de pierres que ça se passait.

- « Gros du nas, gros d'en bas » : il me semble que ma grand-mère disait quelque chose comme ça, à l'époque où on avait les premières images de la TV, quand elle se voulait désobligeante vis à vis de certain homme politique qui avait un grand nez...

Merci encore. J'aime bien ces échanges qui permettent de faire quelques retours intéressants dans le passé.

Amitiés,

Jean-Claude Autran

Q3a.

Bonjour cher ami

Ces petits exercises sur le passé qui ont au moins l'avantage de solliciter ma mémoire,m'incitent à une certaine nostalgie car nous sommes sans doute la dernière génération a avoir entendu ou employé ces expressions si savoureuses qui grâce au travail de votre père et vos propres recherches ne tomberont pas dans l'oubli.

Il me revient encore celles-ci :

C : Chiche! que je traduirais par : Et si je le faisais ? T'es pas chiche ! = t'es pas capable, tu n'oseras pas !
Coun : Con. Sies pas un peu coun ? Aquéu de coun !
G : Gonfle = Enflé: J'ai le doigt tout gonfle !

Et cette phrase si caractéristique du parler de l'époque:

... j'ai manqué l'école, pourquoi je suis été un peu malade...

A d'autres, si ma mémoire veut bien continuer cette introspection.

Bien cordialement

JD

Q3b.

Cher ami

La relecture de mes E.Mails me permet de me rendre compte, peut-être est-ce dû à la chaleur ? que je deviens "un rababéu" = rabâcheur... ce qui me permet de vous signaler un nouveau terme...

Amitiés

JD

R3.

Cher ami,

Merci pour vos derniers messages et pour ces expressions intéressantes que j'avais vaguement en mémoire pour certaines, mais elles ne me seraient pas revenues si vous ne me les aviez signalées. Pour autant, je ne crois pas que vous soyez déjà un rababéu...

Pour ce qui est de gonfle, ou gounfle, j'avais effectivement le sens de enflé, mais aussi celui de repus, et enfin celui de « très affligé, au bord des larmes »

Amitiés,

Jean-Claude Autran

Q4a.

Cher ami,

Ces nuits caniculaires et leur cortège d'insomnies "favorisent " la méditation...

Cette nuit, quelques termes me sont revenus :

A : Aîgo boulido : Potage d'ail de sauge et de thym.
C : Cassoti: Casse-pieds.  Qué cassoti !!!
L : Longo maï ! Pourvu que ça dure !
M : Morfler : Prendre des coups. "Tu vas morfler !"
P : Patin coufin : Et patati et patata.
R : Rester : Habiter. Oh garri, où tu restes ? Je reste à Pont de Bois.

D'autres encore m'étaient revenus, mais ce matin "rascle "...

Amitiés

JD

Q4b.

Cher ami

La "pompe à espressions locales" est amorçée et bien que son débit soit lent, il ne semble pas encore tari ; comme en témoignent ces derniers filets :

C : Cavé : Imbécile. "Tu me prends pour un cavé !"
M : Masque : Interjection des poissonnières des Halles, ou des revendeuses du Cours Lafayette, pour flatter leur clientèle.
Alors, Beau Masque! " Qu'est-ce"  je vous mets ?
Variante : Alors, Ma Nine ? ou Alors, Ma Chérie ?
S : Sachetti: Petit sac, sachet.
Sorbe : La Sorbe : L'arsenal de Toulon.
Il existe plusieurs versions de cette appellation, dont celle-ci : la Sorbe désignerait cet établissement maritime: lieu où travaillent les "Sorbiers". Ce surnom daterait du temps de la marine à voile, lorsque les navires étaient en bois. Le sorbier ou alisier est un bois alors utilisé dans certaines pièces d'ébénisterie grâce à ses propriétés parce qu'insensible à l'humidité, il ne travaille pas. D'où ce terme de sorbiers  utilisé par dérision pour désigner des ouvriers qui avaient acquis la réputation de ne pas être des forçats du travail...

A plus tard pour d'autres, si la source ne tarit pas...

Amitiés

JD

Q4c.

Cher ami,

En (me) pressant bien le citron...

A : Apcepter pour accepter ; J'apcepte votre proposition.
C : Chicole ; coup de poing. Il m'a tiré une chicole.
F : Farci. Le farci : le plat de tomates et de poivrons farcis.
M : Mitan : milieu : Allez ! Zou ! Lève-toi du mitan !
Morpien ou morpioun : vermine,sale gosse: Bande de petits morpien !
N : Nibe; rien. Nibe de nibe : rien du tout
V : Vire-vire : autre définition : Avoir le vire-vire : Avoir la tête qui tourne.

D'autres me reviendront encore sans doute, donc a +

Amitiés

JD

R4.

Cher ami,

Je ne vous ai pas accusé réception à chaque fois, mais j'ai bien reçu tous vos messages sur les "espressions locales". Je les fais figurer au fur et à mesure dans le "forum" de mon site et j'ai aussi rajouté quelques-unes des expressions (celles qui réveillaient en moi de vieux souvenirs familiaux) dans mon "lexique provençal et des mots d'ici.

Je me suis permis aussi de rajouter votre nom à la liste des personnes remerciées pour m'avoir aidé à compléter ce lexique.

Amitiés, peut-être à bientôt.

Jean-Claude Autran

Q5a.

Cher ami ,

Je suis très honoré et sensible au fait que vous ayez bien voulu citer mon nom parmi les personnes qui vous ont aidé à completer votre lexique de termes provençaux, soyez-en remercié.

J'ai remarqué, effectivement que vous aviez ajouté certaines expressions à celles existantes.

Ceci est pour moi un réel plaisir de me rememorer ces expressions que j'employais ou entendais pendant ma jeunesse et de les faire revivre au travers de votre œuvre familiale.

Avec mes amitiés.

JD

Q5b.

Cher ami

Je me souviens de ces quelques définitions et anecdotes :

B : Bordille . Un minot à qui l'on demandait le métier de son père ,employé au ramassage des poubelles, répondait : " Mon père, il travaille à la bordille..."
C : Couilloti : petit couillon. Qué couilloti ! Cette expression est utilisée en secouant la tête ,en signe de dénégation, avec une moue apitoyée.
E : escoundre: allez, ah ! vaï t'escoundre! : Vas te cacher! sous-entendu : Tu n'as pas honte !

A d'autres, s'il m'en revient.

Amitiés

JD

Q5c.

Bonjour cher ami

Voici "queques espressions" qui me reviennent :

C : Chilin-chilin : tout doucement.Comme vaï ? chilin-chilin !
Q : Quèques pour quelques.J'ai quèque chose à vous dire.
R : Raspaïoun : raidillon;Le cabanon ,il est tanqué en haut du raspaîoun.
Roucas : Rocher.Les Deux Frères ,c'est ces deux gros roucas,en face de Sicié,où vit le poupre géant(Légende)
V : Ven. Autre expression : Ven aqui, moussi ! Viens là petit !

A d'autres...

Cordialement

JD

Q5d.

Cher ami,

Voici encore quèques espressions que j'employais ou entendais quand j'étais minot :

A : Avoir, employé pour être : J'ai tombé.
C : Calu : fada, momo. Il a son cousin, peuchère, qu'il est calu !
Catane : le sexe de la femme, mounine, pachole.
Craindre : autre définition : Sa femme, elle l'a su et petan, pour lui, ça craint ! (Il peut être inquiet de sa réaction !)
Cou-cou (à) à croupeton.
E : Encatané : maudit, à qui on jeté un sort, emmasqué. Pas possible ! Je suis encatané !
En bas : Là-bas.
Eusses : Eux. Eusses, en bas, à Marseille, ils ont de longue le mistral !
M : Maousse ; très gros, énorme.
S : Straou : Trou. J'ai tombé et té, vé j'ai un straou aux brailles.
T : Tchoi. Appellation familière impersonnelle comme Bicou. A pétanque, au tireur : "Vas-y ! Tchoi, lève-la de bon coeur !"
Toupin : Le pot de chambre individuel que l'on transvasait dans la toupine familiale.
V : Venir. Dans le sens de donner, de provoquer : Rien qu'à écouter cette histoire, il me vient le batti-batti...

A d'autres...

Amitiés

JD

R5.

Cher ami,

Merci encore pour vos derniers envois d'espressions locales (j'accuse réception avec retard ayant été absent depuis le 14 juillet). Je les ai intégrées pour la plupart dans les lettres respectives de mon "lexique provençal et des mots d'ici", plus spécialement celles qui me rappellent de vieux souvenirs, mais qui ne m'étaient pas revenues encore en mémoire. J'ai rajouté catane, mot que je connaissais bien depuis mon passage au collège de La Seyne, mais que j'avais toujours hésité à introduire ne sachant pas s'il avait été inventé très localement (je ne l'ai jamais trouvé dans les divers lexiques du parler marseillais, contrairement à pachole), ou s'il était employé de façon plus large. Apparemment, il était aussi bien connu à l'Est de Toulon... Mais je n'ai cependant pas intégré maousse qui appartient à l'argot français en général, et qui est cité dans tous les Larousse.

(...). Amitiés,

Jean-Claude Autran

Q6a.

Bonjour cher ami,

Encore qq espressions resurgies de ma mémoire :

A : Autre terme : come(?) aco : comme ça.
C : Car même : quand même. Ces nistons, car même, ils pourraient être un peu plus polis !
Cacou : Petit voyou, frimeur.
Cagnard : Endroit exposé au soleil. Ne reste pas en plein cagnard, tu vas t'ensuquer !Peut désigner le soleil, par déformation.
P: Profiter (à) : Invitation que les revendeurs du Cours affichent sur une marchandise en promotion.
Pûte borgne ! Juron. Oh ! pûte borgne !
S : Savoir (vas). Vas savoir ? Vas deviner ce qui peut arriver !
Selon (c'est) : Ca dépend. En bas, un jour il fait beau, le lendemain, c'est couvert, c'est selon.
T : Testo d'aï : Tête d'âne, Testard.

A d'autres, sans doute ...

Amitiés

JD

Q6b.

Bonjour cher ami,

Voici encore qq expressions :

B : Bomber : Se depecher, courir. "Pour tacher moyen d'être à l'heure, j'ai tant bombé, que je suis espouti !
C : Cabas : Panier en osier ou en toile.
Castapiane : Chaude- pisse .
D : Dur (le) Autre définition : Appellation du tramway, à Toulon. "Pour descendre en ville, on prend le dur ?".
F : Frottadou. Autre définition: Désigne aussi un maniaque sexuel qui profite d'une cohue ou d'une promiscuité forcée pour se frotter contre les femmes.Certains étaient bien connus dans les tramways toulonnais, où les heures d'affluence étaient propices à leur manège.
G : Gâche: Le travail ideal. " Tè, Zé, aux PTT, il a trouvé la gâche !
Ganare : Saoul. Arrête de picoler, tu vas être ganare !!!
P : Pignole : Branlette." Allez, ha ! Vas te faire une pignole !

A bientôt, et à d'autres...

Amitiés.

JD

Q6c.

Cher ami,

Voici de nouvelles expressions et précisions :

C : Chimer : Boire. "Zé, il est de longue ganare, cet ensuqué, il pense qu'à chimer !
G : Gaï : Alerte, en forme. "Toine, pour son âge, il est drôlement gaï !
M : M'en fouti. Je m'en fous.
P : Palot : Baiser. Je lui ai roulé un de ces palots !
R : Raille : Etymologie : Je pense qu'elle provient du mot provençal : RAÏ signifiant : grand nombre, troupeau...
Pour la petite histoire, pendant la guerre, les railles étaient constituées de bandes de minots souvent d'origine italienne, qui défendaient jalousement leur quartier et se livraient entre elles à des batailles rangées sans pitié, (la dure) à coups de lance-pierres.
Celles auxquelles se livraient la raille de La Loubière contre celle de Besagne étaient particulièrement sanglantes, car les pierres étaient souvent remplacées par des billes de roulements... Malheur à qui était touché !...

Aujourd'hui, dans VM, dans l'article consacré au groupe Aîoli, je retrouve ma définition de La Sorbe...

Amitiés

JD

Q6d.

Cher ami,

Etymologie de rabocher : Rapporter, répéter.

Je pense que le terme rabocher doit avoir la même étymologie que le mot rababéu : qui répète.

La même racine pourrait accréditer cette hypothèse.

Le rabocheur (celui qui répète) ne serait-il pas un rababéu et sa traduction en langage local ?

Même si dans le temps ces deux mots avaient pris une signification différente.

Amitiés

JD

Q6e.

Cher ami,

Je reviens sur l'étymologie du verbe rabocher.

Si l'on compare les verbes rabocher et rabâcher, on constate :

- 1 : Qu'ils comportent le même nombre de lettres.
- 2 : Qu'ils sont de prononciation quasi identique.
- 3 : Qu'ils utilisent la même racine.
- 4 : Qu'ils expriment le même idée de répétition.

Le RABOCHEUR répète sciemment par indiscrétion.

Le RABACHEUR répète inconsciemment.

Ces différentes concordances qui ne peuvent pas être l'effet du hasard ,orientent vers l'hypothèse d'une déformation du A en O, issue d'un parler local et au fil du temps, entraînant une signification différente selon le terme employé.

Malheureusement, ces constatations ne sont que des suppositions et manque encore ce qui constituerait une preuve indéniable ...

JD

Q6f.

Bonjour cher ami

Je vous suggère qq. termes et expressions nouvelles.

B : Braillettes : Pantalons courts . "Ce niston, il se prend pour une homme,qu'il est encore en braillettes!"
C : Caisse. (Nouveau terme) A Saint Jean du Var, le carrefour de " La Caisse de mort ", se situe à l'embranchement des routes de Brunet et de La Palasse, à quelques mètres de l'emplacement de l'ex-cinéma "Odéon ". La photo de couverture de l'ouvrage de G. Bonnefoux, " 100 ans de transports toulonnais ", représente une motrice à cet endroit précis, devant cet immeuble d'angle, qui existe toujours et qui a effectivement la forme d'un cercueil.
Collègue : Ami, copain. Oh! mon collègue, comment vas ?
F : Fatiguer ( autre définition) " Quand ça monte, je fatigue ! "
Fatiguer la salade : La retourner dans la vinaigrette.
P : Petits pieds (avoir les ) : Etre enceinte . " Sabès ! cette nistonne, c'est quéqu'un, à peine elle fréquente, qu'elle a déjà les petits pieds ! "
R : Rester (autre définition) : Se porter. Oh! Zé, comment tu restes ? Comment tu vas ?.
V : Vinaigre (faire) (autre définition ) Faire vinaigre: se dépécher." Zou! ma nine, fais vinaigre, qu'on va être à la bourre !"

A d'autres ...

Amitiés

JD

Q6g.

Cher ami

Je vous transmets cette anecdote d'un personnage bien connu des anciens toulonnais.

P: Pétomane. (Anecdote). Le boulanger marseillais, Joseph Pujol, vedette de music-hall des années 1900, fit crouler de rire, à la Belle Epoque, les villes de France et de Navarre avec son numéro de pétomane. Après l'armistice de 1918, il cessa cette activité et reprit son métier de boulanger à Marseille. Vers 1920, il ouvrit une biscuiterie à Toulon, où il était venu s'installer. Il y mourut en 1945.

Amitiés

JD

R6.

Cher ami,

(...). J'ai bien reçu vos précédents messages sur les autres espressions provençales et vous en remercie. Je suis un peu retard dans la mise à jour des pages de mon lexique sur internet à cause du manuscrit qu'il me faut absolument boucler pour Géhess avant la semaine prochaine.

JCA

Q7a.

Cher ami,

Voici qq nouvelles expressions que j'entendais étant minot:

C : Charcler : Manger. " Je me dépèche d'aller charcler, qu'après, je dois faire d'herbe pour les lapins... "
Cent ans de dimanche : Il y a belle lurette.
Chose : Mot employé pour désigner une personne dont on a oublié le nom. " Tu le savais déjà ? " Eh vouei, oh, pauvre !c'est ...c hose qui me l'a dit, il y a cent ans de dimanche !!!
G : Gratons : petites pierres. " Gu, allez ah, sois brave!, lève-moi les gratons, que je risque de faire un nari !... "
P : Peu que peu : Tant bien que mal, Bon an, mal an. " Je ne suis pas encore trop gaï , mais peu que peu, je remarche... "

A très bientôt.

Amitiés

JD

Q7b.

Bonjour cher ami

Je vous joins ces qq termes locaux:

B : Boudie ! exclamation, variante de Bon Dieu, boun diou. "Bou die ! qué chaleur ! "
E : Esbigner (s') : S'enfuir, s'échapper. " Ils n'ont pas pu l'aganter, il a réussi à s'esbigner ! "
G : Grinchou : Avare . Radin .cf rapia, raspi. " C'est tout ? eh bè! qué grinchou! "
R : Raspi : Rapia. cf grinchou.
S : Saper. Etre bien habillé. " Pétard! aujourd'hui, tu sapes ! "
Sègue: Pignole, branlette.
T : Tutti quanti : Et tout le reste.
Trau : Trou. "fan de pétan ! Qué trau !

A bientôt

Amitiés

JD

Q7c.

Bonjour cher ami,

Quèques termes locaux:

C : Coucarin: Quelque chose, dans le sens de beaucoup. "Aque ces aludes, des rigaous, j'en ai aganté coucarin ! Un vrai chaple !...
S : Sécretaire: Prononciation déformée de secrétaire. "Sa femme, elle est sécretaire à la mairie !"

Bonne journée et a bientôt

JD

Q7d.

Cher ami

Suggestions de qq. termes et expressions:

Cafalo : Du provençal caféli ou cafélo : le pou. C'est le nom qu'on donnait autrefois aux petits joueurs dans les jeux d'argent,aux pigeons qui jouaient les durs et se laissaient facilement plumer, aux cavets comme on dirait aujourd'hui, en argot. De nos jours, désigne un pauvre bougre, qui se donne l'air d'être ce qu'il n'est pas et ne dupe personne.
Gonfler : tu me gonfles ! Tu m'enerves ! Tu me fatigues !
Infractus : Déformation du mot. "il lui est venu l'infractus !"

Cordialement

JD

Q7e.

Bonjour cher ami
Gonfler: La meilleure définition est peut-être: Tu me saoules !

(elle ne m'était pas revenue hier .)

Amitiés

JD

Q7f.

Cher ami

Je vous soumets de nouveaux termes locaux :

Sapes : Vêtements de qualité. "Minot, déjà, il aimait les belles sapes".

Tanquer : Autre définition : Attendre, faire le pied de grue. "Elle est venue, mais elle m'a fait tanquer plus d'un heure !"

Tourner : Autre définition : Faire devenir. "Ce niston, i" me fait tourner en bourrique !"

Bonne journée et amitiés

JD


 

27 juin - 2 juillet 2010 : Le o final au féminin provençal

Q1.

Question orale sur le o final au féminin provençal par rapport au o final italien qui marque le masculin.

R1.

Cher Claudet,

Heureux de vous avoir rencontrés hier !

Je reviens sur ta question.

Le tout est de ne pas confondre prononciation et notation graphique dans cette histoire d'O, si j'ose dire.

On part du latin. Par exemple : TABULA.

Par paresse phonétique, les gallo-romans ont prononcé : TAULA

Le U latin se prononçant à peu près comme notre [ou], tu as le mot provençal : T[aou]LA.

Les différents graphies du provençal ont conservé la notation AU pour noter ce son diphtongué [aou] (cf. col du BABAU, noté par les

géographes français et leurs cadastres : col du BABAOU).

Mais revenons à notre finale féminine : A

Elle est prononcée exactement comme notre E qui n'est pas muet dans l'accent méridional traditionnel : la TABLE - c'est un E ouvert entre A et O.

La graphie classique des archives administratives provençales a conservé le A latin jusqu'au XVIe siècle, ce qui avait aussi l'avantage de marquer la parenté avec l'italien et l'espagnol.

Ensuite, les graphies patoisantes, puis la graphie mistralienne ont choisi de noter ce son par un O.

Mais si tu parles provençal, tu diras : TAULO, avec un O final qui est toujours entre A et O.

Mais, comme nous le remarquions hier, quelqu'un qui ne connaît pas la langue et s'en tient à la graphie prononcera à la française, en mettant l'accent tonique non pas sur la TAU, mais sur la finale / TAULÀ, TAULÒ... (il ferait pareil pour les mots italiens et espagnols).

Amitiés

RM

Q2.

Cher René,

Merci beaucoup, pour ta réponse extrêmement claire et précise à ma question du o final en féminin provençal.

Sur un tout autre sujet, j'avais promis de rechercher l'article publié dans Var-Matin (8 avril 2010) par JD à la suite de la disparition de RN. C'est là qu'il le classe dans le « panthéon des Seynois républicains » !

Je te l'envoie ci-joint (je l'ai envoyé aussi à Jacques Denis), ainsi qu'un autre article-souvenir, de 1958 je crois, où le nom de RN est cité dans l'agression armée de Gaspard Francioli.

Amitiés. J'espère qu'il ne s'écoulera pas encore plusieurs années avant qu'on ne se revoie.

Claudet Autran

R2.

Cher Claudet,

J'ajoute les précisions suivantes à mon dernier courrier qui traitait de ce "o" final, en fait prononcé un peu comme "œ" dans le "œuf" du français. Je le note ici "a" en finale pour éviter la confusion avec les autres "o".

Le provençal prononce le "o" accentué bien différemment de la prononciation française.

Et cette articulation est demeurée dans l'accent méridional du français. Cf. la prononciation de "rose" ici et au nord de la Loire.

Ce "O" a eu un destin curieux, que l'on peut comprendre en prenant l'exemple français de : "rose", "rosé". Il est clair ici que dans "rose", avec accentuation sur "ro", on a un "o" ouvert, et que ce "o" devient un "o" fermé lorsqu'il n'est plus accentué.

Le phénomène a été général en provençal et le "o" fermé de la syllabe non accentuée est tellement fermée qu'elle est devenu carrément un "ou". Je marque l'accent tonique par le signe : `

Cf. en provençal classique : ròsa rousèta. tòni > tounièta.

C'est ainsi que "bocha" (la boule) a donné "bouchoun". Alors que le commun des mortels se demande ce que vient faire un bouchon dans le jeu de boules. C'est tout simplement la petite boule.

A noter encore que le "o" ouvert se diphtongue presque spontanément lorsqu'il est suivi d'un "r" : cf. pòrta > pouarta. fòrt > fouart. pòrc > pouarc....

A l'entrée de "Bormes", tu as par exemple le panneau "Bouarmo".

Etc.

Amicalement,

RM

Q3.

Merci encore, René, pour toutes ces précisions.

Bien que n'étant pourtant pas Parisien, j'étais de ceux qui n'avaient pas réalisé le lien entre "bocha" et "bouchoun" (1).

Amitiés,

Claudet

(1) En fait, je l'avais bien noté dans mon "lexique provençal" à l'article bocha, mais c'était sorti de ma mémoire.


 

16-20 avril 2010 : Lexique des termes provençaux

Q1.

Monsieur AUTRAN,

je me permets de vous adresser ce message pour vous demander comment pourrais-je éventuellement me procurer le "Lexique des termes provençaux" de Monsieur Marius AUTRAN ? J'ai pu consulter ce lexique sur le site http://jcautran.free.fr.

Je me nomme PVJ, je suis retraité et passionné par les langues et leurs origines.

Je suis domicilié à La Londe-Les Maures (...).

Mon adresse "E-mail" est la suivante: (...).

Je vous remercie de l'attention que vous voudrez bien porter à ma requête, et vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de mes sentiments distingués.

PVJ

R1.

Bonsoir Monsieur,

Merci pour votre message.

Mais, je suis désolé, il n'y a jamais eu de version papier du "Lexique des termes provençaux" de Marius AUTRAN. La seule version existante est celle que vous avez pu consulter sur internet, que j'ai constituée à partir des termes provençaux et des "mots d'ici" cités dans les différents ouvrages de mon père, puis à partir de la "mémoire familiale".

Je me permets cependant de vous indiquer qu'il existe un lexique semblable au mien publié, lui, sous forme d'ouvrage, par mon ami Serge Malcor (beaucoup de termes sont communs à nos deux lexiques). Je pense qu'il doit lui en rester quelques exemplaires. L'ouvrage s'appelle "Les maux des mots" et peut être commandé chez l'auteur :

M. Serge Malcor (...).

Ou par son adresse électronique : (...).

Par ailleurs, si vous êtes passionné par les langues, vous connaissez sans doute mon ami René Merle, écrivain et grand spécialiste des langues occitanes, qui a créé un très riche site internet : http://rene.merle.charles.antonin.over-blog.com/

Cordialement,

Jean-Claude Autran 

Q2.

Monsieur AUTRAN,

je vous remercie d'avoir bien voulu répondre à ma demande concernant le "Lexique des termes provençaux" de Monsieur Marius AUTRAN.

Suivant votre conseil, je vais me rapprocher de Monsieur Serge MALCOR, en espérant qu'il lui reste un exemplaire de son ouvrage.

Par ailleurs, je ne manquerai pas de visiter régulièrement le site jcautran.free.fr, qui est remarquablement réalisé.

Cordialement.

PVJ


 

2-9 avril 2010 : Dimension provençale de la vie de Marius Autran

Q.

Bonjour

Nous ne nous connaissons pas et je vis à Tahiti après avoir vécu longtemps en Provence. Je suis tombé par hasard - mais peut-être n'y a-t-il pas véritablement de hasard - sur le site que vous avez créé à la mémoire de votre père. Arrivé à la fin, j'ai les larmes aux yeux : à la fois pour ce magnifique exemple de piété filiale te surtout pour la vie admirable qui a été celle de votre père. Vous pouvez en être fier.

Juste une remarque : je suis occitaniste et, à un certain moment, vous évoquez cette dimension provençaliste dans la vie de votre père qui a prononcé des conférences en provençal.

René MERLE qui est le fils de Toussaint MERLE est un grand militant occitaniste. Peut-être pourriez-vous évoquer cette dimension provençale de la vie de votre père.

Merci encore

JCP

R.

Bonjour,

Merci beaucoup pour votre message, auquel j'ai été très sensible.

Je retiens votre suggestion de davantage évoquer la dimension provençale de la vie de mon père.

A noter que, dans la conférence "Marius Autran, une vie" que j'avais faite en 2007 et 2008, j'avais rappelé l'enfance de mon père passée en partie auprès de ses grands parents :

« Cette période heureuse de vie libre va grandement influencer ses goûts futurs et les choix qu'il fera dans sa vie : amour de la nature sauvage, attachement à son indépendance et à sa liberté d'action.

D'autres éléments sont encore à noter, qui vont l'influencer durablement. Par exemple, ses grands-parents ne parlent entre eux que le provençal, ils ne parlent guère le français que lorsqu'ils descendent en ville, et encore. Le jeune Marius va donc être très tôt initié à la langue de Mistral et il la parlera assez bien toute sa vie, en famille ou avec certains amis ».

Par ailleurs, je connais bien René MERLE. Et d'ailleurs, dans son site, dans un article en langue d'Oc, il rappelle la visite faite à La Seyne avec les provencialistes de l'AVEP, en compagnie de mon père :

« Aquéu dimenche 6 d'óutobre, qu'èra lou quaranto-unen coulòqui de 'AVEP, erian... quaranto-un, vesès un pau ! Fasié un pichoun tèms fouaço tapa ; n'en vouas de niéulo ! Mai sian esta escàpi de douas ravasclado, un còup au restaurant, un autre còup à Balaguié. Vaqui lou rendu-comte de Reinié Merle que beilejé la journado en coumpagnìo de son ancian mèstre d'escolo, l'istourian segnen Marius Autran.

« Lei entresegne de la visito soun esta douna per Marius Autran e Reinié Merle, toutei dous de vieillo famillo segnenco. M.Autran a publica fouaço libre sus l'istori de La Sègno. A fa l'escolo a de generacien de Segnen e es esta lounten elegi a la coumuno ».

etc.

Bien cordialement à vous,

Jean-Claude Autran


 

11-16 mars 2010 : Moulin a rusco

Q1.

Monsieur,

Merci pour votre site !

Je suis à la recherche d'une photo du moulin à rusco et de témoignage de ceux qui ont pratiqué la teinture ( à quelle périoode etc???) juste pour une petite étude universitaire .

Avez vous possibilité de m'aider ?

Bien à vous

SK

R1.

Bonjour,

Je n'ai malheureusement rien de précis à vous communiquer sur ces "moulins a tencho" ou "moulin a rusco", ni photo, ni témoignage.

Vous pourriez cependant essayer de contacter de ma part M. Henri Ribot, archéologue et historien, membre de l'Académie du Var (...), qui, il me semble, a montré une photo ou une ancienne caarte postale d'un tel moulin lors d'une conférence-diaporama qu'il a faite la semaine dernière à La Seyne.

Peut-être pourra-t-il vous aider.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Bonjour,

Vous êtes adorable merci beaucoup.

Merci également pour votre site qui a donné les premières informations : chacun dans son coin mène un petit bout de travail et au final : tout s'emboîte pour la Mémoire d'activités disparues.

Le contact de M Ribot est extrêmement précieux

Bonne journée !

SK


 

7-21 mars 2010 : La cabucelle, Faire la cabucelle

Q1.

Bonjour Monsieur Autran

J'ai toujours entendu dire "faire la cabucelle" lorsque l'on se contente de refaire son lit sommairement, en remontant simplement draps et couvertures, sans le défaire entièrement et l'aérer au préalable, comme il était coutume de le faire quotidiennement dans les ménages provençaux d'antan.

Peut-être s'agit-il d'un usage très localisé ? (Haut-Var) ?

Cordialement

RC

R1.

Bonjour,

Je ne me souviens pas d'avoir entendu cette expression par ici, mais je l'ai effectivement trouvée dans plusieurs lexiques du Parler Provençal : « faire la cabucelle peut équivaloir à refaire le lit sommairement, "baptiser" le lit, comme on dit aussi ». Mais je ne sais pas exactement dans quelles régions de Provence elle est localisée.

Le dictionnaire de Frédéric Mistral ne la mentionne apparemment pas. Le mot cabussello, avec de nombreuses variantes comme curbecèu, curbecello, cabecèu, cabucelo, cubecello, etc. y a la signification de « couvercle d'un pot d'une marmite, d'un grand vase en général », également de « couvercle d'une boite, d'un coffre ». Faut-il y voir une relation avec un dessus de lit pour expliquer l'expression faire la cabucelle ? (Car curbèiro, curberello, désigne « celui, celle qui couvre ») ?

Autres expressions avec le mot cabucelle : A Marseille, un pot de terre à couvercle est un toupin, et son couvercle une cabucelle. « Chaque toupin trouve sa cabucelle » (on trouve toujours chaussette à son pied). Plus familièrement la cabucelle désigne la femme, l'homme étant pris pour un toupin : « Chaque toupin trouve sa cabucelle ».

Egalement, pour Frédéric Mistral, curbecèu de la testo désigne le crâne, la boîte crânienne. Et dans ma région, cabucelle désignait, par extension, la tête elle-même, ou le chapeau (comme quelque chose qui couvre). Pour un fou, un fada, on disait familièrement : « il est sinistré de la cabucelle... ».

Voilà ce que je pouvais vous dire à propos de ce mot.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Merci pour ces précisions. "Faire la cabucelle" pourrait donc être une expression très localisée, plus précisément région Aups-Salernes, d'où sont originaires mes parents.

Quant au "toupin" de Marseille, il me rappelle "lou tapaléou" de mon enfance, on retrouve le "t" initial. C'est le couvercle des ustensiles de cuisine, d'une façon plus générale le couvercle de tout récipient ("mette lou tapaléou !"). C'est aussi un ciel bas, chargé de nuages qui annoncent la pluie ("l'y a lou tapaléou !").

Cordialement

RC

R2.

Bonjour,

Le dictionnaire de Frédéric Mistral ne mentionne pas explicitement ce mot "tapaléou" ou cette expression "mettre lou tapaléou" avec le sens que vous donnez, qui doit donc être également assez localisé.

Mais ce sens est bien accord avec l'étymologie provençale tap, bouchon, tapa, boucher, fermer, couvrir, cacher. On peut donc comprendre que tapalèou (ou tapalèu, taparèu) ait été utilisé pour couvercle, ou pour le ciel qui se couvre.

Frédéric Mistral ne semble pas l'avoir retenu : dans son dictionnaire on ne trouve, pour taparèu, que les sens : 1) battoir, gros bâton, gourdin, billot ; et 2) petit tertre, petite butte.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

18-25 février 2010 : Traduction française de Coupo Santo et des textes de Mistral et de Balaguer

Q1.

Appel téléphonique de MF

R1.

Bonjour,

J'ai réfléchi à votre question de traduction dans l'article Coupo Santo de Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Coupo_Santo.

J'ai peur cependant de ne pas être suffisamment expert pour vous apporter des certitudes.

Mais, en se référant au Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral, il apparaît quelques divergences avec la traduction de Wikipedia : « C'est une coupe de forme antique, posée sur un manche. De chaque côté de ce manche, se trouvent deux jolies figurines qui, comme des sœurs, représentent la Catalogne et la Provence. »

D'abord, conco y est traduit par : « conque, grande coquille, bassin d'une fontaine, vasque, cuvette, bassine, auge, maie, etc. », mais pas réellement par coupe.

Ensuite, je ne trouve pas de lien entre paumié et manche. Pour Mistral, paumié est clairement « le palmier, également une variété d'olivier, ou encore un pèlerin qui revient de Jérusalem avec une palme ». Les traductions provençales que je trouve pour le mot manche (au masculin) sont : manche, vergo, enfust, ou fauquié. Je ne trouve pas de paumié.

D'ailleurs, on trouve des traductions de ce texte relatif à Coupo Santo, légèrement différentes de celle de Wikipedia, et davantage conformes au dictionnaire de Frédéric Mistral, sur de nombreux autres sites internet, en particulier :

http://lespapetsprouvencau.e-monsite.com/rubrique,la-coupo-santo,107389.html
http://www.carces.fr/hymne_provencal/index.htm
http://www.whebdo-st-genies.com/Traditions/CoupoSanto/couposanto.htm
http://wikiwix.com/export/export.php?backend=html&url=http://fr.wikipedia.org/wiki/La%20Coupo%20Santo
etc.

qui, tous, écrivent : « La coupe, de forme antique, est une conque supportée par un palmier contre lequel s'appuient deux statuettes, les deux sœurs ! L'une représente la Catalogne, l'autre la Provence. »

Et, pour le texte de Balaguer : « La Provence a le bras autour du cou de son amie, ainsi elle lui témoigne son amitié ; la Catalogne met sa main droite sur son cœur et semble lui dire merci. Au pied de chaque figurine, il y a les armoiries qui la désignent. On peut lire autour de la conque "Présent offert par les patriotes catalans aux félibres provençaux pour l'hospitalité donnée au poète catalan Victor Balaguer en 1867"

Sur le socle, sont finement gravés les vers

"On la dit morte

Mais moi je la crois vivante" »

Voilà ce que je peux vous dire. Mais, je vous le répète, je ne suis qu'un amateur. Je n'ai pas de culture occitane très pointue, je ne fais que reproduire ce que je trouve dans les livres, notamment celui de Frédéric Mistral.

Je reste néanmoins à votre disposition si vous voulez que j'approfondisse encore cette question, ou tout autre question que vous auriez.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Cher Mr Autran, bonjour ,

Suite à mon coup de tel , je me permets de vous joindre à nouveau. Je vous demandais de relire les contributions apportées à la page" Coupo santo" , sur WIKIPEDIA. Page sur laquelle j'ai traduit 2 textes ; vous aurez par ce mail mon adresse (je profite de vous laisser mes coordonnées complètes: (...). J'ai lu avec beaucoup d'intérêt certaines pages des écrits de votre père, à propos de Martini, mon propre père y ayant été élève, le nom de Mr Aillaud m'était très familier (ainsi que les méthodes fermes qu'il employait aux dires de mon père) . Le ton enjoué et toujours imagé de votre père me semble très vivant, propice à captiver le lecteur et très représentatif de son caractère méridional . Vous souhaitant bonne continuation, et vous remerciant par avance , je vous prie de recevoir mes salutations sincères .

MF

R2.

Cher MF, Bonjour,

J'avais bien enregistré votre question et j'y ai répondu peu de temps après. Je m'étonne que vous n'ayez pas reçu ma réponse.

Voici, ci-après, la copie du message que je vous avais envoyé (le 20/02/10 18:01).

JCA

Q3.

Bonjour à nouveau, JeanClaude,... (moi c'est Michel),

Un grand merci pour votre réponse, en effet je ne l'avais pas eue, mystère des boîtes mail, parfois.

Le fond est intéressant, et avoir le dictionnaire de F. Mistral s'avère indispensable. Le mot "paumié" me semblait provenir de paume (poignée) c'est la raison pr laquelle je l'avais traduit ainsi, mais votre éclairage en "palmier" est fort utile ; j'ai bien noté l'ensemble de votre réponse, encore merci .

Je pense que nous resterons en contact, car , bien que vivant en Bretagne, le coeur est resté seynois, d'ailleurs, si Seyne vient de siagne, j'habite une commune : "Séné" dont le nom provient sans doute de senne, filet de pêche, et village ancien de marins, proche de Vannes (connu aussi pour ses "sinagots" grosses chaloupes de pêche, à deux mâts non haubanés, typiques du golfe du Morbihan).

Salutations cordiales,

MF


 

10-13 février 2010 : Gourgoulino

Q.

Bonjour Jean Claude. Une de mes amies (au site merveilleux, Solimages.fr) me demande la signification du mot GOURGOULINO.
« Est-ce que ce mot ne serait pas par harsard du "patois toscanoprouvençotoscan"
Avec une amie, nous avons traduit l'article du  Seynois, mais je bute sur un mot "gourgoulino"  dans cette phrase :
Touto une filousoufio de la vido gourgoulino dins aquelo fraso.
Je pense à un mot comme vie passionnante ou remplie d'après le sens de la phrase ».

Pourrais tu la ou, me renseigner?

Il s'agit de SA, dont on parle dans "Le Seynois"

Amitiés

HG

R.

Bonsoir Henri,

Je ne connaissais pas ce mot de gourgoulino, mais en cherchant dans Lou Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral, j'ai trouvé la définition suivante :

GOURGOULINO : « Cruchon, alcarazas, petite cruche de terre où l'on tient l'eau fraîche ».

D'autres termes ont à peu près la même signification : gargouleto, dourgueto, boutèu, bardaco

Dans la même famille, on trouve aussi le verbe gourgoulina, qui signifie bouillonner, boire à la régalade, gargariser, siroter.

Je pense que cela répond à la question, en prenant bouillonner au sens figuré.

Amitiés,

Jean-Claude Autran


 

4-8 février 2020 : Escandillade

Q.

Bonjour,

Je ne trouve pas dans la lettres "E" le mot Escandillade qui signifirait "rayon de soleil (ou éclaircie) dans un ciel plombé".

Je l'ai entendu dire par quelques "vieux" du village (au sud d'Avignon, dans le 13 au bord de la Durance).

Pouvez-vous m'éclairer ?

Merci d'avance et bravo pour votre contribution au Provençal.

Cordialement

JCR

R.

Bonjour,

Mon "lexique provençal" est composé essentiellement des mots utilisés autrefois dans ma famille, et dont j'ai pu garder le souvenir. Beaucoup sont typiques de la Provence maritime ou de l'Ouest-toulonnais.

Le mot Escandillade ne figure pas dans mon lexique car je ne me souviens qu'il ait été utilisé dans ma famille.

Mais, après recherche dans Lou Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral, je peux vous confirmer que ce mot, ainsi que d'autres de la même famille (avec des graphies un peu différentes, mais, on comprend que phonétiquement, il ait été prononcé ou transcrit comme Escandillade) font bien partie du vocabulaire provençal. Par exemple :

ESCANDIHADO, ESCANDAIADO, EICHANDILHAU, s.f. Echappée de soleil, moment où le soleil apparaissant à travers les nuages, darde ses rayons avec plus d'ardeur que de coutume, coup de soleil.
ESCANDIHA, ESCANDILHA, EICHANDILHA, v. Brûler, en parlant d'une échappée de soleil. Escandilho, le soleil darde.
ESCANDIHOUN, ESCANDILHOU, s.m. Brula coume d'escandihoun, brûler comme des allumettes.

etc.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

9-11 novembre 2009 : Rugby sans frontières

Q.

Bonjour,

Je souhaite traduire en Provencal "Rugby sans frontieres" pour les besoins de l association du meme nom

Voila a quoi je suis arrivé " Rugby Sèns Frountiero "

Pouvez vous me confirmer ou me corriger ma traduction

Merci d avance

Cordialement

GB

R.

Bonsoir,

Je pense que votre traduction est correcte, mais, en provençal, il y a très souvent, pour un même mot, plusieurs variantes régionales ou locales.

Je ne sais pas si vous êtes dans le Var, comme moi, mais ici il me semble que pour dire sans, on utilise plus souvent sènso que sèns (d'après le dictionnaire de Frédéric Mistral, sèns serait plutôt utilisé dans la région de Toulouse). Et il y a d'autres variantes dans les autres régions : sanso, sense, sanse, etc. Egalement, il est vrai que rugby peut se traduire en provençal par le même mot rugby. Mais comme le y n'est, en principe, pas usité dans la langue provençale d'origine, on trouve parfois aussi (voir par exemple dans le Pichot diciounàri de Jules Coupier) pour rugby le mot rubi.

Alors, à vous de voir, selon votre région, parmi les différentes possibilités (qui sont toutes grammaticalement correctes) ce qui sonne le mieux à l'oreille : "Rugby sènso frountiero", ou "Rubi sènso frountiero", ou Rubi sèns frountiero", etc.

Je reste à votre disposition.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

5-18 octobre 2009 : Emploi du mot quinquarinette

Q1.

Originaire de la partie occitane de la Charente (façade est de la Charente), je rédige un glossaire de ma région natale. dans celui-ci je référence la quinquarinette (coime d'arbre). Ce mot - inconnu en français et introuvable sur le net - était recensé par votre père dans les mots rares. Or ce mot était employé chez moi en dialecte exactement dans le même sens.

Auriez vous une idée d'où il le tenait et si lui-même l'usitait. J'ai mon idée là-dessus et notamment une déformation de l'anglais "" king-coronet "" en rapport avec la couronne de feuillage des arbres de mai notamment (pas les arbres commémoratifs, mais ceux liés à un rite de fécondité comme en allemagne). Mais p. être fais-je fausse route ????  Aussi je suis toutes les ''pistes''

Toute ma sympathie,

JF, Limoges

R1.

Bonjour Monsieur,

Merci pour votre message et pardon pour le retard avec lequel je vous réponds.

Le mot "quinquarinette" figure bien dans mon lexique. Ce n'est pas mon père qui l'avait recensé, car c'est bien moi qui ai construit ce lexique (qui contient encore bien des imperfections) au fil des années et qui continue de l'alimenter avec des mots rencontrés au cours de mes lectures et que je juge "intéressants".

A chaque nouvelle entrée, je m'efforce actuellement de faire figurer, après la définition, un passage de l'ouvrage dans lequel j'ai découvert ce mot, son titre et le nom de l'auteur.

Malheureusement, pour ce mot quinquarinette j'ai dû, à l'époque, négliger de noter entre parenthèses le titre de l'ouvrage, de sorte que je me trouve incapable de vous préciser ma source. D'après les versions successives de mes fichiers, j'ai retrouvé que ce mot a été entré fin 2003 ou début 2004. J'ai pensé que ce pouvait être dans l'un des romans champêtres que j'ai lus ou relus à l'époque comme La mare au diable ou La petite Fadette de George Sand. Ce qui aurait signifié que ce mot quinquarinette appartient au patois berrichon. Mais, en parcourant de nouveau ces livres, je n'ai toujours pas pu y retrouver ce mot !

Je suis vraiment désolé. Je vais essayer de rechercher encore dans les autres ouvrages que j'ai pu lire à l'époque. J'espère pouvoir vous renseigner, même si ça doit prendre encore un peu de temps.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Bonsoir,

C'est vraiment très sympa de votre part. En effet, en dépit de 'pistes' sérieuses, je n'ai pu déchiffrer l'étymologie de ce mot employé, comme j'ai dû vous le dire, dans la partie limousine de la Charente (le limousin 'central' emploie quincarotte ou quinque).

Bien cdlt,

JF

Q3. (27 décembre 2010)

Bonjour

Mon fils lit à l'école le livre "4 du cours moyen" de Leonce Gourliague aux éditions Magnard. Il figure en page 14 le mot quiquarinette.

Je suis allée chercher la signification sur internet et vous y faites référence en date du 5-18/10/09.

En revanche l'explication donnée n'est pas trés claire.

Pourriez-vous nous expliquer la signification du mot quinquarinette ?

Cordialement

VKA

R3.

Bonjour,

L'explication (personnelle) que je donne du mot quinquarinette se trouve dans mon “lexique”, à la lettre Q (http://jcautran.free.fr/archives_familiales/linguistique/sem/sem_q.html). Il s'agirait de la « Cime des arbres, là où se les pies construisent habituellement leurs nids ».

Ceci dit, ce terme avait, par ailleurs, fait l'objet d'échanges dans la section "forum" de mon site (
http://jcautran.free.fr/archives_familiales/forum/lexique_provencal.html#140), dont il ne ressortait en effet aucune explication claire, du fait que je n’avais pas retrouvé l’ouvrage où j’avais lu ce mot. Je pensais l’avoir rencontré dans l’un des romans champêtres de George Sand, car j’avais noté la phrase suivante : « D'un clin de l’œil droit, elle vous construisait un grand nid de fagot et de brindille à la quinquarinette de n'importe quel arbre », mais je n’ai jamais pu retrouver le passage en question, ni dans La Petite Fadette, ni dans La Mare au Diable.

Et c’est grâce à votre message que je retrouve l’une de mes sources, et je vous en remercie. Effectivement, le mot se trouve bien à la page 14 de Quatre du Cours Moyen de Léonce Bourliaguet (j’ai la même édition que vous). Et je vais donc rajouter cette nouvelle source lors de la prochaine mise à jour de mon lexique.

Il est donc possible que ce terme ait appartenu à un patois régional du centre ouest de la France, où Bourliaguet était né et avait vécu. Mais, jusqu’ici, je ne suis pas arrivé exactement à savoir si le terme venait plutôt du Périgord, du Limousin ou du Berry ? Je vais poser de nouveau la question dans mon forum.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q4.

Je vous remercie beaucoup pour youtes ces explications

Cordialement

VKA


 

17-18 septembre 2009 : Signification du mot besson

Q1.

Bonsoir J Claude.

Le mot "besson" veut dire quoi en provençal ??? Ane ???

Merci du renseignement.

Amitiés.

HG

R1.

Bonjour Henri,

Je ne sais pas si ta question était en rapport avec le nom du ministre de l'immigration, mais je n'ai encore jamais entendu dire que besson pouvait signifiait âne.

Besson est un vieux mot français (du lat. bis, deux fois), qui a son équivalent provençal bessoun, et qui signifiait jumeau, tant pour les humains (moun bessoun, mon frère jumeau), que pour les animaux (brebis), les fruits (amelo bessouno, amande double), les objets (panié bessoun, panier double). Li Bessoun, les Gémeaux, signe du zodiaque, etc.

Localement, il me semble qu'on parlait de bessons plutôt que de jumeaux, pour désigner deux enfants jumeaux excessivement attachés l'un à l'autre et qu'il était difficile de séparer dans la vie. Par exemple, dans le roman de George Sand, La petite Fadette, il est beaucoup question des deux bessons Landry et Sylvinet.

Mais, en français moderne, il semble maintenant que le sens de besson soit limité aux jumeaux ou jumelles, en parlant d'agneaux.

Voilà ce que je pouvais te répondre.

Amitiés,

Jean-Claude

Q2.

Merci Jean Claude de ta réponse et autant pour moi. Tu as vu juste, c'était pour bien en rapport avec le ministre et pour dire un "bon mot "sur un autre site que je fréquente.

Je n'étais pas sûr de moi et j'ai préféré demander avant.

Merci encore Jean Claude et à bientôt

Amitiés

HG


 

13-15 septembre : Signification du mot caffalo

Q.

Je me souviens trés bien de ma mère qui employait ce qualificatif en parlant de mon frère Jean (quand il était jeune). "Que caffalo !". Ce qui voulait dire pour elle "c'est un sacré numéro !". Plutôt dans le genre "destroussi", canaille, crapule.

Plus tard, j'ai encore entendu ce même mot lors des conversations au sujet d'homme (adulte) cavaleur de jupons. C'est un drôle de "caffalo".

Je ne sais rien d'autre pour l'instant.

ID (Soeur de Jacques et Jean D de La Seyne).

Merci pour votre site. EXTRA.

R.

Bonjour,

Merci pour votre message.

Ce terme "caffalo" a dû être employé dans des sens différents d'une région à une autre et même d'une famille à une autre. Je prends note des différents sens qui lui étaient attribués chez vous (sacré numéro, "destrussi", cavaleur, etc.) et je vais les faire figurer dans la rubrique du "forum" de mon site consacrée aux mots provençaux.

Mais, curieusement, dans ma famille, comme cela apparaît à la lettre L de mon "lexique provençal", "caffalo" désignait plutôt un imbécile, un cornichon, un maladroit, etc. Et je suis toujours à la recherche de l'étymologie du terme. Même René Merle ne la connaît pas.

Je rencontre régulièrement votre frère Jacques. Je vous ai aussi connue très jeune enfant (je me souvenais de votre prénom) puisque nous habitions alors au second étage, de l'autre côté du boulevard.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

9-15 septembre 2008 : Signification du mot fuste

Q1.

Bonjour,

Que désigne exactement le terme "fuste" en Provence?

Merci.

Cordialement,

DP

R1.

Bonjour,

Je n'ai rencontré qu'une fois le mot "fuste", c'était dans le roman de René Merle, "Opération Barberousse", paru en 2001. : « Des navires du XVI° siècle, galères, bregantins, fustes, caraques, lahuts, felouques, etc. ».

Il ne me semble pas que ce soit un mot provençal. Ici, fuste (nom féminin) désigne en vieux français une sorte de bâtiment long et de bas bord, qui à voiles et à rames. Le terme dériverait du latin fustis, bâton.

Est-ce bien cette définition que vous recherchiez ? Car, en langue provençale, il existe aussi des mots proches de fuste : la fusto désigne une poutre, un bois de construction, une grosse bûche ; un fustié est un artisan qui travaille le bois ; un fustet est aussi une petite cuiller, une cuiller en bois ; un fustet désigne aussi un arbuste du genre sumac (Cotinus Coccygia).

Merci de me dire si l'une de ces définitions correspond au contexte dans lequel avez rencontré le terme "fuste".

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Merci infiniment pour vos explications. C'est "la fusto" qui m'intéressait:une vieille amie de la famille parlait de fustes pour désigner les chevrons dans un plafond à la française alors que le plafond provençal est fait de ques et de poutres.A avignon il y a la rue de la petite fusterie et la rue de la grande fusterie:lieux où on préparait les fustes?

Lorsque j'emploie le terme de fustes tout le monde me demande d'où je sors ce mot ; j'ai donc l'explication, même si "fusto" ne se traduit pas en français dans le même sens.

Merci encore d'avoir pris le temps de me répondre.

Bien cordialement,

DP

R2.

Re-bonjour,

Puis que c'est le sens "la fusto" que vous recherchiez, je vous recopie in extenso l'article avec les différents sens et les exemples d'expression que Frédéric Mistral en donne dans son Trésor dóu Felebrige.

FUSTO, HUSTO (gascon), (rom. cat. esp. port. it. fusta, lat. fustis), s.f. Poutre, v. molo, saumié, trau ; bois de construction, v. maiero ; grosse bûche, v. esclapo ; fût, futaille, v. bouto ; embarcation au 14e siècle, v. barco ; mur fait avec des pièces de bois grossièrement équarries et superposées, dans les Alpes, v. paret ; torse, taille ou stature du corps, v. mié.

Fusto embastado, poutre déjetée ; se coucha en fusto, se coucher de son long ; tros de fusto, morceau de bois ; cap de fusto, tête de bois, tête dure ; veissello de fusto, vaisselle de bois ; vèndre fusto e vin, vendre le vin et le tonneau, vendre son vin en fût perdu ; li fusto, les jambes ; un paquet de fusto, un paquet de greffes.

PROV. Court di dous bout, coumo la fusto de Manosco.

Cordialement,

Jean-Claude Autran



 

1er juin 2009 - 17 février 2012 : Serre, boudère (ou biderre), camin de ferre

Q1.

C'est une petite chanson pour les enfants qui commence par : serre boudère et je ne connais pas la traduction de ces deux mots, je connais la traduction de tous les autres mots de la petite chanson, sauf ces deux mots. Pourriez vous me répondre si vous en connaissez la traduction, car ma petite fille qui apprend des chansons en provençal, elle aime bien savoir, et me pose des questions. en vous remerciant d'avance.

RM

R1.

Bonjour,

Je n'ai malheureusement pas la réponse à votre question. Ces mots restent inexpliqués pour moi et figurent d'ailleurs dans mes « avis de recherches » :

http://pagesperso-orange.fr/marius.autran/documents_divers/avis_de_recherches.html#4

La phrase « Serre, Biderre, lou camin de ferre (le chemin de fer) » m'a été transmise par mes parents, qui l'avaient entendue dans leur enfance (vers 1920). Et je ne sais pas si elle a un sens ou si ce ne sont que des mots inventés pour la rime avec camin de ferre ? En provençal, serra signifie scier et serro, la scie. Mais boudère (ou biderre), je ne vois pas du tout.

Désolé. Mais si quelqu'un apporte un jour une réponse à mon avis de recherches, je vous la communiquerai.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2. (28 février 2010)
Bonjour,

Je découvre votre site qui est une véritable anthologie.

Si cela peut vous être utile, voici une précision à propos de l'expression "serre, boudere, camin de ferre".

Ma grand-mère récitait cette contine en berçant dans un mouvement d'avant en arrière ses petits enfants placés face à elle sur ses genoux et en cadençant le mouvement par les paroles : "sere, boudere, camin de ferre, touto l'aigo du moulin " et en terminant par un "guili-guili-guili" accompagné de chatouilles déclenchant des éclats de rire des enfants. A ma connaissance il n'y a aucune signification particulière à cette suite de mots, sinon l'aspect ludique de la grand-mère jouant avec ses petits enfants.

Cordialement

RC

R2.

Bonsoir,

Merci beaucoup pour ce renseignement. Je vais le rajouter à mon lexique provençal - lettre C, ainsi que sur le forum de mon site.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q3. (12 février 2012)

Bonjour monsieur Autran,

J'ai découvert votre site avec bonheur (une véritable mine d'or où l'on passerait des heures!!!) en cherchant les paroles d'une comptine qu'on me chantait lorsque j'étais enfant.  Assise sur les genoux de mes soeurs, on me balançait d'avant en arrière au rythme des vers.  Au dernier mot, leurs genoux s'ouvraient et, à mon grand plaisir, je "tombais" dans le vide.

Je voudrais transmettre ce jeu à ma petite-fille de 4 ans et apporter au Québec (où je vis depuis maintenant 44 ans) un peu de soleil de ma Provence natale.

Voici ce dont je me souviens (notez que mes souvenirs ne sont peut-être pas exacts)

Serre boudère
?????? (6 syllabes)
Lou toupin fa din din
La sartan fa din dan
Lei faiòu plouf ?? (2 mots ou 2 syllabes) 

Pouvez-vous m'aider à "rafistoler" ma mémoire ?

Je vous remercie de votre réponse et vous souhaite une belle journée

Votre site me réchauffe, me fait sourire, me rappelle des souvenirs d'enfance et me rajeunit !!!

PM (ancienne Crauroise)

R3.

Bonjour,

Merci pour votre message et vos commentaires sur mon site internet.

Concernant cette comptine, dont j’ai, moi aussi, un lointain souvenir, je crains malheureusement de ne pas pouvoir vous aider beaucoup.

Ce dont je me souviens, dans le langage de mes parents (qui l’avaient eux-mêmes entendu dans les années 1920), ce n’est que le début :

« Serre, biderre, lou camin de ferre (le chemin de fer) »

Mais une autre internaute se rappelait plutôt, comme vous, de « Serre boudère ».

En provençal, serra signifie scier et serro, la scie. Mais boudère (ou biderre), je ne vois pas du tout. Je ne sais pas si ce mot a un sens (je ne le trouve nulle part mentionné dans mes dictionnaires ou lexiques de provençal), ou si ce ne sont que des mots inventés pour la rime avec camin de ferre ?

Par contre, je ne connaissais pas la suite, que vous m’apprenez : Lou toupin fa din din, etc.

Vous savez sans doute que le toupin est un récipient, généralement pot de terre cuite muni d'un couvercle ; que sartan désigne la poêle à frire ; que lei faiòu sont les haricots. Donc, on semble avoir une suite d’onomatopées autour d’ustensiles de cuisine.

Si je retrouve un jour la comptine complète et l’explication du mot boudère, je ne manquerai de vous les communiquer.

Bien cordialement,

Jean-Claude Autran

Q4.

Merci infiniment monsieur Autran. 

Je vais pouvoir rajouter les mots qui me manquaient lorsque je vais avoir mon Éléonore sur les genoux. "Lou camin de ferre" s'intègre parfaitement dans l'air de la comptine de mon enfance. Je viens d'apprendre par mes soeurs (en France) que les deux dernières syllabes pourraient être "au sòu" (corrigez mon orthographe si c'est nécessaire).  Ça rime avec faiòu et correspondrait bien au geste de "tomber" dans le vide.

Je vous souhaite une belle journée.

PM

Note :  On doit être très vigilant lorsqu'on est sur votre site. Le temps passe tellement vite qu'on en oublie tout ce qui nous entoure !!!


 

27 novembre - 18 mars 2009 : Marius Autran, Jean-Claude Autran et la langue provençale

Q1.

Bonjour M Autran

Je viens de faire un petit tour dans le site que vous consacrez à la vie et l'oeuvre de votre père, et je me suis arrêté plus longuement sur le très fourni vocabulaire provençal qu'il utilisait. J'y ai trouvé beaucoup d'intérêt.

Je suis journaliste et le magazine de La Seyne, qui me demande de collaborer, me confie notamment une rubrique en lanque d'oc, sur la vie seynoise bien entendu.

Voudriez vous évoquer pour moi le rapport qu'avait votre père avec notre langue régionale ? Je pressens que cela pourrait faire un sujet intéressant pour le public de ce magazine.

Je me rends ce jour à La Seyne (je suis Aixois) pour mes premiers reportages sur place. Et vous pouvez bien sûr me téléphoner, pour une prise de contact (tel. 06 80 03 16 59). Si vous en êtes d'accord nous pourrions alors nous voir ensuite vers la mi-décembre.

D'ici là je consulterai plus avant ce fameux lexique. J'y ai trouvé un rapport intéressant entre la langue d'oc disons "classique" et les termes usuels français que les Seynois ont réutilisé à leur manière.

Quelques mots sur moi pour finir. Je collabore dans la presse économique à l'hebdomadaire Sud Infos (www.sudinfos.com et suis rédac chef adjoint du site d'information euroméditerranéen www.econostrum.info. Par ailleurs je réalise le mensuel bilingue Aquò d'Aqui (www.aquodaqui.jimdo.com) qui est un peu l'outil médiatique des professeurs d'occitan en Paca. Enfin je collabore au mensuel Accents, le gratuit du conseil général 13, pour lequel je réalise une page d'information en provençal, dans les deux graphies existantes. C'est sur cette base que le magazine de la seyne m'a demandé d'assurer la nouvelle rubrique qu'il propose.

Bien cordialement

MN

R1.

Bonjour Monsieur,

Merci pour votre message. Et pardon pour le retard à vous répondre. J'étais absent ces derniers jours et n'ai pas accédé à ma messagerie.

C'est avec plaisir que je vous rencontrerai vers la mi-décembre. Donnez-moi vos disponibilités et nous essayerons de trouver une date et un lieu de rendez-vous.

Pour répondre à votre question du rapport que mon père avait avec la langue provençale, je répondrai ainsi :

- Mon père était né en 1910, dans une famille de provençaux de souche. A cette époque, la plupart s'exprimaient plus souvent en provençal qu'en français, chez eux et même en ville. Mon père a très tôt entendu parler le provençal (avec particulièrement les expressions de la Provence maritime). De plus, pendant la guerre de 14-18, et jusqu'en 1920, mon père a passé la majeure partie de son enfance chez ses grands-parents (ses parents étant en Tunisie). Et ces grands-parents-là parlaient presque uniquement en provençal entre eux, et entre amis et voisins. Il a baigné dans cette langue dès l'enfance, et l'a ensuite mémorisée suffisamment pour la pratiquer à l'occasion, entre provençaux, toute sa vie.

- Il n'avait certainement pas toutes les bases littéraires ou grammaticales (pas autant que ses amis René Merle ou Gérard Tautil, qui sont des références en la matière), mais il le parlait et le comprenait bien.

- A noter qu'il fut parfois interviewé en provençal, notamment sur FR3-Midi-Méditerranée, à propos de la construction navale et de la reconversion des chantiers de La Seyne, en janvier 1994.

Je vous en dirai peut-être davantage quand nous nous rencontrerons, sur ce sujet, comme sur tout autre sujet qui pourrait vous intéresser.

A bientôt, donc.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

M. Autran

Merci de votre réponse. Vos propos me confirment qu'il serait intéressant pour le public du Magazine La Seyne de prendre contact avec la langue d'oc à travers l'usage qu'en avait votre père, si présent si longtemps dans la vie de sa commune. Puisque vous citez René Merle et Gérard Tautil, que je connais, je leur demanderai aussi quelques souvenirs. Compte tenu de la richesse de l'oeuvre de vote père, et de l'excellente tenue du site que vous lui consacrez je pressens que vous serez pour mon travail une source régulière de sujets, si vous le voulez bien.

Selon la date de bouclage du n° de février du magazine La Seyne, je serai amené à venir soit à mi-décembre, soit début janvier. Je vous demanderai rendez vous dès que j'en saurai plus, et de toute façon une dizaine de jours à l'avance, en espérant que vous ayiez quelques disponibilités. D'ici là je vais m'intéresser de façon plus sérieuse au vocabulaire contenu dans votre site internet afin de vous proposer une thématique (la vie marine, la botanique, etc.)

La bibliothécaire Annick Rohant de Fleury, qui m'a reçu la semaine passée, et qui m'avait fortement conseillé votre site internet, m'a au passage indiqué que vous étiez scientifique attaché au CNRS, mais j'ai oublié dans quelle discipline. Pourriez vous me le préciser svp ?

Bien cordialement et en vous souhaitant un excellent dimanche.

MN

R2.

Bonjour Monsieur,

Voici la précision que vous souhaitiez avoir sur mon parcours professionnel :

La bibliothécaire Annick Rohant de Fleury, qui m'a reçu la semaine passée, et qui m'avait fortement conseillé votre site internet, m'a au passage indiqué que vous étiez scientifique attaché au CNRS, mais j'ai oublié dans quelle discipline. Pourriez vous me le préciser svp ?

En fait, j'étais Directeur de Recherches, non pas au CNRS, mais à l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) (à Paris, puis à Montpellier) dans une spécialité (qui n'a rien à voir avec l'histoire locale ou la langue provençale...) qui était l'agro-alimentaire. Plus particulièrement, la biochimie, la génétique et la technologie des céréales (blé, orge, maïs, etc.) et des produits céréaliers (farine, pain, pâtes alimentaires, etc.).

A bientôt donc, mi-décembre ou début janvier.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q3a. (6 février 2009)

Cher M Autran

J'ai un rendez vous avec le directeur de la communication de La Seyne mardi prochain, et je me demandais si vous seriez disponible pour la rencontre dont nous avions parlé en toute fin novembre. Il est tout à fait probable d'ailleurs que j'ai à revenir à nouveau durant cette semaine là à La Seyne.

Bien cordialement,

MN (collaborateur du Seynois)

Q3b.

Bonjour

(...) Je vais à nouveau visiter le site que vous consacrez à l'histoire de La Seyne, mais une chose en particulier m'intéresse, c'est le lexique de mots locaux (environ 500) qui contient sûrement à la fois du jargon des chantiers, et des mots en langue d'oc ou dérivés en grande quantité. Les rapports de votre père au provençal, les vôtres, les souvenirs que vous en gardez constitueraient selon moi un sujet très intéressant.

Vos suggestions seront bienvenues quant à d'autres possibles sujets, je vous en ferai moi même.

Il va sans dire que la création et le choix des contenus du site doivent être eux mêmes une histoire à part entière. J'espère que vous m'en parlerez aussi un peu.

en vous remerciant

MN

Traduction : D'après le site de la ville de La Seyne : http://www.la-seyne.fr/article.php3?id_article=1912
Ecoutez aussi le texte, en occitan : http://www.la-seyne.fr/camera1/090300_occitan.mp3
A l'époque où l'on « battait le bateau »

Dans la famille « Autran », je demande... le fils ! Jean-Claude est le fils unique de Marius Autran, figure tutélaire de l'histoire seynoise au XXe siècle. Et si vous aviez le temps de fouiner sur le site internet qu'il consacra à l'œuvre de son père, qui pourrait se douter qu'une grande part du vocabulaire que nous y trouvons va bien au delà que ce que les oreilles de Jean-Claude ont eu l'occasion d'entendre. « Il est vrai que si j'ai rassemblé environ 500 mots trouvés dans les livres de mon père, j'en ai aussi ajouté, 700, je crois, que j'ai entendu en famille ou dans les cours d'école quand j'étais petit. »

« Ma jeunesse à La Seyne », dit-il, « c'était les années cinquante, oubliées à coup sûr à notre époque, mais si riches alors pour le garçon que j'étais à ce moment-là. Les récits de mon père, les bandes dessinées que je lisais, les amis... c'était le temps où je me construisais avec tout cela. Les mots que j'ai entendus me sont restés dans la mémoire, depuis le moment de ma naissance, pendant la guerre, et le moment où je partis faire mes études, à 18 ans ».

Puis quarante ans ont passé sur ces souvenirs. La retraite venue, Jean-Claude rentre au pays. "Comme c'était étonnant pour moi ! A La Seyne, je redécouvris tout ce que j'avais mis de côté depuis ce temps-là jusqu'en 1962, où je suis parti à Paris. Et la surprise de voir que pour mes copains retrouvés, la vie que l'on menait à la Seyne était finalement une continuité où la jeunesse trouvait sa place, pas plus."

Aussi le lexique personnel de Jean-Claude Autran, lui est venu d'un seul coup, comme un archéologue qui dégage une strate ancienne. C'est un vocabulaire d'écolier, comme en témoignent ces exemples : "nous avions un jeu d'école que les maîtres nous interdisaient : "Bati lo batèu". Il s'agissait pour les deux équipes de tenir debout le plus longtemps. Le premier se collait contre un mur de la cour, le deuxième calait la tête sur son ventre et les autres à la queue leu leu faisaient pareil ; l'autre bande s'élance et va se percher à califourchon sur le dos de ceux qui sont penchés à la file ; l'équipe qui ne s'écroule pas gagne la partie.

Autre expression d'écolier : « la borrina ! », « nom d'un passage à tabac collectif, que l'on criait en frappant sur la tête de la malheureuse victime ». On disait encore en francitan « prendre au pillage » pour dire qu'on harcelait quelqu'un à coups de moquerie.

Naturellement, l'essentiel du lexique autranien n'est autre que de l'occitan, tel qu'on le parle chez nous, la famille étant presque toute seynoise. Il en est ainsi des mots qui parlent du sexe : "la fève" pour parler du gland, ou le "quiquetteur" pour nommer celui qui ne pense qu'à ça ! Là nous voyons que le lexique renvoie toujours à des histoires de jeune garçon, comme "la nifle", pour dire les crottes du nez ;

C'est un vrai plaisir de parcourir l'ensemble du lexique, surtout pour ceux qui chassent ou qui pêchent, tant le vocabulaire de la faune terrestre ou aquatique est intéressant.

R3.

Bonjour,

Le magazine Le Seynois de mars 2009 m'est parvenu hier.

Je vous exprime toute ma gratitude pour la page D'AQUI que vous avez bien voulu me consacrer. Elle est très bien et me satisfait pleinement. J'ai eu aussi quelques commentaires positifs autour de moi.

Un grand merci. A bientôt sans doute sur d'autres sujets.

J'espère que vous avez pu avoir des informations utiles auprès de Jacques Girault.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q4a.

Cher M Autran

Merci de votre petit mot. Je crois que tout simplement vos travaux, tous modestes qu'ils vous paraissent, présentent un grand intérêt et qu'il est juste et utile qu'on essaie de les partager avec vos concitoyens. C'est d'ailleurs à moi de vous remercier d'avoir été si disponible.

Vous me faites penser que je dois être un peu fatigué, car j'ai purement oublié d'appeler M. Girault, à qui je vais devoir m'excuser. Il est vrai que Le Seynois ayant reporté mon article au dernier moment, j'ai décommandé les rendez-vous difficilement obtenus... en oubliant M. Girault.

MN

Q4b.

Adessiatz

Le site internet d'Aquò d'Aqui a été renouvelé à l'occasion de la parution du dernier numéro du mensuel-papier, visitez le, il propose certains articles d'actualité et une galerie photos.

http://aquodaqui.jimdo.com?nid=261012

Bonne lecture...

L'équipe d'AA

Aquò d'Aqui version imprimée n° 222 est livré à ses abonnés depuis le 12 mars 2009. Ne le ratez pas, abonnez vous! Informations pratiques dans la rubrique "Qu'es Aquò d'Aqui."


 

28-30 octobre 2008 : La maison du passeur

Q1.

bonjour Monsieur, auriez vous la gentillessse de me traduire la phrase suivante : "La maison du passeur".

mon Mari a fait la travessée du port canto à l'île Ste marguerite pendant 25 ans pour emmener les enfants àl'école. Il voudrait à présent donner ce nom à notre maison, mais nous ne sommes pas certains de la bonne écriture. Nous croyons que c'est : " l'oustau dou passaire" mais nous aimerions avoir un confirmation.vous seriez gentil de me répondre sur jeanpierre.impocco@neuf.fr merci d'avance.

FI

R.

Bonsoir,

Après vérification dans le dictionnaire de Frédéric Mistral, je pense que votre traduction est exacte.

Le passaire est bien un passeur, le passeur d'un bac par exemple.

Vous pouvez donc utiliser « L'oustau dóu passaire ». Avec un o accent aigu [ó], si vous pouvez.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

je vous remercie d'avoir eu la gentillesse de me répondre, cette phrase va être écrite en mosaïque, sur le mur de notre maison, au bas d'un tableau qui représentera le Fort de l'île Ste marguerite et un bateau qui fait la navette jusqu'à canto. peut-être que vous connaissez mon mari, il fait le carnaval de Nice depuis 15 ans en homme de Cro-magnon.

Encore Merci, cordialement.

FI


 

8-12 août 2008 : Explication du mot càti ou couti

Q.

Bonjour,

Je suis le copain de CP et RF.

En regardant sur votre site le glossaire des mots d'ici, j'ai trouvé càti ou couti : coup, marque de coup (étymologie inconnue).

A Toulon, j'ai toujours entendu dire coti (avec l'accent tonique sur le o), avec le même sens.

J'ai cherché dans le dictionnaire Littré, voilà ce que j'ai trouvé :

COTI, IE (ko-ti, tie), part. passé de cotir. Fruit coti.
COTIR (ko-tir), v. a. Meurtrir, en parlant des fruits. La grêle a coti ces poires. Coti est un terme populaire et assez barbare qu'on dit en fait de fruits qui, étant tombés sur quelque chose de dur, se sont meurtris ou froissés en dedans sans être écorchés ou entamés en dehors, LA QUINTINYE, dans MÉNAGE.
 
HISTORIQUE.
XIIIe s. Li flots la [roche] hurtent et debatent, Et tous jors à li se combatent, Et maintes fois tant i cotissent Que toute en mer l'ensevelissent, la Rose, 5951.
XIVe s. En procedant de paroles à fait, il feri ledit Lorrain, et coti la teste au mur, DU CANGE, costris.
XVe s. Tu m'as trop lourdement coyssy, Je suis tout ronps et tout froissy, Martyre de S. P. et de S. P.
XVIe s. Cottir, heurter de la teste et des cornes : les daims cottissent l'un contre l'autre, NICOT. Nous ferons librement cottisans sur la terre Pesle mesle choquer nos lances de lierre [dans des bacchanales], J. TAHUREAU, Poésies, p. 82, dans LACURNE.
 
ÉTYMOLOGIE.
Saintong. coter, tomber lourdement, cotit, meurtrissure par un coup ; parler de Loudéac (Côtes-du-Nord), cotir, fêler, casser. Étymologie inconnue. Il y a dans l'espagnol cotin, coup d'arrière-main, revers (et aussi cutir, frapper, mais que Diez rattache, à cause du sens de se battre pour, hypothétiquement au latin competere, s'appuyant sur conterere qui a donné cutrir). Il est vraisemblable que cotir est le simple qui se trouve en composition dans le provençal per-cutir, du latin percutere, dans l'espagnol re-cudir, re-codir, du latin recutere, repousser.

A ma grande surprise, ce mot est donc français.

Amitiés.

CB

R.

Cher ami,

Merci pour votre message et votre contribution détaillée à l'explication du mot càti ou couti. Il est vrai que certains disaient aussi coti.

Effectivement, l'origine apparaît bien française. D'ailleurs, en relisant avec plus d'attention le dictionnaire de Frédéric Mistral Lou tresor dóu Felibrige, j'ai finalement trouvé un renvoi du mot coti vers le verbe couti, dont l'un des sens en français est bien : « cotir, meurtrir un fruit ».

Je vais donc pouvoir préciser la définition du mot dans mon lexique et supprimer la mention « étymologie inconnue ». Votre message avec la définition du Littré figurera aussi dans la rubrique Lexique provençal du forum de mon site.

Merci encore, avec toutes mes amitiés. A un de ces jours sans doute.

Jean-Claude Autran


 

9-10 juillet 2008 : Traduction du mot colline

Q.

Salut Claudet,

Avant ton envol vers le pays des wapitis est-ce que tu peux me donner ton avis à propos de cette expression :

"nostro couale" pour traduire en provençal de La Mecque "notre colline".

Spontanément je l'aurais transcrit ainsi et j'aurais juré que c'était du provençal. Hélas, mon pitchoun trésor semble ignorer cette possibilité.

Qu'est-ce que tu en penses ?

Adessias et bon voyage.

Pif

R.

Salut Pif,

Comme cela arrive souvent, on a pour le mot colline des différences régionales et sociales dans la graphie et la prononciation. Ton dictionnaire est peut-être davantage représentatif de la vallée du Rhône que de la Provence maritime ?

Dans Lou Tresor dóu Felibrige, Mistral donne les variantes suivantes :

COLO, COUOLO (Nice), COUELO, COUALO (Marseille). (rom. colla, it. colle, lat. collis). s.f. Colline, montagne.

De même pour notre, on va avoir NOSTRE, NOUOSTRE (Nice), NOUESTRE (Marseille), NOUASTRE (Var), NOSTE, NOUSTE, etc. Et aussi NOSTO ou NOSTRO, surtout appliqués dans NOSTO-DAMO ou NOSTRO-DAMO (Mistral écrit ainsi : « Nosto-Damo de la Gàrdi » à Marseille et « Nosto-Damo de Bono Gàrdi », près de Six-Fours.

Donc, pour notre région, tu dois pouvoir dire « nostro coualo » ou « nostre coualo ».

A La Seyne, notre chère Colle d'Artaud doit s'orthographier « Coualo d'Artaud ». (C'est du moins ce que j'ai noté à la dernière réunion de la commission municipale "Identité Provençale et Occitane" à laquelle j'étais invité - Cette commission va proposer à la mairie d'apposer un certain nombre de plaques de rues de la vieille ville avec les noms en graphie mistralienne et occitane, ainsi que des panneaux pour un certain nombre de quartiers (Brégaillon, Balaguier, L'Evescat, Colle d'Artaud, Tamaris, Pignet, etc.), avec le nom provençal et l'origine ou l'étymologie du nom).

Bonne continuation,

Fox


 

24 juin - 17 juillet 2008 : La Coudourière ou La Coudoulière ?

Q1.

Bonjour Jean-Claude,

Faisant quelques recherches sur le site qui est pour moi LA référence, je vous signale (...).

Mais ce n'est pas pour cela que je vous adresse ce message ; j'ai ajouté sur mon site (qui n'est plus http://perso.wanadoo.fr/mezanimo mais http://solimages.arkasdogs.com/Six-Fours-La-Seyne/Accueil/index.htm) un petit texte sur la page Provençal, qui concerne Six-Fours.

Peut-être avez vous une réponse ou bien pourriez vous l'ajouter sur votre forum ? Je n'arrive pas à me faire à l'idée que les noms changent ou disparaissent.

"La Coudourière ou La Coudoulière
Lorsque j'étais à l'école primaire, il s'agissait de l'école de la Coudourière !
Je me souviens très bien que nous inscrivions notre nom, la classe et le nom de l'école sur la première page de tous nos cahiers, hélas, je ne les ai plus !
Depuis plusieurs années, le quartier est devenu la Coudoulière...
Certaines personnes m'affirment que le nom provient des galets de la plage, les coudoules. Personnellement, je n'ai jamais vu de galets sur cette plage.
Sur celle de Saint-Mandrier par contre , qui porte le nom de Plage de la Coudoulière, c'est exact, on ne peut les rater !
Je viens d'avoir une deuxième explication me semblant assez plausible, par un ami (merci Noël) qui possède un ancien livre de grammaire dont je cite le passage :
- r : prononcer ère ou èro. Entre deux voyelles, il est lingual mais n'entraîne qu'une seule vibration de la langue. Sa prononciation correcte est difficile.
Alors, galets ou difficulté à bien prononcer un R légèrement "roulé" et qui se serait transformé peu à peu en L.
Je trouve regrettable ce changement, et vous, avez-vous une idée ?
Par avance merci. "

Dans tous les cas, merci de continuer à faire vivre ce site. Si j'ai été une élève de Madame Autran, je n'ai jamais eu le plaisir de rencontrer Monsieur Autran, pourtant j'ai l'impression, à parcourir ces différentes pages, de l'avoir toujours connu.

Bien cordialement

SA

R.

Bonjour,

(...) Concernant "La Coudourière" ou "La Coudoulière", la question est intéressante.

Il semble que sur les plus anciennes cartes, il figure généralement le nom de La Coudourière (cadastre napoléonien (*), carte géologique de 1924, carte au 1/20.000e de 1933, carte géologique de 1969) : voir ci-joint. De même, l'histoire de Six-Fours de François Jouglas (1963) parle de La Coudourière et de l'école de La Coudourière (1936). Mais il me semble aussi que, dans les années 50, des personnes âgées prononçaient coudoulière.

(*) http://www.archives.var.fr/arkotheque/plans_cadastraux/fond_pyramidal_visu_img.php?id_ark_type_fond=26&ref_id=2150

Toutefois, sur la carte de Cassini de Six-Fours de 1750 (ci-joint également), on semble lire Coudoulière à l'intérieur des terres, mais je ne suis pas certain d'avoir bien pu lire le nom de la plage elle-même.

Par contre, sur les cartes et plans plus récents de Six-Fours (ci-joint, la carte au 1/25.000 de 1997, carte Michelin de 1999), il semble que ce soit toujours le terme La Coudoulière qui soit maintenant utilisé.

Ces changements retenus par les cartographes pourraient tenir au fait que les deux prononciations (l et r mouillé intervocalique) sont voisines en provençal, et aussi que les deux graphies sont admises par Frédéric Mistral dans Lou Tresor dóu Felibrige, selon les régions :

COUDOULIERO, COUDOULIÈIRO (Languedoc), COUDOURIERO (Marseille). s.f. Lieu plein de cailloux roulés, plage de galets.
COUDOULOUS, COUDOUROUS. adj. Caillouteux.
COUDOULET, COUDELET (Rhône), COUDOURET (Marseille) [bas latin codoletus]. s.m. Petit caillou, galet ; pomme de pin resserrée par l'humidité.

Egalement, d'après le livre de Fénié (Toponymie provençale), COUDOUX (Bouches-du-Rhône) est le pluriel de l'occitan còdol, « caillou, galet », qu'on retrouve dans le Gard ou l'Hérault (Codolet, Coudoulet, Coudouloux,)

Quelle que soit la graphie, on semblerait donc plutôt ramené à l'idée de galets ou de cailloux roulés pour expliquer l'origine du nom, sans rapport avec le coude (provençal couide) ou avec la montagne du Coudon, ainsi nommée par les Grecs en souvenir de Cydon (gr. Kudwn).

Mais alors, quid des galets sur la plage de la Coudoulière/Coudourière ? On en trouve évidemment des quantités sur la plage de Saint-Mandrier (que les cartographes orthographiaient Coudoulière sur les anciennes cartes où c'était Coudourière côté Six-Fours !). Et il y a aujourd'hui peu de galets sur cette dernière. Mais n'a-t-on pas effectué de gros apports de sable côté nord de la jetée ? Car il me semblait qu'autrefois (c'est là que j'ai appris à nager !) cette plage avait beaucoup plus de graviers qu'aujourd'hui et qu'en s'avançant dans la mer on sentait assez vite de grosses pierres sous les pieds. Peut-être aussi que, l'appellation étant antérieure à la construction du port (voir cadastre napoléonien), y a-t-il eu de gros galets très anciennement, et que la modification des courants côtiers provoquée par la jetée ait pu les faire disparaître ou les enfouir sous du sable ?

Reste un petit bémol dans cette explication par l'idée de galets ou de cailloux roulés, c'est que le mot Coudourière, ou Coudoulière, sur les plus anciennes cartes a été écrit à l'intérieur des terres, au nord de l'ancienne carrière d'extraction de l'argile de la tuilerie. Ce n'est que par la suite que le terme semble avoir été appliqué à la plage. Alors ?

Je ne peux pas vous en dire plus. Je vous laisse (ainsi que les internautes qui trouveront cette discussion dans le forum de mon site) méditer sur la question... On pourra en reparler.

A bientôt peut-être. Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Bonjour,

Je vous remercie d'avoir posté mon message sur votre forum et surtout pour les explications fournies.

Effectivement, des apports de sable ont sans doute été faits sur nos plages pour les rendre plus accueillantes.

J'ai aussi fréquenté assidument cette plage durant les années 50/60 et peut-être je n'étais pas assez téméraire pour m'éloigner beaucoup du bord et découvrir des galets !

Je retiens aussi l'explication "COUDOURET (Marseille) [bas latin codoletus]. s.m. Petit caillou, galet ; pomme de pin resserrée par l'humidité." le quartier étant à l'époque principalement couvert de pins, l'histoire de la pomme de pin me plaît beaucoup.

Cordialement.

SA


 

29 avril - 3 mai 2008 : Quelques explications possibles pour : Rabocher, Càti, Fòu barrois

Qa.

Rabocher : Rapporter, dénoncer quelqu'un, moucharder. Terme très vivant, mais d'origine inconnue. Est-ce vraiment un terme provençal ?

Cher ami,

si l'on tient pour définition initiale du terme le sens de moucharder, il existe un verbe catalan qui est très proche : "rabosar" qui signifie se "comporter comme un renard", "renarder". Si l'on regarde dans le Littré, "renarder" signifie évidemment "se comporter comme un renard", mais aussi "vomir". Je pense qu'il y a là matière à réflexion. Car, de "moucharder" à "vomir", il n'y a qu'un pas. Le sens est pratiquement littéral : "aller vomir ce que l'on sait".

HR

Qb.

Càti : Coup, marque de coup reçu par un objet ; ébréchure, éraflure (cf. pet'). Terme toujours vivant en français populaire seynois et au delà, clairement provençal (ou italien ?) d'origine, mais quelle étymologie ? (pas de trace dans les dictionnaires)

Le Trésor du Félibrige propose :

Cati : substantif féminin, châtaigne de mauvais goût, en bas Limousin (y aurait-il un rapprochement à faire avec un "marron", un coup de poing ?

HR

Qc.

Fòu barrois : Sorte de crabe (fòu) velu à grosses pinces. Mais pourquoi disait-on un fòu barrois ? - d'ailleurs déformé à tort en crabe faux-barrois.

Dans le Trésor, toujours, on trouve "fou", crabe à Toulon. Et Mistral renvoie à "favou" et "favouio", formes complètes de "fou", qui signifient également "crabe", mais de façon plus générale. En catalan, il existe un adjectif "barroer" qui signifie "empêtré", "gauche", "empoté". Peut-être une piste à suivre.

HR

R.

Bonjour Henri,

Merci pour tes suggestions pour expliquer : rabocher, càti et fòu barrois. Je vais les intégrer à mon lexique.

(...)

Merci pour tout. Amitiés.

Jean-Claude Autran


 

21-26 février 2008 : Prononciation en provençal

Q.

Bonjour,

Je suis née à Toulon et j'aimerais savoir comment prononcer :

La Seyne sur Mer: Faut-il traîner sur le "y" ce qui donnerait ceci : seille (ou seye) ou pas ?

Tamaris : faut-il prononcer le "s" final ?

Merci pour votre réponse.

GLL

R.

Bonjour,

Le "y" n'est pas une voyelle qui existe en langue provençale. En Provence, le "y" des mots français devient en général une "diphtongue descendante" (le "èi tonique"), et donc le "y" de Seyne se prononce "èi" comme dans "soleil" ou "réveil". Alors que les "gens du Nord" prononcent "La Seyne" exactement comme ils prononceraient "La Seine".

Pour Tamaris, la prononciation est la même que dans la langue française [tamaris], donc en prononçant le s final.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

20-22 janvier 2008 : Histoire de Mireille

Q1.

Quelqu'un connait-il l'histoire de Mireille, racontée par ma mère qui n'est plus hélas là, qui sur un marché de ¨Provence n'a pas résisté à la tentation de "chiper" une paire de chaussures. Elle rentre à Toulon par le train, Solliès (soulier) Solliès Toucas (elle les a touchés), La Garde où n'y tenant plus elle crie "Mi rendi" ... Merci à vous de votre réponse Martine de Ste-Maxime, d'origine arcoise.

MZ

R.

Bonjour,

Ma grand-mère racontait une histoire semblable à la vôtre, mais je n'en ai que quelques souvenirs lointains. Je n'en connaît pas le texte d'origine (et ce texte a pu aussi être déformé à force d'être raconté) et je ne sais pas qui était l'auteur ou le conteur.

Dans mes souvenirs, il s'agissait de deux femmes, dont l'une qui se prénommait Pauline [ma grand-mère ne parlait pas de Mireille], avait volé une paire de chaussures aux Dames de France à Toulon. Elles prirent ensuite le train omnibus pour rentrer chez elles du côté de Hyères (le trajet du train dans le récit est quelque peu fantaisiste). Mais elles n'étaient pas rassurées, s'imaginant que le vol avait été découvert. A chaque gare où le train s'arrêtaient, elles tremblaient. Ainsi, au premier arrêt (Solliès-Pont), le chef de gare annonce en provençal "Soulié !". (Elles croient alors qu'on fait déjà allusion à la paire de souliers volée, et elles commencent à paniquer). Deuxième arrêt, à Cuers, on annonce "Cuer !", qui signifie aussi cuir en provençal. ("Boudiou ! Justement ces souliers sont en cuir !"). Troisième gare : "La Garde !". Leur commentaire : "Ça y est ils font venir la garde" (pour m'arrêter). Quatrième gare : "La Pauline !". Alors, la voleuse craque et s'adresse au chef de gare : "Oui, Monsieur, c'est moi, c'est moi Pauline, c'est moi qui ai volé la paire de chaussures !". Et alors, l'histoire dit qu'à cause de cet aveu, le chef de gare la fit effectivement arrêter...

C'est tout ce que je peux vous répondre. Ma grand-mère et ma mère ont disparu depuis, et je crains que nous n'en sachions pas davantage. A moins qu'un internaute ait aussi entendu ce récit ou en ait conservé un texte plus détaillé dans ses archives familiales ?

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Bonsoir,

Merci beaucoup ! D'abord d'avoir répondu si vite, et ensuite de votre réponse : effectivement,votre récit rejoint les souvenirs arcois. Vfous êtes la première personne, alors que ma soeur jumelle a maintes fois essayé de se renseigner sur Toulon à nous donner autant de détails. Nous apprécions votre geste et vous en remercions. C'est un peu de notre mémoire à tous dont il s'agit, le temps passe si vite, et les souvenirs aussi. Encore merci de la part de 2 varoises. A bientôt.

MZ


 

28 novembre - 4 décembre 2007 : Termes niçois jahina et jaïna

Q.

Bonjour !

Je suis une niçoise qui recherche l'authenticité de ces deux mots. Peut-être pouvez-vous m'aider?

Mon père, vieux niçois, m'a toujours parlé de ces deux mots, l'un -jahina- étant le diminutif de Jas (donc un petit jas, une petite bergerie), l'autre -jaïna- désignant la poutre maîtresse d'une maison. Je ne trouve ces mots dans aucun glossaire que j'ai consulté - pas plus d'ailleurs que jas, qui lui est pourtant très répandu. Pouvez-vous m'éclairer sur ces deux mots, et éventuellement leut pluriel, ou me dire qui consulter pour cela ?

Merci beaucoup

RC

R.

Bonjour,

Merci pour votre message. Je ne suis pas vraiment un expert en matière de langue provençale ou niçoise, mais je vais essayer de vous répondre (partiellement) en me référant au Lou Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral.

Ainsi, d'après Frédéric Mistral :

JAS, substantif masculin (du roman jatz, jat, du catalan jas, de l'italien aghiaccio, du bas-latin jassium), signifie le gîte, le lieu où l'on couche. JAS désigne également la paille que l'on met sous les bestiaux, la litière. C'est aussi le bercail, la bergerie, la cabane où l'on enferme les troupeaux. C'est aussi un toit en pignon ou l'entaille dans laquelle on appuie une poutre. Et il y a aussi nombre d'autres significations comme : sédiment, lie, lit d'une rivière, stratification des couches dans une mine, partie fixe d'un pressoir ou d'une meule, etc. etc.

Un terme voisin de JAS est JASSO (substantif féminin) : bergerie, étable à brebis, litière, place où l'on s'est couché, etc. Pour Frédéric Mistral, le diminutif de JAS est JASSOUN (petit gîte, petit bercail, etc.).

Tous ces termes appartiennent au provençal classique et Mistral n'indique pas pour ce mot JAS de variante niçoise. (Alors qu'il en indique habituellement, lorsqu'il en a eu connaissance). Je ne trouve donc pas le mot JAHINA que vous mentionnez, ni de mot s'en rapprochant. Il existe bien une racine JAINA (GEINA) ou JAINETO, mais cela renvoie respectivement aux sens de gêne, ou de poutre (voir ci-après).

Concernant le mot poutre, le provençal le traduit généralement par FUSTO. Mistral mentionne accessoirement les mots JEINETO ou JAINETO, plus rarement JAINO ou JASÈNO (tous ces mots sont des substantifs féminins) pour désigner une petite poutre, une poutrelle. Mais, là également, Mistral n'indique pas de variante spécifiquement niçoise de cette famille de mots.

Quant au pluriel, il n'y en a pas puisque les substantifs provençaux sont invariables en nombre. On reconnaît qu'u nom est au singulier ou au pluriel par l'article qui le précède : lou jas / lei jas ; la jasso / lei jasso ; uno jaino / de jaino, etc.

Désolé de ne pas pouvoir vous éclairer davantage sur jahina ou jaina.

Mais un grand spécialiste des langues occitanes qui pourrait être consulté est le Professeur René Merle. Vous pouvez aller visiter son site : rene.merle.charles.antonin.over-blog.com/.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

17 octobre - 5 novembre 2007 : Se bouléguer, bouligue, boumian et lexique provençal

Q.

Cher Monsieur Autran,

Tout d'abord un grand bonjour en cette rentrée en vous espérant en pleine forme.

Ma première question concerne l'achat du LEXIQUE PROVENCAL. Comment puis-je faire pour me le procurer et pouvez-vous m'en indiquer le prix, les oordonnées-adresse et à l'ordre de qui je dois adresser mon chèque. Je ne sais si vous vous occupez vous-même de cette tâche et vous remercie pour les futurs renseignements à ce sujet.

Mes autres questions sont les suivantes :

1 ° - sur BOULEGUER (signifiant s'agiter, agiter, bouger, se bouger) :

Pensez-vous qu'il ait été justement employé dans l'expression ''je vais te bouléguer'' ou ''je vais te faire bouléguer, moi '' et l'avez-vous entendu employé ainsi ?

2 ° - SUR BOULIGUE (jeu de billes, billes de gros calibre) :

N'y-a-t-il pas un rapprochement avec BOULEGUER puisque un jeu de billes comporte des billes qui bougent ? Connaissez-vous ce mot dans l'ordre donné ''Bouligue ! bouligue !'' soit bouge, bouge ou avance, presse-toi ?

3° - SUR BOUMIAN (bohémien, habillé comme un bohémien, mal habillé ou comme un clochard ) :

L'avez-vous entendu au féminin soit BOUMIANE dans l'expression ''Tu est habillée comme une boumiane'' ou doit-ton dire même pour une femme ''Tu as l'air d'un boumian'' en ne tenant pas compte du féminin ?

Merci pour votre éclairage.

Bien amicalement.

MS

R.

Bonsoir,

Désolé pour le retard dans ma réponse à votre message du 17/10.

1 ° - sur BOULEGUER (signifiant s'agiter, agiter, bouger, se bouger) :
Pensez-vous qu'il ait été justement employé dans l'expression ''je vais te bouléguer'' ou ''je vais te faire bouléguer, moi '' et l'avez-vous entendu employé ainsi ?

J'ai assez rarement entendu cet emploi de bouleguer, mais il semble correct puisque Lou Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral indique parmi les exemples : "Te boulegarai" (je te secouerai) et que Le Parler Marseillais indique aussi "Tu vas voir si je vais te le bouléguer, moi, ce feignantas !"

2 ° - SUR BOULIGUE (jeu de billes, billes de gros calibre) :
N'y-a-t-il pas un rapprochement avec BOULEGUER puisque un jeu de billes comporte des billes qui bougent ? Connaissez-vous ce mot dans l'ordre donné ''Bouligue ! bouligue !'' soit bouge, bouge ou avance, presse-toi ?

Je ne sais pas. Je ne connais pas le mot d'ordre "Bouligue !". Un "bouligue", bille de gros calibre, m'a toujours fait penser à boule, dont la racine est différente de celle de bouleguer. D'autant qu'en Languedoc, au lieu de dire "bouligue", il me semble que les enfants utilisent le mot "boulard", ou encore "demi-boulard" pour le calibre inférieur à celui du "boulard".

3° - SUR BOUMIAN (bohémien, habillé comme un bohémien, mal habillé ou comme un clochard ) :
L'avez-vous entendu au féminin soit BOUMIANE dans l'expression ''Tu est habillée comme une boumiane'' ou doit-ton dire même pour une femme ''Tu as l'air d'un boumian'' en ne tenant pas compte du féminin ?

En principe, d'après Frédéric Mistral, il existe bien un féminin provençal (boumiano) au masculin boumian. Mais je ne l'ai jamais entendu utiliser dans une expression telle que ''Tu est habillée comme une boumiane''. Faut-il ou non tenir compte du féminin dans cette expression ?? Je ne sais pas. Mais il ne faut pas oublier que l'une des caractéristiques de la langue provençale, c'est qu'il n'y a pas de règle absolue, c'est qu'il n'y a pas forcément d'orthographe plus juste qu'une autre. C'est un peu la faiblesse du provençal, mais c'est cette richesse qui fait aussi sa qualité. La préférence que l'on donne à une orthographe, à un accord grammatical ou à une graphie est souvent une question de sensibilité personnelle, chacun cherchant à faire revivre ses souvenirs d'enfance et les expressions utilisées par ses propres grands-parents...

Concernant enfin mon « lexique provençal et des mots d'ici », il n'est pas à vendre et il n'en existe pas d'édition papier. Je n'ai pas de goût particulier pour le commerce ou l'édition de livres. J'ai donc préféré diffuser mon travail sur Internet (où il est en accès libre et gratuit à tous les utilisateurs), à l'adresse : http://jcautran.free.fr/provencal/lexique_provencal.html.

Mais à noter que j'ai un ami qui en publie un. Son lexique est intitulé "Les maux des mots", et un certain nombre de ses termes sont communs avec les miens. Il est en vente depuis mars 2007 à l'adresse suivante : Monsieur Serge MALCOR (...). Les exemplaires sont disponibles à son domicile pour 20 euros l'unité. Si vous désirez une expédition, majorez cette somme de 4 euros.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

4-14 octobre 2007 : Signification du mot Niard ?

Q1.

Bounjourt

Sièu de autas Alpes, d'Embrun ...

Il me semblait avoir trouvé la signification du mot Niard ??? Mais je ne le retrouve pas. Pouvez vous me dire si c'est chez vous... C'est Le surnom d'un ancètre et nous pensions que ça pouvait être synonyme de niai ... Mais IL me semblait avoir vu que ça venait d' une habitude de fabriquer quelque chose... Merci pour votre site

La conservation du patrimoine, c'est aussi la langue de nos anciens.

NB

R1.

Bonjour,

Je ne connais pas particulièrement le mot Niard, mais j'essaie de répondre à votre question en m'aidant du dictionnaire de Frédéric Mistral Lou Tresor dóu Felibrige.

Le seul mot approchant que j'ai pu trouver est orthographié niar (avec des variantes régionales qui peuvent être niai, nial, niau, nisau, etc., mais ce mot signifie (selon les régions) nid, nid de poulailler, cachette, nichée, ou encore nichet (l'œuf qu'on laisse dans un nid de poule).

Je n'ai pas trouvé de rapport avec le mot niais (qui se traduit en général par niais/niaiso, fadoli, jijè, etc., ni avec une habitude de fabriquer quelque chose.

Ou alors il s'agit d'un mot qui s'orthographierait en commençant par gn--. Et dans cette famille on trouve effectivement des mots comme gnognot (nigaud, imbécile), ou gnan (mou, lambin), gnarre (petit cochon) qui serait en rapport avec le roman ignar, ignare. Mais tout ceci n'est pas très convaincant et je ne vois pas trop de lien avec le mot auquel vous pensez.

Je suis vraiment désolé de ne pas pouvoir vous aider davantage.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

PS. Mon arrière grand-père François Mathieu était né près d'Embrun, exactement à Châteauroux-les-Alpes

Q2.

Bonjour

Merci de vous être donné la peine de rechercher... Je confond surement avec un autre mot... Je suis en plein dans Le patois du coin car je participe à l'éllaboration d'un dictionnaire d'expressions de l'Embrunais... Je vois que vous avez des racines ici... Avec mes amitiés

NB


 

1er octobre 2007 - 28 octobre 2014 : Termes de loto du Midi

Q1.

Bonjour, j'ai vu sur votre site http://jcautran.free.fr/ que vous aviez un début de tèrmes spécifique au loto du midi.

Il n'y en a seulement quelques uns et je voudrais savoir si vous pouviez me donner la liste complète de ces tèrmes du premier (1= le premier de mille) au dernier.

Ca serait vraiment très gentil de me procurer cette liste car cela me tiens très à cœur sachant que c'est le jeu de mon adolescence..

Salutation des plus amicale,

MM

R1.

Bonjour,

J'ai bien essayé de retrouver dans ma mémoire les termes humoristiques que mes grands-parents utilisaient lors des tirages des numéros du loto, mais pratiquement tout ce que j'ai pu retrouver figure déjà dans mon "lexique provençal et des mots d'ici", c'est à dire :

- après le tirage du numéro 1, on disait : « le premier de mille ! », après le 10, on disait « dis-putez-vous, mais ne vous battez pas ! », après le 14, on disait « qui torche...» ; après le 21 : « le petit conscrit ! A quel âge partira-t-il ? » (c'était le chiffre du tirage suivant) ; 22 : « les deux poulettes » ; 33 : « les deux bossus » ; 77 : « les deux pipes », etc.

J'ai écrit à la fin etc., car il y en avait quelques autres, mais que j'ai malheureusement oubliés (sauf peut-être pour le 90 où je crois qu'on disait "90 ans, le vieux grand-père"). Et il n'y a plus dans ma famille de témoin survivant de cette époque qui pourrait s'en rappeler.

Je vais faire figurer cette question dans les "avis de recherche" de mon site internet. Peut-être se trouvera-t-il quelqu'un un jour pour nous aider à compléter la liste.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2. (23 octobre 2014)

Bonjour …
 
Je suis tombé par hasard sur votre site.

Mes grand parents et mes parents auraient pu écrire une vraie bibliothèque  avec l’histoire de leur vie.

Hélas, ils ont disparu et beaucoup de notre culture avec eux.
 
J’ai lu avec attention votre lexique des termes provençaux et des mots d’ici. Bien que je ne sois pas d’accord avec toutes les indications, votre travail est important. Il est vrai que la proximité géographique actuelle n’est pas la même que celle d’antan. Aussi les variantes se font sentir, pour ceux qui ont connu le passé… comme moi, sur la Côte d’Azur (du bon coté du Var, donc) ou à Aix en Provence ou j’y ai vécu presque 30 ans.
 
Bref, je vous remercie pour tous les souvenir qui sont remontés en moi.
 
Cadeau, mais vous le connaissez surement déjà… au loto le tirage du 69 entrainait toujours l’expression « bouci-boula ».  Vous comprenez surement pourquoi.
 
Cordialement
 
MJ (Antibes)

R2.

Bonjour,

Merci pour votre message et pour vos commentaires sur mon essai de lexique des « termes provençaux et des mots d’ici ».

Je comprends très bien que vous n’ayez pas toujours la même utilisation de certains de mes mots. C’est à la fois la faiblesse et la richesse de notre langue provençale d’avoir des variantes, parfois d’un canton à un autre et même entre les quartiers ouest et est d’une même ville... Mais peu importe pour moi, ce qui compte ce sont les mots qu’utilisaient mes grands-parents, et le sens que, eux, leur donnaient.

Non, je ne connaissais pas l’expression accompagnant le tirage du 69 au loto. Je l’enregistre. Je ne me souviens pas dans mon enfance que mes ancêtres l’utilisaient, ou plutôt, je ne devais pas être en mesure à l’époque d’en décrypter le sens.

Cordialement,

Jean-Claude Autran



 

18-19 septembre 2007 : Expression faire les brègues

Q1.

Cher Monsieur Autran

Bonjour,

Je reviens vers vous après avoir consulté le lexique provençal et ne trouve pas la signification et l'orthographe de l'expression ''faire les brègues'' employé dans le sens de faire la gueule.

Pouvez-vous me répondre à ce sujet après avoir retrouvé cette expression dans vos profondes ?

J'espère que vous avez passé un été agréable et vous espère en pleine forme ainsi que votre famille.

Tous mes remerciements d'ores et déjà.

Bien cordialement.

MS

R.

Bonjour,

Mon « lexique provençal » mentionne à la lettre B (http://jcautran.free.fr/provencal/lexique_b.html) les expressions suivantes :

Brigues (ou brègues) : (Du prov. brigo) Lèvres, mâchoires, gencives. Connu dans l'expression faire six pans de brigues, ou faire les brègues : faire la tête, faire la moue, faire la gueule, bouder (voir aussi bèbe, mourre).

Les mêmes expressions se retrouvent dans divers dictionnaires ou lexiques du parler provençal ou du parler marseillais :

Brègues : Nom féminin pluriel du provençal : brègo, mâchoire. S'entend fréquemment dans l'expression : faire les brègues. En français, « faire une tête de six pieds de long ». Ainsi : « Moi, ton niston, je le supporte plus, on a beau tout essayer pour le contenter, il fait toujours de ces brègues ! ». (Le Parler Provençal, de Robert Bouvier, 1986).

Et déjà, Frédéric Mistral, dans son dictionnaire Lou Tresor dóu Felibrige, citait l'expression : faire li brego, li brego de porc : faire la moue.

Je pense que cela répond à votre question.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Monsieur Autran,

Bonjour,

Merci pour votre réponse ! Mes excuses pour ne pas avoir lu avec suffisamment d'attention votre lexique provençal décidément très complet.

Je pense en faire l'acquisition au début d'octobre et me permets de mentionner votre site dans le livre que j'écris actuellement.

Bien cordialement

MS


 

13-14 septembre 2007 : Recherche de Dictionnaire Français-Provençal

Q.

Bonjour

Un professeur de Provençal de Miramas m'a chaudement recommandé le dictionnaire Français Provençal qu'il utilise presque tous les jours

Il s'agit de Dictionnaire Francais-Provencal de Philippe BLANCHET et Jules COUPIERS

Éditons 1996 EDISUD   1500 pages 18 par 25 cm

Hélas ce livre est épuisé

Je cherche toutes directions à me procurer ce livre d'occasion même s'il n'est pas en très bon état

Si vous connaissez quelqu'un qui souhaiterait s'en débarrasser je serais preneur

Merci de votre aide éventuelle

JPB

R.

Bonjour,

Il semble, en tapant "dictionnaire français-provençal" + Coupier sur Google, qu'un certain nombre de sites de vente proposent encore ce dictionnaire, édition 1996, 1511 pages. En particulier chez :

Fnac.com (pour 82,56 EUR) : http://www4.fnac.com/shelf/article.aspx?PRID=142498

Ou chez Lavoisier (pour 71,65 EUR) : http://www.lavoisier.fr/notice/frSKOK3SKLKLUAS3.html

Sinon vous pouvez, en attendant, vous procurer la version simplifiée - le Petit Dictionnaire Français-Provençal - de Jules Coupier, présentation de Philippe Blanchet, édité en 1998, 359 pages, qui n'est déjà pas si mal. (Je l'ai encore vu à la librairie Charlemagne à Toulon il y a peu de temps). Voir, pour 18,6 EUR, à :

http://www.edisud.com/edisud/editions_edisud/Livre.aspx?id=592

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

21-22 août 2007 : Partir en barigoule

Q.

Bonjour monsieur,

je m'appelle RB et je suis étudiant de Francais à l'université de la Saare en Allemagne. En ce monent, je rédige un mémoire sur le langage du cyclisme.

En cherchant des expressions du langage du cyclisme, j'ai également trouvé "partir en barigoule", un mot qui est aussi expliqué sur votre site. Est-ce que vous savez si seulement les coureurs du sud utilisent ce mot étant donné que les coureurs du nord ne le connaissent pas du tout? Est-ce que vous pourriez me donner une phrase (dans le contexte cycliste) où ce mot est utilisé? par ex.: Dans les Alpes, Moreau est parti en barigoule...est-ce que ca va comme ca?

Merci beaucoup d'avance!!!

RB

R.

Bonjour,

Vous avez parfaitement compris que l'expression "partir en barigoule", qui est très utilisée dans le sud de la France, correspondait à : se dégrader, entrer en décadence, partir à la dérive, perdre ses valeurs de morale ou de qualité, se décomposer, tomber en ruine, etc. On trouve ainsi sur des blogs internet les exemples d'utilisation suivants :

- Priez pour nous pauvres pécheurs, car tout part en barigoule
- C'est tout la culture française qui part en barigoule
- C'est la grande tradition du cinéma comique français qui part en barigoule
- C'est fou ça ! tout part en barigoule..., même la maffia !
- J'ai bien peur que le pays ne parte en barigoule
- Ce blog est en train de partir en barigoule
- L'équipe de Fréjus semble partir en barigoule, faut qu'ils se ressaisissent
- etc.

Mais l'expression est surtout utilisée à propos d'une structure, d'une organisation, d'une compagnie, d'une valeur morale. Elle ne semble pas spécialement utilisée pour caractériser l'action ou le comportement d'un individu isolé. Si vous écrivez "Moreau est parti en barigoule", on comprendra très bien ce que vous voulez dire, mais cela ne me semble pas un exemple d'utilisation habituel. En matière de cyclisme, l'expression me semblerait davantage adaptée aux cas suivants : "le cyclisme français est en train de partir en barigoule", "l'équipe Cofidis est partie en barigoule", "la stratégie de Vinokourov est partie en barigoule", etc. (je cite naturellement ces noms au hasard, ne m'y connaissant pas particulièrement en cyclisme).

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

16-27 août 2007 : Renseignements concernant la langue provençale

Q.

Bonsoir,

Je vous écris car je voudrais vous démander si vous pouvez me donner des renseignements concernant la langue provençale (sites Internet aussi).

Je vous avais déjà contacté afin de connaitre l'origine du mot "anoubli" et, comme votre réponse avait été très claire, j'aimerais bien recevoir, encore une fois, vos renseignements.

Merci beaucoup.

CB

R.

Bonsoir,

En réponse à votre message (renseignements concernant la langue provençale), je vous signale l'existence en librairie d'un certain nombre d'ouvrages, dictionnaires ou lexiques provençaux :

Roger Barthe, Lexique occitan-français. Ed. Collège d'Occitanie Toulouse/Espace Sud Montpellier, 1988 (3è éd.), 375 p.
Roger Barthe, Lexique français-occitan. Ed. Collège d'Occitanie, 1984, 240 p.
Philippe Blanchet, Dictionnaire du parler régional de Provence, Editions Bonneton, 1996, 157 p.
Robert Bouvier, Le parler marseillais, Editions Jeanne Laffitte, 1986, 181 p.
Jules Coupier, Petit dictionnaire français-provençal, Association Dictionnaires Français-Provançal, Diffusion Edisud, 2000, 359 p.
Jean-Luc Domenge. 1 - Grammaire du Provençal Varois ; 2 - Grammaire du Provençal Varois - Le verbe, Association Varoise pour l'Enseignement du Provençal, 1999.
André Lagarde, Dictionnaire français-occitan/occitan-français (La Palanqueta). Ed. CRDP Toulouse, 1996, 422 p.
Christian Laux, Dictionnaire français-occitan (Languedocien central). Ed. IEO Tarn, 1997, 583 p.
Claude Martel, Le parler provençal, Rivages, 1988, 197 p.
Frédéric Mistral, Tresor dóu felibrige , 2 volumes, 1979, 2375 p.
Christian Rapin, Dictionnaire français-occitan (vol.2), IEO-EOE, 1994, 298 p.
Robert Rourret, Dictionnaire Français-Occitan Provençal, Institut d'Etudes Occitanes, 1981, 488 p.

Et de quelques sites Internet d'apprentissage du provençal, ou qui donnent des lexiques français-provençal, par exemple :

http://perso.orange.fr/prouvencaualescolo/catalogue.htm
http://prouvenco.presso.free.fr/archi.prov.html
http://www.up.univ-mrs.fr/tresoc/presso/integral/pres0126.pdf
http://c-oc.org/aquodaqui/spip.php?article123
http://prouvenco.presso.free.fr/livres.didactique.html
http ://clap.jac.free.fr/lexique/pages/lexic.html
http ://www.provenceweb.fr/f/occitan/lexique.htm
http ://perso.club-internet.fr/ocoronel/cours/lexique.htm

Restant à votre disposition,

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

8-16 août 2007 : Signification du mot batiboy ou batibeuil ?

Q1.

bonjour,

j'ai découvert votre site, et j'ai une question concernant un mot qu'on peut entendre dans les discussions dans notre région le mot "batiboy" (orthographe exacte ..??) est il d'origine provençale ?

si oui, quelle est sa définition ?

merci

JJB

R.

Bonsoir,

Je ne connais pas particulièrement ce mot, mais je pense que vous faites allusion au mot batibeuil. Il ne semble pas que ce soit un mot d'origine provençale (il n'y a aucun mot approchant dans le dictionnaire de Frédéric Mistral). Mais je l'ai trouvé mentionné dans le petit "Dictionnaire du français régional de Provence" (de Philippe Blanchet, éditions Bonneton, 1991) où il est dit :

BATIBEUIL n.m. Fanfaron (Cannes). Mot piémontais.

C'est tout ce que j'ai pu trouver. Etes-vous dans la région de Cannes pour avoir entendu utiliser ce mot ? Chez moi, pour fanfaron, on utilise les mots estraio-braso, arlèri, esbroufaire, bravejaire, etc.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Bonjour,

Merci

Je pense que c'est effectivement "batibeuil"...

Sinon, oui habitant dans la région de Cannes, j'ai pu l'entendre assez souvent par le passé.

Et récemment, nous étions dans le 04, à Annot, où je l'ai entendu (avec surprise !!!) car c'est de + en + rare !!!!

et le Piémont n'est pas loin......

Cordialement,

JJB


 

9-18 août 2007 : Traduction de "le petit nid"

Q1.

Bonsoir et felicitation pour votre site tres enrichissant

Je profite de votre savoir pour avoir la traduction de " LE PETIT NID "pour notre petite maison

Merci d'avance

TJ

R1.

Bonjour,

A ma connaissance, le mot nid se traduit nis en provençal, mais avec de nombreuses variantes locales telles que niéu (Var), ou encore niou, niout, niéuc, nich, etc.

De même, petit se traduit normalement par pichoun, mais peut se dire pichou (Languedoc) ou pitchou, pitiou (Gascogne), etc.

Si vous vous situez en Provence, la meilleure traduction de "LE PETIT NID" me semble être "LOU PICHOUN NIS". Sinon, indiquez moi votre localité, je pourrais essayer de vous trouver une graphie plus adaptée à votre région.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Bonjour jean Claude

Merci de votre aide .

En fait je souhaite ce nom en souvenir d' une maison situe en région PACA a seranon dans le 06

Si mes souvenirs sont exact cela s'ecrivait "LOU PITCHOU NIOU"  mais je souhaite confirmer avant de faire faire le fer forgé.

Merci beaucoup de votre aide

TJ

R2.

Bonsoir,

Pour la région PACA et notamment le 06 la graphie la plus correcte me semblerait être LOU PICHOUN NIOU.

Mais, en provençal, il n'y a pas forcément d'orthographe plus juste qu'une autre. Frédéric Mistral avait dû, d'une manière générale, plutôt retenir lou pichoun nis, mais diverses variantes dans la prononciation sont apparues ici ou là, qui ont dû se transmettre oralement, les gens ne sachant alors pas toujours écrire. Lorsqu'on s'est mis à écrire le provençal, certains ont écrit pichou, d'autres pichoun, d'autres pitchou, etc. Personne n'a tort et personne n'a plus raison qu'un autre. C'est un peu la faiblesse du provençal, mais cette richesse de vocabulaire fait aussi sa qualité.

La préférence pour l'une ou l'autre graphie est peut-être aussi une question de sensibilité personnelle, chacun cherchant à faire revivre ses souvenirs d'enfance et les expressions utilisées par ses grands-parents...

C'est pourquoi, si vous pensez que le nom de la maison s'écrivait LOU PITCHOU NIOU, n'hésitez pas à le reproduire tel quel. De mon point de vue, dans l'esprit de la langue provençale, votre propre sensibilité et vos propres souvenirs doivent primer sur telle ou telle graphie que l'on va trouver dans les livres.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

4-5 août 2007 : Traduction du mot "maître" en provençal

Q.

Cher monsieur Autran,

Bien que vous sachant submergé de sollicitations multiples, je me permets de vous contacter pour le motif suivant.Correspondant sportif au journal "La Dépêche" à Toulouse, je suis appelé à couvrir les championnats de France de Jeu provençal.Je suis fasciné par cette noble discipline qui se situe aux confins du sport et de l'art théâtral.L'identité provençale est si forte! A ce sujet, pourriez-vous me dire comment se traduit le mot "maître" dans la langue chère à Frédéric Mistral? En effet, je réserve une (bonne) surprise à mon ami toulonnais Daniel Monio, un grand maître que je tiens à qualifier de la sorte, dans l'article que je le lui consacrerai, pour tout ce qu'il apporte de majesté au jeu provençal!Un peu comme le mythique "Othello" naguère! Je ne suis pas sûr que "SEIGNOUR" soit le mot qui rende la meilleure idée? D'avance, un immense merci à vous.

PA

R.

Bonjour,

A ma connaissance, le mot maître se traduit généralement en provençal par mèstre : Maître maçon : Mèstre maçoun ; Maître d'hôtel, Mèstre d'hotel ; Le Grand Maître (franc-maçonnerie) : Lou Grand-Mèstre ; Maître de conférences : Mèstre de counferènci ; Maître Arnaud, avocat : Mèste Arnaud, avoucat, etc.

Selon F. Mistral, y a différents graphies de mèstre selon la région : mèistre ou mouèitre (Auvergne), mèitre (Limousin), mèste (Gascogne), etc. Mais pour le Gard où vous habitez, et pour tout le Languedoc et la Provence, c'est la graphie mèstre qui est normalement utilisée.

Je reste à votre disposition pour essayer de répondre à toute autre question.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

1er - 8 août 2007 : Une histoire de Meste Arnaou, le cafoutchi, la mustèle

Q1.

Bonjour,

En ce moment j'écris un livre dans lequel je raconte certains souvenirs d'enfance au MUY et à MARSEILLE.

Lorsque mon père -pur provençal d'origine- s'apprêtait à nous raconter une histoire, il nous interrogeait d'abord en nous demandant :

'' Une histoire de .... maistre en naou ? ''

Je vous écris ce mot phonétiquement mais s'écrit-il bien ainsi et s'agissait-il d'un certain MAITRE EN NAOU ?

Nous comprenions très bien ce que cette appellation annonçait, soit DES HISTOIRES EXTRAORDINAIRES mais j'aimerais savoir le plus précisément possible d'une part son origine dans les traditions ou contes provençaux, si la signification que je lui donne est la bonne ( ou si c'est une invention de mon père ...) et, d'autre part, l'orthographe de ce mot.

Si vous pouviez me répondre, ce serait formidable !

MERCI pour ce qu'il vous sera possible de faire.

Bien cordialement

MS

R1.

Bonjour,

Je pense que les termes que vous recherchez correspondent au provençal "Meste Arnaou" (c'est à dire à Maître Arnaud, patronyme commun en Provence).

Dans ma famille varoise, on parlait aussi de "contes de Mestre Arnaou" ou d' "histoires de Meste Arnaou" pour désigner des histoires hors du commun, ou incroyables, ou farfelues. Mais je n'en connais pas l'origine exacte ; je n'ai jamais su qui a pu être ce "Maître Arnaud", et s'il a réellement existé.

A noter également que certains lexiques provençaux, ou lexiques du parler marseillais, mentionnent un "Meste Arnaou" dans une expression de sens différent ("faire des comptes de Meste Arnaou"), et qui signifierait "faire des comptes d'apothicaire".

Selon les lieux ou les familles, il semble que ce soit l'une ou l'autre de ces deux expressions qui ait été utilisée, mais je n'en sais vraiment pas plus sur la question.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Cher Monsieur AUTRAN,

Quelle joie de recevoir ce matin votre réponse sur ce MESTRE ARNAOU qu'employait mon père !

Je ''déguste'' le deuxième sens que vous apportez à ce terme (que je n'imaginais pas une seconde) soit ''faire des comptes d'apothicaire'' en plus de la première signification comprise qui est ''extraordinaires'', ''farfelues', ''incroyables'' dans le contexte de l'expression 'HISTOIRES DE MESTRE ARNAOU. Par conséquent, dans leur signification profonde et commune, je retiens EXTRAORDINAIRES, INCROYABLES, TIRER PAR LES CHEVEUX etc ...

Ne croyez-vous pas qu'il est envigeable que ce MESTRE ARNAOU ait réellement existé ?. Mais quand ? Ou ?

Malheureusement, mon père n'est plus là depuis longtemps pour me répondre et me dire d'où il tient cela et qui l'employait autour de lui.

Avant de vous poser mes dernières questions, je tiens à vous manifester toute mon admiration pour votre érudition, votre sérieux et l'immense travail que vous faites dans la plus grande gratuité. C'est tellement rare !

Je puise un plaisir énorme à lire sur votre site vos réponses à ces termes provençaux quelquefois émaillés de marseillais qui ont bercé mon enfance au MUY, à MARSEILLE puis à PARIS. C'est un peu de la substance profonde de mes parents que, très émue JE RETROUVE,

TOUT EN ME RENDANT COMPTE QUE CETTE SUBSTANCE NE M'A JAMAIS QUITTEE

.Puis-je encore abuser de votre savoir et de votre gentillesse en vous posant deux questions ?

La première concerne un surnom affectueux que mon père me donnait. Il s'agit de ''LA MUSTELE'' . Signifie-t-il bien LOIR, ou BELETTE, ou FURET etc .., animaux de la famille des MUSTELIDES, seul mot que je trouve dans le dico se rapprochant ?

Mon autre question concerne le mot ''CAFOUTCHI'' (phonétiquement) que mes parents employaient dans le sens ''SORS DE TON CAFUTCHI'' ou ''RANGE UN PEU TON CAFUTCHI'', ou '' C'EST UN VERITABLE CAFUTCHI ICI ! ''.

Signifie-t-il cachette, foutoir ... ?pagaille, désordre, cabane, cachette ?

N'est-ce pas plutôt du marseillais mâtiné d'italien plutôt que du provençal ?

Merci d'ores et déjà pour la lumière que vous pourrez m'apporter.

Vous pouvez utiliser mes questions et vos réponses sans problème sur votre site si vous le voulez.

Il faut que tout cela circule.

Recevez mes respectueuses pensées.

MS

R2.

Bonjour,

Merci pour votre sympathique message et vos commentaires sur mon site internet. Sachez que je l'ai créé en décembre 2000, comme cadeau pour les 90 ans de mon père, et pour y héberger les textes de ses ouvrages. Mon père était un homme intègre et généreux, qui n'a jamais voulu faire de profit personnel lors de l'édition de ses livres. Il est décédé en janvier 2007 et je continue donc à développer ce site dans le même esprit, en mettant son contenu à la disposition de tous, gratuitement et en refusant tout bandeau publicitaire.

Pour répondre à votre première question, "la mustèle", je me suis aidé du Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral. Il apparaît que ce mot (moustelo, en provençal) désigne deux catégories d'animaux. Tout d'abord, la belette (également la fouine en Rouergue) et, au figuré, une personne rusée. Par ailleurs, la "moustelle" (en français : motelle) est un nom bien connu des pêcheurs en Méditerranée puisqu'il désigne aussi une famille de poissons de mer, les blennies ou les gades (Gadus mustela, gade brun, gade blennoïde, phycis méditerranéen, etc.

Quant au mot cafoutchi, ou cafoucho, il s'agirait d'un mot dérivé du français cahute, qui signifie : recoin, cavité. Il me semble qu'en Provence maritime, on utilise plus fréquemment un mot voisin qui est cafourno, ou cafournoli, et qui signifie aussi cavité, caverne, tanière, et, par suite, un petit réduit, un débarras où l'on entasse des objets sans valeur. Il a bien le sens de foutoir, pagaille, désordre, que vous mentionnez. Le mot n'est pas nécessairement marseillais, ni d'origine italienne. Mistral l'a trouvé dans toutes les régions occitanes, avec des variantes locales comme cavurno, caforno, cataforno, gatiforno, cafurni, etc.

Enfin, j'ignore vraiment si ce Meste Arnaou a réellement existé. Cela se peut, mais je nen connais pas de preuve historique. Il y a ainsi en Provence un certain nombre de personnages plus ou moins légendaires dont le nom est utilisé dans maintes expressions : Faï de ben à Bertrand, Adiou Botto, le chien de Philippe, aller à Dache, baiser Fanny, va cerca Molinàri, etc. Certains ont pu exister, mais comme plusieurs villes différentes en revendiquent parfois la paternité, la vérité historique est difficile à établir.

Très cordialement,

Jean-Claude Autran

Q3.

Cher Monsieur,

Grand merci pour votre mail explicatif sur les deux mots recherchés.

C'est incroyable mais à chaque fois que je vous lis, j'ai toute mon enfance qui me saute au visage !

Ainsi en me citant quelques expressions faisant références à des personnages, j'ai retrouvé parmi elles ADIOU BOTTO et ALLER A DACHE que mon père utilisait.

Je compte bien dans un moment vous écrire -toujours par mail- pour vous commander LE LEXIQUE PROVENCAL. je précise bien PAR MAIL, car débutante sur internet, je ne parviens hélas pas à converser directement sur le net pas plus qu'à commander si ce n'est par MAIL ...L

A propos de CAFOUCHO, CAFOURNOLI, CAFORNO etc ..., ne pensez-vous pas que ce mot pourrait bien venir du mot, romain je pense, CAPHARNAUM (*) , qui est aussi porteur de la notion de désordre, bric-à-brac, foutoir... ?

Je suis à peu près sûre que vous y avez déjà pensé.

Cordialement à vous.

MS

(*) CAPHARNAUM (KAFARNAOM) : nom masculin -
Ville de Galilée où Jésus attira la foule devant sa maison. Lieu où des objets de toutes sortes se trouvent dans le plus grand désordre
(définitions du LAROUSSE LEXIS)


 

25-29 juin 2007 : Traduction de anoubli

Q.

Bonjour,

je suis une étudiante italienne et je dois faire un travail de traduction d'un texte écrit en français contenant plusieurs mots d'origine provençale. En particulier, je voudrais connaitre la signification de "anoubli(e)", car je l'ai cherché dans les dictionnaires mais je ne l'ai pas trouvé. J'ai donc pensé qu'il s'agit d'un mot provençal.

Merci en avance, je reste dans l'attente d'une votre réponse.

CB

R.

Bonjour,

Si je me réfère au Tresor dóu Felibrige, le dictionnaire de Frédéric Mistral, anoubli est un verbe provençal qui signifie : « anoblir, faire noble ». On trouve comme variantes de anoubli : anoupli (Languedoc) et annoubli (Nice). Mistral fait dériver ce terme du roman anoblir, anoblezir ; du catalan annoblir ; de l'italien annobilire.

Le participe passé et l'adjectif dérivant du verbe anoubli s'écrivent également anoubli. Mais, au féminin, anoubli devient anoublido et non anoublie (l'ajout d'un e final est un féminin français et non provençal, lequel se caractérise par un suffixe -o, ou -ido, ou -ado, etc.

Je reste à votre disposition pour essayer de répondre à toute autre question.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

18-20 juin 2007 : Traduction de allumeur de réverbères

Q1.

Bonjour,

je souhaiterais connaître la traduction en provencal de "l'allumeur de réverbère" c'est pour mon pére qui à 85 ans et qui désepére de ses trous de mémoire

Je vous en remercie

Cordialement

DD

R.

Bonjour,

Si je me réfère au Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral, un réverbère se dit en provençal fanau (ou lanterno).

Donc : allumeur de réverbère se traduit en principe par alumaire de fanau.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Bonsoir,

Je vous remercie de votre réponse si rapide.

Mon pére vous en remercie aussi. Cela lui a apporté beaucoup car il a pu évoqué ses souvenirs d'enfance quand à la Seyne sur mer il y avait l'allumeur de réverbére

Cordialement

DD  


 

13-17 mai : Demande de traduction

Q1.

J'ai vu sur un mur d'un maison à TOULON, sous une vierge, cette incription en provencal je pense que je ne parviens pas à traduire, car avec les peu de mot que je sais, ça ne colle pas. Pouvez vous m'aider juste pour le plaisir de savoir:
Nostro Damo dóu Pati -
Enaussant nosti vot
nous a baia récati
si an de cor si devot

Je ne pense pas que Pati signifie Foutoir ou désordre dans le cas présent

Avec mes remerciements

trés cordialement

JCL

R.

Bonjour,

Pardon pour le retard mis à vous répondre. Je suis souvent sollicité pour des traductions ou des explications d'expression provençales, mais je ne suis nullement un expert en la matière. Je suis presque toujours obligé d'utiliser Lou Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral pour essayer de répondre aux questions.

Dans « Nostro Damo dou Pati », je ne pense pas, en effet, que Pati ait le sens habituel (qui s'écrit d'ailleurs pàti, et qui vient du latin patium, pastus) de : terrain de pâture, basse-cour, cloaque, lieu d'aisance, latrines , ou, par extension, de désordre, pagaille, foutoir. Je pencherai plutôt pour un substantif dérivant du verbe pati, qui signifie souffrir, peiner, pâtir (qui vient, lui, du latin pati). Nostro Damo dou Pati correspondrait alors à « Notre Dame de Douleur » (ou Mater Dolorosa).

Pour le reste,

- Enausant nosti vot : exauçant nos vœux [vous avez transcrit enaussant, participe présent du verbe enaussi qui signifierait : exhausser, élever plus haut ; mais je pense qu'il s'agirait plutôt ici du verbe enausi, qui signifie exaucer].

- Nous a baia recati : nous a porté secours

Mais pour Si an de cor si devot, je n'ai pas de traduction satisfaisante. Bien sûr, cor c'est cœur, devot, c'est dévot ou dévoué. Mais je ne comprends pas le sens du vers. Car an, peut signifier "an", "année", ou "ils ont", ou "allons". Et si peut signifier : "ses", "leurs", "si", "soi", etc. Il y a peut-être un jeu de mots que je ne comprends pas.

Voilà tout ce que je peux vous proposer. Peut-être que des internautes qui liront cet échange sur le "forum" de mon site, ne manqueront pas de réagir pour proposer des améliorations ou des corrections de ma réponse. Nous verrons bien.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Merci infiniment, j'irais régulièrement sur votre site pour voir si nous parvenons à finir le puzzle

Merci du temps passé sur cette peitite enigme

Trés cordialement

JCL


 

3-17 mai 2007 : Demande de traduction

Q.

Bonjour,

Suis d'origine provençale mais ne le parle pas, honte et regrets pour moi.

J'ai récemment acheté en brocante une assiette représentant "Fanny" (pétanque) mais n'arrive pas à traduire (bien qu'en comprenant le sens) avec exactitude le texte provençal suivant :

Embrasso-mi que cagui
O fan de Chino sian maï d'esquino

Pourriez-vous m'aider ? Merci !

BB (Provençal exhilé de son plein gré en Lozere)

R.

Bonjour,

Pardon pour le retard mis à vous répondre. Je suis souvent sollicité pour des traductions ou des explications d'expression provençales, mais je ne suis nullement un expert en la matière. Je suis presque toujours obligé d'utiliser Lou Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral pour essayer de répondre aux questions.

J'ai quelques difficultés à vous proposer une traduction absolument fidèle de votre texte provençal : « Embrasso-mi que cagui - O fan de Chino sian maï d'esquino ».

- Embrasso-mi que cagui. L'expression est peut-être très classique pour les boulomanes, mais ce n'est pas absolument clair pour moi compte tenu que le pronom relatif provençal que peut se traduire de nombreuses manières selon le contexte, notamment par : que, quel, comme, dont, où, combien, etc. Une possibilité plausible est que ce que corresponde ici à l'adverbe de lieu où. D'où la traduction triviale : « embrasse-moi (à l'endroit) où je cague... ». Et, en effet, les locaux de boulomanes possèdent souvent un tableau, une photo, d'une jeune personne "Fanny", de qui ceux qui n'ont marqué aucun point dans la manche (la « maine ») sont obligés d'embrasser les fesses devant tout le monde (*).

- J'ai également un doute pour fan de Chino. Habituellement, l'exclamation "fan de..." ou "fant de...", est un raccourci de "enfant de...". D'où les jurons ou insultes : "fan de porc", "fan de garço", "fan des pieds", "fan de chichourlo", etc. On s'attendrait ici à trouver "fan de chino (c'est-à-dire fils de chienne). Mais comme vous avez transcrit Chino avec majuscule, ce serait alors "enfant de Chine", ce qui paraît curieux ; mais peu importe, c'est la rime avec esquino qui devait probablement être recherchée avant tout.

- Esquino est naturellement le dos, l'échine, l'épine dorsale. L'expression estre d'esquino signifie : être renversé, être vaincu. Donc, sian maï d'esquino, c'est : « Nous sommes encore vaincus, nous avons encore perdu ».

Voilà tout ce que je peux vous proposer. Peut-être que des internautes boulomanes qui liront cet échange sur le "forum" de mon site, ne manqueront pas de réagir pour proposer des améliorations ou des corrections de ma réponse. Nous verrons bien.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

(*) Il est intéressant de noter que, dans l'argot américain, le mot fanny signifie précisément « cul » !


 

13-30 avril 2007 : Questions diverses sur le provençal

Q1.

Cher Monsieur,

(...) Je suis à votre disposition pour répondre à des questions éventuelles, notemment sur le provençal. J'ai vu que quelqu'un cherchait : Des chants provençaux, la Pastorale de Morel. Si c'est toujours le cas il faudrait qu'il me soit précisé exactement ce qu'il cherche.

Veuillez croire à toute ma sympathie, et peut-être un jour le plaisir de se rencontrer. Cordialement.

AA (co/président Unioun Prouvençalo Var)

R1.

Bonjour,

(...) Merci également de me proposer votre aide pour des questions éventuelles sur le provençal. Comme questions en suspens, ces derniers mois, j'avais noté :

- le texte de la Pastorale Maurel. Certains pensaient le trouver gratuitement sur internet, mais je ne pense pas qu'il y soit : j'ai conseillé aux gens d'acheter ou de commander le livre.

- les paroles (en provençal) de "Il est né le divin enfant". Nous avons trouvé le refrain (Es naissu lou pitchoun boun Diéu), mais nulle part on n'a pu me donner le texte provençal des différents couplets. Savez-vous s'il existe ?

Très cordialement. Au plaisir de vous rencontrer un jour.

Jean-Claude Autran

Q2.

Cher Monsieur, J'ai passé la consigne pour rechercher les paroles de:" Il est né le divin enfant en provençal". Je n'ai pas connaissance, malgré ma pratique du chant provençal de ces paroles. Pour le texte de la pastorale de Maurel, la seule solution est de se procurer le livre qui coûte environ 14 euros et que "l'Unioun prouvençalo" dont je fais partie peut vous le procurer. Pour ce qui est du mot "Simailloun" Orthographe : Cimaihoun, venant du mot Cime (peu usité). Rien à voir avec "Scion" en provençal : Canihoun, partie fine de la canne à pêche qui porte la ligne. C'est tout pour le moment. Très cordialement.

AA

R2.

Bonjour Monsieur,

Merci beaucoup pour votre aide et pour toutes ces précisions.

A bientôt peut-être. Très cordialement,

Jean-Claude Autran


 

31 mars 2007 : Faire-part de naissance de l'ouvrage "Les maux des maux" de Serge Malcor

Après une gestation éléphantesque et une extraction épique depuis les quartiers nord de Marseille,

J'ai le bonheur de vous annoncer la mise à disposition de

Les maux des mots
 
Né le 28 mars 2007
448 pages, 20,5 x 15 cm
Aucune trace des forceps !

Les exemplaires sont disponibles à mon domicile pour 20 euros l'unité.

Si vous désirez une expédition, majorez cette somme de 4 euros.

Monsieur Serge MALCOR
Le ventoulet
352 chemin de Daniel
83500 LA SEYNE SUR MER
serge.malcor@gmail.com
Tel 04 94 06 30 35

Bien évidemment, il est gratuit pour les souscripteurs qui l'avaient payé durant l'été 2005 et qui m'ont fourni les coordonnées de leur réglement.

Dans la mesure où ils résident dans la région, ils seraient bien inspirés en passant directement le chercher chez moi. Me le faire savoir par retour de mail.

La divulgation de ce message autour de vous et auprès de vos proches ne sera pas considéré comme de la délation.

Merci d'avance et (future) bonne lecture !

Serge


 

29-31 mars 2007 : Traduction des noms de pièces d'une maison

Q.

pouvez-vous, s'il vous plait me donner les traductions en provençal des mots suivants : cuisine, chambre, cellier, salon, salle de bains, wc, couloir, maison, terrasse, jardin. Vous l'avez compris c'est pour décorer les portes d'une maison.

et bonne journée

CM

R.

Bonjour,

Voici ce que je vous propose pour traduire en provençal les différents termes de la maison.

Notez bien qu'il s'agit de termes extraits du Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral, et que la graphie que j'ai utilisée est la graphie mistralienne. Ces termes doivent bien vous convenir si vous habitez en Provence (mais il faudrait utiliser une graphie différentes si vous êtes à Nice, en Hautes-Alpes, en Languedoc, etc.).

Cuisine : cousino
Chambre : chambro
Cellier : celié ou estivo (pour le cellier à huile ou à vin)
Salon : saloun
Salle à manger : salo a manja
Salle de bains : salo d'aigo ou salo de ban ou bagnadouiro (baignoire)
WC : pàti ou cagadou ou comoudita ou privat
Couloir : courredou
Maison : oustau
Terrasse : terrasso
Jardin : jardin

Les mots terminés par un o sont féminins (la cousino, la chambro,...), les autres sont masculins (lou celié, lou saloun, lou courredou, l'oustau...)

Le nom de chaque pièce peut encore être modulé selon sa taille par un suffixe diminutif (eto, oun) ou augmentatif (as), par exemple : cousineto (petite cuisine), chambreto ou chambroun (petite chambre), jardinas (grand jardin), salounet (petit salon), etc.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

24 mars - 1er avril 2007 : Expression coquine "Attrape le et ne le mord pas !"

Q1.

Boujour,

Une dame que j'ai bien connu plaisantait souvent lorsqu'une personne la dérangait souvent dans son travaille.

Elle disait une phrase (à consonnance coquine) dont un mot m'échappe maintenant :

agante le ne ("mures" ou "moress") pas !

Attrape le et ne le mord pas !

Connaissez vous cette expression ?

CB

R.

Bonjour,

Non, je ne connaissais pas cette expression.

Si le mot qui vous manque est l'impératif du verbe mordre, ce pourrait être mordes pas.

Mais cela dépend de quelle région vous êtes, car le verbe mordre présente plusieurs variantes : mordre (Provence), mouordre (Nice), mouerdre (Marseille), mouardre (Var), mourde (Languedoc), etc.

Ici, dans le Var, la traduction littérale de « Attrape-le et ne le mords pas », serait : « agantas lou e ne lou mouardes pas ! »

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Bonjour,

Merci pour votre réponse. il s'agissait bien du mot "mordes".

merci aussi pour votre site que vous savez rendre très sympathique.

cordialement,

CB


 

24-25 mars 2007 : Gangasser

Q.

Bonjours, juste un petit mot du Revest, sur un terme du lexique : Gangasser

J'ai pour ma part toujours dit et entendu mes collègues de Toulon ou de la Seyne dire phonétiquement : Guingasser !

Y a t'il une différence réelle ou juste d'accent ?

CB

R.

Bonjour,

Peut-être y a-t-il une différence d'accent ? Mais je ne m'explique pas pourquoi vous avez entendu dire "guingasser". Personnellement, j'ai toujours entendu "gangasser", qui est une francisation du provençal gangassa.

C'est ainsi qu'on l'orthographie et qu'on le prononce dans le Dictionnaire Régional du Provençal (de Philippe Blanchet, éditions Bonneton):

GANGASSER, v. tr. Secouer fortement. Du provençal gangassa, même sens.

De même, dans le Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral, on trouve la famille de mots suivants :

GANGASSA (catalan congoxar, latin conquassare, italien sconquassare). Verbe actif et nom. Ebranler, agiter, secouer fortement. Sa bourso gangasso pas, sa bourse ne sonne pas ; a toujour quauque ferre que gangasso, il a toujours quelque fer qui loche ; etc.

GANGASSADO, s.f. Ébranlement, secousse.

GANGASSAIRE, s. et adj. Celui qui ébranle, qui secoue.

GANGASSOUN, s.m. Secousse, saccade.

Il est vrai que l'on trouve aussi chez Frédéric Mistral une famille de mots commençant par guinguass--, mais le sens est très différent de secouer :

GUINGASSOUN, s.m. Petit clou.

GUINGASSOUNA, v.a. Clouter.

GUINGASSOUNET, s.m. Très petit clou.

Peut-être y a-t-il eu influence de la seconde série de mots sur le verbe gangasser pour expliquer une prononciation "guingasser" chez certaines personnes ??

C'est tout ce que je peux vous dire.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

23 mars - 6 avril 2007 : Ici tout est bonheur - Le soleil me fait chanter

Q1.

Je voudrais écrire en provençal sur la plaque de notre maison "Ici tout est bonheur" ou quelque chose d'approchant. Le Papa de mes enfants qui est décédé était de La Seyne sur mer. Merci de me répondre. Bien cordialement.

AMN

R1.

Bonjour,

Je pense qu'une traduction correcte de votre phrase est : « Eici, es tout bonur », du moins si l'on est au cœur de la Provence. La graphie peut en effet varier entre les régions puisque Frédéric Mistral donne les autres variantes suivantes pour le mot bonur : bouenur (Marseille), bouonur, buonur (Nice), bonuor (Var), bounur (Languedoc), etc.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Merci beaucoup Cher Monsieur. Je viens de devenir propriétaire d'une petite maison à Sommières. Ce n'est pas tout à fait le "territoire" de mon ex-mari décédé en 2002 et qui était Seynois. Il a été Chef d'Orchestre du théatre du Chatelet à Paris pendant 20 ans et a terminé sa carrière entre Nice et Toulon. Il s'appelait FN. J'aime passionément cette belle région car j'ai été son épouse durant 40 ans (...). Il descendait d'une famille Italienne et sa Maman était une Blancard. Il y avait paraît-il une propriété à la Seyne qui s'appelait La Blancarde (à moins que ce ne soit à Toulon). Merci encore. Le site de votre Papa est très beau. Bien cordialement.

AMN

R2.

Bonjour Madame,

Merci pour votre message et vos précisions.

Je n'avais pas réalisé que vous aviez été l'épouse de FN. Son nom m'était en effet connu comme celui du grand chef d'orchestre qui avait dirigé l'orchestre du Châtelet pour beaucoup de grandes opérettes et qui avait enregistré de nombreux disques. Je suis très honoré de vous avoir rencontrée sur internet.

Et je ne savais pas que FN était Seynois ! Mais pouvez-vous m'indiquer où il est décédé (j'ai vu sur internet le 31 août 2002) et où se trouve sa tombe ? Je ne sais pas non plus où se trouve la propriété du nom de la Blancarde à La Seyne (ou à Toulon ?).

Concernant enfin votre traduction, puisqu'il s'agit de Sommières, la graphie serait alors plutôt : « Aici, es tout bounur ».

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q3a.

C'est vraiment gentil cher Monsieur de me donner toutes ces précisions. J'ai acheté une maison à Sommières avec mon nouveau compagnon par hasard mais dans le souci d'être enfin sous ce soleil du Midi et dans cette ambiance même si les Gardois ne sont pas les provençaux de souche. Mon mari qui était un homme adorable et profondément attaché à son sol natal comprenait assez bien le provençal. Son père qui était Seynois (dans la marine bien entendu)! le parlait bien. je l'ai connu. On aurait dit un santon de Carbonel avec sa moustache blanche. Félix n'a pas été enterré. Il a été incinéré à Paris. La tombe des N d'origine doit être à la Seyne. celle des Blancard probablement à Toulon. "la Blancarde " était je crois à Toulon. Félix ne l'a jamais retrouvée. Il y mettait une nostagie folle car les Blancard étaient beaucoup plus "grand bourgeois" que les Nuvolone qui eux étaient plus "braves". Félix était fils unique. Son père avait une soeur marie mariée à un Bourdillat puis devenue veuve à un Besson et un frère Antonin qui travaillait aux chantiers. Si celà vous intéresse je peux vous envoyer des photos. J'en possède pas mal. (...). Je vous remercie encore. Bien cordialement.

AMN

Q3b.

Sur la plaque de ma nouvelle maison, je voudrais écrire en provençal (Sommières)

la belle expression "le soleil me fait chanter. J'ai trouvé "Lou souluou mi fa canta" est-ce exact. Je pratique la peinture sur porcelaine, d'où ma recherche! et puis c'est si beau le provençal! Merci d'avance et bien cordialement.

AMN

R3.

Bonjour,

Il exact que nous disons ici "Lou souluou mi fa canta".

Mais le mot soleil s'écrit de différentes manières selon les régions. Dans l'ouest-Var, il semble qu'on emploie de préférence "souluou". Mais à Marseille et en Provence, on doit écrire le plus souvent "souléu" ou "souréu". Et en Languedoc, je crois qu'ils écrivent plutôt "soulèl" ou "soulèlh".

A vous de voir si vous préférez vous conformer à l'usage de votre nouvelle région ("Lou soulèl mi fa canta"), ou conserver le souvenir de la Provence ("Lou souléu mi fa canta").

A noter qu'à la suite de l'expression "Lou souluou mi fa canta", des plaisantins rajoutent parfois la rime : "e la cèbo mi fa ploura" (et l'oignon me fait pleurer...").

Cordialement

Jean-Claude Autran


 

22 mars - 2 avril 2007 : Le pas de Pouyen (au Beausset)

Q1.

Bonjour Monsieur,

Je me permets de vous adresser ce message pour vous demander votre aide pour la traduction d'une expression en provençal; il s'agit de l'expression "le pas de pouyen", qui est un lieu dit sur la commune du Beausset. Auriez-vous l'amabilité de me traduire cette expression, car j'ai cherché mais en vain. Est-ce "lou pà de pouyen?" merci par avance pour votre aide.

très cordialement

RR (arrière petite fille de la marchande de cade de la Seyne)

R.

Bonjour,

D'après mes archives, vous m'aviez déjà écrit en 2004 à propos du lexique provençal. J'espère que vous avez pu réaliser les projets sur lesquels vous pensiez faire travailler vos élèves.

Votre question sur le Pas de Pouyen m'embarrasse un peu car il me semble que Pouyen est un terme local et n'est ni un mot provençal, ni un mot français. Je ne l'ai pas trouvé non plus dans le dictionnaire de toponymie provençale. Il doit s'agir d'un terme en rapport avec la géographie du lieu. Je connais un peu ce lieu-dit du Beausset et il me semble qu'il y existe un vallon étroit qui longe un ruisseau et qui remonte vers des collines à l'est de la RN 8.

Le pas est certainement un passage, un défilé. En provençal, cela se dit également lou pas. Quant à Pouyen, on peut penser que cela dérive de la racine pouya (variantes : pouia, pouja, poua, puya, etc.) qui signifie monter, gravir, ou pouyado (variante : pouiado, poujado, etc.), substantif féminin qui signifie montée, raidillon, pente ascendante. On retrouverait donc bien l'idée d'un passage en raidillon vers un lieu élevé.

Une traduction possible, en graphie mistralienne pourrait donc être, sous toute réserve : lou pas de la poujado.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Je vous remercie beaucoup pour vos recherches et votre réponse, qui m'ont aidée dans mon travail. C'est très gentil de votre part.

A bientôt

Cordialement

RR


 

6-11 mars 2007 : Traduction de "tas de cailloux"

Q.

J'aimerai pouvoir traduire en provençal l'expression "tas de cailloux"

Par avance merci

R.

Bonjour,

Dans ma région (Provence maritime), on utilise pour caillou les termes caiau, pèiro, ou encore massacan (moellon, gros caillou). Le mot tas se traduit généralement par mouloun.

Un tas de caillou va donc se traduire littéralement par mouloun de caiau, ou plus communément par mouloun de pèiro.

Mais une autre traduction intéressante peut être aussi le mot clapié qui (d'après Lou Tresor dóu Felibrige, dictionnaire de Frédéric Mistral) signifie : tas de pierres, amas de cailloux rejetés hors d'un champ.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

6-8 mars 2007 : Qu'est-ce qu'une bousquatière ?

Q1.

Bonjour Monsieur,

Quand j'étais plus jeune, je passais mes vacances dans un tout petit hameau des Alpes de Haute Provence à Chanolles.

La grand-mère de ma copine parlait de "bousquatière" (je ne sais pas comment ça s'écrit) lorsqu'elle se rendait dans cette pièce fermée et surtout très froide, pour prendre de la nourriture ou des réserves.

J'ai consulté votre lexique qui est fort bien fait, mais hélas je n'ai pas trouvé le renseignement souhaité. Peut-être pourriez-vous éclairer ma lanterne ?

Vous en souhaitant bonne réception et avec mes remerciements anticipés,

Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.

JLC

R.

Bonsoir,

Merci pour votre message. Mon "lexique provençal" n'est pas exhaustif ; il est limité aux termes et expressions que j'ai gardés en mémoire pour les avoir entendus dans mon enfance ; et il s'agit surtout de termes de la Provence maritime.

Pour vous renseigner sur le mot "bousquatière", j'ai consulté le Tresor dóu Felibrige, le dictionnaire de Frédéric Mistral. Le mot s'écrit de différentes manières selon la région :

BOUSCATIERO, BOUSQUETIERO (Marseille), BOUSCATIÈIRO, BOUSCARDIÈIRO (Languedoc). Substantif féminin qui signifie : « Femme de bûcheron ; bûcher ; hangar au bois ».

C'est l'un des nombreux construit autour de la racine BOUSCA : BOUSCATIÉ (bûcheron), BOUSCARATO (petite forêt), BOUSCAS ou BOUSCARASSO (grand bois, futaie épaisse), BOUSCAREN (forestier), BOUSCASSIERO (serpe de bûcheron), BOUSCASSIÉ (qui habite les grands bois, qui exploite les forêts), etc.

Nul doute que votre terme "bousquatière" soit une forme francisée de la "bouscatiero" et devait désigner à l'origine une pièce de stockage du bois, et d'autres réserves ou provisions.

A noter que l'on trouve aussi le nom propre "La Bouscatière" dans la dénomination d'une ancienne île du Rhône, en Camargue.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Bonjour Monsieur,

Merci beaucoup pour la promptitude de votre réponse

Très bonne journée

JLC


 

3-11 mars 2007 : L'estarpe du cheval

Q.

L' "estarpe du cheval" est le joli nom d'une piste dans le massif de l'Estérel, sur la pente Nord du Mont Vinaigre.....je n'ai pas trouvé le terme dans "lou pichot tresor", il y a l'estrape, mais pas l'estarpe.....à ce qu'il me semble me souvenir de mes rudiments de jeunesse, la signification serait voisine de piétiner, déchirer....??

Bonne continuation

Michel (Fréjus)

R.

Bonjour,

D'après le dictionnaire de Frédéric Mistral, Lou Tresor dóu Felibrige, les verbes estarpa, estarpeja, estarpia, etc. sont des variantes locales de estrepa ou estrapa, qui signifie effectivement piétiner, gratter la terre avec les pieds, éparpiller.

Vraisemblablement l' "estarpe du cheval" doit faire référence à une piste dont le sol est naturellement piétiné, foulé, gratté lors du passage des chevaux.

Dans cette même famille, on trouve encore les mots intéressants suivants :

- Estrepadis, estarpadis (s.m.) : terre piétinée, remuée avec les pieds, grattée par les poules
- Estrepado, estrapado, estarpado (s.f.) : Ce qu'on foule ou ce qu'on gratte en une fois, piétinement
- Estrepaire, estrapejaire (s. et adj.) : Celui, celle qui piétine, qui gratte la terre avec ses pieds
- etc.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

1er - 5 mars 2007 : Traduction de La maison des Normands

Q1.

Monsieur,

Nous sommes normands et habitons en Provence depuis 6 ans.

Nous voudrions donner un nom provençal à notre maison.

Pouvez-vous nous traduire "la maison des normands".

Je vous remercie.

JFP

R.

Bonjour,

Si je me réfère au Tresor dóu Felibrige, le dictionnaire de Frédéric Mistral, la maison se dit en provençal oustau, et les Normands, lei Nourmand.

Donc, la maison des Normands va se traduire par l'oustau dei Nourmand. [Il ne doit pas y avoir de s à la fin du mot Nourmand car en provençal le substantif est invariable en nombre. C'est seulement l'aticle (dei) qui indique qu'on est au pluriel)].

A noter que ceci est la graphie utilisée en Provence centrale et orientale. Dans d'autres régions, on utilisera li au lieu de lei, di au lieu de dei, etc.

Je reste à votre disposition pour tout autre renseignement.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Monsieur,

Nous vous remercions vivement de la traduction que vous nous avez communiquée au sujet de "la maison des normands".

Recevez nos sincères salutations.

JFP


 

27 février - 3 mars 2007 : Traduction de désirée en provençal

Q.

Bonjour,

Je souhaiterai savoir comment se traduit le mot « désirée » en provençal.

Je vous remercie par avance de votre réponse.

Cordialement.

IR

R.

Bonjour,

Si je me réfère au Tresor dóu Felibrige, le dictionnaire de Frédéric Mistral, désiré se dit en provençal desirat, et donc, au féminin, désirée se traduit par desirado.

Je reste à votre disposition pour tout autre renseignement.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

26 février - 3 mars 2007 : Chemin de Galice et contribution au lexique provençal

Q1a.

Bonjour!

Je suis navré d'apprendre que monsieur Autran est mort. Il a bien rempli sa vie !

Je serais intéressée si vous saviez à quoi fait allusion le "chemin de Galice" Les étymologies possibles que je trouve ne me satisfont pas.

Il y a un chemin de Galice à Aix, un à Cadolive, d'autres encore.

Chemin vers la Galice me paraît hasardeux, vu l'éloignement

Merci de ce que vous pourrez faire.

Cordialement.

AMA

Q1b.

Re bonjour,

Si je puis me permettre une contribution : caganis ou cago nis s'applique au dernier d'une nichée (animale ou humaine) et signifie "qui chie au nid", ce que décrit encore mieux l'expression que vous notez "cago au niou". c'est à dire, le gaté-pourri qui s'incruste...

Pas l'ombre d'anis dans cela.

Bien à vous

AMA

R1.

Merci pour votre contribution pour le mot caganis ou cago au niou. Vous avez certainement raison. Si l'on effectue quelques recherches dans au Tresor dóu Felibrige, de Frédéric Mistral, on trouve bien que le mot nis, avec les variantes niéu, niou, etc. nous ramène toujours au nid, et qu'il ne semble pas y avoir de rapport étymologique avec l'anis.

Concernant le chemin de Galice, je n'ai guère d'idée sur la question, sauf (d'après quelques recherches de "chemin de Galice" sur internet par google) qu'il semblerait peut-être s'agir de sections de l'un ou l'autre des nombreux chemins qui sont utilisés par les pélerins pour se rendre à Saint-Jacques de Compostelle.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

22 février - 3 mars 2007 : Demande de traduction des mots déchet, recycler, environnement

Q1a.

Bonjour,

Pourriez vous s'il vous plait me traduire en provençal les mots :

Déchet, recycler, environnement.

Vous remerciant par avance, cordialement,

GP

Q1b. (à René Merle)

(...) Le hasard fait que je m'apprêtais justement à te demander de l'aide pour une question de provençal. (Il y a assez longtemps que je n'avais pas fait appel à toi). Depuis que j'ai mis sur internet un certain nombre de mots d'ici et d'expressions provençales extraites de ma mémoire familiale, je suis souvent sollicité pour des traductions - qui m'embarrassent parfois car je ne suis pas un expert en la matière. J'essaie de répondre aux gens en toute modestie en m'aidant le plus souvent du Tresor dóu Felibrige.

Mais l'un de mes correspondants vient de me poser (ce qui est pour moi) une "colle". Il cherche à savoir comment pourrait-on dire en provençal les mots : environnement, déchet, recycler ? Ce n'est probablement pas Mistral qui peut cette fois me donner la réponse et je ne sais pas où chercher. Mais j'imagine que tu as une idée sur la question.

Merci par avance si tu peux m'aider pour ces trois mots.

Amitiés,

Claudet

R1a.

Bonjour Claudet,

(...) En ce qui concerne les mots provençaux, je crois inutile d'aller chercher des néologismes artificiels. Les mots anciens (qui sont dans le Trésor de Mistral) conviennent parfaitement à des données nouvelles. Je te les mets en graphie mistralienne et en graphie classique (les graphies diffèrent, mais la prononciation est la même).

enviroun, environ donne envirouna, environar qui donne envirounamen, environament

Le collectif curun, curum, exprime parfaitement la notion de déchets, même si sa racine "curer" se rapporte au curage. Il est devenu valable pour toutes sortes de déchets, alors que "frachan", par exemple, s'est spécialisé pour les restes de maçonnerie, de vieux murs, etc.

Amitiés

René

R1b.

Et j'avais oublié "cicle" qui donne naturellement recicla, reciclar...

René

R2a.

Merci beaucoup, René, pour ta réponse aussi documentée et aussi rapide.

Amitiés,

Jean-Claude

R2b.

Bonjour,

Désolé pour le retard à vous répondre. Traduire ces termes actuels en utilisant le dictionnaire de Frédéric Mistral me paraissait poser quelques difficultés, et j'ai donc dû consulter le Professeur René Merle, grand spécialiste des langues occitanes (rene.merle.charles.antonin.over-blog.com/).

Le Professeur René Merle pense au contraire « qu'il est inutile d'aller chercher des néologismes artificiels et que les mots anciens (qui sont dans le Tresor dóu Felbrige de Mistral) conviennent parfaitement à des données nouvelles ». Voici les traductions que me suggère le Professeur René Merle (en graphie mistralienne et en graphie classique (les graphies diffèrent, mais la prononciation est la même) :

- Pour le mot environnement : envirounamen, environament [de enviroun, environ, qui donne envirouna, environar et envirounamen, environament]

- Pour le mot déchet : curun, curum [Le collectif curun, curum, exprime parfaitement la notion de déchets, même si sa racine "curer" se rapporte au curage. Il est devenu valable pour toutes sortes de déchets, alors que "frachan", par exemple, s'est spécialisé pour les restes de maçonnerie, de vieux murs, etc.]

- Pour le mot recycler : recicla, recicla ["cicle" donne naturellement recicla, reciclar...].

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

19 février - 11 mars 2007 : Traduction du mot Bienvenue

Q1.

Bonjour, j'aimerais savoir comment l'on dit "bienvenue" en provençal. Je suis en train de broder un paysage représentant le bourg de Banon et je voudrais écrire ce mot au-dessus: ce serait plus original que "welcome" ou le mot français.

Si vous pouvez me traduire "Bienvenue à Banon" ce serait encore mieux.

Merci de votre collaboration

CT

R1.

Bonjour,

Je ne suis pas réellement un expert en langue provençale, mais, d'après le dictionnaire de Frédéric Mistral Lou Tresor dóu Felibrige, bienvenue se traduit par Bèn-vengudo.

Et donc « Bienvenue à Banon » doit se dire, soit « Bèn-vengudo a Banoun », soit (ce qui est peut-être grammaticalement plus correct, mais plus long à broder...) « Segués li bèn-vengu a Banoun » (= Soyez les bienvenus à Banon).

Mais vous n'êtes pas la première à me poser une question à propos du mot bienvenu en provençal. Voyez aussi les autres questions dans le "forum" du lexique provençal de mon site : http://jcautran.free.fr/forum/lexique_provencal.html

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2a.

Un grand merci pour votre gentillesse et votre diligence à m'apporter une réponse.Je crois que j'ai la place sur mon ouvrage de broder à mes amis qu'ils sont les bienvenus à Banon, et vous aussi, "Seguès li bèn-vengu a Banoun" si vous passez chez nous ..... mais je n'y suis pas encore très souvent ! ! !

CT

Q2b.

Ca y est mon ouvrage est terminé ; je me permets de vous en envoyer une photo . La broderie a été réalisée à partir d'une carte postale.

Encore merci de votre collaboration

CT

R2.

Bonjour,

Merci pour la copie de votre très beau travail de broderie.

J'espère avoir un de ces jours l'occasion de passer par Banon pour vous faire une petite visite...

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

2-8 février 2007 : Traduction de terrain de boules

Q.

Bonjour, je cherche a traduire en provencal la phrase suivante (terrain de boules ou jeu de petanques) c'est pour l'inscrire sur un panneau situé a coté du terrain de boules que nous faisons merci d'avance

A

R.

Bonjour,

J'ai bien reçu votre demande de traduction, mais je n'ai toujours pas réussi à trouver exactement ce que vous recherchez. [Sachez que je ne suis pas véritablement un expert en langue provençale : je ne suis qu'un amateur qui s'est amusé à rassembler sur internet des mots courants ou des phrases humoristiques entendues prononcer par mes ancêtres].

Je sais qu'en provençal, la boule à jouer se dit la bocho. D'où les expressions suivantes :

Jouer aux boules : jouga ei bocho
Pointer une boule : apounta uno bocho
Tirer une boule : tira uno bocho

Par ailleurs, le jeu se dit (selon les régions) : lou jue (Marseille), lou joue (Var), lou juec (Nice), lou jo ou lou joc (Languedoc), etc.

Le jeu de boules (l'action de jouer aux boules) est donc : lou jue de bocho.

Mais ce que qui est surprenant, c'est que je n'ai pas réussi à trouver dans les dictionnaires et documents en ma possession, de traduction correcte du terrain de boules, de l'aire où on joue aux boules, ce qu'on a appelé récemment "boulodrome".

Je vais poursuivre mes recherches. Je vous écris dès que je trouve quelque chose. De votre côté, si vous avez pu obtenir cette information par ailleurs, merci de me la communiquer.

A bientôt.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

25 janvier - 7 février 2007 : La ferme du soleil

Q.

Bonjour monsieur,

Je suis en train de monter une ferme pédagogique, et je voudrai savoir comment on dit en provençal : LA FERME du SOLEIL.

J'habite au lieu dit : lou mazet des revaïres, pouvez vous me dire ce que cela veut dire SVP ??

Je connais quelques mots de provençal mais je suis loin de pouvoir discuter dans cette langue.

Je suis né ici à coté de Montpellier et c'est bien dommage que nos parents ne nous aient pas appris le provençal.

Je vous remerci par avance.

YV

R.

Bonjour,

Merci pour votre message. Mais je ne suis pas véritablement un expert en langue provençale. Je ne suis qu'un amateur qui s'est amusé à rassembler sur internet des mots courants ou des phrases humoristiques entendues prononcer par mes ancêtres.

J'ai essayé de répondre à vos questions en m'aidant du dictionnaire de Frédéric Mistral Lou Tresor dóu Felibrige.

Ma suggestion de traduction de votre phrase : La ferme du soleil est : La fermo dóu soulèu (du moins en utilisant la graphie provençale - car, selon les régions, on peut trouver pour le mot soleil les variantes souluou, souléou, sourèu, soulel, soureil, etc.)

Concernant le mot revaïre, je ne pense pas qu'il y ait de rapport avec le mot rêver (qui se dit pantaia). Et Frédéric Mistral indique en effet qu'un revaire est un percepteur de l'octroi, un collecteur de la rèvo, (nom de l'impôt collecté autrefois sur les marchandises, droit d'entrée, octroi). Le mazet (ou maset) est une petite maison de campagne, une petite ferme, une maisonnette rustique.

Lou mazet des revaïres (qu'on devrait en toute rigueur écrire lou maset des revaire - car le substantif provençal est invariable en nombre) serait donc l'ancienne maisonnette des percepteurs de l'octroi.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

19 janvier - 6 février 2007 : Demande de traduction de Bienvenue au cabanon

Q1.

Bonjour,

Félicitation pour votre lexique et toutes les réponses que vous apportez sur le site.

J'ouvre un gîte dans la vallée de la durance au petit village de Montfort en face des Pénitents des mées et je désire trouver un titre de bienvenue en provençal. C'est un cabanon retiré, ancien retapé à l'ancienne au milieu de la colline et des champs....

Pourriez-vous m'aider à traduire :

Bienvenue au Cabanon, sur le toit de la Durance au pays perché des Lavandes et des Oliviers.

ou bien auriez-vous une suggestion.

Merci d'avance.

Je ne manquerai pas de consulter votre site régulièrement par plaisir.

VP

R1a.

Bonjour,

J'ai bien enregistré votre message.

Malheureusement, mon père, Marius Autran, pour qui j'avais créé ce site internet, vient de s'éteindre à l'âge de 96 ans.

Vous comprendrez qu'il y ait actuellement quelque retard dans mes correspondances en cours.

J'essayerai de vous répondre dès que possible.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

R1b.

Bonjour,

Merci pour votre message. Mais je ne suis pas véritablement un expert en langue provençale. Je ne suis qu'un amateur qui s'est amusé à rassembler sur internet des mots courants ou des phrases humoristiques entendues prononcer par mes ancêtres.

J'ai essayé de répondre à vos questions en m'aidant du dictionnaire de Frédéric Mistral Lou Tresor dóu Felibrige.

Ma suggestion de traduction de votre phrase : « Bienvenue au Cabanon, sur le toit de la Durance au pays perché des Lavandes et des Oliviers ».

est la suivante : Bèn-vengudo au cabanoun, sus lou cubert de la Durènço, au païs quiha dei lavando e deis óulivié.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

16 janvier - 5 avril 2007 : Paroles de chants en provençal

Q1.

Bonjour

Bravo pour votre site qui est dans mes favoris.

Étudiant en provençal j'utilise régulièrement le lexique pour écrire en graphie mistralienne

Je suis à la recherche de chants et musique en Provençal (en fichiers MIDI par exemple) qu'on peut télé charger.

Je cherche aussi où trouver les paroles de la Pastorale MAUREL

Vous connaissez probablement les Fours à Cades. Sur mon Blog j'ai fait un article sur le sujet qui peut servir à ceux qui souhaitent en savoir plus

Merci par avance de votre aide

JPB

R1.

Bonjour,

J'ai bien enregistré votre message.

Malheureusement, mon père, Marius Autran, pour qui j'avais créé ce site internet, vient de s'éteindre à l'âge de 96 ans.

Vous comprendrez qu'il y ait actuellement quelque retard dans mes correspondances en cours.

J'essayerai de vous répondre dès que possible.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Excusez moi de vous contacter en cette période

Permettez moi de vous présenter toutes mes condoléances

Mon "petit problème" peut attendre ; même longtemps

Cordialement

JPB

R2.

Bonjour,

Désolé pour le retard avec lequel je réponds à votre message.

1) Je ne connais pas beaucoup de sites internet où l'on peut télé charger des chants et musiques en provençal.

Une petite recherche m'a amené aux pages suivantes :

http://perso.orange.fr/woldenberg.arts/provence/bibliothequeDocuments0001013c.html
http://www.ffcc.info/article2450.html
http://www.ffcc.info/article2422.html
http://www.ffcc.info/article2448.html
http://www.zictrad.free.fr/Provence/Cours/Analyses/pastre-pastresso/analyse-pastre-pastresso.htm

Il est probable qu'il en existe d'autres. Vous pourriez essayer de chercher encore avec Google avec les combinaisons suivantes : "chants provençaux"+"format midi", ou "chants provençaux"+télécharger ou "musiques provençales"+mp3, etc.

2) Votre blog sur les fours à cade est très instructif et très bien illustré.

Je connaissais un peu les fours à cade grâce à la Société des Sciences Naturelles et d'Archéologie de Toulon et du Var, dont j'ai numérisé les Annales entre 1945 et 1989. Je vous adresse en fichier attaché un article sur les fours à cade que j'ai extrait des Annales de 1984. Peut-être cela ne vous apprendra-t-il rien de nouveau, mais on ne sait jamais.

3) Concernant la Pastorale Maurel, je ne connais pas de site internet qui en fournisse gratuitement le texte intégral. Mais le livre doit pouvoir être trouvé ou commandé facilement en librairie, ou commandé sur des sites internet tels que :

http://www.chapitre.com/

ou http://www.livre-rare-book.com/cgi-bin/lrbcgi

En tapant : Auteur = Maurel et Titre = Pastorale

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q3a.

Bonjour

Merci pour votre longue réponse que j'ai bien reçue

Pour le moment je n'ai pas eu le temps de tout exploiter

Sur la musique je vous dirais ce que j'ai trouvé

Pour les fichiers "MIDI"  je sais les transformer en MP3

Pour tout ce que je peux écouter sur internet je le transforme en MP3 avec Audacity

J'ai le livre de L PORTE sur les fours à Cades mais votre article m'a apporté un plus

A bientôt sur le net

JPB

Q3b.

Bonsoir

Actualité de mon blog

L'article Fours à Cades a été rénove

L'article sur la Coupo Santo vient d'être mis en service

JPB

Blog : http://fr.360.yahoo.com/lubalpigps

Simplement... pour vivre

http://www.present-simple.fr

A voir http://chapelles.provence.free.fr


 

11 janvier - 13 février 2007 : Formulettes en provençal

Q1.

Ma grand-mère qui était de Puget- ville me chantait, il y a bien longtemps,des fomulettes pour enfant :
Poumpounet sian pas encaro au bout.......
La fourmigo migo.....
Pessu menu......... etc

Je suis grand- mère à mon tour je prends des cours de provençal mais personne ne se souvient de ces formulettes.

Je voudrais connaître les paroles exactes (je ne les sais que phonétiquement)

Existe-t-il un livre pour cela?

D' avance je vous remercie

Félicitations pour votre site et ce que vous apportez à la pérennisation de notre si belle langue.

CV

R1.

Bonjour,

J'ai bien enregistré votre message.

Malheureusement, mon père, Marius Autran, pour qui j'avais créé ce site internet, vient de s'éteindre à l'âge de 96 ans.

Vous comprendrez qu'il y ait actuellement quelque retard dans mes correspondances en cours.

J'essayerai de vous répondre dès que possible.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Je me permets de prendre part à votre chagrin et de vous présenter mes plus sincères condoléances.Je sais ce que vous ressentez car j' ai perdu  mon père il y a 35 ans et je me sens toujours orpheline.

Prenez le temps de commencer votre deuil et continuez ce site si intéressant en souvenir de votre père. Cela vous aidera sûrement.

Amitiés

CV

R2.

Bonjour,

Pardon pour le retard à répondre à votre message du mois dernier.

Eh oui, dans beaucoup de nos familles, les grands-mères chantaient ainsi à leurs petits-enfants. Malheureusement, très peu ont laissé des traces écrites de ces récits touchants, dont il ne reste que des fragments que notre mémoire a un peu mieux retenus.

Mais je ne connais pas de livre où de telles formulettes seraient consignées, et très très peu de gens ont mis ce genre de souvenir sur internet.

Dans le "lexique provençal" 'ai essayé de mon site internet, j'ai essayé de sauvegarder un maximum d'expressions qui me sont restées de mon enfance, mais beaucoup se sont sans doute perdues.

Il ne m'est resté que des fragments tels que :

La trueio a fa un porquet... n'a fa un, n'a fa dous, n'a fa tres !
Lou pichoun gibous, can anave a la casse, a chivau su la limace, can anave o moulin, a chivau su lou lapin
Iéu se vouliou, mi cagariou ei brayes. Lou cuou es mio, li brayes soun pagade...
Peirin ! Rascous ! Lou pichoun vèndra gibous !
Pessu, menu, sucra, daura - Leva la main dou plat
Plòu plòu plòu, de baneto, de baneto ; plòu plòu plòu, de baneto, de faiòu
Prego Diéu, prego-Diéu, autrement ti tugue !
Roumète, catarinette, quant lei vendes, quatre sou, gali-gali escaragou
San ! san ! san ! Fais-moi couler une bole de sang
Tanto Brigadello a tres chin - Li fai dansa sero e matin

Mais je ne connais pas Poumpounet, ni La fourmigo migo.

J'avais aussi commencé à rassembler de vieux textes provençaux qui étaient connus dans ma famille (voir à la page http://jcautran.free.fr/provencal/textes_provencaux.html), mais je n'ai jamais eu le temps de faire avancer ce travail.

A bientôt peut-être si je trouve un recueil plus complet de ces formulettes ?

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

7-8 janvier 2007 : Orthographe du mot amairi

Q.

pourriez vous me dire si le mot amairi (attachement maternel) est un mot provencal ou occitan et quelle est son orthographe exacte ? merci

MN

R.

Bonjour,

Il y a différentes orthographes de ce mot, selon les régions.

Si l'on se réfère au Tresor dóu felibrige de Frédéric Mistral, on trouve textuellement :

AMEIRI, AMEIRASSI (Provence), AMAIRIT (Rouergue), AMAIRASSIT (Languedoc). Adjectif. Inséparable de sa mère, qui ne veut rester qu'avec sa mère.

Es forço ameiri, il est très attaché à sa mère.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

5-10 janvier 2006 : Etymologie des mots Lou Serre, Lou Faou

Q1.

Bonsoir et meilleurs voeux à la famille Autran pour cette nouvelle année.

Je découvre avec plaisir votre site qui me donne l'opportunité de vous demander l'origine du nom provençal: LOU SERRE qui correspond à un lieu-dit sur la commune de Mons 83.

Merci pour votre réponse.

JMJ

R1.

Bonsoir,

(...) En réponse à votre question, si je me réfère au Tresor dóu felibrige de Frédéric Mistral, Lou Serre signifie : « Une crête en dos d'âne et dentelée, un sommet isolé et de forme allongée, un col, un pic, un contre-fort de montagne ».

Il est donné également comme exemples :

« Le Serre, nom de lieu fréquent dans le Gard ».
« Lou Grand-Serre, Le Grand-Serre (Drôme) ».
« Lou serre de la cambo, le devant de la jambe, la partie saillante du tibia ».
« Lou serre de la bouco, le palais, la voûte palatine ».

Je ne connais pas bien la région de Mons mais, probablement, le nom du lieu-dit Lou Serre doit s'expliquer par une particularité du relief, tel que crête, sommet allongé, etc.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Bonsoir à vous,

Merci pour votre réponse. Effectivement, ce lieu dit correspond à une bergerie bâtie sur le contre-fort de la montagne du FAOU......Là encore, je vais abuser de vos connaissances.

Avec mes remerciements, recevez mes meilleures salutations.

JMJ

R2.

Bonjour,

Le fau (qu'on orthographie souvent faou dans le Var, fai en Languedoc, fo en Auvergne, faiot en Limousin, etc.) est en principe le hêtre (ou fayard). N'y a-t-il pas des hêtres autour de Mons (qui est, je crois à 800 m d'altitude) ?

Faou vient du latin fagus, qui a donné fayard (l'autre nom du hêtre) en français. Tandis que le mot hêtre a pour étymologie le francique haistr.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q3.

Bonjour,

Merci, l'autre version de Faou qui m'avait été donnée était: FOU, la montagne ou rien ne pousse.

A vrai dire les arbres que j'y ai planté poussent très bien.

Dans l'attente d'un prochain contact, recevez mes salutations les meilleures.

JMJ

R3.

Bonjour,

Merci, mais je ne sais pas quelle est votre source pour cette autre définition de fou ou faou.

Dans mes dictionnaires, je ne trouve aucune définition de fou ou fóu qui corresponde à un terme géographique. Affaire à suivre...

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

21-24 décembre 2006 : Chant de la veillée de Noël

Q1.

Bonsoir,

J'aimerai comprendre ce que chantaient les anciens pour Le repas Gras, avant ou après les 13 desserts,

Cacha-fio bouto-fio, alègre alègre

Dieu nous alegre, calendo ven , tout ben ven, dieu nous fague la graci de veire l'an que ven e se noun sian pas mai, que non fuguem pas mens alegre cacha fuoc, bota fuoc

J'aimerai retrouver ce moment Le 24/12/2006, et le partager avec les miens, nous avons traversé quelques épreuves depuis quelques années, à cause de la maladie, et nous voilà enfin réunis pour la première fois depuis 4 ans

Veuillez me guider dans la traduction j'ai quelques notions mais beaucoup de lacunes, et j'ai aussi peur de mélanger , Le provençal et l'occitan

Merci de me rendre réponse

De toute façon je vous souhaite un bon noel, et une bonne année2007

DP

R.

Désolé pour le retard, j'espère qu'il ne sera pas trop tard pour le 24 au soir.

Vous citez les paroles sacramentelles que prononçait autrefois le chef de famille en déposant dans l'âtre la bûche de Noël :

Cacho-fiò
Bouto-fiò
Alègre ! alègre !
Diéu nous alègre !
Calèndo vèn, tout bèn vèn !
Diéu nous fague la gràci de vèire l'an que vèn !
E se noun sian pas mai, que noun fuguen pas mens !

Dont la traduction, en s'aidant du Tresor dóu felibrige de Frédéric Mistral, pourrait être :

Bûche de Noël
Mettons-y-le feu
Gai, gai, réjouissez-vous !
Que Dieu nous donne la joie !
Avec la Noël, nous arrivent tous les biens.
Que Dieu nous fasse la grâce de voir l'année qui va venir !
Et si [l'an prochain] nous ne sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins !

NB. Cacho-fiò : bûche de Noël, grosse bûche d'arbre fruitier qu'on met au feu en grande cérémonie le soir de la veille de Noël. Vient de l'expression cacha fiò, mettre le feu.

Bouto-fiò : celui qui met le feu, boute-feu, incendiaire

Alègre : allègre, gai, enjoué

Calendo : les fêtes de la Noël en Provence, ainsi nommées parce que les Calendes (premier jour de chaque mois chez les Romains) de janvier étaient une fête païenne qui fut adoptée par les chrétiens et confondue avec celle de la Nativité du Christ.

Tout ce qui précède a été écrit selon la graphie provençale classique. Naturellement, chaque région présente des variantes dans sa graphie. Ainsi, cacho-fiò est écrit cacho-fioc en Languedoc, cacho-fue, gacho-fue, gacho-fuò, etc. dans les autres régions. De même pour calèndo, calendro, carèno, etc.

Bonnes fêtes !

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Milles merci, bonne fêtes à vous et surtout une bonne année et une bonne santé

DP


 

16-17 décembre : Traduction du mot murès (marmotte ?)

Q.

Bonjour,

Je possède une Auberge dans le Mercantour qui s'appelle : Les Murès

Une personne m'a dit un jour que cela voulait dire marmotte en provençal, est-ce exacte ??

D'avance je vous remercie de m'éclairer.

Cordiales Salutations.

MB

R.

Bonjour,

Merci pour votre message.

Je ne suis certainement pas un expert en langue provençale, seulement un simple amateur. Mais si je me réfère au dictionnaire de Frédéric Mistral (Lou tresor dóu felibrige, 1873), je trouve que le mot marmotte peut se traduire en Provence soit par marmoto (ou marmouoto), soit par muret (mais plus particulièrement dans les Alpes).

Le mot muret (nom masculin - alors que marmoto est féminin) viendrait du roman muret, loir, et du latin mus, muris.

Mistral donne les expressions suivantes : Dourmi coume un muret, dormir comme une marmotte ; oli de muret, graisse de marmotte.

Mais je n'ai pas trouvé de forme murès dans mes ouvrages pour désigner la marmotte. Peut-être murès est-il une variante de muret propre au patois du Mercantour (que je ne connais pas) ?? C'est tout ce que je peux vous dire.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

30 novembre - 2 décembre 2006 : La sanquette

Q1.

Bonjour,

Votre site m'est précieux.

Je fait un billet sur mon blog pour les Noëls de mon enfance et je voudrais savoir si vous connaissez le "sangué" (j'aurai besoin de l'orthographe) que maman nous confectionnait avec le sang qui s'écoulait du lapin "espillait". On recueillait le sang dans un petit plat et on le cuisait avec un filet de vinaigre...

merci de me répondre et bonne continuation

Cordialement

AMA

R.

Bonjour,

Merci pour votre message.

Je vois très bien ce que vous voulez dire. Mais l'appellation, l'orthographe et la recette sont très variables d'une région à l'autre.

Dans le dictionnaire de Frédéric Mistral (Lou tresor dóu Felibrige), la définition est la suivante :

SANGUET, SANQUET, SANGUETO, SANQUETO : Sang d'un agneau, d'un chevreau, d'une volaille. Manja 'n sanguet ; manger une friture de sang ; para lou sanguet, la sanqueto : recevoir le sang dans un plat.

Dans le dictionnaire du français régional de Provence :

SANGUETTE : Plat de sang frit consommé quand on tue un cochon ou un mouton (Haute-Provence, Var). Du provençal sangueto, même sens ; de sang, sang.

Et dans le dictionnaire du français régional du Languedoc :

SANQUETTE : Sang (de volailles) cuit. « C'était une orgie de sanquettes, cette crêpe de sang qu'elle faisait cuire avec de l'ail ». De l'occitan sanquèta.
Recette de la sanquette de volailles
Ingrédients : sang de volailles, mie de pain, ail, sel, poivre
Avant de tuer la volaille, émietter deux poignées de mie de pain dans une assiette creuse. Emincer une gousse d'ail que vous parsemez sur la mie de pain, salez, poivrer.
Saigner la volaille sur l(assiette de façon à bien humecter la mie de pain. Le sang se caille
Cela forma alors une galette de sang que vous faites revenir quelques minutes de chaque côté dans une poêle avec un peu d'huile.
Servir très chaud.
(Foyer rural de Chanac - Extrait de la Lozère à table)

Mais il y a sans doute encore d'autres recettes régionales puisque, dans vos souvenirs, il peut s'agir aussi de sang de lapin, et de cuisson avec un filet de vinaigre.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Merci beaucoup de votre réponse.

A la lumière de vos recettes, je pense que maman mettait le filet de vinaigre après la cuisson.

La définition "friture de sang" me parait le mieux correspondre à ce que faisait maman. C'était la guerre, on ne perdait rien...

Cordialement

AMA


 

8-14 novembre 2006 : Le mot "cabanon"

Q1.

Où pourrais-je trouver le sens naturellement usité en Provence pour le mot "cabanon"?

N'était-ce qu'une cabane à outils ou plutôt un espace momentanément habitable (durée des travaux des champs, fin de semaine, beaux jours),une espèce de résidence secondaire ?

Merci  d'avance pour tout élément de réponse que vous voudrez bien m'apporter.

MB

R.

Bonjour,

Dans la langue française, à ma connaissance, le mot cabanon peut avoir les sens suivants :

1. un abri très sommaire de jardin (ranger ses outils dans un cabanon) 

2. une maisonnette provençale au confort sommaire pour de courts séjours : journée, week-end, vacances ; pied à terre, sorte de petite résidence secondaire, au bord de mer ou hors de la ville (ils ont un cabanon dans une pinède) 

3. (autrefois), une cellule obscure où l'on enfermait les aliénés (il est bon pour le cabanon !) 

En Provence, c'est le sens n°2 qui est le plus souvent usité. Frédéric Mistral le définit par : cahute où les gens du peuple, surtout à Marseille, vont passer le dimanche.

Les cabanons les plus typiques se trouvent dans certaines calanques de Marseille, notamment celle de Morgiou.

La description suivante, que l'on trouve dans le Guide Michelin de Provence, vous en illustrera parfaitement l'usage et l'atmosphère qui y règne habituellement :

« Une journée au « cabanon », un véritable art de vivre ! C'est au retour de la pêche ou tout bonnement du marché que la maisonnée s'assemble sous les ombrages de la terrasse pour « siroter » un pastis glacé ; ce moment s'avère idéal pour faire fuser blagues et galéjades. Le somptueux aïoli servi au repas de midi possède l'inégalable vertu de faire sombrer tout un chacun dans une « petite sieste » réparatrice bercée par le chant des cigales. Mais il faudra être sur pied avant l'angélus pour ne pas manquer la rituelle partie de pétanque, qui connaîtra inévitablement quelques débordements passionnels ponctués de « té peuchère ! » et de « oh coquin de sort ! ». Au dîner, on aura sagement décidé de « manger léger », autrement dit de renoncer à une seconde assiette de délicieux « pistou », afin de disputer dans sa meilleure forme, « à la fresche », le tournoi de belote, ultime occasion de truculentes controverses. »

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Merci infiniment

MB


 

8 novembre 2006 : Pioch et Puech

Q.

Bonjour pouvez vous m'aider svp je cherche la différence etimologique ou autre...entre PIOCH et PUECH les deux etant marqués sur une carte IGN à coté.

D'avance merci

Cordialement

JM

R.

 Bonjour,

Je ne connais pas de différence étymologique entre PIOCH et PUECH. Ces deux termes sont très couramment employés en Languedoc et surtout dans l'Hérault dans les communes de Puéchabon, Aumelas, Aniane, Saint-Guilhem, Argelliers, etc. pour désigner un sommet, une colline isolée, une éminence, un contrefort. Le terme PUECH semble un peu plus courant que PIOCH, ce dernier apparaissant surtout à l'ouest de Saint-Guilhem, entre le Mont Saint-Baudille et Pégairolles-de-Buèges, où la barre rocheuse s'appelle précisément LES PIOCHS.

Mais PUECH et PIOCH appartiennent à la même famille de termes, tout comme pieg, puig, puei, peuch, pog, piog, puy, pié, etc., qui sont tous des variantes locales dérivant du latin podium et du grec podion, même signification que piédestal, de pedem (pied) et que l'on retrouve en géographie presque toujours associées à un sommet ou à une colline.

Je n'ai trouvé qu'un sens différent pour puech, c'est dans le nom de l'aven de Puech Estrous à Viols en Laval (qui a été traduit par puèg estretch ou puits étroit). Dans ce cas particulier (et s'il n'y a eu quelque erreur de transcription), il y aurait pour puech le sens de puits et non celui de colline.

J'espère avoir répondu à votre question.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

6-7 novembre 2006 : Autorisation de copie du lexique provençal

Q1.

Bonjour,

Je suis né à SAINT RAPHAËL -VAR- le 06/12/1950

Dans ma jeunesse j'ai connu quelques vieux RAPHAËLOIS parlant provençal j'aimerais pouvoir étudier cette langue régionale.

Votre site contenant quelques expressions Provençales me donneriez-vous la possibilité de copier votre glossaire (avec l'assurance que je ne tenterai pas de créer un site quelconque reprenant votre étude).

Avec mes remerciements pour votre réponse (négative ou positive)

Cordialement

AP

R.

Bonjour,

Pas de problème, je vous autorise à copier mon "lexique provençal et des mots d'ici", si cela peut présenter pour vous quelque utilité.

Sachez que ce lexique n'a pas la prétention d'être représentatif de la langue ou de la grammaire provençale : il n'est constitué que de mots et d'expressions entendus dans mon enfance et dans ma famille qui était originaire de la région Ouest de Toulon. Il est certain que vos amis Raphaëlois vont en reconnaître beaucoup. Mais inversement, il doit exister de nombreuses expressions courantes à Saint-Raphaël qui ne se retrouvent pas dans mon lexique.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Bonjour,

Heureux de vous lire et encore plus heureux de votre accord.

Il existe très peu de Raphaëlois dans ma ville - malheureusement - le soleil a sévit et mon village est devenue une métropole presque inconnue ou le Provençal est devenue un dialecte inconnue. M'enfin faut aller de l'avant.

Merci encore

Cordialement

AP


 

25-26 septembre 2006 : Demande de traduction de "Les chênes verts"

Q.

Bonjour,

Je cherche depuis quelque temps la traduction du mots "les chênes verts" en provençale sans succès.

Au cas ou il vous serait possible de me le traduire, je vous en serais reconnaissante.

Mon mail : (...)

En vous remerciant par avance

Salutations

LR

R.

Bonjour,

Le chêne vert, ou yeuse (en latin Quercus ilex) s'appelle en provençal l'éuve, l'éouve, l'éuse, l'elze, etc. (la graphie pouvant différer selon les régions).

Au pluriel, les chênes verts se traduisent donc par : leis éuve, leis éouve, leis éuse, etc.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

20-22 septembre : Traduction du mot bienvenue

Q.

bonjour Monsieur

pouvez vous me donner la traduction provencale du mot bienvenue

merci

FM

R.

Bonjour,

D'après le dictionnaire de Frédéric Mistral, la bienvenue (substantif) se traduit, en graphie provençale, par la bèn-vengudo.

E li felibre, tant que soun
Pèr me faire la bèn-vengudo
Me fan de vers et de cansoun.

L'adjectif bienvenu se traduit par bèn-vengu :

« Estre bèn-vengu pertout » (être bienvenu partout).

« Segués li bèn-vengu, manjares ce qu'aves adu !... » (Soyez les bienvenus, vous mangerez ce que vous avez apporté !...), expression qui tourne en dérision les gens avares et peu hospitaliers.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

18 septembre 2006 : Traduction en provençal de "cordialement"

Q.

Bonjour,

Je suis tombé, un peu par hasard sur votre site que je viens d'ajouter dans la liste de mes liens à suivre sur mon propre site (http://provence.web.free.fr) et j'en profite pour vous demander une petite info.

Je voudrai connaître une expression de politesse pour finir un courrier.

Habituellement, je fais précéder mon nom par "cordialement", mais je souhaite donner un aspect plus "provençal" à ma signature. Puisque je vois que vous avez travaillé à mettre en ligne sur votre site cette langue, peut-être pourriez-vous m'aider.

Cordialement,

YA

R.

Bonjour,

Je ne suis pas réellement un expert de la langue provençale, mais il me semble (en se référant au Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral) que cordialement se dit en provençal couralamen.

Couralamen dérive de courau qui signifie cordial, intime, affectueux.

Mistral cite une phrase de l'écrivain provençal Joseph Roumanille :

Lou salude couralamen (je le salue cordialement).

Le dictionnaire de Frédéric Mistral mentionne également amistadousamen, qui signifie aussi affectueusement, cordialement.

Vous salude amistadousamen

Voyez ce que qui vous semble préférable.

Couralamen

Jean-Claude Autran


 

12-14 septembre 2006 : Traduction en provençal de "la maison des rouges-gorges"

Q1.

Bonjour,

J'aimerai appeler ma maison : "la maison des rouge-gorges". On m'a donné comme traduction : "l'oustau dei rigau ". Ce serait vraiment très gentil de me dire si cela est correct...

Merci beaucoup.

Amicalement.

LG

PS : ma maison est dans le var à Roquebrune sur Argens.

R.

Bonjour,

Votre traduction "l'oustau dei rigau" me paraît tout à fait correcte. C'est bien la graphie la plus communément utilisée dans le Var.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Merci beaucoup, c'est vraiment très gentil à vous de m'avoir répondu.

Cordialement.

LG


 

8 septembre 2006 - 3 mars 2007 : A propos de quelques mots ou expressions non expliquées du lexique provençal

Q1a.

Bazar vauclusien : Pourquoi utilisait-on cette expression pour qualifier un capharnaüm, un cafournoli ?

Je pencherais pour une explication ayant rapport à la présence des juifs dans l'enclave du pape.

Lorsque les Papes étaient en Avignon, il y avait une concentration de juifs supérieure à celle qu'il y avait dans le reste de ce qui est aujourd'hui la métropole.

Le pape les protégeaient, ils avaient trouvé refuge sur les terres du pape, et d'ailleurs pour certains leur descendants y sont toujours.

Capharnaüm ou Kefar Nahum était une ville de l'ancienne Galilée, sur la rive nord-ouest du lac de Tibériade au nord de la Palestine (actuellement dans l'État d'Israël). Son nom vient de l'hébreu Kfar (village) et Nahum (consolation).

Ce mot est aussi utilisé pour qualifier un lieu qui renferme beaucoup d'objets entassés pêle-mêle, un endroit en désordre.

Donc les mots : bazar, souk, capharnaüm seraient des synonymes populaires : « c'est quoi ce bazar ? = c'est quoi ce souk ? = c'est quoi ce capharnaum ? ».

Le Comtat Venaissin, ou Comtat, est une partie du département de Vaucluse, entre Rhône, Mont Ventoux et Durance, comprenant les villes de Cavaillon, Carpentras, Vaison-la-Romaine. Le nom du comtat vient de Venasque, sa première capitale, à laquelle succéda Carpentras en 1320. Avignon et Orange formaient respectivement un comtat (comté) et une principauté distincts appartenant au comte de Poitiers et de Toulouse Alphonse, il passa au roi de France en 1271, puis au Saint-Siège en 1274.

Le pape Clément V établit sa curie à Carpentras. Les papes suivants s'établirent à Avignon de 1316 à 1377 (voir papes d'Avignon). La comtesse Jeanne de Provence vendit Avignon aux papes en 1348, les deux comtats formant alors une enclave papale. Ses habitants étaient exempts de taxes. La tolérance des papes permit aux juifs comtadins d'y vivre sans être inquiétés, et à de nombreux juifs de France d'y trouver refuge. La plus vieille synagogue date d'ailleurs du XIVe siècle et se trouve à Carpentras.

Les rois de France tentèrent de réunir le Comtat à la Couronne française : il fut notamment occupé en 1663, 1668 et de 1768 à 1774 à l'occasion de différends entre la France et Rome. Le Comtat resta sous l'autorité des papes jusqu'en 1791, date à laquelle un plébiscite (illégal en forme) fut organisé, et par lequel les habitants du Comtat votèrent leur rattachement à la France. La papauté ne reconnut formellement ce rattachement qu'en 1814. Le pays de Carpentras et du Comtat Venaissin est classé Pays d'Art et d'Histoire.

ALB

Q1b.

Cago-au-niou : Le dernier éclos d'une couvée, le dernier né d'une famille.

J'ai déjà entendu l'étymologie suivante : caganis = cague + anis, l'anis étant une graine laxative que l'on donnait à un enfant constipé.

ALB

R1.

(...) J'ai bien reçu, par ailleurs, tes compléments d'explications des termes comme bazar vauclusien et cago-au-niou, cago-niéu, cago-nis. Je vais intégrer tes propositions dès la prochaine mise à jour du fichier des "termes provençaux et des mots d'ici".

Encore merci pour tout cela. A bientôt sans doute.

Amitiés,

Jean-Claude Autran

Q2.

Re bonjour,

Si je puis me permettre une contribution : caganis ou cago nis s'applique au dernier d'une nichée (animale ou humaine) et signifie "qui chie au nid", ce que décrit encore mieux l'expression que vous notez "cago au niou". c'est à dire, le gaté-pourri qui s'incruste...

Pas l'ombre d'anis dans cela.

Bien à vous.

AM

R2.

Merci pour votre contribution. Vous avez certainement raison. Si l'on effectue quelques recherches dans au Tresor dóu Felibrige, de Frédéric Mistral, on trouve bien que le mot nis, avec les variantes niéu, niou, etc. nous ramène toujours au nid, et qu'il ne semble pas y avoir de rapport étymologique avec l'anis.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

14 août - 3 septembre 2006 : Il est né le divin enfant, en provençal

Q1.

Bonjour,

Je souhaiterais savoir comment dit on "il est né le divine enfant" en provencal pour un chant de noel .

Pouvez vous m'aider svp ?

Merci d'avance,

il s'agit d'un hommage que je veux faire à quelqu'un qui m'était cher

GS

R1.

Bonjour,

Je ne connais pas la version provençale complète du chant "il est né le divin enfant".

Je ne peux proposer qu'une traduction du titre, qui serait "Es neissu lou divin enfant" (sachant que selon la région, il peut y avoir des variantes de neissu telles que naissu, nescut, nascu, neghut, etc.). Neissu, participe passé du verbe neisse (naître) est plutôt utilisé dans la région de Marseille.

Mais je vais essayer de contacter une chorale qui chante souvent des chants provençaux. S'ils ont le chant complet en version provençale, je ne manquerai pas de vous le faire parvenir.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Bonsoir Mr Autran,

Je vous remercie sincèrement de votre réponse si rapide. Merci aussi de faire l'éffort de vous renseigner c'est vraimant aimable de votre part.

N'y a t-il pas un mot plus provençal que "enfant" pour traduction ? Où se prononce t il comme en français vraimant ?

Encore merci mille fois,

Très cordialement,

GS

R2.

Bonjour,

Il y a en effet d'autres mots provençaux pour désigner un enfant (Frédéric Mistral, dans Lou Tresor dóu Felibrige, cite : pichot, creaturoun, drole, fiéu, nistoun, poupoun, etc.

Mais je pense que dans le contexte du chant de Noël, c'est le mot provençal enfant qu'il faut conserver [mais avec la prononciation provençale, qui est plutôt ènfant]

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q3.

Salut Claudet,

En parcourant le forum de ton site j'ai vu qu'il y avait quelqu'un qui cherchait les paroles de "Il est né le divin enfant" en provençal.

Moi aussi !

Ma grand-mère paternelle m'avait appris le refrain en patois haut-alpin qui disait :

Es nassu lou pitchoun boun diou,
Dans un estable à cousta d'un ase.
Es nassu lou pitchoun boun diou,
Dans une estable à cousta d'un biou.

Ce n'est qu'une transcription "phonétique" de ce qui m'avait été inculqué durant des fêtes de Noël vers 1946 ou 47.

J'ai recherché dans mes trois livres de partition des chants provençaux mais je n'ai pu retrouver cette mélodie, même pas les paroles en français de "il est né le divin enfant".

Merci de me faire parvenir l'aboutissement de tes recherches car j'ai en chantier depuis une bonne dizaine d'années une rétrospective sur les coutumes de Noël et j'aimerais bien que ce chant y figure.

(...) Je tiens à ta disposition mes livres de chants provençaux (...).

Si tu veux, je peux passer te les apporter !

Grosses bises à tous.

Adessias

Pif

R4.

Bonjour Serge,

1) Merci pour ce refrain de de "Il est né le divin enfant" en provençal. En attendant de trouver les paroles complètes, c'est déjà un début qui, même s'il est phonétique et haut-alpin, est une meilleure traduction que celle, purement littérale , que j'avais tenté de donner. J'espère pouvoir trouver le texte entier en provençal auprès de mon beau-frère de Laragne, qui appartient à une chorale des Hautes-Alpes, dont certains membres sont des connaisseurs en chants religieux en version provençale. Il m'a dit qu'il se renseignait et j'attends de ses nouvelles.

Par contre, j'ai le texte français complet parmi mes "mélodies inoubliables" : http://jcautran.free.fr/archives_familiales/chansons/melodies_inoubliables.html#11

2) A propos de chansons, j'ai maintenant mis sur internet les textes des 101 chansons de ton cahier d'Emile Kerhervé, avec quelques-unes de ses illustrations. Cela se trouve à l'adresse : http://jcautran.free.fr/archives_familiales/chansons/chansons_kerherve.html

3) J'ai aussi retrouvé une chanson humoristique écrite par mon père en 1953 à propos du collège Martini du temps de Grac. Il ne m'en restait en mémoires que quelques lignes et j'ai enfin retrouvé en fouillant dans ses archives le manuscrit complet que je recherchais depuis des dizaines d'années. Je l'ai mis aussitôt sur le site internet en plusieurs endroits, notamment http://jcautran.free.fr/archives_familiales/profession/martini/au_college_martini.html

4) J'ai fait des modifs profondes de la structure de mon site car mon ancien espace wanadoo arrivait à saturation. Il y a donc actuellement de nombreuses anomalies sur des liens entre les pages d'archives familiales et le reste du site, que je corrige peu à peu au fur et à mesure que je les trouve.

(...) Grosses bises à tous.

Claudet

R4b. (à GS)

Bonjour,

Suite à nos précédents échanges, j'ai reçu, de l'un de mes amis, une traduction du premier couplet de Il est né le divin enfant.

Es nassu lou pitchoun boun diou,
Dans un estable à cousta d'un ase.
Es nassu lou pitchoun boun diou,
Dans une estable à cousta d'un biou.

(Ase = âne ; Biou = bœuf)

Bien que ce ne soit pas du provençal "mistralien", mais du patois haut-alpin, il me semble que Es neissu lou pitchoun boun diou, corresponde mieux à l'esprit de la chanson que la traduction (très littérale) Es neissu lou divin enfant que je vous avais proposée.

J'espère recevoir prochainement une traduction provençale des autres couplets.

A bientôt. Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

22 juillet - 2 août 2006 : Escargots blancs que l'on sert en vinaigrette à l'apéro

Q.

Bonjour, je suis tombé par hasard sur votre site que je trouve très sympa.

Peut être pourrez vous me renseigner, je ne me rappelle plus le nom des petits escargots blanc que je trouvais aux Pennes Mirabeau et que l'on sert en vinaigrette à l'apero

Merci

JPG

R.

Bonjour,

Je crois que les petits escargots blancs, que l'on conserve quelquefois en saumure, sont appelés, dans la région de Marseille, limaçoun a l'aigo-sau. Mais, en allant vers le Languedoc, ces escargots, conservés dans le vinaigre, sont plutôt appelés localement "cagaroulettes", qui vient de l'occitan cagarauleto. Ou encore, cacarauleto, cacaraulet, cagaraulet, selon les lieux.

Le dictionnaire du parler languedocien mentionne aussi le mot cagaraoulade pour la grillade d'escargots (Aude) ou le ragoût d'escargots (Hérault).

Dans la même famille, d'après le dictionnaire de Frédéric Mistral, on trouve les mots cacaraulo, cagaraulo, cagarauloun, cagaraulo, etc. pour désigner des escargots, ainsi que cacaraulié ou cagaraulié pour désigner un ramasseur d'escargot ou un lieu où l'on trouve des escargots. Etc.

Cela répond-il à votre question ?

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

2-4 août 2006 : Nom provençal de papillon

Q1.

Bonjour!

Merveilleux travail que vous faites là.

J'ai une question à laquelle vous pourrez peut-être répondre "en sens inverse" de votre lexique.

Comment s'appelle le "moro sphynx" ou "moro colibri" que j'appelle "bonne nouvelle" qui reste en vol stationnaire bruyant devant les fleurs (lavandes par ex.). Il a sûrement un nom comme le "caprican".

C'est un papillon.

Merci d'une réponse

Cordialement

AMA

R.

Bonjour,

J'ai bien reçu votre message, mais je ne pense pas pouvoir répondre avec toute la précision que vous souhaitez. En effet, le Trésor dóu Felibrige de Frédéric Mistral, auquel je me réfère généralement, ne semble pas donner beaucoup de noms occitans pour les espèces de papillons. Certes, papillon se dit parpaioun (ou parpaiou, parpalhoun, parpalhou, etc., selon les régions), le papillon de nuit est le parpaioun de nue, le papillon du ver à soie est le parpaioun de magnan. Mais je ne trouve pas l'équivalent du nom de genre Sphinx. Le seul Sphinx que j'ai trouvé est le Sphinx à tête de mort (Acherontia atropos), que Mistral traduit par parpaioun-dóu-diable. Je ne sais pas si les noms des autres Sphingidae, du moins des plus courants tels que le Moro sphynx, ont leur équivalent occitan ?

Votre question est donc un peu trop "pointue" pour mes connaissances. Je vais néanmoins la poser sur le "forum" de mon site. Il n'est pas impossible que quelqu'un sache un jour y répondre. Je pourrai également poser la question à la Société des Sciences Naturelles de Toulon et du Var, dont je fais partie, à la prochaine réunion (2 octobre). Il y a d'excellents entomologistes, qui ont peut-être leur idée sur la question. Je vous tiendrai alors au courant.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Merci de votre réponse même si elle ne m'apporte pas la solution. Ma mère provençale et parlant provençal l'appelait "bonne nouvelle", nom que j'ai aussi trouvé sur un forum de photo, donné par un jeune homme sur un forum de photo, car il semble que le moro colibri soit un sujet délicat et enthousiasmant pour les photographes!

Moi aussi j'appelle parpaïoun dou diable le sphynx à tête de mort! car c'est un redoutable prédateur pour mes abeilles...

Cordialement

AMA


 

11-14 juin 2006 : Le frelon en provençal : cabrian ou cabridan ?

Q1.

Bonjour,

Je me décide à vous écrire avant que "l'affaire du frelon" ne prenne de l'ampleur et que nous ayons des mots ma belle-soeur de la seyne et moi-même, marseillaise !!! Voilà, pour nommer la bête ailée, quel est le terme à privilégier de cabrian (comme elle l'affirme) ou de cabridan ainsi que ma mamie nous l'a appris ? Si les deux sont corrects, connaissez-vous leur histoire ou bien leur territoire d'origine ?

Merci d'avance,

ML

R.

Bonjour,

Vous savez certainement qu'il existe souvent des variantes régionales dans la graphie des mots provençaux. Ainsi, si l'on se réfère au Trésor dóu Felibrige de Frédéric Mistral, le mot CABRIAN a pour équivalent CABRIDAN (pour la région de Marseille et pour le Languedoc), CHABRIAN ou CHABRILHAN (pour le Dauphiné), CHABRIDAN ou CHABRIAS (pour les Alpes). Ces termes dérivent du latin crabo, crabonis, qui signifie frelon.

Bien que Mistral ait retenu CABRIAN comme le terme de référence, ou le plus couramment utilisé, toutes les autres appellations peuvent être considérées comme correctes puisque ce sont des variantes régionales.

A noter que le frelon est aussi appelé BIGAR en Limousin, FISSAIOUN ou FISSALHOUN en Gascogne et Béarn, GARABROUN dans la région d'Apt, GRAOULOUN, TAVARDOUN, etc. dans d'autres régions.

En principe, ces mots désignent le vrai frelon, mais là aussi, selon les régions, et selon les familles, on a pu désigner par CABRIAN (ou CABRIDAN, etc.) d'autres insectes hyménoptères de grande taille, sont la piqûre peut être dangereuse. Ainsi, je crois me souvenir que mes parents appelaient aussi CABRIAN les guêpes des genres Ammophile ou Pélopée (dont l'abdomen est relié au thorax par un fin pédoncule).

Espérant avoir répondu à votre question.

Restant à votre disposition.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

merci pour toutes ces informations

bonne journée

ML


 

2-4 juin 2006 : Charradisse

Q.

Bonjour,

c'est avec grand intérêt que j'ai consulté votre lexique. Je voudrais savoir si vous avez des exemples de l'utilisation du mot "charradisse". Je voudrais éventuellement l'adopter comme titre pour une série d'émissions que je suis en train de réaliser pour Radio Zinzine consacrées à des entretiens avec des personnes qui racontent l'évolution économique et social de notre région, surtout des Alpes-de-Haute-Provence. Cela fait très longtemps que je cherche un titre adapté. Si je comprends bien, il ne s'agit pas d'un terme péjoratif, mais indique plutôt une conversation animée, passionnante.

Est-ce que vous avez édité votre lexique sous forme de livre? Si oui, je voudrais le commander.

Meilleurs salutations,

NB

R.

Bonjour,

Merci pour votre message.

Si l'on se réfère au Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral, le terme qui a été francisé sous la forme "charradisse" dérive du provençal, qui peut être masculin (charradis), ou féminin (charradisso). Cela signifie textuellement : conversation animée, longue causerie, entretien de plusieurs personnes.

Frédéric Mistral en donne les exemples d'utilisation suivants :

Soun rustre marridun, soun fèu, soun charradis (ET. GARCIN)
Ei charradis fasènt segui l'eisèmple (MÉRENTIÉ)
Aquel avis mi bouto en lisso
De vous faire ma charradisso (T. GROS)
Leissas-me 'n pau la charradisso (J. DIOULOUFET)

Comme termes voisins de charradisso, on trouve aussi parladisso (grand discours, longue causerie, conversation, commérage, bruit de voix).

Et aussi charrado (= causerie, longue conversation). Faire la charrado : causer ; avèn fa 'no bono charrado : nous avons causé longuement.

Le terme ne me semble pas péjoratif. Son utilisation comme titre d'une série d'émissions dénoterait, je crois, un certain humour provençal.

Par ailleurs, mon « lexique provençal et des mots d'ici » n'est pas en vente. Je n'ai jamais eu d'aptitude particulière pour le commerce ou l'édition de livres, et j'ai donc préféré pour l'instant diffuser mon travail sur Internet, où il est en accès libre et gratuit à tous les utilisateurs.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

14-16 mai 2006 : Traduction de " inattendue"

Q1.

bonjour,

Tout d'abord nous tenions à vous féliciter pour votre site qui est formidable ....

Je cherche à traduire en provençal le mot "INATTENDUE" car nous venons d'acheter une maison dans le centre var (Vidauban) suite à une opportunité qui nous est venu comme un "cadeau".

L'achat de cette maison c'est fait de façon "inattendue" et nous aimerions qu'elle porte ce nom.

Merci de m'aider à traduire ce mot

MV

R.

Bonjour,

Pour traduire le mot INATTENDU, vous avez, en Provence, et particulièrement dans le Var, les adjectifs suivants : inespera (au féminin inesperado), inatendu (au féminin inatendudo), ou encore imprevist (au féminin imprevisto). [Des graphies différentes peuvent exister dans les autres régions du midi, comme inesperat, inatendut, imprebist, etc.].

Pour l'appliquer à votre maison vous me demandiez plutôt le féminin INATTENDUE, ce qui donnerait donc « L'inesperado », « L'inatendudo », ou « L'imprevisto ».

Mais j'attire votre attention sur le fait, qu'en provençal, la maison est un mot de genre masculin (l'oustau). La maison inattendue devient donc « L'oustau inespera », « L'oustau inatendu », ou « L'oustau imprevist ». A vous de choisir ce qui sonne le mieux dans le contexte de votre maison.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Merci beaucoup de m'avoir répondu si vite, je crois bien que parmis les propositions que vous me faites.... je vais adopter "L'oustau inatendu" ce nom ira très bien à cette maison ...

encore merci à très bientot

MV


 

10-12 mai 2006 : Traduction de gambedaye (?)

Q.

Bonjours je recherche la traduction d'un non de légume qui en provençal s'écrit : "Gambedaye" je ne suis pas sur de l'orthographe correct merci d'avance.

GM

R.

Bonjour,

Je n'arrive pas à trouver exactement ce que vous recherchez. Phonétiquement, "gambedaye" fait penser aux deux mots :

- gambe (en provençal gambo ou cambo, c'est-à-dire la jambe, ou encore la hampe ou la tige d'une plante)

- aye (en provençal aiet, ou alhet, l'ail)

Cela signifierait donc littéralement "tige d'ail". Mais je n'ai jamais rencontré dans un lexique ou un dictionnaire provençal l'expression "gambo d'aiet" ou "cambo d'aiet" (alors qu'on connaît bien les expressions : testo d'aiet, bulbe d'ail, veno d'aiet, gousse d'ail, rèst d'aiet, tresse d'ail, etc.).

Est-ce en rapport avec le légume auquel vous pensiez ? Sinon, essayez de me le décrire avec plus de détail pour me permettre d'explorer d'autres pistes.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

6-10 mai 2006 : Argeiras

Q.

Bonjour, à propos du mot Argeiras, je suis étonné de le voir écrit comme çà, car étant originaire de Ste Maxime j'ai toujours entendu parlé d'Argelat (ardjéla en patois phonétique) y-a t'il des variantes locales? Le patois du Var est parfois différent du provençal pur.

Salutations

LD

R.

Bonjour,

Oui, il y a souvent plusieurs variantes régionales ou locales des termes provençaux, par exemple entre Provence, Provence maritime, Marseille, Var, Pays niçois, etc., et même parfois entre Toulon-ouest et Toulon-est...

Si l'on se réfère au Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral, on trouve ainsi pour le genêt épineux (en latin Calycotome spinosa) les différentes variantes suivantes :

« ARGELAS, ARGELA (bords du Rhône), ARGIERAC, ARGILAC (niçois), ARGELAT (carcassonnais), ARJALAT (narbonnais), ARGIELAS, ARJALAS, OURJALAS (languedocien), ARGIERAS, ARGEIRAS, ARGEIRAU (marseillais), ARJALLA (forézien), ARGELÈGRE (carpentrassien), termes qui dérivent du roman argillas, alielas, et du catalan argelaga. »

Cordialement,

Jean-Claude Autran

 


 

6-10 mai 2006 : Signification de bréguières

Q1.

Bonjour,

Pourriez vous me donner la significations de "bréguières". Il est fréquent de trouver ce mot pour dans la dénomination de chemin.

Merci d'avance. Cordialement.

CC

R.

Bonjour,

Cette question m'avait été posée par une autre internaute il y a environ un an (voir le forum de mon site au chapitre du Lexique Provençal en remontant à la date du 10 avril 2005) : http://jcautran.free.fr/forum/lexique_provencal.html

Voici la copie de la réponse que j'avais donnée :

Je ne suis pas réellement un expert de la langue provençale, mais il me semble (en se référant au Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral) que Bréguières (du provençal breguiero ou bruguiero) doit se traduire littéralement par : « champ couvert de bruyères, pays de bruyères ».

Le mot est à l'origine de nombreux noms de lieux, ou de familles, mais avec des variantes régionales comme Brouguiero, Bruguièiro, Brusquièro, Brussiero, etc.

Selon Mistral, cette famille de mots dérive de l'esp. brughiera, du roman bruguera et du bas latin brugaria. Il n'y a sans doute aucun rapport avec brègues ou brigues (du prov. brego ou brigo), qui signifie mâchoire, babine, lèvre (sans un sens péjoratif) : faire li brego = faire la moue.

Restant à votre disposition.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Je vous remercie d'avoir eu la gentillesse de répondre à ma question au sujet des Bréguières, et je vous adresse mes félicitations pour votre site particulièrement intéressant.

Très cordialement

CC


 

8-11 avril 2006 : Traduction de gourmand et gourmet

Q.

bonjour

je recherche la traduction en provençal des mots suivants:

Gourmants

Gourmets

merci de votre reponse

CK

R.

Bonjour,

D'après le dictionnaire de Frédéric Mistral (Lou Tresor dóu Felibrige), gourmand (en graphie provençale) se traduit par groumand, alors que gourmet (fin gourmand) se traduit par groumandèu ou par groumandoun.

Je vous indique au passage quelques autres mots de la même famille :

Gros gourmand, vilain gourmand : groumandas
Petit gourmand, gourmet, friand : groumandet, groumandoun
Faire le gourmand : groumandeja
La gourmandise : lou groumandije
Les gourmands, tas de gourmands : la groumandaio
Manger en gourmand : groumandouneja

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

27 mars - 5 avril 2006 : La galamauda

Q1.

bonjour,

je travaille dans une association marseillaise, La compagnie du Lamparo, dans laquelle je suis chargée de collectage d'histoires, contes, chansons, blagues, recettes (domaines relevant des traditions orales) sur le territoire marseillais et dans la langue d'ici (si possible)... Plusieurs personnes m'ont parlé d'une bête cachée au fond des puits destinée à faire peur aux enfants et nommée la galamauda... Je n'en trouve trace nulle part ! Existait-elle par chez vous aussi?

merci de votre réponse et de votre site!

aussi, y a-t-il une chanson écrite par Etienne Bibal sur le cabanon?

bonne journée

C (Compagnie du Lamparo)

R.

Bonjour,

Je ne connais malheureusement pas cette bête cachée au fond d'un puits (galamauda), et dans mon entourage non plus on n'en a pas entendu parler. Comme être imaginaire qui fait peur aux enfants, on ne connaît ici que le babau (ou babarauno, babaragno, etc.), mais il n'y a pas de rapport avec une bête cachée au fond d'un puits.

En ce qui concerne les chansons sur le cabanon, j'en connaissais deux, dont j'ai mis les paroles sur mon site :

La chanson du cabanon (Paroles de Fortuné CADET et de Charles LABITE, vers 1920)

http://jcautran.free.fr/archives_familiales/chansons/chansons_retros1.html#22bis

Un petit cabanon (Paroles et musique de Vincent SCOTTO, vers 1935)

http://jcautran.free.fr/archives_familiales/chansons/chansons_retros2.html#51

Mais il est vrai qu'il en existe d'autres. Il y en a une, très ancienne (1840), écrite par Etienne Bibal, comme cela est indiqué sur internet :

« Etienne Bibal (1808-1854). Né à Marseille, ouvrier-vermicelier de son état, il crée en 1840 la première chanson sur un sujet qui inspirera bien d'autres auteurs par la suite : "le Cabanon" dans laquelle il raconte une journée passée dans ce lieu. Si chaque couplet est un tableau fait de petits bonheurs, cette chanson colporte toutefois l'image du Marseillais, fainéant et jouisseur ».

Malheureusement, je n'en ai, pour l'instant, trouvé nulle part les paroles.

C'est tout ce que je peux vous dire pour aujourd'hui.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Bonjour,

Merci beaucoup pour votre réponse... De mon côté j'ai trouvé que la galamauda est en fait une GARAMAUDA, et dans le Trésor, elle est synonyme de babau !

En ce qui concerne la chanson du cabanon d'Etienne Bibal, j'en ai collecté quelques couplets et lorsqu'elle sera complète je tâcherai de vous la transmettre ! (en sachant que nous travaillons sur l'enregistrement sonore et la mémoire, qui parfois sont trompeurs -faute d'une mauvaise compréhension de la part de l'enquêteur, comme l'exemple de la fameuse ga"L"amauda (!) ou d'une déformation/réinterprétation personnelle de paroles de la part de l'informateur !

Merci encore, et bravo pour votre travail, je me plais beaucoup à me ballader régulièrement sur votre site,

C (Compagnie du Lamparo)


 

20 mars 2006 : Le Canoubié

Q.

pouvez vous me renseigner sur le mot provençal le canoubié ou la canoubié

sa traduction

merci de votre réponse

RB

R.

Bonjour,

Ne sachant pas répondre à votre question, j'ai consulté le dictionnaire de Frédéric Mistral qui indique :

« Le Canoubié : nom d'un écueil du golfe de Marseille ».

Ce terme Le Canoubié semble avoir été utilisé dans la région comme nom d'un hôtel-restaurant de l'île des Embiez et aussi comme nom de la Maison des Associations de La Ciotat.

Il est possible que les Marseillais aient dit soit Le Canoubié, soit La Canoubié, puisque dans le site internet du Professeur René Merle :

http://rene.merle.charles.antonin.over-blog.com/article-rene-merle-these-vi-1-5-2-rene-merle-l-ecriture-proven-ale-et-le-tournant-de-1839-1840-2-85873277.html

il est dit aussi : « La charmante pièce de vers patois que la Canoubié a inspirée à M. Barthélémy, notre savant et aimable directeur du Museum d'Histoire Naturelle, a aussi toutes les qualités de la poésie provençale ».

C'est tout ce que j'ai pu trouver. Je ne sais si cela correspond à ce que vous attendiez.

Cordialement

Jean-Claude Autran


 

19-20 mars 2006 : Traduction du mot Arlésienne

Q.

Bonjour

Comment dit-on L'Arlesienne en provencal ??

Merci par avance

AM

R.

Bonjour,

D'après le dictionnaire de Frédéric Mistral (Lou Tresor dóu Felibrige), l'Arlésienne « fille ou femme d'Arles, costumée à la mode d'Arles», se dit l'Arlatenco (féminin de Arlaten, Arlésien).

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Je vous remercie beaucoup de cette traduction

Bien cordialement

AM


 

15 mars - 4 avril 2006 : Traduction de noms de fleurs en provençal

Q1.

Bonjour

Je me permets de vous écrire car je me marie le mois prochain et suis a la recherche des traductions des fleurs suivantes en provençales :

- AGAPANDUS
- ANTHURIUM
- LIMONIUM
- EUSTOMA
- DELPHINIUM
- ZANTEDECHIA

Meme si il n y a pas de traductions pouvez vous svp me le donner au plus proche, vu que le thème de mon mariage est la provence je ne peux garder ces mots

Merci beaucoup de m'aider

Cordialement.

SB

R1.

Bonjour,

C'est un exercice difficile que vous me proposez, car plusieurs de ces fleurs n'ont été introduites ou ne sont connues en France que depuis peu d'années et sous leur nom latin. On ne peut donc pas retrouver leurs noms traduits, tels quels, dans les dictionnaires classiques de Provençal tel que celui de Frédéric Mistral avec lequel je travaille généralement, et qui date de 1873.

Je peux cependant tenter de faire des traductions littérales en partant des noms communs ou des noms vulgaires de ces fleurs. Voici ce que ça pourrait donner (mais ça n'engage que moi !) :

AGAPANDUS

Je crois que le nom latin est plutôt Agapanthus [Agapandus semble être une variante utilisée surtout par les Allemands] : Agapanthus umbellatus ou Agapanthus africanus, ou Agapanthe en français.

Les noms vulgaires de cette fleur étant : Lis du Nil, ou encore Tubéreuse bleue, on pourrait traduire en provençal par : Liri-de-Nil, ou Tuberouso blu.

ANTHURIUM

Noms vulgaires : Langue de feu ou Flamant rose : d'où les traductions : Lengo-de-fue, ou Becarut rose.

LIMONIUM

C'est un genre botanique complexe, dont une partie des espèces ont été renommées en Statice ou en Armeria. Certaines Statice sauvages (comme Statice limonium) sont appelées saladelles (en provençal Saladello). Quant aux Limonium cultivés, certains ont été appelés immortelles bleues, ce qui se traduirait par Saureto blu, ou Inmourtalo blu.

EUSTOMA

On dit aussi en latin Lisianthus, ou Lisianthus Bali ou Eustoma grandiflora. J'ai trouvé comme nom français : Campanule du Texas, ce que je traduirais par Campaneto-de-Texas.

DELPHINIUM

En français : Dauphinelle, ou Pied-d'alouette. Donc : Pèd d'aulouseto.

ZANTEDESCHIA

Zantedeschia aethiopica ou Zantedeschia africana. Ce sont les Callas des fleuristes, aussi connus sous le nom de pieds-de-veau. Donc je traduirais par Pèd-de-vedèu.

Voilà, sous toute réserve, ce que je peux vous proposer de mieux.

Meilleurs vœux de bonheur.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

merci beaucoup de votre travail, un grand grand merci vous m'avez bien aider

Cordialement.

SB

Q3.

Re-bonjour,

Sans abuser de vos services pouvez vous m'aider svp j'ai encore qq noms de fleurs qui m'échappent, par avance merci énormément.

iris bleu,
rose
arum
anémone
renoncule
tulipes
hortensia

vous m'êtes énormément utile et vous remercie par avance de votre aide.

Recevez monsieur mes salutations distinguées ou plutot tres distinguées.

SB

R3a.

Bonjour,

J'ai bien reçu votre message, mais je n'ai pas pu encore vous répondre en raison d'un déplacement de plusieurs jours.

Je serai de retour lundi et essayerai de vous envoyer ces traductions mardi 4 avril.

Cordialement,

JCA

R3b.

Bonjour,

Comme promis, voici quelques traductions ou tentatives de traduction des noms de fleurs que vous m'avez adressés (d'après le dictionnaire de Frédéric Mistral). Il y a parfois plusieurs traductions possibles. J'ai donné aussi quelques exemples d'utilisation de ces noms, en les associant à différentes couleurs ou différentes espèces.

Iris : iris, coutelet, glaujou. L'iris bleu est iris blu ou encore coutelas (l'iris germanique) ; flambo correspond à l'iris des marais.

Rose : roso. (roso roujo : rose rouge ; roso blanco : rose blanche ; roso jauno : rose jaune ; roso de Junoun : lis blanc ; roso d'ase : pivoine, etc.

Arum : Les formes sauvages semblent se nommer gouet, comme en français. Les formes cultivées sont plutôt les callas, ou pieds-de-veau : pèd-de-vedèu, ou encore figueiroun.

Anémone : anemouno. (anemouno di flouristo : anémone couronnée ; anemouno di bos : anémone des bois ; anemouno di prat : anémone des prés, etc.

Renoncule : Le nom générique est ranouncle. Selon les espèces, on dit aussi boutoun-d'or, loup-pauto, lagagno, cabro-gaio, jaunoun, etc.

Tulipe : tulipo, ou tulipan (tulipe sauvage) ; tulipo jauno : tulipe jaune ; tulipeto : petite tulipe ; tulipoun : anémone à fleurs rouges, etc.

Hortensia: ourtènsia

J'espère que l'une ou l'autre de ces traduction vous inspirera. Bonne chance.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q4.

Merci beaucoup vous m'avez bien dépanner.

Cordialement.


 

6-16 février 2006 : Signification de couchadou et de ratapenade

Q1.

Bonjour,

Je me permets de vous contacter afin de vous demander un renseignement.

Je vais emménager dans une rue à Pernes-les-fontaines qui porte le nom "Lou Couchadou" et personne ne peut me dire ce que cela signifie.

Pourriez-vous me renseigner. Merci

AD

R1.

Bonjour,

Merci pour votre message. Mais je ne suis pas véritablement un expert en langue provençale. Je ne suis qu'un amateur qui s'est amusé à rassembler sur internet des mots courants ou des phrases humoristiques entendues prononcer par mes ancêtres.

Pour répondre avec certitude à votre question sur le mot couchadou, il faudrait connaître un peu mieux le contexte historique ou géographique du quartier où vous allez habiter. (Si les gens du coin ne savent pas, je me sens assez mal placé, moi qui suis loin, pour y répondre). Et en matière de noms de lieux, on est souvent face à plusieurs explications plausibles et il est difficile de savoir laquelle est la bonne.

En plus, le mot ne se trouve pas cité avec cette orthographe dans le dictionnaire de Frédéric Mistral (Lou tresor dóu felibrige). Cependant, en cherchant dans divers ouvrages, je crois pouvoir vous proposer l'explication suivante :

Couchadou, substantif masculin (lou couchadou) dérive certainement du verbe coucha (coucher), avec le suffixe adou, qui a souvent une signification de lieu. Exemples : abéuradou, abreuvoir ; adoubadou, abattoir ; ajoucadou, perchoir ; couvadou, lieu où les poules couvent ; cremadou, foyer ; debaussadou, précipice ; fougnadou, boudoir ; pansadou, reposoir ; toumbadou : endroit où un torrent se précipite en cataracte, etc.).

Donc, un couchadou serait vraisemblablement un endroit où des gens, ou plus probablement des animaux (c'est là qu'il faudrait connaître le contexte historique de votre quartier) venaient se reposer ou étaient parqués : une retraite, une tanière, un gîte, une couchée, etc.

[Il ne semble pas que couchadou puisse avoir un rapport avec le couchant (côté ouest), car la racine serait alors couchant, pounènt, tremount]

Voilà ce que peux vous proposer.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

lou couchadou:

ce pourrait aussi être une déformation d'un terme que donne Mistral dans son TDF

" l'escouchadou" = le raccourci .

Se coucher, dans la langue d'oc, c'est : se coulca, se jaire.

Si l'on consulte le dictionnaire d'Alibert, avec sa graphie distincte de celle de Mistral

JB

R2.

Bonjour,

Merci beaucoup pour votre contribution au forum sur les termes provençaux.

Mes dernières recherches m'ont conduit aux résultats suivants :

1) (...)

2) Concernant lou couchadou

Je persiste à penser qu'une bonne traduction requiert de connaître le contexte historique et géographique du lieu.

Or, comme mon correspondant parlait d'une rue Lou Couchadou de Pernes-les-Fontaines (commune du Vaucluse), je retiendrais plutôt le parler et la graphie mistraliens [je crois que le Dictionnaire d'Alibert renseigne plutôt sur le parler languedocien]. D'ailleurs F. Mistral mentionne bien les différentes graphies régionales du verbe coucher (coucha en provence, coulca en Languedoc et Gascogne, courca à Nice, coueija en Dauphiné, etc.), de même pour le gîte ou la retraite des animaux (couchado en Provence, coulcado ou coujado en Languedoc, etc.). Donc, pour lou couchadou à Pernes-les-Fontaines, je pencherais plutôt pour une traduction qui rappellerait un endroit où les animaux venaient se coucher. Mais en matière d'étymologie des lieux, je ne suis jamais certain d'avoir raison à 100 %.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q3.

Effectivement j'avais répondu un peu précipitemment et je me range à vos explications.

(...)

JB


 

26-29 janvier 2006 : Origine du prénom Mireille

Q.

Bonjour Monsieur AUTRAN,

Je vis dans le même village que André LAGARDE, et une polémique s'est engagée sur le prénom de mon épouse : Mireille. Prénom qui a été créé par Frédéric Mistral : Mireio. Seulement voila , Mireio provient-il du prénom Marie, ou bien du nom : Merveille ?

Je me tourne vers votre compétence dont j'ai pu apprécier l'étendue sur votre site.

Grand merci à vous.

FA

R.

Bonjour Monsieur,

Merci pour votre aimable message.

Je ne suis certainement pas un expert en langue provençale, seulement un simple amateur. Et d'ailleurs, je ne suis pas certain de pouvoir vous éclairer de façon formelle car, comme c'est souvent le cas dans la recherche de l'origine des noms, on est face à plusieurs explications différentes.

Ainsi, si l'on se réfère au dictionnaire de Frédéric Mistral (Lou tresor dóu felibrige, 1873), il apparaît que le prénom Mireille dériverait plutôt de Marie. Voici la copie intégrale de l'article sur Mireille :

« MIRÈIO (hébreu Miriam, Marie), n. de f. Mireille, v. Mario.

« Mirèio, pouèmo prouvençau, Mireille, poème provençal en 12 chants par F. Mistral (Avignon, 1859). L'auteur de cet ouvrage prit le nom de son héroïne dans le dicton suivant qui avait cours à Maillane (Bouches-du-Rhône) au commencement du siècle et devait de rapporter à quelque jeune fille célèbre par sa beauté :

« Sèmblo la bello Mirèio, mis amour

« Mirèio paraît être la forme provençale de Miriam, nom de femme encore usité dans les familles juives ; l'opéra de Mirèio, Mireille, opéra en 5 actes tiré du poème de Frédéric Mistral, par Michel Carré, musique de Charles Gounod, représenté pour la première fois au théâtre lyrique de Paris (1864). »

Et dans le dictionnaire de F. Mistral, il n'apparaît pas de lien évident avec le mot Merveille, dont les différentes formes provençales sont : meraviho, mereviho, maraviho, merviho, merveio, mareviho, etc.

MAIS, d'autres spécialistes ne sont pas de cet avis. Ainsi, le site internet : http://www.lexilogos.com/provence_prenoms.htm consacré aux prénoms provençaux indique :

« Mistral s'est inspiré d'un dicton provençal : sèmblo la bello Mirèio, mis amour. Quand sa grand-mère de Maillane rencontrait une fille charmante, elle disait : "c'est Mireille, c'est la belle Mireille, c'est Mireille mes amours". Selon Mistral, Mireille paraît être la forme provençale de Myriam (le nom hébreu de la mère de Jésus, dont la forme française est Marie). Ce nom vient plutôt du verbe provençal mira (admirer, cf. merveille). »

Même point de vue (qui explique cependant mieux l'origine du lien Mireille/Marie) dans un autre site : http://p.stquvermpicard.free.fr/votprenom4a.htm

« MIREILLE

« Symbole : le Mimosa. Ce prénom légendaire est tiré tout droit du poème provençal de Mistral Mirèio et signifie merveille. Un opéra de Gounod lui assura une consécration internationale. La première à le porter fut Mireille Roumieux, née en 1861 dans le Gard, et dont Mistral fut le parrain. Le prêtre qui devait la baptiser ayant soulevé quelques objections, Mistral déclara alors que Mirèio était la forme provençale de Miriam. Le prêtre voulut bien accepter cette étymologie d'ailleurs tout à fait fantaisiste. Depuis, on fête les Mireille avec les Marie le 15 août. »

Je ne sais pas si vous allez être plus avancé, mais c'est tout ce que je peux vous proposer.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

17-19

janvier 2006 : Signification du terme Pey

Q.

Merci Mr Autran pour ce site exceptionnellement passionnant !

Je ne suis ni de La Seyne, ni provençal, mais toujours captivé par les vraies histoires d'homme.

Ce petit mot également, pour solliciter vos connaissance en Provençal.

J'habite depuis une douzaine d'année maintenant à Jouques, charmant village près d'Aix en Provence, au lieu-dit « LE PEY D'ARLES »… dont je cherche en vain la signification ! D'autres lieux du village s'appellent « Le Pey Blanc », ou « Le Pey Gaillard », voir Peyrolles comme le village voisin !

Vous auriez peut-être un avis à me donner ?

Remerciements admiratifs.

MG

R.

Bonjour,

Merci pour votre sympathique message et votre appréciation sur mon site.

En matière de connaissances en Provençal, je dois dire que je ne suis pas un expert : Je ne suis qu'un amateur qui s'est amusé à rassembler sur internet des mots courants ou des phrases humoristiques entendues prononcer par mes ancêtres.

J'ai dû faire quelques recherches pour essayer de répondre à votre question sur le mot Pey.

Ainsi, le dictionnaire de Frédéric Mistral (Lou tresor dóu felibrige) fournit de nombreuses variantes régionales de la racine pèi, pey, pè, ped, etc. En matière de noms de lieux, on retombe alors le plus souvent sur la notion de pierre, de terrain pierreux, d'amas de pierres, etc.

Mais un ami, érudit provençal, m'a aussi indiqué que la racine pey appartenait à la famille de mots pei-, pie-, pueg, piog, puei, puech, peuch, pioch, pouy, poil, puy, qui dérivent de podium, colline ; du latin podium et du grec podion, même signification que piédestal, de pedem (pied). Je penserais donc plutôt que certains des noms de lieux que vous citez (« Le Pey Blanc », ou « Le Pey Gaillard » aient pour origine un sommet, une colline. J'ai d'ailleurs une cousine qui habite Aix-en-Provence une résidence « Le Pey Blanc », et nous avons aussi dans le Var : le Pey Chrestian, le Peycaou, le Peygros, le Peyneuf, le Peyras, etc.

A noter que le mot Pey (avec majuscule) est aussi, pour F. Mistral, un nom de personne qui correspond à Pierre. Ainsi, l'origine de Pey Berland, à Bordeaux, est le nom de l'archevêque de Bordeaux, Monseigneur Pey (Pierre) Berland

Voilà, c'est tout ce que je peux vous proposer pour aujourd'hui.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

16-27 janvier 2006 : Expressions Les trois sueurs et Ratapenade

Q1.

Bonjour Monsieur,

Pouvez vous me dire d'où vient l'expression provençale avoir les trois sueurs et quelles sont elles la froide, la chaude et ?

Merci d'avance

PS

R1.

Bonsoir,

Oui, je connaissais ces expressions : "il m'a pris les trois sueurs", "j'en ai les trois sueurs", mais n'en savais pas l'origine. J'ai donc fait quelques recherches dans le dictionnaire de Frédéric Mistral (Lou tresor dóu felibrige) et dans le Dictionnaire du français régional de Provence.

Il en ressort que l'expression "trois sueurs" n'a rien à voir avec le chiffre trois, mais que c'est une déformation ou une francisation du provençal tressusa (ou trassusa, tressuda, etc.) qui signifie : suer à grosses gouttes, transpirer, transsuder. On trouve d'ailleurs ce verbe dans le roman transsusar, l'espagnol trasudar, l'italien trasudare, etc.

Le provençal possède aussi le substantif tressusour, qui peut signifier : sueur abondante, ou sueur froide, ou encore sueur de la mort.

D'où les expressions "la tressusour me pren" (l'angoisse me prend), "faire veni la tressusour" (mettre dans des transes mortelles), etc.

J'espère que cette réponse vous satisfait.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

Bonsoir Monsieur Autran,

Merci infiniment de ces informations et du temps passé pour la recherche. Votre site m'a donné beaucoup de plaisir à redécouvrir des expressions utilisées par mes grands parents comme faire moulon, arapède etc car ma famille maternelle est à Hyères depuis des générations avant Solliès et à l'origine Rocbaron en 1681. Je suis moi-même né à Hyères où j'ai passé toutes mes vacances enfant . Mon grand père n'ayant eu que deux filles ses amis et voisins m'appellait Gueitoun de leur nom Gueit. Ma grand mère utilisait le terme affectueux de Ratepenade ce que j'ai trouvé depuis bizarre car si mes renseignements sont exacts cela signifie chauve souris.

Encore merci. Bien cordialement

PS

R2.

Bonjour,

Un simple commentaire sur votre dernier message au sujet du terme ratepenade.

Le terme, que l'on trouve orthographié rato-penado, ratapénade, rato-pegnato, rate-pénate, etc., signifie bien chauve-souris. Mais il est vrai qu'on l'utilise dans d'autres sens, généralement affectueux, à l'attention d'un enfant (comme on dit moun gàri) ou une personne de petite taille. Mais d'après divers lexiques marseillais ou provençaux on l'utilise aussi dans un sens un peu plus moqueur voire méprisant à l'attention de personnes malingres ou chétives, ou encore (selon F. Mistral) à l'égard de personnes dévotes. Egalement, à Marseille, on dit avoir la rate-pénate, pour être fou.

Mais ces divers sens ne me semblent pas s'expliquer par l'étymologie de ratepenade, qui ne me paraît pas évidente. En effet, si la rato signifie évidemment la souris, je trouve plusieurs explications de penade, selon comment les différentes formes d'occitan l'écrivent. Certains se fondent sur un sens possible de penado, qui est la peine, l'effort et alors rato penado serait « une souris en peine, parce que ce rat ailé mais déplumé éprouverait des difficultés de locomotion à cause de son manque de vision » (bizarre). D'autres, écrivent pegnato ou pegnado, ce qui nous ramène à peigné ; mais alors pourquoi chauve-souris en français, alors qu'on ne dit pas rato-cauvo (qui serait pourtant la traduction littérale de chauve-souris) ? Et enfin pénate, qui fait penser aux Pénates, donc à la maison ou au foyer.

Affaire à suivre, si un bon spécialiste des langues occitanes peut un jour nous renseigner ?

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q3a.

Bonsoir M Autran

Merci de votre message , c'est toujours un plaisir de vous lire

Bien amicalement

PS

Q3b.

ratopenado: chauve-souris.

Je pense que l'étymologie est :

rato pen(j)ado = souris ou rate pendue (au plafond des cavernes).

JB

R3.

Bonjour,

Merci beaucoup pour votre contribution au forum sur les termes provençaux.

A propos de ratopenado, rato pen(j)ado = souris ou rate pendue (au plafond des cavernes).

vous fournissez une nouvelle étymologie certainement aussi plausible que les 3 ou 4 autres que l'on trouve de-ci de-là et qui ne sont pas convaincantes.

Cependant, en recherchant simplement sur un Larousse du XXe siècle (édition de 1932), j'ai trouvé que le mot existait dans l'ancienne langue française, avec la définition suivante :

« RATEPENNADE [ou RATEPELADE, et RATEPENADE] n.f. (du lat. ratus, rat, et pennatus ailé). Ancien nom des chauves-souris. »

Le latin pennatus expliquerait donc le caractère ailé de cette souris, et la déformation RATEPELADE (pelée) expliquerait la forme française actuelle chauve-souris.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q4.

Effectivement j'avais répondu un peu précipitemment et je me range à vos explications.

Le français ancien rate pennade/pelade, du latin "pennatus" me paraît emprunté à l'ancien provençal comme l'indique la terminaison en -ade.

JB


 

15-17 janvier 2006 : Edition du Lexique des termes provençaux

Q.

Monsieur Autran, bonjour

Tout d'abord félicitation pour votre site, je suis un Seynois de 45 ans avec père et grand père Seynois et je consulte régulièrement votre site.

Vous m'apportez énormément dans la connaissance de notre ville.

Voilà ma question, samedi en déplacement sportif à Cavaillon et après une agréable conversation sur la Seyne et son histoire avec les locaux, un habitant du Vaucluse me demande s'il existe un livre de votre part sur les termes Provençaux qui se trouve sur votre site.

Le monsieur en question souhaitant acquérir le livre si celui-ci existe.

En vous remerciant par avance,

Recevez Monsieur Autran mes respectueuses salutations,

EM

R.

Bonjour,

Merci pour votre sympathique message.

Mon « lexique provençal et des mots d'ici » n'est pas en vente. Je n'ai pas d'aptitude particulière pour le commerce ou l'édition de livres. J'ai donc préféré diffuser mon travail sur Internet (où il est en accès libre et gratuit à tous les utilisateurs), à l'adresse :

http ://perso.wanadoo.fr/marius.autran/provencal/lexique_provencal.html

J'ai aussi reconstitué des lexiques français-provençal et provençal-français (environ 1200 termes) à partir d'anciens journaux provençaux comme La Restanco ou Le Gabian parus dans les années 1970. Voir à l'adresse :

http ://perso.wanadoo.fr/marius.autran/provencal/francais-provencal.html

Je vous signale quelques autres sites Internet qui donnent des lexiques français-provençal, par exemple :

http ://clap.jac.free.fr/lexique/pages/lexic.html
http ://www.provenceweb.fr/f/occitan/lexique.htm
http ://perso.club-internet.fr/ocoronel/cours/lexique.htm

Vous pouvez aussi, naturellement, trouver en librairie un certain nombre de dictionnaires ou de lexiques français-provençal :

Roger Barthe, Lexique occitan-français. Ed. Collège d'Occitanie Toulouse/Espace Sud Montpellier, 1988 (3è éd.), 375 p.
Roger Barthe, Lexique français-occitan. Ed. Collège d'Occitanie, 1984, 240 p.
Philippe Blanchet, Dictionnaire du parler régional de Provence, Editions Bonneton, 1996, 157 p.
Robert Bouvier, Le parler marseillais, Editions Jeanne Laffitte, 1986, 181 p.
André Lagarde, Dictionnaire français-occitan/occitan-français (La Palanqueta). Ed. CRDP Toulouse, 1996, 422 p.
Christian Laux, Dictionnaire français-occitan (Languedocien central). Ed. IEO Tarn, 1997, 583 p.
Claude Martel, Le parler provençal, Rivages, 1988, 197 p. Christian Rapin, Dictionnaire français-occitan (vol.2), IEO-EOE, 1994, 298 p.
Robert Rourret, Dictionnaire Français-Occitan Provençal, Institut d'Etudes Occitanes, 1981, 488 p.
Et aussi l'ouvrage en 2 volumes (12 euros chacun) de Jean-Luc Domenge (1999) :
1 - Grammaire du Provençal Varois
2 - Grammaire du Provençal Varois - Le verbe
Edité par l'Association Varoise pour l'Enseignement du Provençal, 57, rue de la République, 83210 La Farlède.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

14-17 janvier 2006 : Edition du Lexique des termes provençaux

Q.

Monsieur,

J'aimerais savoir si le Lexique des termes provençaux est disponible et où je pourrais me le procurer.

Merci de votre réponse,

FH

p.s : veuillez me répondre à cette adresse : (...)

R.

Bonjour,

Merci pour votre message.

Mon « lexique provençal et des mots d'ici » n'est pas en vente. Je n'ai pas d'aptitude particulière pour le commerce ou l'édition de livres. J'ai donc préféré diffuser mon travail sur Internet (où il est en accès libre et gratuit à tous les utilisateurs), à l'adresse :

http ://perso.wanadoo.fr/marius.autran/provencal/lexique_provencal.html

J'ai aussi reconstitué des lexiques français-provençal et provençal-français (environ 1200 termes) à partir d'anciens journaux provençaux comme La Restanco ou Le Gabian parus dans les années 1970. Voir à l'adresse :

http ://perso.wanadoo.fr/marius.autran/provencal/francais-provencal.html

Je vous signale quelques autres sites Internet qui donnent des lexiques français-provençal, par exemple :

http ://clap.jac.free.fr/lexique/pages/lexic.html
http ://www.provenceweb.fr/f/occitan/lexique.htm
http ://perso.club-internet.fr/ocoronel/cours/lexique.htm

Vous pouvez aussi, naturellement, trouver en librairie un certain nombre de dictionnaires ou de lexiques français-provençal :

Roger Barthe, Lexique occitan-français. Ed. Collège d'Occitanie Toulouse/Espace Sud Montpellier, 1988 (3è éd.), 375 p.
Roger Barthe, Lexique français-occitan. Ed. Collège d'Occitanie, 1984, 240 p.
Philippe Blanchet, Dictionnaire du parler régional de Provence, Editions Bonneton, 1996, 157 p.
Robert Bouvier, Le parler marseillais, Editions Jeanne Laffitte, 1986, 181 p.
André Lagarde, Dictionnaire français-occitan/occitan-français (La Palanqueta). Ed. CRDP Toulouse, 1996, 422 p.
Christian Laux, Dictionnaire français-occitan (Languedocien central). Ed. IEO Tarn, 1997, 583 p.
Claude Martel, Le parler provençal, Rivages, 1988, 197 p. Christian Rapin, Dictionnaire français-occitan (vol.2), IEO-EOE, 1994, 298 p.
Robert Rourret, Dictionnaire Français-Occitan Provençal, Institut d'Etudes Occitanes, 1981, 488 p.
Et aussi l'ouvrage en 2 volumes (12 euros chacun) de Jean-Luc Domenge (1999) :
1 - Grammaire du Provençal Varois
2 - Grammaire du Provençal Varois - Le verbe
Edité par l'Association Varoise pour l'Enseignement du Provençal, 57, rue de la République, 83210 La Farlède.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

6-7 janvier 2005 : Signication du mot vanade

Q.

Bonne et Heureuse Année

je suis à la recherche de la définition du mot VANADE que je trouve souvent sur mes cartes de randonnées

pourriez vous me renseigner

d'avance merci

B

R.

Bonjour,

Je ne suis pas un expert en langue provençale, mais, si je me réfère au dictionnaire de Frédéric Mistral (Lou tresor dóu felibrige), il me semble que le mot VANADE que vous trouvez sur vos cartes doit dériver du terme provençal vanado (qui vient du roman vanada, retranchement, clôture), et qui signifie : « bercail, bergerie, abri fait avec des branchages, hangar, sorte de gourbi ».

Et Mistral cite les exemples suivants :

- I loup ai dubert la vanado (j'ai ouvert la bergerie aux loups)

- Que vòu d'estables, de vanados, per louja chavals, miolos, miòus (Qui veut des étables et des enclos pour loger chevaux, mules et mulets)

- etc.

Cordialement, bonne année.

Jean-Claude Autran


 

15-18 décembre 2005 : Traduction, en provençal, d'un homme grand, un seigneur, presque un Dieu

Q.

Bonjour,

Je ne suis pas provencal, mais ch'ti. Je voudrais vous poser une question, simple pour vous certainement.

Comment peut on appeler en provencal, un homme grand, un seigneur, presque un Dieu. Ailleurs, on dirait un MAGNEN .

Merci de prêter attention à ma pauvre demande.

Bien sincèrement.

GH

R.

Bonsoir,

J'ai bien reçu votre message, mais sachez que je ne suis pas un expert en langue provençale. Je ne suis qu'un amateur qui s'est amusé à rassembler sur internet des mots courants ou des phrases humoristiques entendues prononcer par mes ancêtres.

Si je me réfère cependant au dictionnaire de Frédéric Mistral (Lou tresor dóu Felibrige), il me semble que trois termes peuvent répondre à votre question :

1) Il y a le mot mèstre, qui se traduit par : maître, patron, supérieur, principal, seigneur, chef

2) Le mot seignour, qui correspond à seigneur, suzerain, maître

3) Peut-être aussi le mot magnat (du latin magnas, magnatis) (qui se rapproche du mot magnen), qui désignait autrefois certains princes ou seigneurs

Je ne sais pas si cela correspond à votre attente.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

9-12 décembre 2002 : A propos du ciapacan

Q1.

Monsieur,

Vous faites mention dans votre ouvrage "Images de la vie seynoise d'antan" - Tome II, du ciapacan.

Le Clezio dans "Mondo et autres histoires" , Edition Folio 1365, parle également du "ciapacan" (p.24).

Nous travaillons sur ce texte avec des élèves du collège.

Pourriez-vous éclairer notre lanterne ? Connaissez-vous l'origine de ce mot ?

Nous vous prions d'agréer, Monsieur, nos respectueuses salutations.

DC, documentaliste au Collège Victor Hugo, Bourges.

R1.

Bonjour,

Merci pour votre message.

Le mot ciapacan (orthographié de différentes manières : ciapacan, chapacan, tchapacan, etc.) est couramment utilisé en Provence maritime ou plutôt dans les régions du sud-est qui ont subi une forte influence de l'italien, plus particulièrement du piémontais, dont le dialecte est d'ailleurs assez proche de l'occitan.

Dans ces régions, ciapacan désigne le fonctionnaire préposé à la capture des chiens errants et à leur transport à la fourrière, voire cette fourrière elle-même. Ce mot a servi aussi à désigner un individu un peu marginal qui vivait, disait-on, du commerce des chiens qu'il attrapait dans les rues et revendait pour leur peau. Au sens figuré, ciapacan peut aussi désigner un individu sans scrupules et prêt à tout pour une poignée d'argent : « Çui-là, faut se méfier, c'est un vrai ciapacan ». Le mot est d'ailleurs utilisé, par homophonie, avec le sens de chenapan.

Ce mot dériverait de l'italien acchiapacani : du verbe acchiapare, attraper, faire tomber dans un piège, et de cane, chien. A noter que, si en italien le groupe ch se prononce k, il en va autrement au Piémont où le ch se prononce tch, ou ch, ce qui explique la prononciation provençale « tchapacan ».

En occitan, on trouve d'ailleurs aussi une famille de mots apparentés : le verbe achapa, achaupa, attraper ; achapadou, piège, attrape ; achapaire, celui qui tend des pièges, etc., et naturellement lou can, le chien.

Ces informations sont extraites des sources suivantes :

- Lou tresor dóu felibrige, dictionnaire provençal-français, de Frédéric Mistral.
- Les mots d'ici, d Henry-Paul Brémondy (1985).
- Le parler marseillais, de Robert Bouvier (1986)

J'espère avoir répondu à votre question.

Restant à votre disposition, cordialement.

Jean-Claude Autran (fils de Marius Autran)

Q2.

Une réponse on ne peut plus complète dont je vous remercie grandement.

DC


 

8-12 décembre 2005 : Sambuco

Q1a.

pour "sambuco", provençal, je le rapprocherai du languedocien "ambuc" qui signifie "entonnoir", entonnoir à vin.

(...)

CM

Q1b.

je voulais vous aider en vous disant que en languedocien un entonnoir se disait AMBUC mais j'ai fait une grossière erreur, le vrai mot est AMBUT, même c'est plutôt EMBUT, en prononçant le E comme un "é" accent aigu. Donc tout ça ne vous avance guère. Avec mes excuses.

CM

R1.

Bonjour,

Merci d'avoir essayé de m'aider à propos du mot sambuco.

Effectivement, je connaissais les mots languedociens de la famille de embuc ou embut : embuca, embouca (emboucher, mettre à la bouche, avaler), embucaire, emboucaire (celui qui gave les oies), embut, embuc (entonnoir, robinet d'un tonneau), embuta (verser dans l'entonnoir), etc. Il est possible que cela ait quelque rapport avec le provençal local sambuco, mais je n'en ai aucune certitude.

(...) Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

28 novembre - 2 décembre 2005 : A propos du terme tintaine

Q.

bjr

je me permets de vous écrire car je pense avoir relevé peut être une erreur en ce qui concerne le terme tintaine, ( lu dans votre lexique terme provençaux)

Je me rappele, étant jeune et allant souvent pécher les encornets avec mon grand père, il me parlait toujours de toutaine voir de toutainieres en ce qui concerne le leurre qui sert à pécher les encornets.

En ce qui concerne la tintaine , là aussi étant jouteur à st mandrier, la tintaine est l' appellation donner à la passerelle qui sert au jouteur à se rendre sur le plateau, mais peut être que les deux termes sont liés !!! étant donné que le jouteur doit pesuguer son adversaire avec une lance, au bout de laquelle est fixée une couronne en fer avec de petites dents et sert à accrocher le plastron pour éviter que l' adversaire puisse se dégrafer.

amicalement

GP

R.

Bonjour,

Merci pour votre message.

Je ne pense pas avoir commis d'erreur à propos de mon terme "tintaine". En effet, en se référant au Trésor dóu Félibrige de Mistral, on trouve que le mot "tintaine" a deux significations différentes :

1) Faire tintaine, pour moi, c'est bien faire la débauche, faire du bruit ou être sur pied toute la nuit, ou encore s'agiter ou se retourner souvent pendant son sommeil. L'étymologie de ce premier terme viendrait de l'espagnol titiritaina (= bruit de flûtes), et du bas latin tintinnum ( = sonnettes), qui aurait donné en provençal tintèino ou tintaino, signifiant : tintoin, tapage, tracas, débauche, veille.

2) Il y a un autre terme tintaine (qui, en provençal, s'écrit tintèino ou tintèno), qui dériverait lui de l'italien tintenna, qui signifie "en vacillant" ; ce terme correspondant selon Frédéric Mistral à : "petite échelle qui sort de l'arrière du bateau des jouteurs sur laquelle ils se tiennent debout pour combattre", ou encore à : "joute sur l'eau".

Donc, je crois que nous avons tous les deux raison. Je n'avais cité dans mon lexique que le premier des deux termes tintaine car c'est celui que ma famille employait (il n'y avait pas de jouteurs dans ma famille), mais je vais pouvoir rajouter le second puisque c'est bien un terme local, avec notamment les joutes de Saint-Mandrier.

Par ailleurs, je connais aussi les termes tóuteno (calmar, encornet, espèce de mollusque que l'on mange farci d'herbes) et tóutenière (ustensile pour la pêche aux calmars, faisceau de gros hameçons réunis par leur partie droite), mais ils viennent de l'italien totano et ne semblent pas avoir de rapport avec tintaine.

Cordialement,

Jean-Claude Autran


 

27 novembre - 2 décembre 2005 : Signification du terme scalabarri ou escalabari

Q1.

bonjour,

je suis à la recherche du terme "scalabarri" ou "escalabari" qui désigne un enfant qui grimpe de partout , qui ne tient pas en place ??

j'attends vos conseils avec impatience .

En vous souhaitant bonne réception.

CS

R.

Bonjour,

Je n'avais pas en mémoire ce terme "scalabarri" ou "escalabari", mais, en se référant au Trésor dóu Félibrige de Mistral, on trouve effectivement les mots suivants qui semblent de la même famille :

Escalabra : gravir comme une chèvre
Escalabreja : grimper partout, grimper sur une hauteur scabreuse
Escalabrous : scabreux, abrupt
Escalaïre : celui qui grimpe, qui escalade
Escalaubra, escaraubria, escalaura, etc. : grimper sur les arbres, escalader, gravir

Frédéric Mistral ne semble pas indiquer de termes qui correspondent exactement à "scalabarri" ou "escalabari", mais il est très probable que vos deux termes soient des variantes locales [le suffixe arri ou ari me semble équivalent à aïre pour qualifier celui qui accomplit une action] pour désigner celui qui escalade, notamment un enfant qui grimperait de partout.

Cordialement,

Jean-Claude Autran

Q2.

un ami m'a répondu. Bientôt il me donnera le bon orthogaphe : escalabari, escalade les barres (comme les barres de cuers, donc les falaises , les murs , les restanques), je vous en dirais plus bientôt

CS


 

24 octobre 2005 : Lexique provençal

Q.

Bonjour,

Est-il possible d'acheter ce lexique ? Où ? et quelle fourchette de prix.

Merci beaucoup.

MT

R.

Bonjour,

Mon « lexique provençal et des mots d'ici » n'est pas à vendre. Je n'ai pas de goût particulier pour le commerce ou l'édition de livres. J'ai donc préféré diffuser mon travail sur Internet (où il est en accès libre et gratuit à tous les utilisateurs), à l'adresse :

http://jcautran.free.fr/provencal/lexique_provencal.html

J'ai aussi reconstitué des lexiques français-provençal et provençal-français (environ 1200 termes) à partir d'anciens journaux provençaux comme La Restanco ou Le Gabian parus dans les années 1970. Voir à l'adresse :

http://jcautran.free.fr/provencal/francais-provencal.html

Je vous signale quelques autres sites Internet qui donnent des lexiques français-provençal, par exemple :

http://clap.jac.free.fr/lexique/pages/lexic.html

http://www.provenceweb.fr/f/occitan/lexique.htm http://perso.club-internet.fr/ocoronel/cours/lexique.htm

Vous pouvez aussi, naturellement, trouver en librairie un certain nombre de dictionnaires ou de lexiques français-provençal :

Roger Barthe, Lexique occitan-français. Ed. Collège d'Occitanie Toulouse/Espace Sud Montpellier, 1988 (3è éd.), 375 p.
Roger Barthe, Lexique français-occitan. Ed. Collège d'Occitanie, 1984, 240 p.
Philippe Blanchet, Dictionnaire du parler régional de Provence, Editions Bonneton, 1996, 157 p.
Robert Bouvier, Le parler marseillais, Editions Jeanne Laffitte, 1986, 181 p.
André Lagarde, Dictionnaire français-occitan/occitan-français (La Palanqueta). Ed. CRDP Toulouse, 1996, 422 p.
Christian Laux, Dictionnaire français-occitan (Languedocien central). Ed. IEO Tarn, 1997, 583 p.
Claude Martel, Le parler provençal, Rivages, 1988, 197 p. Christian Rapin, Dictionnaire français-occitan (vol.2), IEO-EOE, 1994, 298 p.
Robert Rourret, Dictionnaire Français-Occitan Provençal, Institut d'Etudes Occitanes, 1981, 488 p.

Et aussi l'ouvrage en 2 volumes (12 euros chacun) de Jean-Luc Domenge (1999) :

1 - Grammaire du Provençal Varois
2 - Grammaire du Provençal Varois - Le verbe
Edité par l'Association Varoise pour l'Enseignement du Provençal, 57, rue de la République, 83210 La Farlède.

Cordialement,

JCA


 

19-20 octobre 2005 : Demande de traduction de "le bât" (de l'âne)

Q.

Dimanche 16 et 23 fêtes de la châtaigne aux Mayons. Parmi tous les artisans qui déballaient leurs objets friandises et autres, j'ai fait la connaissance d'un rare et dernier artisan de l'art de la vannerie provençale. Je me suis arrêté à son stand ayant remarqué deux spécimens antiques de bâts l'un pour âne et l'autre pour mulet. Ces bâts tressés en raphia sont superbes. Je lui ai demandé comment on appelé ces bâts en provençal, mais il n'a pas su me le dire, son père étant seynois depuis 1850 Laugier et moi même n'ai pu le renseigner. Comme je le fais très souvent je compulse votre merveilleux site (rappel pour magaou), je viens à nouveau vous solliciter pour me dire comment appelle t-on un bât en provençal. Très cordialement vôtre.

LC

R.

Bonjour,

Je suis heureux d'avoir de nouveau de vos nouvelles.

Je n'avais pas en mémoire l'équivalent du mot bât en provençal, mais, en me référant au Trésor dóu Félibrige de Mistral, on trouve pour bât le mot : bast, avec les variantes bas (Rhône), ou bat (Limousin).

Mistral mentionne les expressions suivantes : pourta lou bast, porter le bât ; bèsti de bast, bête de somme ; a bast van, à bât vide, sans charge ; favo qu'a lou bast, fève trop mure ; alèvo, cancèu d'un bast, courbet d'un bât ; acò te vai coume lou bast à l'ase, cela te va parfaitement ; acò te vai coume lou bast à-n-un pouarc, cela ne te va pas du tout ; es aqui que lou bast lou maco, c'est ici que le bât blesse ; n'es boun ni a sello ni a bast, il n'est bon pour rien.

Et aussi quelques proverbes :

- Lis ase si counnèisoun au bast
- Que perd l'ase e recoubro lou bast es à mita counsoula
- S'en travaiant l'on venié riche, lis ase pourtarien lou bast d'or
- A quau noun vòu sello, Diéu douno bast
- etc.

A noter que Mistral renvoie aussi à deux autres termes pour bât :

- la bardo (ou blato, dans le Var), qui correspond à une bâtine, c'est-à-dire un bât à courbets éloignés.
- lou couissin, le coussin, qui ne paraît cependant pas correspondre à un bât, mais plutôt au collier rembourré des bêtes de trait.

Cordialement, à bientôt peut-être.

JCA


 

12-20 octobre : Edition du lexique provençal

Q.

Cher J. Claude.

Je viens de lire sur le site le post relatif aux termes provençaux écrits par Marius Autran et j'y ai pris un très grand plaisir.

A ma connaissance ces textes n'ont jamais été publiés et combien c'est regrettable. Je me suis délecté à chaque mot, des mots et des expressions qui m'ont rappelé le parler d'ici et je pense qu'il serait très intéressant de les faire connaître au plus grand nombre.

Pourquoi ne les feriez-vous pas éditer ?

Amitiés à vous et à papa.

HG

R.

Bonjour Henri,

Merci pour votre message et vos aimables commentaires sur le lexique provençal.

Quant à l'éditer, je suis hésitant. Il y a déjà plusieurs livres sur le parler provençal, marseillais, et les mots d'ici. Mon ami Serge Malcor est en train d'en publier un autre sur des termes typiquement de par ici, très complet sur la mer, la pêche et les poissons.

Pour l'instant (et comme je ne suis pas trop porté sur le commerce et le profit qu'on pourrait faire (?) avec l'édition d'un livre), je me suis limité à Internet. Mais ce lexique est tout de même extrêmement consulté par les internautes francophones. Mon site a actuellement entre 700 et 850 visiteurs par jour, et l'analyse des visites montre que 4-5 % au moins sont entrés dans mon lexique, ce qui fait plus de 1000 personnes par mois qui l'ont visité. Donc, à voir.

(...) Amitiés,

JCA


 

24 août 2005 : Origine du mot Caffalo

C.

Bjr

Je ne suis pas de La Seyne, plutôt de la Seine. Mais je suis toujours à la recherche de l'origine des mots français.

Je vous propose de chercher pour le mot caffalo vers le mot grec Kephalos (tête) qui a donné de nombreux mots dans les langues d'origine greco-latine. ex : encéphale, la ville de Chéfallu, chef (tête en français), cervelle....

GF


 

7 août 2005 : Emploi et différences locales orales et littéraires dans la langue provençale, graphies mistralienne et pré-mistralienne

Q1.

Bonjour !

Je serais très heureux d'avoir des renseignements et commentaires sur l'emploi, les différences locales orales et littéraires, graphies mistralienne et pré-mistralienne, etc., des verbes EMPLENA et EMPLI qui figurent à la page 881 du Trésor de FM.

Plus précisément, ma question est relative à la traduction du texte liturgique du Sanctus : « Les cieux et la terre sont remplis de Ta gloire ».

Egalement, dans la chanson « Lou Vin Proucençau » : "Es de Sisteron, emplissen li gots!"

Merci mille fois !

FG

R1.

Bonjour,

J'ai bien reçu votre message, mais je suis désolé de ne pas être capable de répondre à votre question. Je ne suis qu'un amateur qui s'est amusé à rassembler sur internet des mots courants ou des phrases humoristiques entendues prononcer par mes ancêtres.

Il faut, pour répondre avec certitude à votre demande de traduction, quelqu'un de beaucoup plus "pointu" que je ne le suis.

Peut-être pouvez-vous essayer d'adresser votre message au Professeur René Merle, grand spécialiste des langues occitanes : http://rene.merle.charles.antonin.over-blog.com

Je sais qu'il est très sollicité, mais peut-être pourra-t-il vous éclairer.

Cordialement,

JCA

Q2.

Merci beaucoup.

Je contacte Pr. Merle.

Peut-être serez-vous intéressé par sa réponse ?

Bien à vous,

FG


 

7-10 juillet 2005 : Recherche mot provençal ousidou

Q.

Bonjour je recherche l'origine du mot provencal OUSIDOU ?

Merci de votre réponse.

P.B

R.

Bonjour,

Je ne connaissais pas ce mot OUSIDOU, mais, en recherchant dans le dictionnaire de Frédéric Mistral Lou Tresor dou Feligrige, j'ai trouvé des mots qui ont une graphie voisine, dont je vous recopie les définitions ci-dessous :

AUSIDO (s.f.) (rom. auzida, audida, cat. oïda, esp. oido, lat. auditus) : Ouïe, faculté d'ouïr ; son lointain, bruit, renommée. Leva l'ausido, abasourdir ; parti d'ausido, partir dès qu'on a entendu l'ordre ; d'ausido, soudainement, etc.

AUSIDOU (s.m.) (rom. auzidor, audidor, cat. lat. audidor) : Auditeur (v. escoutaire) ; auditeur de comptes ; tympan de l'oreille. Avié l'ausidou fin.

AUSIDOU (adj.) (rom. auzidor, audidor) : Qu'on peut entendre, digne d'attention. Aco's ausidou, cela peut être pris en considération.

Peut-être cela correspond-il à ce que vous attendiez ?

Restant à votre disposition. Cordialement.

JCA


 

22-29 juin 2005 : Hymne des Provençaux « Provençau e catouli »

Q1.

Bonjour Monsieur,

Je ne voudrais pas vous déranger mais en parcourant votre site, je me suis dit que vous pourriez peut-être m'aider à trouver les paroles du chant commençant par "Provençau e catouli" et sinon si à la suite c'est "nostro fé na pa fali" ou nostro fé na pa féli". Si vous pouvez m'aider merci beaucoup sinon bonne continuation quand même (c'est un vrai trésor du patrimoine local votre site).

CF

R.

Bonjour,

Je suis désolé, mais je ne connais pas le texte complet de ce chant et je ne l'ai pas trouvé sur internet.

J'ai cependant trouvé qu'il était mentionné sur le site du diocèse de Digne :

http://catho04.cef.fr/etrejeune/r1/reportages/jourdioc2004/jd2004.htm

«... en 1875, ... à Forcalquier..., l'hymne des Provençaux « Provençau e catouli » fut composé et chanté en présence de Frédéric Mistral... »

D'autre part, sur le site : http://biroussans.free.fr/chants/ariejou.htm

on trouve un chant qui possède un refrain comparable, mais qui concerne les Ariégeois - avec une graphie propre au Sud-Ouest - au lieu des Provençaux (il est donc possible qu'il y ait des variantes régionales de ce même hymne).

ARIEJOUES ET CATHOULICS
Nostr'Arièjo sé rapèlo,
Soun histouèr ambé fiertat
Mès sa glorio la pu bèlo
Es lès sants qu'el a poûrtat
 
REFRAIN
Ariéjouès et cathoulics
Nostro fé, nostro fé n'a pas faillit
Cantem le cor rejouich
Ariéjouès et cathoulics.
L'arièjo té supplico
Dins soun bieilh et dous parla
L'arièjo cathoulica
Nostro Damo escoûto la.

Je vais poursuivre la recherche en questionnant mon beau-frère qui anime une chorale dans les régions de Sisteron et Gap, et qui connaît beaucoup de chants catholiques et provençaux. S'il me dit qu'il connaît ce chant, je vous en communiquerai aussitôt le texte.

Cordialement,

JCA

Q2.

Merci beaucoup pour votre réponse. J'ai éprouvé beaucoup de plaisir à vous lire mais veuillez m'excuser pour le dérangement, j'ai finalement trouvé ce que je cherchais sur ce lien http://tplantevin.free.fr/Provence/Cours/Analyses/Mistral/Mistral-musique.htm#pec qui fait partie d'un site vraiment très riche. Merci encore.

Cordialement.

CF

[Commentaire de JCA]

Oui, il fallait chercher sur Google « prouvençau e catouli » au lieu de « provençau e catouli », pour retrouver ce texte :
 
Version originelle de Frédéric Mistral (en provençal, graphie mistralienne)
 
La Prouvènço te suplico
Dins soun vièi e dous parla,
La Prouvenço es catoulico ;
Nostro-Damo, escouto-la !
 
Refrin :
Prouvençau e catouli,
Nosto fe, nosto fe n'a pas fali ;
Canten tóuti trefouli ;
Prouvençau e catouli !
 
Li Felen, coumo li rèire,
Te saren toujour fidèu ;
Creiren tout ço qu'es de crèire
E viéuren coumo se dèu.
 
Sousto adounc, à Ciéutadello,
Touti li generacioun ;
Pièi acampo Rèino bello
Tout toun pople dins Sioun.
Traduction en français :
 

 

La Provence te supplie
Dans son vieux et doux parler,
La Provence est catholique ;
Notre-Dame, écoute-là !
 
Refrain :
Provençaux et catholiques,
Notre foi, notre foi n'a pas failli ;
Chantons tous fous de joie ;
Provençaux et catholiques !
 
Les petits enfants comme les aïeux,
Te seront toujours fidèles ;
Croiront tout ce qu'il faut croire
Et vivront comme il se doit.
 
Abrite donc, ô citadelle,
Toutes les générations ;
Puis réunis ô belle Reine
Tout ton peuple dans Sion (montagne de Jérusalem).

R2.

Bonjour,

Comme prévu, mon beau-frère qui anime une chorale dans les régions de Sisteron et Gap, m'a fait parvenir une partition et un texte (ci-dessous) de l'hymne provençal « Prouvençau e catouli ». Ce texte semble plus complet que celui qui figure sur le site internet http://tplantevin.free.fr/Provence/Cours/Analyses/Mistral/Mistral-musique.htm#pec

Je pense que cela vous intéressera. Une copie de la partition est sur le fichier attaché ci-joint.

1.
La Prouvènço te suplico
Dins soun vièi e dous parla,
La Prouvenço es catoulico ;
Nostro-Damo, escouto-la !
 
Refrin :
Prouvençau e catouli,
Nosto fe, nosto fe n'a pas fali ;
Canten touti trefouli ;
Prouvençau e catouli !
 
2.
Autre-tèms de-vèrs Toulouso
Quand l'aurige se levè
D'uno fin espetaclouso
Toun rousàri nous sauvé
 
3.
Li Felen, coumo li rèire,
Te saren toujour fidèu ;
Creiren tout ço qu'es de crèire
E viéuren coumo se dèu.
 
4.
Nòsti-fiéu, o bono Miare,
Gardo-lèi di faus savent ;
Manten-ié la fe di paire,
Car s'aubouro un marrit vènt.
 
5.
Se dóu nord l'auro glaçado
Sus si champ vèn mai boufa,
S'armaren pèr la crousado
Vers l'autar que t'avèn fa.
 
6.
Mai esvarto tron e guerro
Liuen di paire, liuen di fiéu
E flouriue nosto terro
Dins la douço pas de Diéu.
 
7.
Sousto adounc, à Ciéutadello,
Touti li generacioun ;
Pièi acampo Rèino bello
Tout toun pople dins Sioun.

Cordialement,

JCA

 


 

21-26 juin 2005 : Demande de traduction de "venez nombreux, les pauvres seront contents !"

Q.

bonjour monsieur Autran

je dois écrire la phrase suivante : venez nombreux, les pauvres seront contents !

moi phonétiquement je l'écris de la manière suivante : venès noumbrous, lei pauvrès saran countens

je suis sûr de faire des fautes.

Pouvez-vous SVP me corriger en m'adressant un e-mail en retour.

Je vous remercie sincèrement et vous admire de continuer notre langue que malheureusement les jeunes nous avons perdue.

Recevez mes sincères salutations

MJC

R.

Bonjour,

Je ne crois pas être un vrai expert en langue provençale, mais il me semble que, pour un provençal du Var ou des Bouches-du-Rhône), une bonne traduction de votre phrase pourrait être : venès noumbrous, li paure seran countènt.

Naturellement, selon la région des graphies différentes peuvent exister (noumbrouvo au lieu de noumbrous, lei ou les au lieu de li, etc.).

Cordialement,

JCA

NB. L'envoi de cette réponse a fait l'objet d'un message d'erreur (Undelivered Mail Returned to Sender), l'auteur de la question (Marie-Josée Caccialupi : «mjcaccia» <marie-josee.caccialupi@cegetel.net>) ayant peut-être changé d'adresse e-mail entre temps. Peut-être découvrira-t-elle un jour la réponse qui lui était destinée sur ce « forum ».


 

20-26 juin 2005 : Demande de traduction de "couteau de poche"

Q.

Je cherche la traduction en provençal de "couteau de poche", terme que mon grand-père utilisait souvent et qu'hélas je ne me souviens plus!

Pourriez vous me renseigner?

En vous remerciant

EP

R.

Bonjour,

Désolé pour le retard à vous répondre. Je ne crois pas être véritablement un expert en langue provençale, mail il me semble que le couteau de poche (coutèu de pochi) ou canif se dit en provençal ganivet (ou ganibet en Languedoc). Est-ce le mot que vous recherchez ?

Sinon, il y a quelques autres termes de couteaux dans le dictionnaire de Frédéric Mistral, comme : coutèu de vilan (couteau attaché au gilet par un cordon), coutèu de canèu (couteau commun, en corne), coutèu de taulo (couteau de table), coutèu de cassso (couteau de chasse), coutèu poudadou (serpe de vigneron), coutèu de mèstre (bon couteau), etc.

Cordialement,

JCA


 

4-10 juin 2005 : Demande de traduction de "Avec l'Accent qui chante, de notre Village"

Q.

Bonjour Monsieur.

J'ai fait un tour sur votre Magnifique site, je suis a la recherche de la traduction d'une phrase.

pour mettre dans un Diaporama sur les Marchés de Provence.

La phrase est : "Avec l'Accent qui chante, de notre Village".

Dans l'espoir de vous lire .

Recevez Monsieur mes salutations et mes remerciements.

MD

R.

Bonsoir, j'ai bien reçu votre message.

Je ne pense pas être une référence en matière de langue provençale, mais il me semble que la traduction littérale de votre phrase doit être :

Emé l'acènt que canto, de nostre vilage

On peut sans doute trouver des graphies un peu différentes d'un département à l'autre ('mé au lieu de emé ; nouastre, nòstre ou noste au lieu de nostre, etc.) mais je pense que ce que je vous propose correspond à la graphie la plus courante dans les Bouches-du-Rhône ou le Var.

Cordialement,

JCA


 

27 avril - 2 mai 2005 : Demande de traduction de "à mon grand-père"

Q1.

Monsieur,

Je me permet de vous contacter ayant trouvé cette adresse sur votre site.

Mon grand-père est décédé il y a très peu de temps et, comme un de mes ouvrages doit paraître sous peu, je voudrais le lui dédier. A cet effet, je cherche à traduire la phrase "à mon grand-père".

Mes souvenirs du patois familial se résument à des expressions et locutions ... et, bien que mon père "parle" encore provencale, je voulais lui faire une surprise; d'où mes recherches.

De mes lectures, j'arrive à la phrase suivante : a moun grand.

Je crois savoir que l'expression paigran est niçoise et non varoise, mais j'ai un doute sur l'emploi de "moun" ou de "lous". Ce qui m'importe est de savoir quelle est l'expression employée dans le Var, ma famille étant originaire de Solliès-Pont (Arènes, Gras, Raynouard), bien que mon grand-père soit, originairement, de Brignolles et Aix-en-Provence.

En espérant ne pas vous importuner,

Merci,

Bien à vous,

AR

R.

Bonjour,

Je ne suis pas réellement une référence en matière de provençal, mais je crois savoir que, dans le Var, le grand-père se dit paire-grand (bien que grand-paire soit aussi admis). [pai-grand, ou grand-pai, est une forme qui s'utilise en effet plutôt à Nice].

Donc, à mon grand-père se traduit en principe par : a moun paire-grand.

Restant à votre disposition pour d'autres renseignements,

Cordialement,

JCA

Q2.

Merci beaucoup pour votre gentille réponse qui m'éclaire complétement.

Bien cordialement,

AR


 

20-27 avril 2005 : Apprentissage du provençal

Q.

Bonjour,

Tout d'abord, je tiens à dire que votre site est magnifiquement réalisé et votre lexique provençal très étoffé.

A ce sujet, j'aimerais savoir si vous pouviez me recommander des ouvrages pertinents d'apprentissage du provençal.

J'ai 24 ans et je parle très peu cette langue ce qui me chagrine beaucoup.

J'ai déjà trouvé pas mal de lexiques sur internet comprenant de nombreux mots, des expressions et quelques règles de grammaire mais j'aimerais trouver un guide pour organiser toutes ces infos.

Merci d'avance et bonne continuation pour la suite.

NV

R.

Bonjour,

Je connais peu de bons ouvrages pour l'apprentissage du provençal.

Il y a bien sûr plusieurs lexiques, mais qui ne donnent pas suffisamment de règles de grammaire. Il y a aussi la méthode ASSIMIL "L'Occitan sans peine", mais il est me semble trop général car il essaye de couvrir à la fois le provençal, le languedocien, le gascon, l'auvergnat, etc.

Pour moi qui suis né dans le Var, l'ouvrage le plus adapté est de loin celui de Jean-Luc Domenge (1999), en 2 volumes :

1 - Grammaire du Provençal Varois
2 - Grammaire du Provençal Varois - Le verbe

Edité par l'Association Varoise pour l'Enseignement du Provençal, 57, rue de la République, 83210 La Farlède.

que l'on trouve facilement dans plusieurs librairies de la région, comme la librairie Charlemagne, à Toulon.

Restant à votre disposition pour tout renseignement complémentaire,

Cordialement,

JCA


 

6 avril 2005 : Origine du mot Bréguières

Q.

Monsieur Autran, bonjour!

D'abord un immense bravo pour ce colossal travail qui fait de votre site une référence régionale de haute tenue.

Je me pose la question de l'origine du mot Bréguières que l'on trouve dans des noms de lieux et que j'ai encore trouvé à Antibes ces jours-ci : chemin des hautes ou moyennes breguières.

Est-ce tout simplement une déformation locale de "bruyère" car je ne vois pas de lien possible avec brègues ou brigues qui sont liés à une expression du visage.

Merci de votre avis

Avec mes salutations les meilleures.

HS

R.

Bonjour,

Merci pour votre sympathique message.

Je ne suis pas réellement un expert de la langue provençale, mais il me semble (en se référant au Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral) que Bréguières (du provençal breguiero ou bruguiero) doit se traduire littéralement par : « champ couvert de bruyères, pays de bruyères ».

Le mot est à l'origine de nombreux noms de lieux, ou de familles, mais avec des variantes régionales comme Brouguiero, Bruguièiro, Brusquièro, Brussiero, etc.

Selon Mistral, cette famille de mots dérive de l'esp. brughiera, du roman bruguera et du bas latin brugaria. Il n'y a sans doute aucun rapport avec brègues ou brigues (du prov. brego ou brigo), qui signifie mâchoire, babine, lèvre (sans un sens péjoratif) : faire li brego = faire la moue.

Cordialement, restant à votre disposition.

JCA


 

15 mars 2005 : Frédéric Mistral, le Johnny Haliday de l'époque ?

Q.

Bonjour,

Je viens de participer à une exposions de cartes anciennes, le sujet étant Frédéric Mistral.....

Une intervention d'un animateur m'a heurté ??!!!

IL faisait une comparaison "Frédéric Mistral, le Johnny Haliday de l'époque"

Quand pensez vous ?

merci de m'éclairé.

HL

R.

Bonjour,

Merci pour votre message.

Je suis aussi moi aussi un peu heurté par la comparaison entre Frédéric Mistral et Johnny Halliday. Mais peut-être l'animateur a-t-il voulu choquer les gens ou être volontairement provocateur pour se faire comprendre ?? (Je ne sais pas dans quel contexte se déroulait votre exposition de cartes postales).

Il est vrai qu'on a employé pour Mistral le terme de troubadour, qu'il ait grandi au milieu des chansons et qu'il a mis en musique (ou souvent fait mettre en musique) ses poèmes. Voir d'ailleurs le site internet :

http://tplantevin.free.fr/Provence/Cours/Analyses/Mistral/Mistral-musique.htm

Mais je vois pas bien le rapport entre la carrière poétique et littéraire de Frédéric Mistral (Prix Nobel de Littérature en 1904) et surtout ses 20 ans de travail lexicographique acharné sur le dictionnaire de la langue provençale, et, d'autre part, la carrière et le style de Johnny Halliday ! Mais que vaut une comparaison de personnages qui ont vécu dans des contextes aussi différents et à plus de 100 ans d'écart ?

Cordialement,

JCA


 

16 mars 2005 : Aco vaï mi

Q.

Bonjour,

J'ai eu connaissance d'une expression "aco vai mi" sans aucun autre détail sinon qu'elle se dirait quelque part en France (c'est vague...). Il me semble bien que ce devrait être de la langue d'oc et pourrait signifier "cela me va" mais l'ordre des mots est bizarre et je n'arrive pas à déterminer dans quel dialecte on pourrait dire cela. Un gavouot du nissard ? De l'auvergnat ?

Auriez-vous des idées sur la question ?

Merci d'avance,

DT

R.

Bonjour,

Curieusement, j'ai eu exactement la même question, il y a une semaine environ, en provenance du Canada. Voici la copie de la réponse que j'ai adressée :

Bonjour,

Je ne connais pas réellement l'expression que vous citez : ACOVAÏMI.

Je que je peux dire c'est que :

- aco signifie cela,
- vaï (ou va) est l'impératif ou la 3e personne de l'indicatif présent du verbe aller
- mi (ou me) correspond à au pronom personnel me

Si votre expression était "aco mi va" ou "aco mi vaï", elle se traduirait par : ça me va ! (comme dans d'autres expressions semblables : aco vaï aqui = c'est la conséquence, aco m'agrado = cela me plaît, etc.).

Mais je ne connais pas cette forme d'inversion "acovaïmi". Cela signifie probablement la même chose que "aco mi vaï", mais je ne suis pas suffisamment spécialiste des innombrables variantes des langues provençales pour vous l'affirmer avec certitude.

Espérant vous avoir néanmoins aidé. Très cordialement,

JCA


 

10 mars 2005 : Acovaïmi

Q.

Bonjour,

Je faisais une recherche pour trouver une expression qui serait provençale et je suis tombé sur votre site.

Je cherche la signification de ACOVAÏMI. Peut-être que l'orthographe n'est pas exacte.

Pouvez-vous m'aider ?

Merci.

FG, Gaspé, Québec, Canada

R.

Bonjour,

Je ne connais pas réellement l'expression que vous citez : ACOVAÏMI.

Je que je peux dire c'est que :

- aco signifie cela,
- vaï (ou va) est l'impératif ou la 3e personne de l'indicatif présent du verbe aller
- mi (ou me) correspond à au pronom personnel me

Si votre expression était "aco mi va" ou "aco mi vaï", elle se traduirait par : ça me va ! (comme dans d'autres expressions semblables : aco vaï aqui = c'est la conséquence, aco m'agrado = cela me plaît, etc.).

Mais je ne connais pas cette forme d'inversion "acovaïmi". Cela signifie probablement la même chose que "aco mi vaï", mais je ne suis pas suffisamment spécialiste des innombrables variantes des langues provençales pour vous l'affirmer avec certitude.

Espérant vous avoir néanmoins aidé. Très cordialement,

JCA


 

1er mars 2005 : Mots se rapportant au temps récréatif

Q.

Monsieur,

En licences 3 Sciences de l'Education à Rennes 2, j'effectue un méméoire sur le temps récréatif. En dehors du mot semelles, dont j'ai retrouvé l'origine dans votre lexique, y aurait il d'autres mots se rapportant aux mots : cour, récréation. Merci de votre compréhension.

VLC

R.

Bonjour,

Vous pouvez peut-être trouver d'autres termes dans certains chapitres de l'Histoire de l'Ecole Martin à La Seyne-sur-Mer, écrit par mon père, et notamment au paragraphe Récréations du chapitre 6 :

http://jcautran.free.fr/oeuvres/martini/chapitre_6.html#4

On y trouve les termes de sèbe, semelles, bordufle, etc.

Mais notre lexique provençal contient aussi quelques autres mots (employés autrefois par ici) relatifs aux cours de récréation :

Bourrine (voir le lexique à la lettre b) http://jcautran.free.fr/provencal/lexique_b.html

Batti lou bateou (idem, lettre b du lexique ; voir aussi une description plus détaillée du jeu dans le forum du site :

http://jcautran.free.fr/forum/lexique_provencal.html [voir en bas de la page : question du 27 mars 2004]

C'est tout ce qui me revient pour l'instant. Si j'en retrouve d'autres, je vous les communiquerai [mais ces termes sont spécifiquement provençaux et sans doute très éloignés de ceux usités à Rennes...]

Cordialement,

JCA


 

24 février - 2 mars 2005 : Traduction de phrases provençales

Q1.

Bonjour Monsieur,

Je participe à un concours interne qui a pour thème la Provence, et l'on nous demande de traduire du provençal les 4 phrases suivantes :

1) Endimencho coume un amélie flouri ?
2) Faire sauta li brinigo au saumié ?
3) Crese que toun chin fai la farandoulo ?
4) Li viouleto dou cimentori ?

Peut-être avez-vous une idée du sens de ces phrases ?

En vous remerciant de votre aide, je vous envoie mes salutations bretonnes : kenavo

MT

R1.

Bonjour,

Merci pour votre message. Je ne crois pas être une vraie référence en matière de langue provençale, mais j'ai essayé de répondre à vos questions en m'aidant du dictionnaire de Frédéric Mistral Lou Tresor dóu Felibrige.

Voici les traductions que je vous propose :

1) Endimencho coume un amélie flouri ? (la graphie mistralienne est plutôt : endimencha coume un amelié flouri)
endimanché comme un amandier fleuri
2) Faire sauta li brinigo au saumié ? (brenigo signifie miette de pain, et saumié, plafond ou poutre de plancher)
(faire sauta li brenigo au saumié) : manger de grand appétit (littéralement : faire sauter les miettes au plafond ?)
3) Crese que toun chin fai la farandoulo ?
Je crois que tu plaisantes (littéralement : je crois que ton chien fait la farandole)
4) Li viouleto dóu cimentori ? (la graphie mistralienne est plutôt cementèri, cimetière)
Les violettes du cimetière

Bonne chance pour votre concours,

Cordialement,

JCA

Q2. Nouvelle question

Un grand merci Monsieur,

vous m'enlevez une belle épine du concours :-)

Oserai-je vous demander autre chose ?

je vais abuser, en français cette fois-ci :

on nous demande aussi, qui a dit : (2 questions différentes)

1) " l'Art n'appartient à personne, ne fleurit que pour quelques uns, ce n'est pas pour toi, prolétaire !
la liberté ! la liberté !! Dans l'art comme dans la cité "

et puis

2) " le monde n'est-il pas la banlieue de Marseille ? "
encore merci et vive La Provence et les Provençaux !

MT

R2.

Bonjour,

Je suis désolé, mais cette fois, je ne peux vraiment pas vous aider. Je ne connais aucune des phrases que vous citez, et toutes mes tentatives de recherche sur Google et autres moteurs internet ne m'ont conduit à rien.

Je ne vois vraiment pas où trouver cette information.

Désolé.

Cordialement,

JCA

Q3.

Bonjour Monsieur,

Je reviens vers vous pour 2 dernières questions à propos de F. Mistral :

1) De quel ouvrage, F. Mistral, s'est-il beaucoup aidé pour élaborer Lou Tresor dóu Felibrige ?
2) Quel sera le poème épique de F. Mistral qui proclama la valeur de la langue provençale ?

Ce sont peut-être des évidences pour vous, pour ma part, j'ai peur de me tromper sur des nuances.

De toutes façons je vous remercie

Amitiés virtuelles

MT

R3.

Bonjour,

1) Le genèse du Tresor dóu Felibrige n'est pas simple. Très tôt (1853, et même 1847), en face du désordre orthographique qui régnait parmi les écrivains provençaux, F. Mistral a ressenti le besoin de codifier la langue. Entre 1848 et 1851, il consulte le Dictionnaire de la Langue des Troubadours de Raynouard. Mais il semble que ce soit le Dictionnaire de Monsieur Honnorat qui ait eu les conséquences les plus importantes sur la formation de Mistral. Il avait consulté un exemplaire de ce dictionnaire à partir de 1851, prêté par Roumanille, et il n'en fera l'acquisition qu'en 1853. Il fera alors relier à la fin de son dictionnaire d'Honnorat, 96 pages vierges sur lesquelles il ébauchera la première version du Tresor. Mais il lui faudra ensuite près de 20 ans pour terminer son Tresor dóu Felibrige à partir d'une immense enquête linguistique qui, partie de la Provence, s'étendra peu à peu à toutes les régions du Midi.

2) Le poème épique en douze chants dans lequel F. Mistral proclama la valeur de la langue provençale est très certainement Mireille (Mirèio, publié en 1859).

J'espère avoir répondu à vos questions. Bonne chance.

Cordialement,

JCA


 

23 février 2005 : Ai cabanu

Q1.

Bonjour,

Je lis souvent votre site avec un de mes fils qui suit le site mais qui se trouve à Seattle (USA), car notre famille à sa branche Toulonnaise dont un des membres a travaillé aux chantiers, à l'époque où cela marchait pas mal, pour ma part j'ai été mataf et je me souviens avoir passé le permis de conduire à La Seyne.

En lisant le terme "ai cabanu", cela me fit penser ce que j'entendais alors gamin lorsque j'habitais encore dans le Gard en dessous de Nîmes ma famille étant de Maillane et de Remoulins et parlant Provençau assez souvent.

Ai cabanu : Il a cabané, il a tourné, il a viré, cela se dit d'un gars qui est devenu ansuqué, cela a du tourner dans sa tête.

Je me rappelle que j'ai un oncle de ma mère qui était manadier et qui disait pour faire tourner un biou, "cabane le", et on faisait changer de sens le taureau.

Voilà, si cela peut vous servir, tant mieux.

Merci et bonne continuation.

(Le Ai prononcer ay est le verbe être, à ce qui me semble).

PBE

R1.

Bonjour,

Merci pour votre contribution au Lexique Provençal et excusez le retard mis à vous répondre.

Je confirme que l'expression « ai cabanu » s'emploie chez nous (Provence maritime, ou Ouest-Var) pour désigner une personne sotte et ignorante, (l'équivalent de âne bâté). Et dans ce cas notre mot ai signifie âne. Ce mot ai ne vient pas du verbe être (estre), ni du verbe avoir (agué ou avé) qui auraient donné à la 3° personne du présent les formes esto (pour être) ou a (pour avoir) [si cet ai venait du verbe avoir, ce serait la première personne du présent : j'ai et non pas il a].

Par contre l'étymologie cabanu restait pour moi douteuse, même après avoir consulté le Prof. René Merle, grand spécialiste des langues occitanes, qui ne m'a pas fourni d'explication satisfaisante. Le dictionnaire de Frédéric Mistral n'est pas clair non plus à ce sujet car il indique pour ai cabanié : « l'âne qui marche en tête du troupeau, âne fieffé, butor, ignorant », et on ne voit pas pourquoi, car cabana, cabano, cabanié, etc. se réfèrent toujours à une cabane (?).

Mais ce que vous me dîtes à propos du langage des manadiers (il a cabané, cabane-le) pourrait être correspondre à la bonne explication car la notion de tourner, de virer (même si elle n'apparaît pas dans Frédéric Mistral), correspondrait mieux à l'idée de l'âne « fada », qui perd la tête, qui tourne sur lui-même, et qui refuse d'obéir. Je vais essayer d'explorer un peu mieux cette définition et je complèterai alors mon Lexique, grâce à votre contribution.

Merci encore.

Cordialement,

JCA


 

27 janvier 2005 : Partir en barigoule

Q1.

Bonjour,

Un nouveau mail pour une expression que je viens d'utiliser à l'instant, que mon assistante (je suis au travail à Marseille) n'a pas comprise. Du coup, je suis allé sur votre lexique et je ne l'ai pas vu non plus. La voici :

- partir en barigoule : très difficile à "traduire" en bon français, mal se passer, mal évoluer, quelque chose qui tend vers le désordre.

Dîtes-moi si c'est une expression toulonnaise, provençale ou bien une "invention personnelle".

Cordialement,

SP

R1.

Bonjour,

Merci pour votre message. Effectivement, j'avais oublié dans mon lexique l'expression "partir en barigoule" que je connais pourtant bien, et que, personnellement, je traduirais par : se dégrader, être en pleine décadence, en déchéance, en déliquescence, en décomposition (à la suite d'une perte des valeurs morales), tomber en ruine, se détériorer, péricliter, s'en aller à vau-l'eau, ou, plus vulgairement, partir en couille, etc.

Curieusement, l'expression ne se retrouve dans aucun des lexiques : marseillais, provençal, occitan, etc. que je possède bien qu'il s'agisse d'une expression courante dans le sud-est de la France. D'ailleurs on la trouve employée sur de nombreux sites internet, dont voici quelques exemples ci-dessous :

- Priez pour nous pauvres pécheurs, car tout part en barigoule
- C'est tout le maillage multiséculaire qui a fait la France qui part en barigoule
- C'est la grande tradition du cinéma comique français qui part en barigoule
- C'est fou ça ! tout part en barigoule..., même la maffia !
- Delio le live part en barigoule
- Mais j'ai bien peur que le pays part en barigoule
- Ce blog est en train de partir en barigoule
- A cause d'un lecteur de DVD qui me fesait partir en barigoule
- Fréjus semble partir en barigoule, faut qu'ils se ressaisissent
- Dailleur sa a failli partir en barigoule!!

Mais je n'en comprends pas l'étymologie car, d'après Frédéric Mistral, le mot barigoule (en provençal barigoulo, berigoulo, baligoulo,...) est associé à un nom de champignon, agaric, lactaire, ou morille, ou à une préparation culinaire (les artichauts en barigoule sont des artichauts grillés avec du sel, du poivre et de l'huile). Et je ne vois pas bien le lien entre ces sens et la notion de détérioration qui se trouve dans l'expression partir en barigoule.

Affaire à suivre. Si je trouve un de ces jours une explication auprès d'un érudit provençal, je vous la communiquerai. En attendant, je vais rajouter l'expression à mon lexique, et je vous remercie de me l'avoir faite remémorer.

Cordialement,

JCA

Q2.

Bonjour,

Merci pour votre réponse, et vos recherches approfondies. Il est toujours très enrichissant d'obtenir des informations de cette sorte. C'est "bonnard" de pouvoir partager cet intérêt pour le langage de chez nous !

Bien cordialement,

SP


 

19 janvier 2005 : Lou cant dóu dóufin

Q.

Bonjour,

Je cherche désespérément la traduction en provençal de: "le chant du dauphin".

Pourriez-vous m'aider? est-ce: "le canta de dauphin"?

Vous remerciant de votre aide,

Cordialement

JMH

R.

Bonjour,

Merci pour votre message.

Je ne suis pas réellement un expert de la langue provençale, mais il me semble (en se référant au Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral) que "le chant du dauphin" doit se traduire littéralement par :

lou cant dóu dóufin

[sachant que, selon qu'on et en Provence, en Languedoc, en Rouergue, etc., on peut trouver pour dauphin les graphies : dóufin, dóufi, delfin, daufin, daufi, etc.].

Espérant avoir répondu à votre question,

Très cordialement,

JCA


 

29 décembre 2004 : Lou magaou a tres bano

Q1.

Votre site est sublime. Je m'y réfère très souvent, pour écrire le livre de mon enfance et j'ai bien trouvé les mots (Allude) Béchard etc ; mais je ne trouve pas Lou magaou a trei banes. Merci de me tenir informé.

Très cordialement

LC

R1.

Bonjour,

Merci pour votre sympathique message.

Notre « lexique provençal et des mots d'ici » est certainement très incomplet. J'y rajoute des mots nouveaux chaque fois qu'ils me reviennent en mémoire ou que des internautes, comme vous, nous adressent leurs commentaires.

Et il y a sans doute pas mal de trous dans les noms des outils agricoles car il n'y a malheureusement plus d'agriculteurs depuis longtemps dans ma famille. Je ne me souviens plus très bien du magaou a trei banes, mais je vais le rajouter au lexique car il est bien mentionné dans le dictionnaire de Frédéric Mistral (qui orthographie cette famille d'outils : magau, magau fourca (bechard ou houe à deux pointes), bechard a tres bano, etc.). Par ici on désignait aussi par magouillet, ou sadounet, les petites pioches ou sarclettes utilisées pour désherber ou "faire" les salades sauvages.

Si vous avez en tête d'autres noms usités dans le Var pour les outils agricoles, merci de me les communiquer.

Cordialement,

JCA

Q2.

Cher monsieur, comme vous m'avez si gentiment répondu; je viens vous solliciter à nouveau sur un terme provençal, dont je n'arrive pas à y mettre la main dessus.

Voila dans mes mémoires, je parle de l'expropriation des gens qui occupaient le territoire du camp de Canjuers. Bien entendu je relate un fait très important et recherche le mot « carrére » ou « carrerre » signifiant passage et lieu de stationnement des moutons, lors de la transhumance vers les alpes. Une carrère est un site inaliénable par ordonnance, puis par arrêté préfectoral. Je crois savoir que cet arrêté subsiste toujours.

Très cordialement vôtre.

LC

R2.

Bonjour,

J'ai fait quelques recherches sur Lou Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral pour essayer de répondre à votre question.

Je n'y ai pas trouvé de mot orthographié exactement carrere ou carrerre, mais seulement quelques termes approchants, tels que :

Carrèro, qui renvoie à carriero, qui signifie naturellement rue, chemin entre des maisons.

Mais les termes relatifs au passage des moutons sont plutôt orthographiés carrairo ou carreira. Par exemple :

Carrairo, carraio : Chemin ou passage destiné aux troupeaux transhumants, chemin rural, ancienne voie (voir aussi draio)

Avec plusieurs mots de la même famille :

Carreira, carraira : suive les chemins destinés aux troupeaux
Carreiraire : chef de file d'un troupeau, bélier conducteur
Carreireja : faire paître son troupeau par les chemins
Carreirejaïre, Carreirejaïre : celui, celle qui fait paître son troupeau le long des routes

On trouve à peu près les mêmes mots avec la racine draio :

Draio, drajo, dralho : chemin rural, chemin gazonné, voie affectée au passage des troupeaux [qui a donné lieu au mot français draille, qui a la même signification]
Draiaire : chef de file d'un troupeau, bélier conducteur
Draia : marcher en tête d'un troupeau, ouvrir la marche
etc.

Je ne sais pas si cela répond un peu à vos interrogations, mais je n'ai pas trouvé d'autre information. Je ne sais malheureusement rien de plus sur le caractère inaliénable des carrères dont vous parlez.

Cordialement,

JCA


 

17 décembre 2004 : Cadet de chichette ?

Q.

Je suis à la recherche de mes anciens et je suis arrivé à 1792 ou un de mes ancêtres demeurant à Bidache dans les Pyrénées-Atlantiques, pays de Charnèque est intitulé :

- cloutier, cadet de chichette et son épouse cadette de paris

Connaissez-vous ces expressions ???

Merci pour votre site très intéressant.

MM

R.

Bonjour,

Je suis vraiment désolé, mais je n'ai pas pu trouver l'explication des expressions (cadet de chichette et cadette de paris) que vous recherchez. Mais le vocabulaire local que je connais et que ma famille m'a transmis est surtout celui de la Provence maritime. Il est très possible que vos expressions soient spécifiques des Pyrénées-Atlantiques et vous auriez plus de chance en vous adressant à des spécialistes du parler de cette région.

Encore désolé. Cordialement.

JCA


 

6 décembre 2004 : A l'an que vèn

Q.

Cher monsieur Autran,

Je m'appelle C.

Mon beau-père (natif de Fayence) n'étant plus, hélas, de ce monde, me disait tous les ans "A l'an que vèn .... que si on n'est pas plus que l'on ne soit pas moins"

Comment le dit-on exactement et comment l'écrit-on en provençal ?

Désolé de vous ennuyer.

Cordiales salutations.

R.

Bonjour,

Merci pour votre message.

Je pense que la formule la plus couramment utilisée est : A l'an que ven e se siam pas mai que sieguem pas mens.

(Naturellement, il y a des variantes d'écriture d'un endroit à l'autre : On peut trouver sieguen, siguen, sichen, etc.).

Cette expression doit dériver de la prière calendale :

« Alègre ! Alègre ! Mi bèus enfant, Diéu nous alègre !
Emé Calèndo, tout bèn vèn...
Diéu nous fague la gràci de véire l'an que vèn !
E se noun sian pas mai, que noun fuguen pas mens ! »

Cordialement,

JCA


 

7 novembre 2004 : Mots nouveaux du lexique provençal

Q.

Bonjour,

Je me suis régalée, j'ai retrouvé des mots que j'avais oubliés (par exemple : claver)… à force de fréquenter des estrangié !

Il y a certains mots que je n'ai pas trouvés :

- Châler
- Espigaoù
- Avoir le bòmi ou venir le bòmi

Et d'autres mots que je ne connaissais pas.

En tous les cas, bravo

Cordialement

ADA

R.

Bonjour,

Merci pour votre aimable message sur mon lexique provençal et des mots d'ici.

Il est certain que ce lexique, issu pour beaucoup de la mémoire familiale, n'est pas complet et que je rajoute régulièrement certains nouveaux termes, au fur et à mesure qu'ils me reviennent, ou qu'on m'en propose, comme vous le faites. Toutefois, vous imaginez bien que certains termes, qui sont courants à Marseille sont ignorés à Toulon ; et d'autres, qui sont courants à l'ouest de Toulon, ne sont quelquefois pas usités à l'est ; ou vice versa. Et même, d'une famille à l'autre la palette de termes utilisés peut beaucoup varier.

Ceci pour dire que je ne retiens en principe dans mon lexique que les termes que j'ai entendu utiliser dans mon entourage, notamment par mes parents et grands parents. Ainsi, les termes châler, espigaoù et l'expression avoir le bòmi, que vous rappelez, ne sont pas des termes que je me souviens d'avoir entendu prononcer par ici. Je ne sais pas ce que signifie châler. Quant à espigaoù, je trouve bien dans le dictionnaire de Frédéric Mistral le sens de : « épi mal égrené », et à bòmi, le sens de : « nausée, envie de vomir, dégoût ». Mais comme je ne les retrouve pas dans la "mémoire familiale", je ne pense pas les rajouter à mon lexique.

Mais je vous remercie encore beaucoup pour votre message.

Bien cordialement.

JCA

Q2.

Bonjour,

- Châler (je suis pas sûre pour l'accent), c'est le fait de charrier quelqu'un sur le porte bagage d'un vélo ou d'une moto. Je n'ai appris que récemment (j'ai quand même la cinquantaine!) que ce mot n'était pas français. J'ai toujours entendu dire ça (je suis de Marseille depuis plusieurs générations)

Cordialement

ADA

R2.

Re-Bonjour,

Je ne connaissais pas châler. Merci pour l'information.

En cherchant dans le Lexique Marseillais de Robert Bouvier (Editions Jeanne Laffitte, 1986), j'ai en effet retrouvé le verbe « chaler » [tiré du provençal chala, balancer], qui signifie bien « transporter quelqu'un sur le porte-bagages de son deux-roues et, par extension, de tout véhicule. S'emploie dans le langage des jeunes : Tu vas en ville ? Tu me chales ? ».

Mais je ne me souviens pas d'avoir entendu ce terme utilisé par ici (dans la région de Toulon-Ouest). Nous disons plutôt cambouler [du prov. cambala, litt. enjamber, d'où porter une personne à cheval sur un moyen de locomotion].

Cordialement,

JCA


 

19 octobre 2004 : Félicitations

C.

Monsieur,

Je tombe tout fait par hasard sur votre site.

Ces lignes pour vous féliciter d'avoir eu l'idée de mettre à la disposition du grand public le trésor inestimable que vous a légué votre père. Je suis particulièrement sensible au côté provençalisant de son oeuvre dont le lexique élaboré à partir des journaux /La Restanco/ et /Lou Gabian/ que j'ai du reste dans leur édition originale et que je communiquerai dès à présent à mes étudiants des IUFM de Draguignan et de La Seyne afin de les aider dans leurs apprentissages.

Je vous prie de saluer votre père de ma part et de lui exprimer toute mon admiration.

Je vous adresse mes meilleures salutations

PF

Capoulié du Félibrige
Conseiller pédagogique langue et culture régionales auprès de l'Inspecteur d'Académie du Var
Formateur à l'IUFM (Centres de Draguignan et La Seyne)


 

30 septembre 2004 : Mots se rapportant à la Provence

Q.

Bonjour,

Je me permets de vous envoyer un message car je ne trouve pas de réponse à ma recherche. Je dois me marier en juillet 2005, je suis d'Aubagne amoureuse de la Provence, qui sera le thème de mon mariage, pour les noms des tables je souhaiterais soit des mots se rapportant à la Provence (cigale, lavande) mais les mots de viennent pas ou le lien avec les invités parents, frères, cousins mais je souhaiterez les traduire en provençal. Merci de m'aider ou de me donner un titre d'ouvrage ou de site qui pourrait m'aider, mille mercis d'avance.

VS

R.

Bonjour,

Pour trouver de l'inspiration sur des termes qui pourraient avoir un lien avec vos invités, avec leur équivalent provençal, je peux vous recommander de parcourir les lexiques que j'ai mis sur internet :

- soit le lexique des « termes provençaux et des mots d'ici »

http://jcautran.free.fr/provencal/lexique_provencal.html

- soit le lexique français-provençal (1200 termes) que j'ai reconstitué à partir d'anciens journaux provençaux comme La Restanco ou Le Gabian parus dans les années 1970 :

http://jcautran.free.fr/provencal/francais-provencal.html

Il y a aussi quelques autres sites internet qui donnent des lexiques français-provençal, par exemple :

http://clap.jac.free.fr/lexique/pages/lexic.html
http://www.provenceweb.fr/f/occitan/lexique.htm
http://perso.club-internet.fr/ocoronel/cours/lexique.htm

Vous pouvez aussi trouver en librairie un certain nombre de dictionnaires ou de lexiques français-provençal :

Roger Barthe, Lexique occitan-français. Ed. Collège d'Occitanie Toulouse/Espace Sud Montpellier, 1988 (3è éd.), 375 p.
Roger Barthe, Lexique français-occitan. Ed. Collège d'Occitanie, 1984, 240 p.
Philippe Blanchet, Dictionnaire du parler régional de Provence, Editions Bonneton, 1996, 157 p.
Robert Bouvier, Le parler marseillais, Editions Jeanne Laffitte, 1986, 181 p.
André Lagarde, Dictionnaire français-occitan/occitan-français (La Palanqueta). Ed. CRDP Toulouse, 1996, 422 p.
Christian Laux, Dictionnaire français-occitan (Languedocien central). Ed. IEO Tarn, 1997, 583 p.
Claude Martel, Le parler provençal, Rivages, 1988, 197 p.
Christian Rapin, Dictionnaire français-occitan (vol.2), IEO-EOE, 1994, 298 p.
Robert Rourret, Dictionnaire Français-Occitan Provençal, Institut d'Etudes Occitanes, 1981, 488 p.

Mais il faut bien choisir ceux qui sont adaptés à la région exacte de votre famille (il y a de grandes différences de vocabulaire, de graphie ou de prononciation entre Provence maritime, Centre-Var, Alpes de Haute Provence, Marseille, Arles, etc.).

Je reste à votre disposition pour vous aider à trouver certaines traductions que vous n'arriveriez pas à trouver vous-même.

Cordialement,

JCA


 

5 octobre 2004 : Base de données informatique du lexique provençal

Q.

Je ne sais pas si vous allez me répondre mais je tente !

Je donne des cours d'informatique et plus précisément sur des bases de données.

Lors de nos fabrications 'non mercantiles' de ces bases, je trouve différents sujets a mettre en oeuvre.

Je trouvais judicieux d'une de ne pas copier coller les définitions du lexique sans vous en parler.

Et d'autre part de pouvoir récupérer un fichier tabulé des fichiers de a à z

Qu'en pensez vous ?

En fait, avec ce fichier tabulé, je peux réaliser comme exercice un dico et je trouve le sujet "provençal" tellement original...

Merci de votre réponse par oui ou non.

SG

R.

Bonjour,

Il n'y a pas de problème à ce que vous utilisiez mon lexique provençal dans le cadre de vos cours d'informatique à condition que vous signaliez à vos interlocuteurs ou lecteurs l'origine du lexique, ou que vous leur communiquiez l'adresse internet d'où il est extrait :

http://jcautran.free.fr/provencal/lexique_provencal.html

Pour des raisons de taille de fichier et de rapidité d'accès, j'ai découpé mon fichier en une vingtaine de sous-fichiers, accessible par des boutons de lettres d'alphabet.

Mais je possède le fichier complet des termes de a à z. Je vous l'adresse ci-joint, à la fois au format Claris HomePage (lexique_a-z.html) qui a servi à la création de mon site internet, et au format Word (lexique_provençal.doc).

J'espère que vous pourrez exploiter l'un ou l'autre de ces formats.

Restant à votre disposition.

Cordialement,

JCA


 

30 septembre 2004 : Noms de poissons de nos côtes

Q.

Enseignant de SVT à La Garde je voudrais étudier les noms provençaux des poisson de nos côtes pour voir s'il y a des liens scientifiques (aspect-comportements...)

Je cherche des pécheurs ou personnes qui pourraient m'aider sur mon secteur??

Bravo pour votre site, il y a bcp d'informations.

MR

R.

Bonjour,

En réponse à votre message, je vous indique :

1) qu'un certain nombre d'appellations provençales ou locales de poissons des côtes varoises (avec, lorsque j'ai pu les retrouver, leur équivalent français et leur nom latin) se trouvent dans mon « Lexique provençal et des mots d'ici » à l'adresse :

http://jcautran.free.fr/provencal/lexique_provencal.html

2) que j'ai extrait de mon lexique les principaux noms de poissons avec leur définition, et que je les ai regroupés dans le fichier word ci-joint. Ce n'est certainement pas exhaustif, mais cela correspond aux termes que j'ai toujours entendus utiliser dans mon entourage, c'est-à-dire ceux des poissons les plus communs pêchés dans la zone Toulon-ouest, La Seyne, Six-Fours, Sanary.

3) l'existence du site internet http://cerev.online.fr/tableaupoissons.htm où se trouve un « Tableau comparatif des différentes appellations des poissons pêchés sur les côtes varoises », qui est beaucoup plus complet, mais qui rassemble apparemment des appellations d'origines plus diverses (pêcheurs de Toulon, d'Hyères, de Saint-Tropez, de Saint-Raphaël, etc.).

4) je peux vous communiquer l'adresse électronique d'un de mes amis, pharmacien de Toulon, aujourd'hui retraité, qui a longtemps pratiqué la plongée sous-marine sur nos côtes, et qui connaît très bien les poissons, leurs appellations, leur comportement. Il s'agit de M. Serge Malcor. Vous pouvez le contacter de ma part à l'adresse (...).

Cordialement,

JCA


 

23 septembre 2004 : Additions au lexique provençal

Q1.

Bonjour

Dites-moi ce que vous pensez de ces mots :

- pastemerde : adj signifiant qu'on fait mal les choses, qu'on n'est pas consciencieux.

- bouiguer : verbe qui signifie faire dans le sens "qu'est ce que tu fabriques"

- longagne : adj pour dire de quelqu'un qu'il est long à faire quelque chose, qu'il le fait lentement

- être un boucan : signifie "être une plaie" quelqu'un qui a toujours quelque chose.

- vire-tourne : signifie attendre avec impatience

- avoir la rougne : être énervé

- faire monter le christou : s'énerver "tu me fais monter le christou"

Cordialement,

SP

R1.

Merci beaucoup pour votre contribution au lexique provençal. Il est certain que mon lexique, issu pour beaucoup de la mémoire familiale, n'est pas complet et que je rajoute régulièrement de nouveaux termes, au fur et à mesure qu'ils me reviennent, ou qu'on m'en propose, comme vous le faites. Toutefois, la palette de termes utilisés d'une famille à l'autre, et d'un quartier à l'autre varie quelque peu. Certains termes, qui sont courants à l 'ouest de Toulon, ne sont quelquefois pas usités à l'est, et vice versa ; ou parfois les termes n'ont pas exactement la même signification.

Pour en revenir à votre liste, après avoir consulté mon père, vieux seynois de 94 ans, voici de que j'en pense :

- pastemerde : adj signifiant qu'on fait mal les choses, qu'on n'est pas consciencieux.

Ce terme figure dans mon lexique, avec trait d'union, avec un sens équivalent à celui de l'argot français fouille-merde. Il est possible que le sens un peu différent que vous indiquez (personne qui gâche l'ouvrage) ait été utilisé chez nous, mais je ne m'en souviens pas. Il faut que je le vérifie avec d'autres vieux seynois.

- bouiguer : verbe qui signifie faire dans le sens "qu'est ce que tu fabriques"

Ce terme, que j'avais effectivement oublié, est utilisé par ici dans le sens de tripoter, fouiller, trafiquer (doit dériver du provençal bouiga, bousiga : fouiller, notamment fouiller dans l'auge avec le groin, pour les porcs).

- longagne : adj pour dire de quelqu'un qu'il est long à faire quelque chose, qu'il le fait lentement

Oui, c'est un terme que je nous utilisons dans le même sens et que j'avais oublié de noter.

- être un boucan : signifie "être une plaie" quelqu'un qui a toujours quelque chose.

On ne connaît pas cette expression chez nous.

- vire-tourne : signifie attendre avec impatience

Oui, on utilise cette expression, mais pas dans le même sens. On l'utilise plutôt pour "tourner autour du pot", ou alors, dans un récit long et compliqué pour : "de fil en aiguille", "enfin, bref", etc.

- avoir la rougne : être énervé

On n'utilise pas particulièrement cette expression chez nous. On conserve plutôt le français rogne, être en rogne, avoir la rogne, dans le sens de colère.

- faire monter le christou : s'énerver "tu me fais monter le christou"

On ne connaît pas cette expression chez nous.

Donc, merci encore pour votre contribution. Pour maintenir mon lexique dans ses limites et son esprit familial, je ne vais donc y rajouter que ceux des termes ci-dessus qui étaient ou sont encore usités dans ma famille (bouiguer, longagne, vire-tourne), avec le sens que nous avons l'habitude de leur donner.

Cordialement,

JCA

Q2.

Bonjour,

Merci pour votre réponse et vos éclaircissements.

Pour être tout à fait juste, tous ces mots que je vous ai soumis ainsi que la majorité que vous répertoriez, je les connais par une famille hyéroise avec des origines italiennes. En fait, je suis sorti avec une de leur fille pendant 6 ans, et bien qu'étant né à Toulon je ne connaissais pas tous ces mots de "patois toulonnais" issu du provençal. Alors c'est vrai qu'en lisant votre lexique ça m'a fait bizarre de (presque) tous les retrouver car je ne fréquente plus cette fille ni sa famille (à mon grand désespoir).

Je me permets de vous en soumettre quelques autres (les derniers à mon avis). En tout cas, votre site est très intéressant, et permet de perpétuer les traditions de notre région, ce qui est primordial dans une société ou tout s'uniformise et où l'on perd le sens des valeurs essentielles.

- chouffer : repérer quelqu'un, "le prendre en flagrant délit"

- pinailler : chipoter, être exigeant pour pas grand chose

- draille : vocabulaire de la montagne qui décrit un chemin naturel qui serpente à flanc de colline (sans doute mal orthographié)

- chopper : attraper quelqu'un violemment dans le but de le taper (autre sens plus vulgaire : sortir et/ou coucher avec une fille)

- chavanne : signifie la pluie, il y a aussi le verbe chavanner

- calculer : dans le sens de remarquer quelqu'un, et surtout employé en négation pour signifier ignorer quelqu'un (il ne m'a pas calculé ==> il m'a ignoré)

Salutations,

SP

R2.

Bonjour,

Merci de votre nouveau message et de me soumettre quelques autres termes de "patois toulonnais". Je pense pouvoir rajouter à mon lexique le terme "chavanne", que je connaissais mais que j'avais effectivement oublié de mentionner.

Pour ce qui est de "choper", "draille", "pinailler", ce sont des termes familiers ou argotiques que je connais bien, mais ce ne sont pas spécifiquement des mots utilisés dans la région puisqu'on les trouve dans le Petit Larousse (bien que draille ait une étymologie provençale drayo). [Mon lexique, comme cela est indiqué dans son introduction, essaye de se limiter aux "mots d'ici" et ne mentionne généralement pas les termes qui existent déjà dans les dictionnaires français ou les dictionnaires d'argot français]. A noter que j'avais cependant retenu achoper (attraper qqch ou qqn, contracter (un mal), comme dérivant de l'argot français choper).

Par contre, "chouffer" et "calculer" (dans le sens que vous indiquez) ne semblent pas utilisés dans mon entourage.

Merci encore pour votre contribution.

Cordialement,

JCA


 

14 septembre 2004 : Maurin des Maures

Q.

Monsieur,

Instituteur rural en Franche-Comté, je prépare pour mes élèves une classe transplantée à St Raphaël. Parmi les préparations, j'envisage la lecture en classe de Maurin des Maures, que m'a conseillé un collègue ; toutefois ne connaissant pas ce livre moi-même, je fais des recherches afin d'en trouver une exploitation pédagogique et surtout pour savoir si cet ouvrage est accessible à des enfants de cours moyen. C'est ainsi que par Google, je suis arrivé sur votre site, sans toutefois trouver les informations qui me font défaut. Peut-être pourrez-vous m'aider ? ce dont je vous remercie par avance.

Meilleures salutations.

GM

R.

Bonjour,

Veuillez, je vous prie, m'excuser pour le retard. Je m'appelle Jean-Claude Autran, fils de Marius Autran, à qui vous avez adressé votre message.

(...) Mon père, qui fut lui aussi instituteur entre 1931 et 1966, pense que votre idée est très bonne et que l'ouvrage Maurin des Maures doit être accessible aux enfants du cours moyen.

J'ai retrouvé l'exemplaire de Maurin des Maures de chez mon père et j'en ai encore relu rapidement quelques passages et je partage son avis, à condition sans doute, pour des élèves qui ne sont pas de culture méridionale, de leur expliquer un certain nombre de mots (Parlo-Soulet, couquin dé pas Diou, etc.), ou d'emplois particuliers de certains termes ou expressions (la lièvre, pas tant bête, etc.) en raison de l'influence de la grammaire provençale.

Restant à votre disposition au cas où vous auriez besoin d'aide pour cela.

Cordialement,

JCA


 

15 septembre 2004 : Pramousquier

Q.

Bonjour,

Je souhaiterais avoir une confirmation sur l'origine du mot "Pramousquier" qui est un lieu-dit sur la commune du Lavandou. Je pense que cela provient de l'appellation "Pré aux moustiques"?

Merci de m'éclairer.

Veuillez croire à l'expression de mes sentiments distingués.

OR

R1.

Bonjour,

Si l'on se réfère au dictionnaire provençal de Frédéric Mistral, le mot Pramousquier semble avoir son origine dans pra, ou prat, qui désigne bien le pré ; et de mousquié, "endroit où il y a beaucoup de mouches". (Le provençal pour moustique est plutôt mousquin, mousquit ou mouissolo).

Mais il faut que je le confirme à l'aide d'un livre de toponymie provençale, que je n'ai malheureusement pas sous la main en ce moment. Dès que je l'aurai récupéré, d'ici quelques jours, je vous contacterai de nouveau.

A bientôt, cordialement,

JCA

R2.

Bonjour,

Suite à mon précédent message, j'ai retrouvé dans l'ouvrage "Toponymie provençale" (de B. et J.-J. Fénié, Editions Sud-Ouest) la confirmation de l'origine du mot Pramousquier :

Pramousquier (Var) vient de prat, prada, pradèl ou pradèu, dérivé du latin pradum, « prairie» et de l'adjectif mousquièr : évoque un « pré envahi (régulièrement) par les mouches » (littéralement prat mosquièr).

Cordialement,

JCA


 

26 août 2004 : Countabalet

Q.

Bonjour,

Je suis à la recherche de la signification d'un mot probablement d'origine provençale : COUNTABALET.

Je vous remercie d'avance pour vos recherches.

Cordialement.

EK

R.

Bonjour,

Suite à votre message, j'ai effectué quelques recherches dans les ouvrages et dictionnaires de langue provençale que je possède. Le terme COUNTABALET ne me dit malheureusement rien et il ne semble pas que ce soit un mot de "chez nous" (de Provence maritime). Je ne le trouve pas non plus mentionné dans Lou Tresor dou Felibrige de Frédéric Mistral.

Naturellement, le mot semble constitué de COUNTA qui signifie conter, raconter (couta floureto, conter fleurettes ; n'en counta de bello, en conter de belles, etc.), et de BALET qui correspond a priori à ballet, danse figurée, ainsi qu'à tapage, désordre. BALET est aussi une variante de la forme BELET qui, comme adjectif, signifie assez beau, grand, et comme substantif, désigne dans le Var divers oiseaux (bouvreuil, martin-pêcheur) et, dans le Limousin ou l'Auergne, l'aïeul ou l'aïeule.

Mais je ne vois pas le rapport entre les divers sens possibles des deux parties du mot COUNTABALET.

Désolé de ne pas pouvoir vous aider davantage. Mais, peut-être, si vous m'indiquiez dans quel contexte ce mot a été utilisé, pourrions-nous essayer de mieux l'expliquer.

Cordialement,

JCA


 

7 juin 2004 : Lexique provençal
 
C.
Cher ami,

Je suis le beau-frère de GM, et j'ai été très heureux de faire votre connaissance le mois dernier à Laragne.

Comme nous avions discuté à propos de quelques termes savoureux de notre langage marseillais ou provençal, je me permets de vous donner ci-dessous la référence d'un lexique d'environ 1500 termes provençaux et de "mots d'ici", que j'ai constitué dans le cadre du site internet consacré aux ouvrages de mon père sur l'histoire de La Seyne sur Mer :

http://jcautran.free.fr

Le lexique est accessible par le lien direct suivant :

http://jcautran.free.fr/provencal/lexique_provencal.html

Cordialement, et au plaisir de vous rencontrer une prochaine fois.

JCA

R.

Ici La Ciotat, nous avons bien reçu le lexique provençal.

Merci beaucoup et à bientôt au bord de la mer.

Amitiés

MM


 

4 juin 2004 : Razeire ou raseire
 
Q.
Monsieur,
1°) Le site est passionnant .
2°) Connaissez-vous la signification du terme " razeire " ou "raseire" (nom de lieu, féminin) ?
Merci et cordialement.

BP

R.

Bonjour,

Merci pour votre aimable message.

Malheureusement, je ne connais pas le terme "razeire" ou "raseire". Il ne figure pas dans Lou Tresor dóu Felibrige, de Frédéric Mistral, qui est ma principale "bible". Les termes les plus approchants que j'y trouve sont :

Rasèro, rasiero : conduite d'eau, ou encore charrue à butter le maïs
Rasouiro : racloir, outil pour aplanir
Rasès ou Razès : ancien pays du Haut Languedoc qui avait pour chef-lieu Limoux

Mais je crains qu'il n'y ait aucun rapport avec le sens du nom de lieu que vous recherchez.

Désolé, mais je ne trouve rien de plus.

Cordialement,

JCA


 

1er juin 2004 : Cebette et renardive

Q.

Bonjour,

J'ai trouvé votre site en faisant une recherche sur la cebette et la renardive.

Ce dernier mot ne se trouve pas dans votre lexique. Pouvez vous me dire s'il est bien provençal et si oui me donne sa définition précise ? ou éventuellement son origine si vous la connaissez.

Selon mon voisin qui me l'a appris, il s'agit d'oignon germés que l'on met en terre et qui donnent de petits oignons minces, allongés, assez peu renflés à la base (2 à 5 ou 6 par oignon germé). Ce sont ces germes grandi qui me semble être appelé renardive.

Merci d'avance pour votre aide.

Cordialement.

MM

R.

Bonjour,

Je vais essayer d'apporter quelques précisions à votre question sur cebette et renardive.

Cebette est un terme francisé qui paraît dériver directement du provençal cebeto, petit oignon, oignon que l'on cueille jeune pour être mangé cru en accompagnement de haricots secs, de pois-chiches, ou à la "croque-sel".

Renardive ne me semble pas être un terme qui s'emploie dans le Var, mais une recherche dans Lou tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral m'a conduit à l'adjectif renadiéu, qui donne renadivo au féminin, et qui signifie tardif, remontant, qui repousse dans l'arrière-saison. Un blad renadiéu est un blé égrené par le vent et qui germe dans les chaumes. Une cebo renadivo est un oignon remonté, ce qui semble correspondre assez bien à l'idée de l'oignon germé que l'on remet en terre, qui vous a été donnée.

Dans le Var, nous avons aussi le terme grenadive (ou retardive) qui correspond à des pommes de terre de fin de saison, que l'on peut encore récolter comme pommes de terre nouvelles en début d'hiver.

Cordialement,

JCA


 

27 mars 2004 : Batti lou batéou

Q.

Ci-joint un fichier avec mon point de vue sur le jeu de "batti lou batéou".

Amitiés

MH

A propos du jeu de « batti lou batéou » décrit par Serge MALCOR le point de vue de Michel HAVARD (arrière petit-fils de Louis BURGARD) sur la pratique de ce jeu.

C'est un jeu d'équipe qui met en valeur le fait de créer des équipes avec pour chacune un chef.

Ce jeu montre la maturité des enfants qui étaient capables de constituer deux équipes dont les forces étaient à peu près équivalentes formées de 4 à 6 enfants éventuellement plus.

La première équipe constituait une chaîne. Le premier enfant se tenait droit face à l'adversaire avec son dos contre un appui solide en général un mur, il mettait ses mains avec les doigts entrecroisés contre son ventre pour soutenir la tête du second enfant qui se courbait et se tenait fermement aux hanches du premier. Son rôle était de protéger le second enfant en servant d'amortisseur.

Le troisième enfant passait sa tête entre les jambes de second, en se tenant fermement à ses cuisses, et ainsi de suite pour former un bon alignement de la chaîne sur les conseils du premier enfant.

La deuxième équipe se regroupait à une douzaine de mètres et préparait les sauts après avoir défini une stratégie selon la taille et le poids de chacun et la position des enfants de l'autre équipe dans la chaîne.

Le premier à s'élancer se mettait à courir en criant de toutes ses forces de façon rythmée « bati lou batéou ».

A début de la course il criait « batiii louuu .. ». Lorsqu'il prenait appuis sur le dos du dernier enfant de l'équipe adverse pour sauter comme à saute-mouton il en était à « …baaa… » et lorsqu'il retombait le plus loin possible, avec le plus de force possible il finissait son crie par « … téou »

Au rythme de « bati lou batéou » les enfants de la première équipe se concentraient pour reprendre le choc.

Quelquefois, du premier coup un des enfants de la première équipe s'effondrait et le jeu était terminé par une défaite de la première équipe.

Lorsque tous les enfants avaient pu sauter, et que la première équipe résistait alors les enfants de la deuxième équipe essayaient en se tortillant à gauche et à droite de faire fléchir les enfants de la première équipe.

De même les enfants de la première équipe faisaient tous les mouvements possibles pour faire basculer et désarçonner les enfants de la deuxième équipe.

Si la première équipe résistait elle avait gagné, sinon elle avait perdu, et les perdants refaisaient la chaîne, tandis que les gagnants recommençaient le saut à moins qu'il était prévu de sauter de façon alternative et on comptait les points à la fin.

Comme c'était un jeu considéré comme assez violent, le jeu était arrêté en général après premier saut par l'instituteur qui surveillait avec une grande attention les enfants. Il faut dire que les cris de joie des enfants ne passaient pas inaperçus.

Quelques commentaires personnels :

J'ai gardé un excellent souvenir de ce jeu qui par sa simplicité mettait en valeur la notion d'équipe, de groupe de rythme et une certaine organisation naturelle faite exclusivement par des enfants. Il faut dire que comme j'étais mince et très agile, j'ai eu de nombreuses fois la possibilité de sauter le premier, et quelque fois suivant le nombre, et l'élan j'allais atterrir dans les bras du premier enfant adossé au mur qui sur le coup en voulant protéger avec ses mains ne tenait plus la tête du premier enfant qui s'écroulait.

J'ai aussi un bon souvenir d'avoir été dans la chaîne, qui était très bien organisée pour résister, il fallait avoir les pieds suffisamment écartés, avoir la tête bien calée entre les jambes et tenir fermement avec ses bras les cuisses de l'enfant qui précédait.

Il fallait de fait avoir de fait des tailles équivalentes.

Que de bons souvenirs dans la cour de l'école François DURAND !

Et le jeu pratiqué exclusivement aux mois de juin et juillet avec les noyaux de cerises toutes colorées qui fallait faire rentrer dans des trous de différentes tailles percés dans un carton!

MH

R.

Bonjour Michel,

Merci pour ton message et ta description particulièrement vivante et détaillée du jeu de batti lou bateou. Cela complète et enrichit les renseignements fournis par Serge Malcor. J'essayerai de rédiger une synthèse de toutes ces informations pour le lexique provençal du site internet : http://jcautran.free.fr

(...)

Amitiés,

JCA


 

9 mars 2004 : Le quiquetaïré

C.

Bonjour F,

Définition du quiquétaïré : Homme excessivement porté sur le sexe, passionné pour les femmes, coureur de jupons invétéré, vert-galant, paillard, séducteur. (cf. pistachier).

Pour plus d'informations sur ce mot, et sur bien d'autres, voir à mon lexique provençal sur internet :

http://jcautran.free.fr/provencal/lexique_q.html

JCA

R.

Tu es un vrai génie !! Je garde le site sur mes préférés pour aller le consulter tranquillement plus tard. Il va sans dire que j'ai envoyé la définition à EL !!!!!!!

Merci

FM


 

17 février 2004 - 1er mars 2011 : A propos de Molinari

Q1.

Cher monsieur,

Je suis tombé sur votre excellent site en "allant chercher Molinari ", mais ne disait-on pas Moulinari ?

Est-il exact, car on le raconte sur le port de Sanary, qu'il était ingénieur à l'arsenal et qu'il aurait apporté une aide précieuse pour la mise en place de la Grue à bateaux de la société nautique ?

La dernière fois que je l'ai entendu citer, c'était il y a quelques années à Orly. J'attendais depuis un moment avec les passagers d'un avion d'Air-Lib, il était minuit et visiblement il y avait un problème.

Nous étions entassés devant la porte donnant accès à l'avion et la charmante hôtesse tentait de calmer les esprits qui s'échauffaient... quand soudain, j'entendis crier "et alors, il va falloir aller chercher Molinari" je compris qu'il y avait des varois dans l'avion.

Mes amitiés à Serge Malcor du Jonquet Kayac club et encore bravo pour le site que je vais mettre dans mes favoris

Cordialement

GL (http://monsite.wanadoo.fr/Scaphandriers)

R1.

Bonjour,

Merci pour votre message.

Au sujet de ce Molinari (il est exact qu'on a écrit aussi Moulinari), il s'est dit et écrit tellement de choses que je ne sais pas si on peut se faire une opinion exacte car plusieurs villes ou ports (Marseille, Sanary, La Seyne,...) se le sont approprié. Sincèrement, je ne sais pas qui détient la vérité.

Vous avez dû trouver que j'avais retenu dans mon lexique l'explication suivante :

« Molinari était, semble-t-il, un habitant de La Ciotat d'origine italienne (fin XVIIIe - début XIXe siècle), et spécialiste fort astucieux du renflouement des bateaux. Sa réputation s'étendait de Marseille à Toulon et on allait le chercher (va cerca Molinàri ! ; en attendant Molinàri, etc.) chaque fois qu'on n'arrivait pas à renflouer un bateau soi-même ou plus généralement face à des situations délicates. Mais, la popularité de ce Molinàri était telle que plusieurs villes, d'Avignon à Marseille ou à Toulon, ont revendiqué sa paternité...».

Mon ami Serge Malcor m'écrivait récemment son opinion sur Molinari :

« Au sujet de Molinari, une émission de radio locale où Léon Orlandi fait une émission sur les mots et les expressions d'ici a dernièrement parler de Molinari comme d'un renfloueur habile qui avait fait sa notoriété de Nice à Toulon et qui aurait pris sa retraite à La Ciotat. Il était d'origine italienne, de Gênes il me semble. Les marseillais auraient fait appel à lui pour désobstruer l'entrée de port où un navire avait coulé. Il semblerait que ce dernier soit la fameuse Sardine... »

Mais, si l'on cherche dans Le Parler Marseillais de Robert Bouvier, on trouve :

Molinàri : « Patronyme d'un Marseillais fort astucieux qui, milieu du siècle dernier, trouva la formule idéale pour aider à l'accession du gros bourdon dans la basilique de Notre- Dame-de-la-Garde. Son nom est resté synonyme de débrouillard ; on le retrouve encore aujourd'hui dans l'expression : aller chercher Molinàri, quand on se trouve devant une difficulté insurmontable: « Si vous y arrivez pas, vous aurez qu'à aller chercher Molinàri ». En fait, l'expression ne s'emploie plus guère que par ironie. Molinàri n'étant plus de ce monde, on peut supposer qu'il sera impossible de venir à bout de l'obstacle en question. C'est un euphémisme pour : laisser tomber. Divers quartiers de Marseille revendiquent la paternité de ce Molinàri dont la popularité, dépassant les frontières de la ville, le fait naître un peu partout en Provence, d'Avignon à La Ciotat ».

Dans l'Anthologie des expressions en Provence (de Jean-Claude Bouvier et Claude Martel), le personnage est considéré comme hypothétique :

On va chercher Moulinari : « Les colonies italiennes qui se sont installées en Provence à l'époque moderne, surtout à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, ont apporté avec elles leur culture et leur langue. En s'assimilant peu à peu aux communautés autochtones, elles ont introduit dans les parlers provençaux un certain nombre d'éléments linguistiques, lexicaux surtout, qui n'ont pas à être examinés ici ; mais peu de locutions, semble-t-il, en sont résultées. Peut-être est-ce un nom de famille italienne qui est visé dans l'expression bien connue à Marseille : On va chercher Moulinari, qui se dit à propos de quelqu'un qui est lent, ou qui refuse de bouger. Il est possible qu'il s'agisse d'un Molinari, provençalisé en Moulinari, mais nous ne savons rien sur ce personnage hypothétique. On nous a simplement dit qu'il avait dû être marchand de coquillages. Et il se peut que Moulinari soit un avatar du provençal mouligas, moulias, moulinas « mollasson », qui est très péjoratif et qui aurait pu accentuer ce, caractère en prenant une consonance italienne ».

A La Seyne, la situation est d'autant plus controversée qu'il y a eu un François Molinari (1894-1959), excellent manœuvrier du célèbre ponton Atlas, qui a pu contribuer localement à la propagation de l'expression anèn cerca Molinari, sans parler aussi de M. Aimé Molinari, qui a été très longtemps Chef des services techniques de la Ville, et a qui on faisait aussi appel fréquemment pour résoudre bien des problèmes délicats...

Voilà tout ce que je peux vous répondre. Affaire à suivre. Peut-être que des historiens locaux arriveront un jour à nous dégager une explication reposant sur davantage de certitudes ou d'impartialité.

Cordialement,

JCA

Q2.

Bonjour,

Je tiens peut être l'origine de ce Molinari qui aurait aidé à la mise en place de la grue de la société Nautique de Sanary. Evènement récent qui ne peut donc être relié au célèbre Moulinari dont il est fait état bien souvent. Il s'agirait peut être de ce monsieur Molinari, chef des services techniques. Pour mon compte, je pense que "aller chercher Moulinari" ne s'adresse pas seulement lorsqu'il y a des mouligas ou moulinas. Je l'ai souvent entendu dire au milieu d'un effort de plusieurs, pour relancer le courage.

Je ne suis pas provençal d'origine, mais certainement méditérannéen par des grands ancêtres venitiens, ce qui explique mon attachement à ce qui était la plus belle province, il y a encore 50 ans... et donc je ne suis jamais d'accord sur cette manière nordiste de brocarder les provençaux en les citant comme peu ardents au travail (blagues imbéciles de Marius et Olive par exemple !) En fait je me suis facilement adapté quand j'ai découvert que l'on pouvait obtenir ici des résultats bien meilleurs, en réfléchissant plus et mieux, que dans ces régions septentrionales où seule la force imbécile est la clé de tout les problèmes.

Merci pour ce contact que je conserve.

@micalement

GL

Q3. (22 février 2010)

Jean André Molinari est arrivé à l'âge de 16 ans à La Ciotat. Il est né en Italie en 1752, mort à La Ciotat en 1833... (archives musée de La Ciotat).

CG

R3.

Bonjour,

Merci beaucoup. Je rajoute toutes ces précisions dans mon site.

En recherchant sur internet sur les tables décennales de l'état-civil de La Ciotat, j'ai en effet retrouvé un décès de Jean André Molinary, époux de Marie Delphine Pellegrin, le 1er octobre 1833 à La Ciotat.

Mais je n'ai malheureusement pas pu accéder à l'acte de décès, les décès entre 1825 et 1848 ne semblant pas être disponibles en ligne.

Cordialement.

Jean-Claude Autran

Q4.

Jean André Molinari, né en 1752 à San Remo (Etat de Gênes), mort le 1er octobre 1833 à LA CIOTAT... Il était venu à LA CIOTAT à l'âge de 16 ans. Une succession d'exploits s'effaçaient des mémoires son nom proverbial entrait dans l'expression populaire... Il a vécu puis et mort à LA CIOTAT. (surtout pas à Avignon, La Seyne...).

Cordialement.

CG (ciotaden d'origine)

R4.

Bonsoir,

Merci encore pour votre message et vos précisions sur Molinari. Il n'y a pas de doute, en ce qui me concerne, que le célèbre Molinari de l'expression « anèn cerca Molinari » est bien celui que vous citez (Jean André Molinari : 1752, San Remo - 1er octobre 1833, La Ciotat).

Mais il y a encore des habitants d'autres villes qui restent persuadés qu'ils détiennent, eux, le vrai Molinari. Et la situation à La Seyne est d'autant plus controversée qu'il y a eu un François Molinari (1894-1959), excellent manœuvrier du célèbre ponton Atlas, qui a pu contribuer localement à la propagation de l'expression anèn cerca Molinari, sans parler aussi de M. Aimé Molinari, qui a été très longtemps Chef des services techniques de la Ville, et a qui on faisait aussi appel fréquemment pour résoudre bien des problèmes délicats...

Cordialement,

Jean-Claude Autran

R5. (1er mars 2011) (à BA)

Bonsoir Bernard,

(...) Concernant les Molinàri, j’ai pu retrouver l’acte de naissance de François Paul Molinari en 1894 à La Seyne (fils de Benoît Joseph Molinari, né à Toulon, mécanicien, et de Louise Marie Raynouard, domiciliée aux Mouissèques). Mais je n’ai pu encore établir aucune parenté avec l’ancien Chef de Travaux de la mairie de La Seyne, Aimé Molinàri (1903-1977), qui était lui-même petit-fils d’un mécanicien de l’Arsenal, Louis François Paul Molinari, né en 1869 en Italie. Je confirme que plusieurs villes du Sud-Est ont leur propre “Molinàri” et que plusieurs familles sont chacune persuadées de descendre du “vrai” Molinàri, celui à l’origine de l’expression “anèn cerca Molinàri”.

Personnellement, en ce qui concerne l’origine de cette expression, je resterais plutôt attaché à l’hypothèse de Jean André Molinàri (1752, San Remo - 1er octobre 1833, La Ciotat), qui, le premier, aurait été à l’origine d’exploits dans le renflouement de bateaux et la résolution de situations délicates. Bien sûr, il y a pu y avoir d’autres Molinàri (il y en a plus de 50 dans le Var qui portent actuellement ce patronyme), mécaniciens ou grutiers, mais c’était plus de 100 ans après le Jean André Molinàri de La Ciotat. Voir dans le forum de mon site à :

http://jcautran.free.fr/archives_familiales/forum/lexique_provencal.html#14

Amitiés,

Jean-Claude Autran


R6.
Voir la suite de la discussion sur ce sujet (notamment le rôle, à La Seyne, de François Molinari, 1894-1959, excellent manœuvrier du célèbre ponton Atlas) dans la section "Personnalités locales" de notre forum à l'adresse :
http://jcautran.free.fr/archives_familiales/forum/personnalites_locales.html#43

Jean-Claude Autran


 

12 janvier 2004 - 16 juin 2012 : Paroles de la Pastorale Maurel

Q1.

Cher monsieur,

Je recherche les paroles en provençale de la pastorale Maurel. Seriez-vous sur quel site je pourrais les trouver ?

En vous remerciant par avance.

MG

R1.

Bonjour,

La Pastorale Maurel est publiée sous la forme d'un ouvrage assez épais (150 ou 200 pages). Je n'en ai pas d'exemplaire sous la main, mais je crois que mon père en a un à La Seyne.

Je dois me rendre à La Seyne vers le 20 janvier. Je vous communiquerai la référence du livre qui doit certainement se trouver encore en librairie. Je pourrai vous scanner quelques pages (ou si vous souhaitez voir un passage particulier, dites le moi), mais le document est trop épais pour que j'en fasse une copie complète.

A bientôt. Cordialement,

JCA

R2.

Bonjour,

Suite à mon dernier message, je vous communique ci-dessous les références de l'édition de La Pastorale Maurel, dont mon père possède un exemplaire.

La Pastorale d'Antoine Maurel - ou le Mystère de la Naissance de N.-S. Jésus-Christ : Drame en 5 actes, en vers provençaux et traduction française de Charles Galtier, Tacussel Editeur, 191 boulevard Baille 13005 Marseille, 1978, 217 pages.

Ce livre doit pouvoir être trouvé ou commandé facilement en librairie, ou sur des sites internet tels que :

http://www.livre-rare-book.com/Matieres/od/9327.html

ou

http://www.chapitre.com (taper à recherche : pastorale, puis affiner avec titre = pastorale et auteur = Maurel) : il y a 3 réponses de livres disponibles

Par contre, si de nombreux sites mentionnent des éditions de la Pastorale Maurel, ou sa représentation théâtrale, je n'ai pas trouvé de site internet qui en fournisse gratuitement le texte intégral. D'ailleurs, cela n'est probablement pas autorisé pour des questions de copyright ou de droit d'auteur.

Cordialement,

JCA

Q3. (28 mai 2012)

Bonjour Monsieur Autran,

En me promenant sur votre site (j'y vais régulièrement) j'ai lu la correspondance que vous avez échangée avec un internaute au sujet de la Pastorale Maurel (13-18 janvier 2004). J'ai trouvé un lien qui donne les paroles de cette pièce.  D'un côté en provençal, de l'autre une traduction assez fidèle.  Je vous le transmets, il fera sans doute le bonheur de la personne qui les recherchait :

http://loucaramentrant.free.fr/pastorale%20maurel/pdf/pastorale_maurel_provencal_francais.pdf

Au cas où le lien ne fonctionnerait pas, j'ai tout simplement tapé "Paroles pastorale Maurel" dans le champ d'entrée du moteur de  recherche. 

Je possède le livret avec le texte original et le CD qui contient les chants les plus connus. Donc, chaque Noël, je me retrouve un peu en Provence en chantant la Pastorale et en écoutant le CD. (Ma petite-fille de 4 ans connaît déjà la chanson de Pistachié lorsqu'il tombe dans le puits !).

(...) Belle et bonne journée,

PM

R3a. (à MG)

Bonjour,

Il y a plusieurs années, vous m’aviez demandé comment se procurer les paroles de la Pastorale de Maurel. A l’époque, il n’y avait aucun site internet qui les donnait.

Mais, récemment, une de mes correspondantes m’a fourni la référence suivante :

http://loucaramentrant.free.fr/pastorale%20maurel/pdf/pastorale_maurel_provencal_francais.pdf

où sont publiés simultanément le texte français et le texte provençal.

J’ai pensé que cela pourrait vous intéresser. Bien cordialement,

Jean-Claude Autran

R3b. (à PM)

Bonjour,

Pardon pour le retard considérable que j’ai mis pour répondre à votre dernier message.

J’ai beaucoup apprécié que vous et votre famille vous intéressiez à la pastorale Maurel et que vous m’ayez fourni cette référence du site internet en donnant le texte intégral en français et en provençal.

Je l’ai fait suivre à la correspondante qui les recherchait en 2004. Je n’ai pas eu de réponse de sa part, mais j’espère que cela l’a intéressée (à moins que - depuis 2004 - elle ait pu retrouver ces paroles par elle-même).

(...) Bien cordialement,

Jean-Claude Autran


 

28 décembre 2003 - 4 février 2004 : Additions au lexique provençal

C1.

Salut Claudet,

Hier il ne faisait pas très beau alors je me suis attelé à ton lexique. Je me suis régalé pendant tout l'après-midi à retrouver des termes qui s'enlisaient doucettement dans ma mémoire et à en découvrir de nouveaux.

Je me permet toutefois de te signaler quelques variantes dont tu feras l'usage que tu voudras !

Gobi de brailles : se disait du "zizi", à la plage ou à la pêche. C'était le seul poisson qui avait le droit de cracher de l'eau de temps à autres et qui restait à l'abri dans le maillot !

Monde : "Qu'es as aujourd'hui le monde ? Oh darnagas, vous mangez plus ou quoi ? S'écriaient ces bonnes femmes de pescaïre, au bas de la rue Marius Giran, quand la clientèle les délaissait.

J'ai aussi employé l'expression " Il est d'un autre monde" pour désigner un marginal ou un rêveur impénitent. Comme c'est un homonyme de l'expression "Il est de notre monde", il serait peut être intéressant de défricher le problème !

Le Morvellous est une sorte de pissacan, le bolet gluant, dont le mucus tache les mains et les doigts, quand on retire la cuticule du champignon.

Le Morvellois, par contre est une Volvaire (Famille proche des amanites) dont le pied blanc et surtout le chapeau grisâtre est recouvert d'une matière gluante (les vestiges de la volve ?). Il y en a un rodou près du sentier, entre la cheminée et la pierre de l'autel !

Manfatan : (ou Maufatan ?) Traduction approximative de "m'en fait tant" ou déformation de "Fait tant de mal" (Maufatan) ?

Tiens : Dans l'expression "je n'en tiens pas" signifie approximativement : je ne fais pas cet article. Dans l'expression "je ne le tiens pas", ça veut dire que je n'arrive pas à le garder en magasin (ou à la maison).

Taraillettes: Petites poteries destinées aux dînettes des petites-filles mais aussi à la décoration de l'oustaù.

Tintaine : Appareil destiné à accrocher les calmars et le "supis" grâce à leurs nombreux hameçons, à ses éclats métalliques et à un mouvement de haut en bas provoqué par le bras du pêcheur. Mais également, quand une personne est particulièrement agitée ou se retourne souvent dans son sommeil, on dit qu'elle fait tintaine.

(...) C'est tout pour aujourd'hui.

Amitiés.

Serge

C2.

Salut jeune homme,

En lisant ton lexique, j'y ai découvert quelques erreurs ou omissions et je me permets de te les communiquer.

Bati lou bateù : Quand je jouais à ce jeu, à Ernest Renan, derrière les cabinets ou derrière la classe de madame Superchi (vers l'entrée de la cantine), en évitant de se faire surprendre par les maîtres (Qui n'a pas eu, ou vu, la chevalière de Pépone décalquée sur la joue, Qui n'a pas eu droit aux pinçons torsadés de madame Merle, Qui n'a pas passé la récréation à genoux sur une branche de platane devant monsieur Melgazza, Qui n'a pas eu les doigts chauffés par les coups de règle de madame Superchi ?).

Il y avait deux équipes qui se formaient autour de deux chefs qui faisaient "les pieds" afin d'avoir le choix prioritaire.

Un équipier d'une équipe se positionnait dos au mur et joignait ses mains sur son ventre. Un second équipier y posait sa tête après s'être penché en avant et en se retenant de ses deux mains contre le mur. Un troisième individu plaçait sa tête du précédent, et ainsi de suite.

Quand la chaîne était constituée, la deuxième équipe envoyait un après l'autre ses garçons qui prenant appui sur le premier, à saute-mouton, se propulsaient sur les dos et essayaient de s'y maintenir.

Au bout de quelque temps, soit les assaillants, déséquilibrés tombaient à terre, soit c'était la chaîne qui s'effondrait sous le poids.

L'équipe qui perdait se mettait contre le mur alors que l'autre de venait l'assaillante.

Les trois quart du temps le jeu était interrompu par l'arrivée des maîtres et les plus agiles réussissaient parfois à éviter la correction.....

Le nom de bati lou bateù provenait du fait qui fallait faire couler le bateau ! Je pense !

Bois fumant : Nom donné au bois des "lianes" de clématite (Clematis vitalba) dont les nombreux canaux de sève une fois séchés formaient de merveilleuses cigarettes (ou cigares).

Nous fabriquions également des pipes avec les cannes de Provence (Arundo donnax) et on les remplissait avec des feuilles d'armoise séchées. C'était idéal pour vomir le repas de midi !

Ce n'est que plus tard quand on commença à avoir quelque argent de poche que l'on allait chez monsieur Henric, en face des Maristes, acheter les "Iglifs" (les Hight life), puis les "P.4".

Cacalouchou : Moi j'ai entendu très souvent ce terme pour désigner un poltron, un geignard, en parlant d'un enfant un peu timoré.

Canestèu : Pour moi c'est un chapeau de paille à large bord, un peu ridicule.

Castagne : Bataille rangée à coup de poings.

Châtaigne : Quand on se prend une décharge de courant électrique.

Cigale de mer : Ce n'est pas la galathée qui est un décapode possédant des pinces et qui vit dans les roches. La cigale est un décapode sans pinces (comme la langouste) dont la paire d'antennes s'est transformée en deux excroissances larges qui lui donnent la physionomie d'une cigale. Il existe la grande Cigale de mer qui peut atteindre les neuf cents grammes (j'en ai capturé une bonne demi-douzaine sur le tombant des Deux Frères), et le Cigalon qui atteint péniblement les dix centimètres et qui se complaît dans les herbiers de posidonies. C'est lui qui est très estimé pour décorer la bouillabaisse.

Croustignous : Fromage fermenté préparé dans un bocal avec tout les restes des fromages auquel on ajoute un petit verre d'aigo ardent ( pour éviter aux vers de devoir se développer). On rajoute les restes de fromage au fur et à mesure puis on laisse reposer le mélange une bonne demi-douzaine d'années en remuant de temps à autre pour bien mélanger les ingrédients. (Si tu veux en goûter, j'en ai deux bocaux à ta disposition !).

Djèdji : Moi j'ai toujours entendu Djèdjè !

Escargot de mer : L'escargot de mer possède une coquille analogue à celle de ses cousins terrestres. (J'en possède quelques exemplaires.) La limace est le Nudibranche (Branchies nues).

Estubade : Quand on s'essouffle et qu'on a du mal à retrouver un rythme respiratoire quelconque.

Gabian : Exclusivement le goéland. La mouette se nomme la gabianello. Elle a tendance à remplacer petit à petit le gabian, depuis qu'on a fermé leur cantine préférée : L'émissaire.

Liche : Cette espèce de poissons n'a rien à voir avec les requins ! C'est un scombridé de la sous famille des carangues. Poisson plus proche du thon et du maquereau. (j'ai eu l'occasion d'en harponner deux et je peux te certifier que j'ai fait du ski nautique sous marin derrière ces monstres) !

Voilà pour aujourd'hui, en espérant une bonne réception.

Amicalement.

Serge

C3.

Salut Claudet,

Je viens encore t'importuner avec nos "divergences".

Je viens juste d'ouvrir mon courrier électronique et je suis tombé sur ton dernier message.

1°) OK pour "Fraise", il devait nous faire les maths mais nous n'avions commencé la Physique et Chimie qu'en quatrième. D'ailleurs il n'y a aucune note dans l'emplacement réservé à ces matières.

Personnellement j'avais eu ton père en maths (et en histoire et géographie ?) en 6°, Faber en Anglais et Turquay en Français.

2°) Tu as certainement plus raison que moi pour le pinsot (surtout si le pin sylvestre ne pousse qu'à partir de 800 mètres), toutefois il y a très peu de pins maritimes, non plus dans ce coin (serait-ce une embuscade des chenilles processionnaires, qui les affectionnent particulièrement ?). Les pins les plus fréquents dans la zone qui jouxte la source, du côté du Brusc, doivent être des pins d'Alep mais mes connaissances botaniques sont très rudimentaires. Celui qui a donné son nom à la source était peut être un pin maritime. Est-il mort de vieillesse ou par la voracité des chenilles ? Nous ne le saurons probablement jamais.

3°) Quicon est un des nombreux quartiers de Six-Fours qui présentait la particularité de ne posséder qu'une seule habitation : L'actuel restaurant situé sur la route de la Bonne Mère, quand on part des roches blanches. Actuellement quelques cabanons (plus ou moins licites) ont fleuri dans le vallon de Roumagnan, en contrebas du Quicon. Je suppose que ce vocable provient de sa position sur un des chemins de pèlerinage, puisque les gens du Brusc avaient l'habitude de gravir la pente par le rayoulet de Roumagnan, et de rejoindre les Six-Fournais et les Seynois au niveau du transformateur, bien au-delà de l'aire des mascs, juste sous la chapelle. De ce fait, les pèlerins considéraient peut-être cette bâtisse comme le dernier endroit où ils étaient susceptibles de trouver couquaren (quicon) à se mettre sous la dent.

Je n'ai par contre aucun renseignement sur le chemin de Quiguon dont tu fais mention.

4°) Les santibellis étaient des petits saints en plâtre que vendaient des colporteurs Napolitains et qui n'avaient qu'un caractère (et une utilisation) religieux. Ils n'ont aucun rapport avec les santons (en argile) qui eux sont des spécifités de la crèche provençale.

D'ailleurs Santibelli veut dire "beaux saints" (vocable que criaient les colporteurs pour vendre leurs figurines de plâtre) alors que Santons provient "santiboni" contracté en Santoni en italien, Santouns en Provençal, Santorum en latin. Ils ne représentent pas la crèche stéréotypée des églises (pas d'ici) mais tout le petit peuple du Midi qui se trouve assimilé aux "bons saints".

Je m'attelle à toutes les traditions de Noël depuis quelques mois et c'est loin d'être triste !

Mon lexique n'est volontairement pas exhaustif car il est réalisé uniquement pour expliquer aux "estrangers pas d'ici" les termes que j'utilise, afin qu'ils se servent le plus tard possible de mes pages d'écriture à des fins scatologiques...

Effectivement Agachon a diverses autres variantes qui selon les marins peuvent signifier la hune de la vigie, selon les soldats l'échauguette, selon les cassaïres la cabane, le poste à grives, selon les chasseurs sous-marins un type de chasse à l'affût pour attirer les gros poissons chasseurs (liches, dentis, loups,etc...), selon les gens un simple guichet dans lequel un employé semble épier les faits et gestes, selon les bûcherons un arbre réservé dans un taillis pour qu'il puisse prendre de l'amplitude, selon les maçons une grande perche utilisée comme support vertical dans les échafaudages. Etre à l'agachon signifie également être aux aguets, en embuscade..... Dans tous les cas l'idée dominante reste le lieu d'où l'on guette.

Voila pour aujourd'hui !

Ne crois surtout pas que je veuille rivaliser. Tes renseignements me sont précieux et je me réjouis à l'avance de ta collaboration. J'espère que mes remarques trouveront également une utilité dans tes travaux, même si parfois elles sont peut-être dites avec une conviction exacerbée par mon caractère méditerranéen.

Bon cul d'An !

SM

R3.

(...) J'ai lu avec attention tous tes commentaires sur les termes de mon lexique provençal et des « mots d'ici » et je te remercie pour tout cela et le temps que tu y a passé.

Tu as en effet relevé quelques erreurs que je vais corriger. Tu as apporté aussi de nombreux compléments de définition ou d'explication que je vais également rajouter, et je me propose de citer ton nom en début de lexique (comme j'avais cité celui de René Merle) parmi les personnes qui ont contribué à compléter ou affiner les définitions, les explications ou les étymologies.

Mais, pour ne pas faire perdre au lexique son caractère un peu personnel ou familial, je ne pense rajouter que les mots ou explications qui étaient utilisées dans ma famille et dont j'ai gardé un souvenir quelquefois précis, quelquefois lointain, ou dont le souvenir me revient après que quelqu'un comme toi m'en ait parlé. A l'inverse, je n'envisage pas d'introduire des termes ou des définitions totalement nouvelles (qui n'étaient pas utilisées chez moi, ou alors dont je ne me souviens absolument plus). Je ne puiserai donc pas dans le lexique que tu as constitué en complément de tes textes, dès lors qu'il s'agit de mots « nouveaux » pour moi ou ma famille (exemples : bédigue, esmougudo, magou, pousaire, ragues, roubine, etc.). Je crois qu'il est bon que les différents lexiques soient complémentaires, chacun gardant la spécificité de la « palette » de termes utilisés dans sa propre famille ou son environnement d'amis.

Tu trouveras ci-dessous quelques commentaires sur tes commentaires, ou des justifications sur les définitions que j'ai cru bon de donner (tout ne sera pas parfait pour autant, mais, c'est grâce à ces dialogues et des aller-retours de commentaires que l'on progresse peu à peu).

- jeu de batti lou batèu : tu as entièrement raison, j'avais confondu avec un autre jeu (les semelles) dont mon père parlait. L'erreur a été rectifiée. Mais je pense qu'il y a une grande analogie entre batti lou batèu et l'ancien jeu de sèbe (que je mentionnais à la lettre S) dit aussi autrefois le jeu du cheval fondu. Sèbe a une étymologie arabe, et n'a rien à voir avec la cèbe. D'autre part, je crois que l'orthographe provençale est bien : batti (je bats, indicatif présent du verbe provençal battre, même orthographe que le français) lou batèu (en non bateù).

- bois fumant : j'ignorais l'histoire des lianes de clématite, mais tu as forcément raison ; je ne me souviens que des tiges desséchées d'asphodèle que des gamins devait aller chercher sur certains versants de collines (pas moi car je ne sortais jamais, c'était plutôt les Fouraignan et compagnie), mais je ne sais plus s'ils les prenaient dans les pentes de Janas qui avaient autrefois brûlé, ou si c'était sur les collines calcaires, Baou de 4 Ouro, Croupatier, où il y en a beaucoup. Mais je me rappelle quand même des P4 chez Henric.

- canestèu : j'ignorais la désignation de chapeau de paille (il n'y a rien de tel dans Lou Trésor dou Félibrige de Frédéric Mistral ), mais n'y a-t-il pas analogie avec le chapeau canotier (dont je ne connais pas l'appellation provençale, mais ça ne doit pas être exactement canestèu).

- castagne : Je vais rappeler la référence à un coup (de poing) et une bagarre (ça va castagner !), mais brièvement, car c'est de l'argot français qui n'est pas spécifiquement local. (En principe je ne cite pas les termes qui se trouvent déjà dans les dictionnaires de français ou d'argot français).

- cigale de mer : il y avait bien confusion de ma part avec galathée (vieux souvenir erroné d'un cours de zoologie d'Agro). J'adopte donc ta définition. Mais le grand Larousse assimile aussi la cigale de mer au genre Scyllare des crustacés décapodes.

- djèdji : Il est vrai qu'on disait plutôt djèdjè et j'ai corrigé. (djèdji doit être plutôt employé vers Marseille). Par contre, je voudrais bien confirmer un jour le sens de « djèdjè de coque » ou « djèdjè de coco ?? » que ma mère utilisait souvent pour un homme efféminé que l'on soupçonnait de « donner chez Tonton ». Mais je n'en ai jamais trouvé confirmation, et même à René Merle ça ne lui dit rien. Et toi, te rappelles-tu d'un emploi de « djèdjè de coque » pour désigner un pédé ?

- escargot de mer : ce que je me représente bien pour en avoir en collection c'est la Natica millepunctata, qu'on appelait dans ma famille « limace de mer », mais elle a bien une coquille (comme on désignait souvent limaces certains genres d'escargots terrestres - les limaces vraies étant alors les « limaces sans coquilles »). Il faudra qu'on en reparle car je ne sais plus à quoi ressemble ce que tu appelles Nudibranche. En attendant, j'ai retiré le terme trop ambigu d'escargot de mer pour ne laisser que celui de limace de mer.

- liche : évidemment, tu sais mieux que moi de quoi il s'agit puisque je n'ai jamais plongé et que ma connaissance du sujet n'est que livresque. Je m'étais référé d'une part à un vieux fascicule de la faune de France qui, pour liche, renvoyait au « genre Scymnus (Scymnus lichia), voisin du requin ». D'autre part, à un site du Centre d'Etudes et de Recherches Ethnologiques qui fournit les noms latin, commun et vernaculaire des poissons pêchés sur les côtes varoises. Au cas où tu ne connaîtrait pas ce site, voici son adresse :

http://cerev.online.fr/tableaupoissons.htm

Pour eux, la liche, c'est Trachynotus glaucus (je ne sais pas à quelle classe de poissons ça correspond).

Je m'étais donc permis de proposer pour liche : « Nom de divers poissons de mer de grande taille, etc. ». Mais comme ces faunes ou ces listes sont probablement faites par des généralistes ou des théoriciens qui ne connaissent pas forcément les côtes seynoises, je me fie donc entièrement à toi si tu penses que ce que nos pêcheurs ou plongeurs appellent la liche, c'est un « scombridé des la sous-famille des carangues ».

Voilà pour aujourd'hui.

La suite des commentaires d'ici 24 ou 48 heures.

Amitiés,

JCA

C4.

(...) Je te remercie de ton mail et de la mention de mon nom, au côté de celui de René Merle, bien que je ne pense pas oeuvrer dans la même catégorie, dans l'introduction de ton lexique.

Bien que ton but consiste à retracer les mots d'ici employés dans ta famille, comme le mien est entièrement dépendant de mon ouvrage sur le cap Sicié, je continuerai à t'envoyer mes remarques, dont le seul mérite étant d'approfondir ou de moduler nos propos.

Je me souviens que quand nous étions petits, les Chichi-frègit les plus réputés de la Seyne se vendaient sur la place Baptistin Paul (actuellement place Perrin), à la boulangerie Ruopolo (ou Ropolo). Je n'ai qu'une idée très floue du marchand que tu cite en bas du marché. Il me semble qu'il était à peu prés devant la chemiserie de Laïk.

Par contre, en face, il y avait madame Roy et sa carriole de cade, devant le casino, et madame Bonfanti entre le bar-tabac et la poissonnerie Coureit qui nous alimentait en bonbons, chewing-gum et surtout en "dinky-toys" et en petits soldats en alu.

Tu avais un peu raison avec ta liche (Scymnus lichia ou requin liche) qu'on peut rencontrer en Méditerranée. Squale à cinq fentes branchiales, dépourvu de nageoire anale et sans aiguillon devant les nageoires dorsales. Je n'en ai jamais rencontré !

Les véritables liches, de la famille des Carangides, sont des proches parents des petits chinchards, du poisson pilote (Naucrates ductor), du tassergal et des carangues. la taille est de 1 m pour Lichia Amia et de 30 à 70 cm pour L. Vadigo et L. glauca.

Je ne me souviens pas vraiment de l'expression "Djédjé de coque" et je ne l'ai jamais utilisé toutefois un soir de veillée d'été, à la route devant le garage, un voisin avait dit qu'il avait vu un couple de "coqs djédjé" sur le port de la Seyne. Je n'avais pas compris sur le coup. Ne serait-ce pas plutôt "djédjé de Coq" ?

La petite Cigale ou Cigalon est Scyllarus arctus quand à la grande cigale c'est Scyllarides lactus qui peut atteindre la taille de 45 cm.

Je ne pense pas que "Canestèu" puisse désigner une variété de chapeau. A mon avis ça désigne toute chose susceptible de protéger du cagnard l'estèu.

Pour les escargots et les nudibranches, j'attends ton prochain passage car il y a aussi le lièvre de mer qui est une variété de limace de taille conséquente (jusqu'à 30 cm). Je ne croit pas en posséder de diapos.

Tu dis que le Gros Vallat du pont de Fabre vient se déverser dans le nord du quai Gabriel péri, mais alors c'est lequel qui traverse les "chantous" au niveau des grandes cales. Il semble trop important pour ne rejeter que les effluents du vallon de Saint Antoine....?

Voilà pour aujourd'hui.

Adessias !

SM

R4.

(...) Nouvelle suite à nos échanges de commentaires sur le lexique des mots d'ici.

La liche : merci pour tes nouvelles précisions et les noms latins des principales espèces.

Gabian - gabianello : J'ai suivi ta distinction. Mais je ne suis pas entré dans les mots savants car le genre Larus, dans la Faune de France semble couvrir 7 ou 8 espèces de mouettes ou goélands, tandis que Lou Trésor dou Felibrige utilise gabian à la fois pour les goélands (dont le grand gabian, Procellaria puffinus, ou Puffinus cinereus ? qui sont des pétrels) et les mouettes, tout en distinguant bien cependant la gabianolo, ou mouette rieuse (Larus ridibundus).

Djèdjè de coq : Je crois que nous progressons. Je suis certain que ma mère utilisait l'expression à propos de pédés, mais je ne l'ai jamais vu écrite. A l'oreille, il me semblait que c'était coque, mais ton histoire de coqs djèdjè pourrait être une bonne explication. En provençal, on utilise quelquefois coq (gau) pour garçon. Exemple : « Gardas vosti poulo, ai larga mi gau » (c'est aux parents à veiller sur leurs filles, mes garçons vont en quête). Il est possible que dans les basse-cours, il y ait des coqs qui aient entre eux des comportements anormaux et que l'on ait jugés désaxés, et donc fadas ou djèdjès. D'où pourrait en effet venir une expression couple de coqs djèdjès, puis djèdjè de coq ?? Affaire à suivre.

Où se vendaient les chichis fregits : Je me souviens de Madame Roppolo, mais je ne me souviens plus très bien de leur boulangerie, place Baptistin Paul (je vais demander à mon père qui doit s'en souvenir). Dans son chapitre Place du Marché de son Tome III, mon père a en effet écrit :

Des générations de seynois n'ont pas oublié la belle mine réjouie de Madame Roppolo, la marchande de beignets qui coupait avec de grands ciseaux des longueurs variables du chichi fregit enroulé en spirale, à la demande des clients.

Son emplacement était celui occupé par Madame et Monsieur Gy, les sympathiques marchands de journaux.

À l'opposé, Madame Roy avec sa petite roulotte à étagères parallèles proposait la bonne cade toute chaude étalée sur d'immenses plateaux circulaires.

Et plus loin :

- Pourquoi donc, disaient-ils à Madame Roppolo, appelez-vous les beignets des " chichi fregit " ?

Alors la marchande expliquait non sans ironiser :

- Que vous ne sachiez pas ce que veut dire " fregit ", je vous le pardonne. En provençal, ça veut dire frit.

- Mais le chichi ! Ça alors ! Les bras m'en tombent !

En hoquetant Madame Roppolo interpellait Gina sa voisine de marché.

- Dis Gina ! Viens expliquer à la dame, ce que c'est le chichi ?

- Pourtant avec la forme que vous donnez au morceau, elle pourrait comprendre.

Pour ce qui concerne le Gros Vallat, réflexion faite, j'ai quelques doutes.

D'une part, il y avait bien un gros ruisseau qui descendait du Pont de Fabre et qui devenait ensuite souterrain. Je me souviens d'un pont sous lequel on voyait ce ruisseau en haut du boulevard Jean Jaurès (à la fourche avec l'avenue Frédéric Mistral). Ensuite ce ruisseau disparaissait sous les immeubles.

D'ailleurs dans une délibération de 1905 sur les dénominations de rues, plusieurs des rues reliant l'avenue des Sablettes au chemin de l'Evescat « possèdent un pont de bois sur le Gros Vallat ».

Ce cours d'eau devait donc normalement se poursuivre vers la rue Nicolas Chapuis. Et, à l'époque du choléra de 1865 (cf. Baudouin, p. 568), « le quartier de La Lune était le plus malsain à cause d'un ruisseau insuffisamment drainé, le Gros Vallat ». Et plus loin (p. 573) « Le Gros Vallat qui, venant du sud de la ville, traversait l'esplanade de la Lune et trouvait son issue sur la rive nord de la baie de La Seyne, non loin des chantiers de construction navale »

Pourtant, dans le chapitre Toupines de son Tome I, mon père a écrit : « Il faut savoir que ce Gros Vallat (en provençal, gros ruisseau), descendait, jusqu'au XIXe siècle, depuis le Pont de Fabre en longeant l'actuel boulevard Jean Jaurès et débouchait sur le port à l'extrémité sud du quai Gabriel Péri. Les ordures ménagères [tas collectif dit du Gros Vallat] étaient alors déversées à l'endroit où se trouve aujourd'hui le square Anatole France, face à la Poste Garibaldi ».

Alors, je ne sais plus très bien. Je vais redemander à mon père. Peut-être y a-t-il eu une modification (naturelle ou forcée ?) du cours inférieur de ce gros ruisseau. Peut-être la montée du niveau de la colline d'ordures du square Anatole France a fait que le ruisseau ne s'est plus déversé dans le port mais, un jour, vers les chantiers ?

Mais il y a aussi un ruisseau, comme tu le dis, venant de Saint-Antoine ou Saint-Lambert. Sur ma vieille carte au 20 000e, ce ruisseau passe clairement entre l'actuelle rue La Fontaine et le bas du boulevard Jean-Jaurès. Il semblerait se poursuivre un peu à l'ouest de la rue Nicolas Chapuis et traverser La Lune et les chantiers. Peut-être ce ruisseau et le cours souterrain du Gros Vallat du Pont de Fabre se rejoignaient-ils (ou ont-ils fini par se rejoindre si l'on admet que le cours inférieur du Gros Vallat a changé ?). Autre affaire à suivre.

J'ai aussi complété avec tes explications quelques autres mots comme : je n'en tiens pas, gobi de brailles, morvellois, tintaine, etc. Merci pour tout. Je pense que la mention de ton nom en début de lexique est tout à fait justifiée. Tu as déjà contribué (et ce n'est pas fini) à préciser le sens d'un bon nombre de termes, à peu près autant que René Merle - dont l'intervention se situait évidemment davantage dans le domaine de l'étymologie et des racines provençales - mais, le domaine de ta contribution à toi me paraît tout aussi important que le sien (...).

Amitiés, sans doute à bientôt. (...)

JCA

C5.

Salut à toi fox,

Je viens encore t'importuner avec des mots qui me reviennent (avant qu'ils ne repartent dans les oubliettes où ils pensaient goûter à une retraite dorée.

Je me souviens avoir entendu dire "Machotte" comme synonyme de grande cigale de mer. Mais ce terme était employé par un camarade de plongée originaire de l'Aude.

Les escaveiniers magouillaient dans les vases grasses du bout du Lazaret, ce qui troublait l'eau. Le terme "magouille" pour désigner des pratiques louches où la plupart des tenants et des aboutissants demeurent dans un flou qui n'est pas forcément très artistique ne proviendrait-il pas de la pratique des escaveiniers ?

Masque désigne bien la Castagnole de notre côte, malheureusement dans mes livres je ne trouve sous ce vocable que l'hirondelle de mer (Brama Rayi) qui peut atteindre des dimensions allant jusqu'à 1 m. Nos masques dépassent rarement les 10 cm et possèdent une queue bifide très prononcée mais de longueur similaire. Elles sont de teinte gris noirâtre et se tiennent constamment aux environs des tombants rocheux en bancs diffus. Leurs alevins ont une allure plus effilée et une livrée d'un magnifique bleu phosphorescent ; ils fréquentent en groupe les anfractuosités rocheuses et semblent compter sur leur couleur et leur effet de groupe pour dissuader les prédateurs. Est-ce le même poisson, à l'état juvénile, ou une autre variété ?

Au sujet de Molinari, une émission de radio locale où Léon Orlandi fait une émission sur les mots et les expressions d'ici a dernièrement parler de Molinari comme d'un renfloueur habile qui avait fait sa notoriété de Nice à Toulon et qui aurait pris sa retraite à La Ciotat. Il était d'origine italienne, de Gênes il me semble. Les marseillais auraient fait appel à lui pour désobstruer l'entrée de port où un navire avait coulé. Il semblerait que ce dernier soit la fameuse Sardine....

La boulangerie Roppolo se situait sur la place Baptistin Paul, environ deux commerces plus loin que le maréchal ferrant Chaulan (qui officiait également aux ateliers du collège Martini).

As tu des renseignements sur un filet de pêche au thon qui se nommerait "Tournaire" (Tournero en Provençal) et qui aurait été usité aussi bien dans la région du Lavandou que du côté de La Ciotat et Marseille dans la première partie du XX° siècle. Il consistait parait-il à un filet à grosses mailles avec lequel les pêcheurs encerclaient le banc de poissons avant de refermer le dessous et de remonter la nasse ainsi formée. Il ne leur restait plus qu'à gaffer les poissons prisonniers. Cette pèche me semble très possible mais je ne retrouve aucune trace d'elle dans ma documentation et dans les méandres électroniques de l'ordinateur.

Voilà pour aujourd'hui, j'espère que je participe activement à ta préretraite.

Amitiés à toute la famille.

Ton vieux Pif

R5.

Salut, mon vieux Pif !

Merci pour tes derniers commentaires (tu ne m'importunes pas du tout, au contraire). Je n'ai pas pu répondre plus tôt ayant été très pris par mes (derniers) jours d'enseignement. J'ai dû travailler presque à plein temps en janvier - ce qui veut dire que, pour compenser, on ne me verra presque pas au bureau en février. Et après il ne restera plus que mars-avril-mai, et à mi-temps, ce qui ne fera que 30 jours environ. Bientôt je pourrai compter les jours qui restent sur les doigts des 2 mains.

Donc, merci pour tes renseignements sur machotte, magouille, masque/castagnole, etc. qui vont servir à préciser certains termes de mon lexique, comme je l'ai déjà fait pour batti lou batèu, bois fumant, gobi de brailles, liche, etc.

J'avais, de mon côté, quelques précisions à te donner :

- Je ne sais pas comment se procurer actuellement le livre de F. Jouglas sur l'Histoire de Six-Fours. Je ne l'ai pas trouvé sur internet dans les sites de livres d'occasion : http://www.livre-rare-book.com ou http://www.chapitre.com, etc. Je n'ai pu trouver, pour l'instant, de F. Jouglas que : La Collégiale Saint-Pierre du vieux Six-Fours, en vente sur chapitre.com pour 31¤.

- Concernant le Gros Vallat, mon père m'affirme qu'il débouchait bien autrefois dans le port, comme il l'a écrit à propos d'un épisode ancien de l'histoire des Toupines : « ce Gros Vallat descendait, jusqu'au XIXe siècle, depuis le Pont de Fabre en longeant l'avenue Jean Jaurès et débouchait sur le port à l'extrémité sud du quai Gabriel Péri ». C'était d'ailleurs au débouché de ce ruisseau que se produisait autrefois le bruit de ronflement (lou regounfle) à l'angle des actuels quais Saturnin Fabre et Gabriel Péri, d'où la rue Regonfle, actuelle rue Lefebvre. Mais, notamment à la suite des épidémies du XIXe siècle, le Gros Vallat a été dévié à partir du bas de l'avenue Jean Jaurès vers l'intérieur des chantiers. Ce travail aurait été accompli sous la municipalité de Saturnin Fabre, entre 1886 et 1896.

- Concernant Quicon et Guigon, il n'y a en effet aucun rapport. En regardant de plus près la carte au 25 000e, j'ai bien trouvé le hameau de Quicon et je vois bien maintenant le restaurant situé sur la route de la Bonne Mère. Le quartier Guigon est situé beaucoup plus au nord, à quelques centaines de mètres du centre de Six-Fours, sur la gauche en allant vers le Brusc (je connais ce nom de Guigon, simplement parce que c'est l'adresse de l'architecte qui a fait les plans de ma maison de Bastian (qui est d'ailleurs un petit-fils de François Jouglas, lequel y habitait déjà dans les années 70).

- OK pour la boulangerie Roppolo. Mon père se rappelle bien qu'elle était là où tu dis, elle aurait été reprise ensuite par un fils Roppolo, mais la mère Roppolo a longtemps vendu ses chichi frégit place Laïk. La forge qui était près de la boulangerie était tenue par le père Cheyland depuis 1909, puis par l'un de ses fils qui était aussi Prof. Technique Adjoint à Martini.

- Sur Molinari, il s'est dit et écrit tellement de choses que je ne sais pas si on peut se faire une opinion exacte car plusieurs villes ou ports se le sont approprié. Je ne sais pas qui détient la vérité.

- Concernant le filet de pêche au thon qui se nommerait "Tournaire", je n'ai rien trouvé pour l'instant. Mais d'après le principe que tu décris (les pêcheurs encerclaient le banc de poissons avant de refermer le dessous et de remonter la nasse ainsi formée), y a-t-il un rapport avec le type de filet qu'on appelle l'épervier ?

Maintenant, à mon tour de te poser 3 ou 4 questions sur des mots qui me reviennent :

- Te souvient-il que, entre adolescents, quand ou voulait faire subir une épreuve, ou se venger d'un garçon qui s'était mal conduit, ou qu'on n'aimait pas, on lui faisait (subir) "la dure, la molle, la casserole !" (ou "la queue de la casserole ?") ? Etait-ce bien l'expression, et qu'est ce qu'on lui faisait au juste ? Et pourquoi cette expression, sinon que casserole rimait avec molle ?

- Quel type d'individu désignait-on par un arcan (ou arkan ?) ? Un voleur ou un magouilleur ? ou un individu dont il fallait se méfier ?

- Connais-tu le terme sibeque pour désigner l'apéro (ou plus particulièrement le pastis). Question d'une internaute, probablement du sud-ouest ? Il ne me semble pas que le terme ait été utilisé par chez nous.

Salut à toi et à la famille, et à la prochaine.

Fox

C6.

Avé, futur retraité,

(...)

La "tournaire" serait un filet à grosses mailles. A l'inverse de l'épervier il s'obture par en dessous.

La "dure" consistait à prendre un individu pour cible et à le canarder à coups de pierres, de fruits, de boue, etc. On disait : La dure, la molle, la casserole en encerclant le "coupable", je pense, parce que molle était l'inverse de dure et la casserole parce que çà rimai !

Un arcan est un magouilleur dont il fallait se méfier car il n'avait aucune moralité et ne s'embarrassait de dégueun quand il faisait une de ses combines.

Sibèque est un terme que je n'ai jamais entendu jusqu'à aujourd'hui.

(...)

SM

C7.

Tu te souviens, de ces moulons de mecs qui de temps à autres, pour des raisons (aussi sottes que grenues), le temps d'une minute ou deux, s'en prenaient à un pauvre gars qui tout à coup se retrouvait assailli par une avalanche de tapes du plat de la main sur le crâne.

Les assaillants se rameutaient en criant "Bourine" et ne quittaient leur victime qu'à l'approche d'un pion.

D'où peut bien provenir ce vocable ?

De bourrin, l'âne : Je n'en voie pas le rapport, car cette mini-punition n'avait aucun rapport avec les capacités scolaires du "Bourrine" ?
De bourrino, qui en Provençal désigne une crêpe à la farine de blé noir ?
De bourinela, qui signifie jeter une légère fumée ?

En attendant ton opinion ou ta solution au problème, voilà un mot que tu avais oublié dans ton lexique des mots d'ici ! C'est "la dure" qui m'y a fait penser ! (...).

Serge

C8.

Salut à toi, Fox,

Cet après-midi, en regardant une émission culinaire à la télé, le cuisinier faisait des pieds et paquets. Il utilisait de la panse d'agneau et lors de la découpe des paquets, il a dit que la partie en cul-de-sac de la panse (côté oesophage) se disait en provençal "Bèdouliè". N'y aurait pas eu déformation de ce vocable pour en faire un synonyme de "décarcasser" en s'enlevant le bédouliè ?

Affaire à suivre !

A un de ces jours !

Amicalement.

SM

R8.

Salut, vieux Pif,

Merci pour tes derniers messages concernant les "mots d'ici".

J'avais en effet oublié Bourriiiiine ! que j'ai maintenant rajouté au lexique.

Pour ce qui est de bédélé, j'ai toujours pensé qu'il y avait un certain rapport avec la bedaine, ou la panse (on trouve dans F. Mistral les termes de budèu ou budèl pour boyau, intestin, et bedelet ou budelet pour chute du rectum). On semble ainsi s'approcher du sens de l'expression que j'entendais chez moi : se faire péter le bédélé (se décarcasser) ou crever le bédélé à quelqu'un (l'épuiser, le faire succomber), mais, selon les cas, le sens semble pencher vers boyau ou panse, ou vers cul (analogie avec se lever le cul, ou se lever le maffre, ou se crever le cul). Mais je n'ai pas trouvé de texte de provençal "officiel" qui nous explique bien ce terme et l'usage exact qu'on en faisait dans nos expressions familières. Je ne me souviens pas non plus de bédoulié au lieu de bédélé. Mais ce sont sans doute des habitudes familiales qui faisaient dire l'un ou l'autre terme. Pour F. Mistral, bédoulié est un terme propre au Var qui désigne la lie, le sédiment d'une liqueur. Le rapport avec le cul-de-sac de la panse n'est pas très évident. Donc, affaire à suivre. Je remonterai peut-être à l'occasion à René Merle (mais je ne vais pas le déranger pour un seul mot, j'attendrai d'en avoir encore quelques autres à lui soumettre).

J'ai retrouvé par ailleurs un vieux manuscrit de mon père "Engins de pêche de notre région" qu'il avait dû écrire il y a 10 ou 20 ans (ou peut-être recopier de quelque autre document qu'il avait eu en mains ?). Il renferme quelques termes que je ne me souviens pas avoir entendus jusqu'ici (et qui ne figurent pas dans mon lexique). Je t'envoie ce texte sous sa forme brute avec des termes un peu en vrac. Sans doute es-tu plus expert que moi avec certains termes (embornier, garbelles, riaï, issaugue, bouguière, mujolière,...) et les définitions données t'intéresseront-elles. Mais il y a probablement aussi des avis divergents sur la définition ou la description de tel ou tel engin.

Salut, et à bientôt.

Jean-Claude

C9.

Bien le bonjour monsieur le retraité en gestation !

Juste un mot pour te remercier du lexique sur les engins de pêche que je vais détailler très bientôt.

J'y ai déjà retrouvé "Tounaille" qui a des chances de représenter une variante de la tournero des pêcheurs du Lavandou. Les dimensions et l'utilisation de ce filet de poste semblant très proches.

(...).

Amitiés à toute ta tribu.

SM

C10.

Salut Claudet,

(...) J'ai donc épluché ton glossaire sur les engins de pêche et je t'en expédie le premier jet.

J'espère que je ne te dérange pas trop ! C'est ça aussi qui est bien avec internet, on peut s'occuper des E-mail quand on en a le temps.

Broumé : Moi j'ai toujours écrit broumet.

Pour ma part, le musclau, je n'ai jamais entendu. C'était mousclau qui signifiait hameçon et mouscle pour moule.

Les lignes fixées sur la ligne mère des palangres se nomment des brassoles alors que les brassoù ou les brassoulets étaient les lignes des zigou-zigous.

Je ne connaissait pas l'emborgnier, bien que j'ai déja vu ce genre de panier.

La garbello est le nom provençal de la nasse.

Le batardéou est le batardeau. Là aussi, je vois bien ce genre de panier grillagé, toujours en pratique, qui pour moi était une garbelle métallique.

Le vocable de riai m'est également inconnu, les seuls éperviers que je n'ai jamais utilisé sont les fameuses balances avec les quelles on ramenait souvent des fritures de mange-tout. Le nom ne proviendrait il pas de réa (ria en provençal), poulie qui était utilisée pour actionner la corde de serrage du filet ?

Le seau du marin, c'est le bouioù, pas le bouilloou.

La foëne, c'est la fichouiro ou la faguino. Fachouire, c'est une mauvaise femme (là on pourrait encore comprendre une fouine !), ou des olives trop mûres, ou l'éclisse des fromages.

Le fustier, pour moi c'est le charpentier, et la fusta est un gros morceau de bois tout juste équarri alors que la bûchette se dit busco (ou broco).

Je sais qu'il existe un mode de pêche encore pratiqué dans le pays niçois avec un long filet tiré à terre à la force des bras par une bonne vingtaine de personnes et que nos chères têtes pensantes de Bruxelles ont voulu faire disparaître. On attrape les bancs d'alevins qu'on nomme poutigne. Par contre l'issaugue (moi j'ai toujours entendu l'eissaugo) est un long filet de pêche traîné par un bateau, pour la pêche à la sardine.

Le tartanon (ou tartanoun ?) est une sorte de tartane équipée pour traîner un filet qui porte le même nom. Ce type d'embarcation de pêche côtière a vu ses heures de gloire à la fin du XIX° siècle, mais son maniement et sa rapidité n'ont pas résisté à l'arrivée des moteurs.

La cenche (ou cencho) consiste bien à ceindre un banc de poissons avec un filet tournant. Cencho: Enceinte, ceindre, encercler.

Fourgoun, c'est battre l'eau et la troubler avec de la boue (fourgouneja), pourquoi pas avec de la chaux ?

L'entremaou, c'est notre fameux tremail ou tramail (en provençal : Entremai, entre-maio). Filet qui par sa construction (à trois mailles !) emprisonne rapidement le poisson dès qu'il se débat.

Le batudon (probablement le batudo) est un filet de fond proche di trémail mais un peu plus résistant, réservé au maquereau.

La tounaille ou tounaio, ou tounairo, est une série de filets mobiles pour emprisonner les thons en les encerclant et en les remontant à la gaffe après avoir refermé le fond. Ce type de pêche se pratiquait encore dans la baie de La Ciotat avant la dernière guerre, en concurrence avec la madrague.

Je connaissais la combrière mais pas l'escombriere. Mais c'est un type de bateau !

Il en est de même pour la mujolière qui pour moi est la mugelièro. Filet utilisé dans les bouches du Rhône, du côté des étangs de Vacares et de Fos, pour capturer les mulets.

Ce petit exercice qui m'a occupé toute la journée m'a permis de faire un petit complément à ton lexique, sur le rusquet.

Comme tu le dis, c'est un flotteur sous lequel pend un hameçon pour les blades. Mais c'est aussi une méthode pour attraper les gros muges pansus ou les mulets dorés, par les calmasses d'automne, avant les grosses mistralades. On préparait un sandwich d'hameçons de 4 à 6 dans un morceau de pain, on ligaturait celui-ci avec un élastique et on mettait le tout au bout d'une canne à moulinet. On envoyait ce casse-croûte à une trentaine de mètres du rivage, dans une zone de mer étale (Du port du Manteau aux Sablettes). Bientôt le bout de pain était animé de trépidations et souvent il disparaissait sous l'eau. Si le muge était bien accroché (Parfois avec quatre ou cinq hameçons) on n'avait plus qu'à se battre avec son fil et sa canne. J'en ai sorti trois ou quatre de plus de six kilos, presque des sous-marins, de cette manière.

La pêche au rusquet peut aussi se pratiquer avec une dizaine de flotteurs, quand le temps est très calme, en les laissant dériver et en les surveillant depuis un barquet, à la rame. Ils restent à proximité les uns des autres et dès qu'il y a une pitée le pêcheur n'a qu'à aller ramasser le rusquet évadé.

Voilà pour aujourd'hui. Bonne lecture et à bientôt de te lire.

Amicalement.

SM

R10.

Salut Serge,

(...) En tout cas merci pour tout le travail que tu as accompli sur mon glossaire (...).

Je vais reprendre chaque mot en détail et essayer de rédiger une version améliorée qui intègre toutes les précisions que tu apportes. (...).

Fox

R11.

Salut Pif,

Je ne voudrais pas abuser de ton temps si tu as en ce moment d'autres préoccupations, mais à l'occasion (rien ne presse), peux-tu te pencher sur ces derniers termes ou expressions :

Qu'est-ce que le (ou la ?) cantre comme poisson ?

Connais-tu un sens pour le verbe s'enquiller ?

Même question pour encaper ?

As-tu entendu qualifier un individu d'esquinchole ? ou de squinchole ?? (genre maigre comme un stocofish)

De quel type de bille, de quelle taille de bille était le patari ? (y avait-il d'autres types de billes, à part le bouligue).

Quelle peut être l'explication ou l'origine étymologique de sapin, employé pour Service militaire ? (Je ne crois pas que le terme soit local, mais je ne l'ai trouvé sur aucun dictionnaire d'argot français).

Quelle peut être l'explication de l'emploi de l'expression faire les mains, au jeu de boules ?

Quelle peut être l'explication de l'expression (qu'on me disait souvent quand j'étais enfant et que j'essayais vainement de toucher des pigeons sur les trottoirs) : « Pour attraper un pigeon, tu n'as qu'à lui mettre un grain de sel sur la queue, c'est radical ! ».

Merci d'avance. Après ça, je crois que j'aurai fait le tour d'absolument tout ce que j'avais en instance comme termes ou "mots d'ici", extraits du fond de ma mémoire et susceptibles d'enrichir mon lexique.

Amitiés,

Claudet

C12.

Salut à toi, jeune et élégant bipède !

Ton mail m'a fait plaisir et tes mots à définir me sortent un peu de mes écritures et de mes recherches actuelles (les pastorales).

Le cantre est le nom catalan de la Canthare (Cantharus cantharus, linné 1758) ou (Cantharus lineatus Montagu 1815), qui s'appelle aussi Griset ou Pironneau sur l'atlantique.

Ici, les poissonniers le nomment Dorade grise (DO).

C'est un sparidé au profil assez droit, dont le dos est d'un gris métallique et les flancs sont argentés avec quelques bandes longitudinales noirâtres diffuses.

On le rencontre en atlantique, de la mer du Nord jusqu'aux îles Canaries. Il pénètre parfois en Méditerranée le long des côtes d'Espagne et très exceptionnellement dans le golfe du Lion. Sa dentition est faible, formée de petites dents, car c'est une espèce partiellement herbivore.

Avec la dorade rose et la dorée (la saupe), c'est une espèce prisée des poissonniers, et des restaurateurs, qui arrivaient à les écouler auprès des estivants en lieu et place des vraies daurades (DAU).

Le terme enquiller vient certainement du provençal "Enquiha", empiler. Effectivement il exprime une notion de superposition doublée d'un équilibre stable. On enquille un bouchon sur une bouteille ; Il faudra forcer pour le "débesquiller" !

Pour encaper, plusieurs sens me viennent à l'esprit :

En terme de marine, c'est prendre et tenir un cap grace à un amer visuel (on encape sur sainte Elme). Je n'ai jamais entendu dire qu'on encapait sur le 270 par exemple.

D'un autre côté, on encape quand on se recouvre le dos avec une cape pour se protéger du vent ou de la pluie mais on encape aussi lorsqu'on construit une chape en ciment.

Mais on peut aussi encaper quand on atteint son but, quand on conçoit un projet ou quand on encaisse son dû.

D'aprés mon dico provençal ça désigne également le fait de rebattre la faux ou la meule.

Ne pas confondre avec encapeler qui signifie se couvrir d'un chapeau et qui a donné capelan ou capelage (noeud de tête de mature).

Esquinchole est un terme qui désigne d'une manière imagée un être à la fois malingre, osseux et chétif. A mon humble avis ce terme provient en droite ligne d'esquicher qui signifie presser, comprimer. On employait couramment ce terme aussi bien au cours de nos jeux (pour expliquer qu'untel ne "ferait pas le poids") que dans la vie de tous les jours (Il y a un poussin plus esquinchole que les autres) !

Faire les mains, aux boules signifie tirer et pointer. Dans une doublette, il y a toujours un pointeur et un tireur. Dans une triplette il y a en plus un "milieu" qui est susceptible de tirer et de pointer, mais ce milieu ne fait pas vraiment les mains !

Le terme s'applique spécifiquement à un joueur qui décide de jouer seul contre une équipe de deux ou trois autres boulistes. Il devra à la fois tirer et pointer, du fait il fera les mains.

Je ne vois pas du tout les dénominations des billes. A ma souvenance il y avait les agates, plus volumineuses (jusqu'à 3 cm), les mises constituées de billes richement irisées et les "tireuses" en verre gris-verdâtre qui servaient pour faire sortir les mises du rond.

Moi j'ai joué surtout au rond avec ou sans le "pan" de déplacement, et au château-fort avec ses quatre tours et son donjon (creux évidés dans la terre de la cour dans lesquels on plaçait les mises). Comme je n'étais pas très fort à ce jeu, j'avais deux ou trois camarades que je fournissais en mises et qui me rendaient la moitié de leurs gains. Une sorte de maquerellage !

Aucune idée sur l'origine du mot "sapin", mais la question m'intéresse et je vais me mettre en chasse.

Quand à l'expression du grain de sel sur la queue des pigeons, elle était aussi employée chez moi. Je l'ai interprétée comme quelque chose d'impossible à réaliser. En effet si on était capable de mettre un grain de sel sur la queue de l'oiseau en question c'est qu'on était en mesure de l'approcher de très près, donc de pouvoir s'en saisir. Ce raisonnement cartésien déplaisait à mon grand-père qui s'évertuait à vouloir me faire croire aux vertus anesthésiantes ou paralysantes du grain de sel posé précisément sur la queue du volatile !

Voilà pour aujourd'hui !

J'espère que ta dernière ligne droite n'est pas trop pénible et surtout que tu "encapes" sans problèmes....

Amicalement.

Pif.

C13.

Bonjour Jean Claude,

Je viens encore fournir de l'eau à ton moulin avec quelques mots affleurant tout à coup de mon cortex en ébullition !

La bestiasse est d'abord une grosse bête au sens propre du terme. "Il avait tiré sur un vieux solitaire, une bestiasse de 100 kilos au moins..."

Je me souviens aussi de banastre, terme employé pour évoquer une jambe, rondelette ou musclée, dans sa totalité (de la fesse au pied). Les banastres d'Etesse (coureur cycliste du Pont du Las) étaient dures comme du bois d'olivier.

Quand on battait le poupre pour l'attendrir, on disait qu'on le bacelait.

Djédjé vient peut être d'un personnage de la pastorale de Maurel, un certain Jiget, valet de la ferme Benvengu, faire valoir de Pistachié, dont l'air "toti", le bégaiement et le caractère peu marqué lui ont valu une assimilation avec le ravi.

(...) En espérant que ces lignes trouveront auprès de toi toute l'audience qu'elles méritent, je te souhaite une bonne continuation dans tes cartons et tes archives.

Amicalement.

SM

R13.

Salut, Pif,

Désolé pour le retard mis à te répondre et à te remercier pour tes deux derniers envois de définitions de termes inexpliqués. (...).

J'ai bien pris note de toutes tes définitions, de cantre à encaper, de bestiasse à faire les mains, de bacéler à djèdjè, etc. etc. et je t'en remercie. J'ai ainsi pu mettre à jour ces divers termes sur le site internet (...).

Claudet

C14.

Salut Jean Claude,

J'espère ne pas trop te déranger avec mes questions mais je pensais te les soumettre de vive voix. Hélas tu n'as certainement pas eu le temps de passer me voir avec tout ce que tu avais envisagé de faire durant cette semaine.

Je me permet donc de te relancer dans ton fief montpelliérain où tu dois encore remplir des cartons.

Connais tu l'activité qui expliquait la présence d'une grande cheminée d'usine après l'octroi de Lagoubran, au lieu dit "Lysia". J'avais un copain de violon qui y habitait, il se nommait Georges Ostertag, était en 6° A à Martini et s'est tué dans Sicié à la fin des années 50.

Entre la Rouve et le Bois Sacré, il y avait une raffinerie d'essence de la marque OZO et en face d'elle, au bord de la rade il me semble qu'il existait déjà un chantier de construction navale. En connais tu le nom ?

Idem pour ceux qui se situaient entre le Père Louis et la tour de Balaguier et pour le petit chantier qui s'y nichait tout contre, dans le Sud.

J'ai également relevé quelques termes à peaufiner dans ton lexique des mots d'ici :

La palanquée est aussi un terme employé en plongée pour définir un groupe de plongeurs qui saute à l'eau ensemble et va donc utiliser les mêmes paramètres pour calculer ses paliers (Durée et profondeur). Personnellement, j'ai toujours eu en horreur cette expression qui assimile le plongeur à une quelconque marchandise... C'est pourtant ce que ça a tendance à devenir avec la législation actuelle !

J'ai toujours entendu parler de pescadou pour un pêcheur amateur et de pescaïre pour le professionnel !

Le pagre n'est pas un nom de famille mais un sparidé appelé encore dorade rose. Il se différencie du pageot (Sparidé également) par un profil moins droit et une dentition plus proche de celle de la daurade. Sa chair est beaucoup plus quelconque et pourrait se comparer à celle du cantre (dorade grise). C'est un des sparidés qui est valorisé dans l'assiette par une cuisson au four avec des pommes de terre et de l'huile. Un jus de citron ou une rémoulade y sont les bienvenus.

(...). A bientôt de te lire (ou de te voir) !

Amicalement.

SM

R14.

Avé, Serge,

Hélas non, je n'ai encore pas eu le temps de passer te voir. (...). Reste plus qu'à déménager le plus gros du mobilier en juillet, et à finir de vider mon bureau au laboratoire (je suis à J-27, mais à mi-temps, c'est-à-dire, après avoir retiré les ponts et les week-ends, à J-9. Et il faut encore organiser le pot de départ et tout ce qui va avec, notamment une video conférence, mi-scientifique, mi-humoristique, que je pense faire à mes collègues pour résumer mes 36 années de carrière à l'INRA. Et en plus, mon dossier de retraite, qui était prêt depuis l'automne 2003, n'est toujours pas parti vers la Trésorerie Générale à cause de la réforme des retraites des fonctionnaires. A chaque fois qu'il doit partir, une modification des textes intervient et il me faut fournir une nouvelle pièce ou une nouvelle signature. Et je vais forcément devoir attendre juin-juillet-août sans rien avant de recevoir mon premier mois de pension (et me retrouver en plus avec un taux de pension inférieur à ce qu'on m'avait officiellement calculé il y a 6 mois). Mais enfin, j'espère ne pas avoir besoin d'aller à la soupe populaire, d'autant que les restos du coeur ne sont pas ouverts en été.

Pour en venir à tes demandes de renseignements, évidemment ça aurait été mieux d'en parler de vive voix. Mais voilà le peu d'informations que je peux te donner :

(...)

- Pour la grande cheminée d'usine après l'octroi de Lagoubran, j'en ai aussi un vague souvenir, mais quant à son activité ?? J'ai posé à la question à mon père quand je suis venu vendredi. Il ne souvient de la cheminée et pense que les activités auraient pu être liées à celles de l'Arsenal, mais, c'est une pure hypothèse. Je ne sais pas qui pourrait nous renseigner. Il faudrait remonter à un cadastre de Toulon ou avoir un plan détaillé de Lagoubran de l'époque. Mais je n'ai rien de tout ça sous la main.

- Entre la Rouve et le Bois Sacré, je me souviens de OZO. Il y avait eu aussi historiquement un dépôt de charbon pour les navires de la Flotte. Il y avait aussi plusieurs chantiers le long de cette route. Mais les seuls chantiers de construction navale dont je me souvienne (et mon père aussi) étaient Les Chantiers du Midi, qui ont dû fonctionner jusqu'en 1940, et peut-être encore un peu après la guerre ? Mais si notre mémoire est exacte, ils étaient situés dans la partie sud de l'anse de Balaguier, dans le virage entre le Père Louis et le Fort de Balaguier. Il y avait une grande (ou moyenne) cale en partie démontable qui devait être installée temporairement au dessus de la route le jour de la mise à l'eau d'un bateau. Quant aux chantiers situés au niveau du Bois Sacré, mon père ne se souvient pas de véritable construction navale à cet endroit. Il a un souvenir de chantiers plutôt de démolition (il lui revient le nom de Van Acker). Mais ceci sous toute réserve (...).

Merci par ailleurs pour tes précisions sur les termes de pescadous/pescaïres, palanquée, pagre, etc. Je complète ou rectifie mon lexique au fur et à mesure de tes envois.

Toutes mes amitiés. A bientôt, mais je ne sais pas quand. Je dois revenir dans 8 jours environ, mais ce ne sera que pour un aller-retour dans la journée.

Salut.

Claudet

C15.

Salut Claudet,

Le lou du "pas du lou" est un vallat qui ne vient pas de Janas comme tu le dis dans ton lexique.

Il naît à la croix de Palun comme une surverse de la zone marécageuse qui s'étendait jusqu'à Régnier et qui donnait naissance au rayolet qui va se jeter sur la plage de bonnegrace, au fond de la grande ligne droite.

Le lou suit un tracé parallèle à l'oïde, sur la gauche de la route de Six fours aux Sablettes, coupe la route de La Seyne aux Sablettes, au "Passage du Lou" dit communément "Pas du Loup", poursuit son cheminement sur la gauche de la route des Sablettes jusqu'après le carrefour de Mar Vivo et oblique sur la droite pour aller se jeter sur la plage des Sablettes au lieu dit "La Vague", entre Mar Vivo et l'allée Marie.

J'ai eu l'occasion de compulser une étude sur les vallats de La Seyne éditée par un groupe de personnes désirant leur entretien. Je suis en train d'essayer de le récupérer pour en faire des photocopies !

Amitiés et à un de ces quatre !

SM

R15.

Salut Pif,

A propos des différents sens du mot gau ou gaou dont nous avions parlé, j'ai trouvé (avec peine) dans le Trésor du Félibrige de Mistral un sens du mot gau qui correspond à peu près à celui de chenal ou de passage entre deux îles, qui aurait été utilisé pour Maregau (mari gau) ou du Gaou du Brusc.

Contrairement aux autres sens de gau, celui-ci serait une déformation de eigau : EIGAU, AGAU, GAU, ESGOUAU, EIGOU, AIGOU, etc. (du rom. Agau ; bas lat. aquale ; lat. aqualis) qui signifie : canal, conduit, aqueduc, cours d'eau.

Voilà tout ce que j'ai pu trouver pour aujourd'hui. Sans doute notre ami et érudit Henri Ribot en sait davantage (...).

Salut,

Claudet


 

22-24 décembre 2003 : Richesse de votre site

C.

Cher monsieur,

Je suis émerveillé par la richesse de votre site. Vous avez su y mettre tout l'amour que vous ressentez pour "notre" pays (je dis "notre", car je suis moi-même d'une vieille famille provençale, et natif de Toulon).

Le "lexique des termes" est d'une saveur !....

Merci, monsieur!

Je vous souhaite pour vous et votre famille d'excellentes fêtes de fin d'année.

PG

R.

Cher Monsieur,

Merci pour votre aimable message. (Je m'appelle Jean-Claude Autran, fils de Marius Autran, et c'est moi qui assure la correspondance du site internet de mon père, ce dernier étant maintenant très âgé (93 ans)).

Nous essayons de sauver de l'oubli des pans entiers de notre mémoire collective et sommes heureux que vous ayez apprécié notamment le lexique provençal. Ce travail n'est jamais vraiment terminé car, régulièrement, nous y rajoutons quelques nouveaux termes et expressions au fur et à mesure qu'ils nous reviennent en mémoire. Merci de nous aider à améliorer ce lexique si vous avez des points à rectifier ou de nouvelles étymologies possibles à nous suggérer.

Avec notre meilleur souvenir.

JCA


 

27 juin 2003 : Nom provençal de maison "nid douillet"

 
Q.
 
Cher Monsieur,

Tout d'abord bravo pour votre lexique provencal très riche.

Habitant Allée des Mésanges noires (Bouscarlos), avec ma femme nous souhaitons donner à notre nouvelle maison un nom ou une expression provencal exprimant le nid ("nid douillet"...)

Auriez vous des propositions à nous faire ?

D'avance merci

Adiou

MT

R.

Bonjour,

Merci d'avoir pris de l'intérêt à notre site internet, et notamment au lexique provençal.

Concernant la recherche d'un nom provençal adapté à votre nouvelle maison, il m'est un peu difficile de vous faire des propositions pertinentes sans avo