La Seyne-sur-Mer (Var)   Histoire de La Seyne-sur-Mer (Var)
Lexique des termes provençaux et des « mots d'ici »

Lettre C

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Caban

Gros crabe velu (ou petite araignée de mer ?), quasiment invisible au fond de l'eau (de caban, manteau à manches et à capuchon ?).

Cabanu

Ai cabanu : utilisé pour qualifier une personne sotte et ignorante, équivalent de : âne bâté. Mais étymologie douteuse car si le dictionnaire de Frédéric Mistral indique bien pour ai cabanié ou ase cabanié : « l'âne qui marche en tête du troupeau, âne fieffé, butor, ignorant », la racine de cabana, cabano, cabanié, etc. est toujours liée à une cabane (?) ou à un grand panier d'osier : cabau ou cavan (?). Il est peut-être plus intéressant de noter que, dans le langage des manadiers de Camargue, l'expression : « il a cabané » (il a perdu la tête), ou « cabane-le » (dit-on pour faire changer de direction un taureau), pourrait être correspondre à la bonne explication car la notion de tourner, de virer, correspondrait mieux à l'idée d'ai cabanu : l'âne « fada », qui perd la tête, qui tourne sur lui-même, et qui refuse d'obéir.

Cabech, cabeches

Les toilettes, les cabinets (cf. pàti, cagassière).

Cabre

Chèvre (prov. cabra) : La cabre de Moussu Seguin. La Cabre : surnom d'un célèbre joueur de boules de La Seyne.

Cabrette

Petite chèvre (prov. cabreto).

Cabrian

Frelon ou également insecte hyménoptère à abdomen relié au thorax par un fin pédoncule (genres Ammophile (Ammophila sabulosa) et Pélopée (Sceliphron spirifex) qui paralyse ses proies (araignées) pour alimenter son nid.

Cabucelle, cabucel

Couvercle (prov. cabucello, cabucèu, curbucèu) et, par extension, la tête. Un simple d'esprit est un sinistré de la cabucelle.

Cabùrni

Avoir le cabùrni (prov. cavùrni ou caverno, caverneux) : avoir la voix caverneuse, la gorge qui racle (cf. raclùn, rascléger, s'escura).

Cacalouchou

Capuchon, couvercle, chapeau, chignon (Du prov. coucoulucho, capuchon, cône, couronnement, faîte ou cime d'une montagne, comble d'une meule de paille). Le cacalouchou d'un citron givré.

Cachimbau

Pipe, plus spécialement pipe ornée de figures, pipe des turcs ou des nègres. Faire tuba lou cachimbau, fumer la pipe.

Cachouflier

Plante d'artichaut (prov. cachouflié). (Cachoflo désigne l'artichaut).

Càcou

Petit voyou, frimeur, jeune qui se donne une allure d'affranchi (du prov. cacoua ?, cadet, dernier né). Faire le càcou.

Cade (n.m.), cade acadrié

Nom vulgaire du genévrier oxycèdre (Juniperus oxycedrus).

Cade (n.f.)

Gâteau à base de farine de pois-chiche (cese) vendu aujourd'hui encore sur notre marché. La recette aurait été apporté vers 1800 par les femmes de travailleurs génois que Napoléon fit venir pour aider à reconstruire la flotte. Ce gâteau était cuit à l'origine avec de l'huile extraite du fruit du cade, nom provençal du genévrier (voir définition précédente).

Cadgé, caget,"cage" (n.m.)

Épillet de diverses graminées sauvages muni de longues arêtes qui s'accrochent aux vêtements, particulièrement l'avoine stérile, l'avoine folle ou le brome stérile (du prov. cais, barbe de blé, ou calido, brome stérile). Il est plein de cages sur son pull-over ! (Voir également rapugué). A mon oncle qui avait baptisé sa propriété de Mar Vivo Le Bocage, alors que ce n'était qu'un campas, mon père dit : « tu aurais dû l'appeler Le Beau Cage ! ».

Cadière

Chaise, siège, chaire (prov. cadiero).

Cafalo

Imbécile, bêta, cornichon, maladroit, etc. Terme encore très vivant encore dans le français populaire des anciens Seynois. Vient peut-être de cafelin, ou cafeli (pou du corps en argot da galères), qui désigne également (en argot du jeu) un pigeon, un joueur qui se laisse plumer.

Cafournòli

Petit réduit, cache, recoin, débarras où l'on entasse des objets sans valeur, foutoir, etc. (Du prov. cafournoun, recoin, creux, cachot, ou cafourno, caverne, grotte, ou cafoucho, recoin, cavité).

Cagade

Au figuré : action ou entreprise manquée, pas de clerc, ânerie ; lâcheté.

Cagagne

Relâchement intestinal, forte diarrhée (prov. cagagno) ; grande peur.

Cagassière

Lieu d'aisance, latrines, chalet de nécessité, ou chalet de commodité (on dit aussi cagadou, ou pàti) (prov. cagassiero ou cagadouiro). On se souvient de l'air très populaire « Oh ! Oh ! O Cangaceiro ! » extrait du film brésilien O Cangaceiro (1953). Il n'en fallait pas plus pour inspirer les écoliers de l'époque puisqu'ils se rendaient aux latrines en chantant sur le même air : « Oh ! Oh ! Cagassières ! ».

Caguer

Aller à la selle, déféquer (prov. caga - forme méridionale de chier - du lat. cacare, même sens) : « Semblé que soun cuou cague pas dé merde ! » (langage des poissonnières à l'égard de clientes hautaines, prétentieuses ou méprisantes). « Iéu se vouliou, mi cagariou ei brayes. Lou cuou es mio, li brayes soun pagade... » (chanson populaire). « Vai te caga ! », ou « Vai caga à la vigno ! » s'emploie pour envoyer paître quelqu'un. « Je m'en cague » signifie : je m'en moque, je m'en fout. On dit d'un écolier qui peine en classe : « Fa tout ce que póu..., coum'un chin quand cague... ». On peut aussi citer la mésaventure du dénommé Calixte, qui, dit-on, « en cagant, perdié la visto...». Le verbe s'emploie fréquemment au sens figuré : « acò mi fa caga ». Il peut s'employer aussi dans le sens d'échouer, tourner mal (pour un coup qui a raté, une affaire manquée) : « La troisième mine, elle a cagué » (La Fille du Puisatier).

Cago-au-niou, cago-niéu, cago-nis

Le dernier éclos d'une couvée, le dernier né d'une famille. [L'un de nos correspondants a proposé l'étymologie suivante : caganis = cague + anis, l'anis étant une graine laxative que l'on donnait à un enfant constipé...].

Caliandre

Grosse alouette, calandre (prov. caliandro, calandro).

Caiòu

Bizarre, étrange, singulier, ambigu, qui manque de loyauté. Sente caiòu (ou sente quicon) : Ça sent bizarre... (s'appliquait plutôt à l'odeur des selles se dégageant des couches du bébé).

Cairon

Sorte de moellon tendre ; appellation du parpaing, dans le Sud. Du latin carius, ou du celtique karn, pierre ?).

Caisse

Cercueil (prov. caisso ou caisso de mort)

Caladé

(Prov. calado, rue ou espace pavé). Pavé de pierres plates, empierré (une rue caladée) ; cf. la rue Calade ou La Calade (actuelle rue Louis Blanqui à La Seyne).

Calamandrié

Germandrée petit-chêne (Teucrium chamaedrys), sous-arbrisseau à fleurs roses, des terrains calcaires (cf. pichoun rouve).

Cale

Long plan incliné en bois, renforcé de cornières de fer, construit dans les criques rocheuses (on en trouve encore à La Verne et à Fabrégas) où un mouillage permanent n'est pas envisageable, sur lequel on hisse les bateaux de pêche, les pointus, à l'aide d'un treuil, pour les mettre à l'abri des vagues déferlantes. Pendant la saison de pêche, les bateaux ne sont remontés que de quelques mètres, alors qu'en période de tempêtes, le bateau est tiré « en terre » et sanglé autour de la cale, tout à fait en haut de celle-ci. [Ce sens de cale, en Provence maritime, est différent de celui de la langue française pour laquelle une cale désigne un plan incliné sur lequel on construit les navires (on se rappelle des cales de nos anciens chantiers de construction navale)].

Calée

Action de tendre les filets, de placer une ligne de pêche. Une calée de nuit (du prov. cala, caler, baisser, jeter dans la mer, tendre les filets).

Caligner, carigner

Faire des caligneries (en français, câlineries). Des jeunes gens avaient commencé à caligner un peu des jeunes filles. Les calignaïres sont les fiancés ou les amoureux qui se font des caligneries.

Calu

Fada, momo. « Il a son cousin, peuchère, qu'il est calu ! ».

Cambade

Allée de vignes, espace compris entre deux rangées de ceps (du prov. cambado, enjambée).

Cambo

Jambe. « Vòu mai qu'un còup de ped davans la cambo » (Ça vaut mieux qu'un coup de pied devant la jambe) [expression utilisée lorsqu'on éprouve du plaisir, par exemple lorsqu'on déguste un verre d'une excellente liqueur].

Cambaròu, cambarot, gambarot

Crevette de mer.

Cambouler

Transporter une personne sur sa bicyclette, par exemple sur le porte-bagages (prov. cambala, litt. enjamber, d'où porter une personne à cheval sur un moyen de locomotion).

Camèu

Chameau. Utilisé aussi bien pour désigner l'animal que comme qualificatif insultant. Camèu ! est également une exclamation de dépit devant une opération manquée, un objet brisé, un plat de nourriture renversé, etc., parfois complété (sans doute en raison de la rime) en Camèu de rastèu !

Camin de ferre

Train, chemin de fer. Les enfants répétaient autrefois : « Serre, Biderre [ou Boudere ?], Lou camin de ferre », mais le sens de cette expression ne nous a jamais paru très clair. Selon l'un de nos correspondants, M. R.C., Cette expression était utilisée par les grands-mères berçant, dans un mouvement d'avant en arrière, leurs petits enfants placés face à elles sur leurs genoux, et en cadençant le mouvement par les paroles : « sere, boudere, camin de ferre, touto l'aigo du moulin » et en terminant par un « guili-guili-guili » accompagné de chatouilles déclenchant des éclats de rire des enfants. Il n'y aurait ainsi aucune signification particulière à cette suite de mots, sinon l'aspect ludique de la grand-mère jouant avec ses petits enfants.

Camiso, camié

Chemise. Bagna camiso, se mettre en nage. « Lou cuou mi tocavo pas la camiso » : J'étais transporté de joie, je frétillais de plaisir.

Campas

Champ inculte, mauvaise friche, terrain impropre à l'agriculture (de l'ancien prov. camp, champ).

Can, chin

Chien. « Genous d'ome, cuou de frumo, nas de can, soun gela tout l'an ! ». Quand les jours commencent à s'allonger, on dit aussi : « A la sainte-Luce, au pas d'une puce ; au jour de l'an, au pas d'un can ».

Caner, canner

Faire canner quelqu'un, c'est le faire crever de dépit, le rendre jaloux, le faire bisquer ou maronner (alors qu'en argot français, caner c'est reculer, céder, lâcher pied, et également mourir).

Canestèu

Corbeille en cannes refendues ou en osier, utilisée par exemple par les pêcheurs pour leurs coquillages ou pour le rangement de leur palangre (canestèu de palangre), le transport du raisin (canestèu de rasin), le linge (canestèu de linge), etc. (cf. banaste).

Canne

Canne de Provence (Arundo Donax), roseau à quenouille, roseau refendu (cf. cannisse). [Arundo est le nom latin du roseau ; Donax est son nom grec ; le mot Canne est sémitique]. Les adolescents fabriquaient autrefois des pipes avec les cannes de Provence, pipes qu'ils bourraient avec des feuilles d'armoise séchée...

Cannier

Roselière, lieu humide où se développent les roseaux.

Cannisse

Sorte de claie, confectionnée avec des cannes assemblées.

Canta

Chanter. Lou souluou mi fa canta (e la cèbo mi fa ploura...). Digo li en cantan ! (Dit-on à un bègue...).

Cantaire

Chanteur, choriste, crieur public.

Cantoun

Coin. « Lou bouan cantoun », nom de villa.

Cantre (n.f.)

Nom catalan de la Canthare (Cantharus cantharus, Linné 1758) ou (Cantharus lineatus Montagu 1815), poisson sparidé partiellement herbivore, au profil assez droit, dont le dos est d'un gris métallique et les flancs sont argentés avec quelques bandes longitudinales noirâtres diffuses. On le rencontre en Atlantique, de la mer du Nord jusqu'aux îles Canaries. Il pénètre parfois en Méditerranée le long des côtes d'Espagne et très exceptionnellement dans le golfe du Lion. On l'appelle aussi Griset ou Pironneau sur l'Atlantique. Dans le Var, les poissonniers le nomment Dorade grise. Avec la dorade rose et la dorée, c'est une espèce prisée des poissonniers, et des restaurateurs, qui arrivaient à les écouler auprès des estivants en lieu et place des vraies daurades [Définition fournie par Serge Malcor].

Caoussido

Chardon épineux, cirse des champs (Cirsium arvense).

Capélan

Curé, prêtre, ecclésiastique (terme plutôt péjoratif).

Capéou, capèu

Chapeau. « L'as paga lou capéou ! » est une moquerie que l'on lance à celui dont le chef est couvert d'un chapeau ridicule ou trop grand (il est tellement moche qu'il n'est pas possible que tu l'aies payé). Capéou désigne aussi la couverture nuageuse d'un sommet montagneux : « Quand la Bouano Maire a lou capéou pren ta capo et vait'en lèou » (Quand Notre-Dame du Mai a le chapeau (de nuages), prend ta cape et va-t-en vite), ou « ... s'a pas plòugu, plòura lèu » (s'il n'a pas plu, il pleuvra bientôt).


Capian

Pièce de bois, rehaussée de joues, terminant l'étrave des pointus et permettant leur amarrage. C'est aussi un symbole commun aux ports de la Méditerranée occidentale. Souvent peint en rouge, de forme phallique, on le considère comme une allégorie de la force masculine.

Capoun

Juron tiré du substantif provençal capoun (voyou, fripon, coquin, chenapan), exprimant l'étonnement, souvent accompagné de bouan Diou (capoun de bouan Diou !).

Caque

Lie de l'huile, sédiment, ordure. « Ca sent la caque d'huile ! ».

Car même

Déformation de quand même. « Ces nistons, car même, ils pourraient être un peu plus polis ! ». « Ce que c'est, car même, de venir vieux ! ».

Caracou

Gens du voyage (prov. caràco, gitane), que le langage populaire désigne aussi par romanichels, bohémiens, nomades, et que l'on utilise aussi à l'adresse de quiconque est un peu ambigu sur ses moyens d'existence, ou sur sa mise fantaisiste.

Caramentran

Nom provençal dont le sens original est Carnaval (mannequin que l'on brûle ou que l'on noie à la fin d'un carnaval provençal), et qui est représenté par un habillement burlesque. Traiter quelqu'un de caramentran (litt. carême entrant), c'est se moquer de ses oripeaux aux couleurs mal assorties. Au figuré, désigne une personne laide ou débauchée : « Mais dis, caramentran, on va pas perdre notre travail pour tes beaux yeux, non ! » (langage des bugadières des Moulières).

Cardelle

Laiteron, plante aimée des lapins (Sonchus oleraceus, ou Sonchus asper) (prov. cardello).

Carderine (n.f.)

Chardonneret, oiseau qui se nourrit des graines de chardon (prov. cardelino, cardalino, cardarino). « Comment s'appellent ces deux oiseaux, madame » ? « Un quinson et une carderine » (Un pinson et un chardonneret).

Carrèu

Terme qui désignait autrefois le carreau, ou tuberculose des ganglions mésentériques des enfants, ou plus généralement toutes les maladies abdominales infantiles où le ventre était gros et dur. Avoir lou carrèu (ou le carreau), c'est avoir gros ventre, par suite d'une habitude de consommation excessive de féculents.

Carretado (n.f.)

Charretée, charge d'une charrette.

Cascavéou

Grelot des chiens de chasse, des chèvres ou du bouc du troupeau.

Cassaïré, cassaire

Chasseur.

Cassis

Etre comme le tambour de Cassis (à qui, disait-on, il fallait donner 1 sou pour le faire commencer à jouer... et 5 francs pour l'arrêter) : qualifie quelqu'un de bavard, une basarette qu'on n'arrive plus à faire taire lorsqu'elle a commencé de s'exprimer. Arbre de Cassis : appellation incorrecte de l'arbre à cassie, espèce de mimosa à grosses fleurs, dit Mimosa de Farnèse (Acacia farnesiana), famille des légumineuses-mimosoïdées, originaire d'Amérique centrale et utilisé en parfumerie. Une légende disait de cet arbre de Cassis qu'il porte malheur : celui qui en plante un, meurt dans l'année... Mais on souvent confondu à tort cet arbre avec le Cassier ou Faux Séné, dont on extrait la pulpe purgative appelée casse - ou encore avec le Cassissier, espèce de groseillier (Ribes nigrum) dont les fruits servent à faire la liqueur connue sous le nom de cassis.

Cassoti

Casse-pieds. « Qué cassoti ! ». Cf. roumpi-pé, roumpi-couilloun, roumpi-tata, etc.

Castagnade

Soirée, réunion où l'on consomme des châtaignes rôties, arrosées d'un bon vin blanc ou d'un vin cuit traditionnel (prov. castagnado).

Castagnaire

Ramasseur de châtaignes ; marchand de marrons ou de châtaignes rôties.

Castagne, castanha

Châtaigne, marron (prov. castagno ; latin castanea). Le terme désigne aussi naturellement un coup (de poing) et une bagarre (ça va castagner !), mais c'est de l'argot français qui n'est pas spécifiquement provençal.

Castagnié

Châtaigner (Castanea sativa), arbre de la famille des fagacées.

Castagnettes

Testicules (du prov. castagno, même sens, dérivé de castagneto, petite châtaigne). Ce petit, on dirait qu'il a les castagnettes un peu molles...

Castéou, castèu

Château. Au sens fig., tira lou castèu : renifler ; tiras lou castèu ! : mouchez-vous ! (Viendrait en fait de tira lou candèu, tirer la chandelle).

Catalan

Chanter catalan : Sonner le cassé (pour un objet en verre ou en porcelaine, fêlé).

Catane

Sexe de la femme (cf. pachole, mounine) (étymologie ??).

Caterinette, Catarinette

Coccinelle, Bête-à-Bon-Dieu (prov. cacarineto, de catarineto, Catherinette).

Càti, couti, coti

Marque de coup reçu par un objet ; ébréchure, éraflure ; meurtrissure d'un fruit. Terme toujours vivant en français populaire seynois et au delà, apparemment provençal d'origine, mais certainement apparenté au vieux verbe français cotir qui (Littré) signifie « meurtrir, en parlant des fruits » : La grêle a coti ces poires.

Cauquer, càuquer

(Prov. cauca) : Fouler (les gerbes de blé, la vendange, la terre) par piétinement. D'où le nom de la rue Cauquière où il y avait autrefois de grandes cuves à fouler le raisin. On dit abusivement : « on cauque, ici », ou « on cauque l'eau » lorsqu'on marche sur un sol humide, spongieux.

Caud

Chaud, chaudement ; chaleur. « Avèn bèu tèms, ma fa un pòu caud ! » (Nous avons beau temps, mais il fait un peu chaud).

Cavaioun

Désigne un endroit perché, élevé (cf. le quartier Cavaillon à La Seyne).

Cavet, Cavé

Insecte qui ronge le blé dans les greniers ; bruche du pois (cf. baboua). Peut qualifier aussi un imbécile : « Tu me prends pour un cavé ! ».

Cèbe (n.f.)

Oignon (prov. cebo, lat. ceba, Allium cepa). « Pas proun de faiou, li fou enca la cèbe ! », parole d'un avare (pas assez qu'il a des haricots (dans son assiette), il lui faut encore un oignon !).

Celle

Celle de... est un sous-entendu pour désigner la petite amie ou la maîtresse d'un personnage connu. « Celle de l'amiral M. ».

Cénille

(Prov. ceniho) Litière de petites feuilles, d'aiguilles de pin, copeaux : Mettre de la cénille sous le feu (lorsqu'il est en train de s'éteindre). D'où le quiproquo entre un petit écolier et sa maîtresse qui lui disait : « Mets la cédille sous le c [seu] » et à laquelle il répondit : « Non, madame, chez moi on met la cénille sous le feu ».
NB. Frédéric Mistral signale d'autres sens du mot ceniho : cendre fine qui retombe autour d'un feu, fin son, fécule, sédiment, etc.

Cese

Pois-chiche (Cicer arietinum). « Déman ventaren lei faiou mé lei cese » (Demain nous vannerons les haricots et aussi les pois chiches.

Chabi

Débiter, vendre, liquider, se défaire d'une marchandise. (Dans notre région, chabi a davantage le sens de : consommer, user, voire dilapider). On dit d'une femme qui en est à son troisième mari : « n'a deja chabi tres ! ».

Chabigoti

Probablement dérivé de chabi sous une influence italienne pour désigner, de façon péjorative, quelqu'un de gaspilleur, de négligent dans ses dépenses, ou dans ses affaires qu'il laisse se dégrader faute de soins.

Cha-cha

Litorne (grive à tête grise et au ventre moins tacheté que les autres espèces), ou draine (grive de grande taille, Turdus viscivorus). « Il a pris un cha-cha pour une grive ! ».

Chaînette (la)

Cordon rocheux sous-marin qui relie les Freirets (rochers des Deux Frères) au continent.

Chalet de commodité, chalet de nécessité

Autrefois, édicule, lieu d'aisance, construit dans le jardin d'une maison (cf. pàti, cagassière).

Chambroun

Petite chambre, chambrette ; resserre, pièce attenante à la cuisine.

Chantou

Nom familier et affectueux (prononcé 'tchantou) que les ouvriers seynois donnaient à leurs Chantiers de construction navale.

Chanu

Adjectif provençal (chanu, chanut, chanudo) désignant quelque chose d'excellent, de première qualité, et, par extension, quelqu'un de compétent dans une discipline, de fort, de ferré. Ils sont chanus à La Seynoise (ce sont des as, ce sont les meilleurs). Et d'un homme qui avait eu 8 ou 10 enfants, on disait aussi : « ero chanu... ».

Chaple (n.m.)

Dégât, désastre, carnage, massacre, tuerie. Au figuré, faire un chaple : mettre du désordre, faire du tintamarre, faire un malheur, semer la zizanie et provoquer de la bagarre. « Son chien a poursuivi mon chat, ils se sont battus au milieu du potager : un chaple ! ».

Charrer

Causer, faire la conversation, jaser, bavarder, "tchatcher" (prov. charra, parler, et charraire, hâbleur). « Sur les deux heures que tu mets pour faire le marché, tu charres au moins une heure ! »

Charradisse

Conversation animée, longue causerie, conférence, entretien de plusieurs personnes (prov. charradisso).

Charreton

Petite charrette sans ridelles, charretin (du prov. carretoun, diminutif de carreto, charrette).

Chasper

Palper, tâter, tâtonner, fouiller avec les mains, pratiquer des attouchements (prov. chaspa). Faire les bigorneaux à la chaspe (en tâtant du pied dans les algues). Chaspavi dins la mouscaio per trouva moun veiré (je fouillai avec les mains au milieu des mouches pour trouver mon verre...).

Châtaigne

Prendre à la châtaigne : frapper violemment, à coups de poing.

Chavanne

Orage, nuée d'orage, pluie orageuse et passagère (du prov. chavano).

Châtaigne-biscotte

Farine de châtaignes-biscottes : probablement, farine de châtaigne aromatisée. Pour quelques sous, ils avaient une bonne mesure de poudre blanche qu'ils absorbaient à même le papier gris des épiciers de l'époque.

Chèvre de mer

Autre nom de l'araignée de mer ou esquinade.

Chiche !

Peut se traduire par : « Et si je le faisais ? ». « T'es pas chiche ! », t'es pas capable, tu n'oseras pas !

Chichette

Pénis d'un enfant (cf. quiquette). Maladroit, pataud. Aquel enfant es chichette (on dit aussi patè).

Chichi

Pénis, membre viril (cf. aucèu, chichette, quico, quiquette, vié, vier). Le chichi-de-ga et le couilloun-de-ga (du prov. ga, chat) sont deux variétés de raisin blanc à gros grains allongés.

Chichi-bèli

Lambeau de chiffon ou de papier qu'on suspend au dos de quelqu'un pour faire rire à ses dépens. Egalement, morceau de chemise qui passe au travers du pantalon de quelqu'un qui a usé son fond de culotte.

Chichi fregit, chichi fragi

Sorte de gros beignet frit qui se vend à la fête foraine, ou au bas du Cours, et dont la forme et le volume permettent les plaisanteries faciles que l'on devine. Enroulé en spirale, le chichi fregit est découpé par la marchande avec de grands ciseaux à des longueurs variables, à la demande des clients (cf. prov. fregi, ou fragi, frire). Voir également le chapitre Place du Marché dans notre Tome III.

Chichois (théâtre)

Dans les années 1920 ou 1930, nom d'une baraque à la place de la Lune à La Seyne, petit théâtre où se jouaient des sketchs comiques.

Chichourle (n.f.)

Jujube (prov. chichourlo), fruit du chichourlié (jujubier). Cf. fan de chichourle.

Chicouloun

Très petit coup de vin, doigt de vin, gorgée (du prov. chicoula, boire avec délices, siroter ; chiquet, petit coup de vin ; chiquetoun, doigt de vin. S'applique aussi à l'eau-de-vie : un chicouloun d'aigo-ardènt.

Chilet

Appeau, sifflet de chasse.

Chilin-chilin

Tout doucement. « Coumo vai ? ». « Chilin-chilin ! ».

Chin

Chien (cf. can). « Fa tout ce que póu..., coum'un chin quand cague... ».

Chincharro

Mésange bleue (Parus caeruleus) (Chincharro est l'onomatopée du chant de cet oiseau).

Chique

L'expression familière : « mou comme une chique » signifie : dépourvu d'énergie. Mais à quel sens de chique correspond-elle ? Ce ne semble pas être la chique, morceau de tabac que l'on mache (utilisé dans l'expression : clair comme du jus de chique). Ne serait-ce pas l'autre sens de chique, celui de petit cocon mou et peu fourni en soie ?
D'autre part, avoir la chique signifie familièrement : avoir une fluxion dentaire, une inflammation des gencives ou des autres muqueuses buccales avec gonflement de la joue, due à un foyer infectieux dentaire (cf. mourrau).

Chivau

Cheval. A chivau : à cheval. « Lou pichoun gibous, can anave a la casse, a chivau su la limace, can anave o moulin, a chivau su lou lapin » (chanson populaire). « A chivau douna, se regarda pas lei dent », expression signifiant : quand on vous fait un cadeau important, on ne va pas se plaindre pour des détails.

Chopin

Chopin de morue (choupin de merlusse) : Tranches de pain sur lesquelles on a versé du poisson bouilli, soupe de poisson. (cf. choupin, croûton que chaque marinier a le droit de tremper dans le court-bouillon d'un bateau de pêche).

Chose

Mot employé pour désigner une personne dont on a oublié le nom. « Tu le savais déjà ? ». « Eh vouei, oh, pauvre ! c'est... chose qui me l'a dit, il y a cent ans de dimanche !!! ».

Chouc

Ivre, gai, émoustillé. émoustillé. Du prov. chouco jus de la treille, chuca, boire, et chucaire, celui qui boit avec passion, qui savoure.

Chuscle (n.f.)

Poisson de mer du genre mendole, famille des mendidés (Maena jusculum ou Maena maena), à bouche très protractile, pouvant s'allonger en tube (prov. juscle) (cf. gerle).

Ciapacan, chapacan

Fonctionnaire préposé à la capture des chiens errants et à leur transport à la fourrière. Ce nom provençal (qui dériverait de l'italien acchiapacani) servait aussi à désigner un individu un peu marginal qui vivait du commerce des chiens qu'il attrapait dans les rues et revendait pour leur peau.

Cici

Oiseau minuscule, tel que le pipit des buissons, oiseau passereau insectivore du genre Anthus (cf. vichou).

Cicòri, cicòri fèr, cicòria

Chicorée sauvage (Cicorium Intybus), l'une des salades sauvages les plus recherchées. Ne pas confondre avec Cicòria amar, ou chicorée amère (Urospermum Dalechampii).

Cigale de mer

(Prov. cigalo ou cigaloun de mar, ou chambri de mar). Nom vulgaire de la scyllare, crustacé décapode de nos côtes, à abdomen rabattu en dessous, et reconnaissable à ses écailles antennaires (sa paire d'antennes s'est transformée en deux excroissances larges qui lui donnent la physionomie d'une cigale). Il existe la grande cigale de mer (qui peut atteindre les neuf cents grammes) et le cigalon qui ne dépasse pas les 10 cm et qui vit dans les herbiers de posidonies. C'est ce dernier qui est très estimé pour décorer la bouillabaisse. A ne pas confondre avec la galathée (Galathea squamifera) qui est un décapode possédant de fortes pinces.

Cisampe (n.f.)

Courant d'air froid, vent coulis (prov. cisampo, vent glacial, vent du nord, bise).

Civada

Avoine cultivée (Avena sativa).

Clafi (ou cafi), clafide

Rempli, gorgé, farci, bondé, comble, infesté (du prov. cafi ou clafi : remplir en pressant, farcir, gorger, combler). « L'herbe était clafide de crottes de moutons et de biques ».

Clar

Clair. D'aigo claro : de l'eau claire. Le vin clair : le vin rosé.

Clavelan

Biòu clavelan, ou Clavelan, ou Droite épine, bigorneau dont le canal siphonal est plus long que l'ouverture (Murex brandaris).

Claver

Clouer (prov. clavar), percer de part en part. Exemple : capturer une seiche, un poulpe, un poisson à l'aide de la fachouire (foëne). « D'un peu, il me clavait le doigt ! ». Faire clave (prov. clave ou clàvi), c'est se rendre, donner sa langue au chat (ce que l'on exprime en passant son index dans un rond formé par le pouce et l'index de l'adversaire).

Clavèu

Clou, pointe de charpentier

Clergeon

Petit clerc, enfant de chœur (prov. clerjoun).

Clovisse (n.f.)

Coquillage comestible (prov. clauvisso ; latin Tapes virgineus, ou Tapes pullastra), voisin de la palourde de l'Océan.

Cluisser

Gémir, geindre, se plaindre, soupirer ; glousser (prov. clussa).

Cocagne !

« Oh ! Vous autres, cocagne ! », signifie : « Vous n'êtes pas à plaindre ! » (vous avez abondance de biens ou de revenus). De : pays de cocagne, pays imaginaire où l'on a tout en abondance et sans peine, où la vie est agréable et facile.

Cochon (pas)

Pas cochon : Généreux, large, ne regardant pas à la dépense lorsqu'on invite quelqu'un, ou lorsqu'on fait un cadeau.

Còli !

Imbécile, sot, ballot (du prov. còli, colis, caisse, ballot ?).

Collègue

Ami, copain. « Oh ! mon collègue, comment tu vas ? ».

Comblage

Zone de comblement (comblage n'est pas un mot de la langue française). Pour les vieux Seynois, le Comblage désignait la zone située entre les Esplageols et les coteaux de Brégaillon, autrefois composée de terres marécageuses, et qui a été assainie et développée en zone industrielle par comblement des marécages.

Comme !

S'emploie, pour exprimer la stupéfaction, à la place de comment ou de comment se fait-il ? : « Comme ! T'es pas parti ! ». Autre anecdote, à titre d'exemple : notre professeur de sciences naturelles de terminale (Mlle L.), bien que célibataire, essayait de nous donner quelques rudiments d'éducation sexuelle et elle dit un jour : « Chez les jeunes, les premiers rapports sexuels, c'est très bref, c'est comme une simple masturbation ». Alors, l'un des élèves de la classe (JLB) (qui était, lui, marié, et avait un enfant), feignant l'incompréhension, lui répondit : « Comme ! ».

Commission

Dans le langage des écoliers d'autrefois, demander à sortir de classe pour faire la petite commission, c'était pour faire pipi ; quand c'était pour faire la grosse commission, c'était pour faire caca.

Comprenence

Compréhension, facilité à comprendre les choses (prov. coumprenenço). « Çui-là, il est dur de la comprenence ! ».

Con à la voile

Expression insultante qualifiant les premiers immigrés italiens arrivés sur nos côtes au moyen de leur bateau de pêche :
- como sei venuto ?
- con la vela (avec la voile).
Volontairement mal entendue, l'expression con la vela ! a donné : con à la voile ! qui qualifie un abruti complet.

Connaître

Savoir, reconnaître, deviner. « Çui-là, ça se connaît que ses parents sont blonds ! ».

Conque

Bassin d'une fontaine, vasque, cuvette, bassine de cuisine (prov. conco, du latin conca, maie d'un pressoir, récipient pour collecter l'huile de pressage).

Cònsou

Consul ; nom que prirent les magistrats municipaux des communes du Midi aux XIIe et XIIIe siècle, et qu'ils portèrent jusqu'en 1789.

Còpi

Quolibet, brocard, qualificatif désobligeant. « Chaque personne qui passe a droit à son (sa) còpi » (douno sa còpi en cadun) : chacun reçoit son coup de langue.

Cordonnier

(Prov. courdounié) Type d'insectes aquatiques qui marchent sur l'eau avec des mouvements saccadés, tels que le gerris, l'hydromètre, le notonecte, la "punaise à avirons".

Cornue

Cuve de bois munie de deux poignées et servant au transport des grappes de raisin ou du marc de vendange (raque).

Corsoise

Localement, une Corsoise désigne une femme d'origine Corse.

Còu, colle

Colline (la Colle d'Artaud - et non le col d'Artaud).

Còu, couale

Cou. « Oh ! Moun bèou, coumo va lou còu ? ».

Couatte

Taloche, calotte (coup donné sur la tête avec une main ouverte) (du prov. coueta, calouta, donner des taloches).

Coucarin

Voir à : Quaucarèn, quoucarèn.

Coucou (à), cou-cou (à)

En position accroupie, à croupetons.

Coucourde

Courge, citrouille, potiron, gourde ; mauvais melon ; homme vain et présomptueux (prov. coucourdo, cougourdo).

Coucourdié

Plante de courge, lieu ensemencé de courges. « Coumbien n'as cueilli ? » - « Tout lou coucourdié pourri ! »

Coudoulet

Caillou, galet, lieu rocailleux où la marche est difficile (prov. code, còdou). (cf. roumpi-cuou). (cf. le quartier de Six-Fours nommé La Coudoulière ou Coudourière).

Couffe

Manne, grand panier, grand sac de sparterie, sac à quatre poignées utilisé par les charbonniers ; son contenu (généralement, 50 kg de charbon) : « Il m'a livré une couffe qui faisait à peine 40 kgs ! ».

Couffe

Sottise, bourde, bévue (prov. coufo). « J'ai fait une brave couffe ! ».

Coufle, gounfle (adj.)

Gonflé, repus. (N'en sièu gounfle, j'en ai tout mon soûl). A également le sens de : gros de larmes, très affligé, le cœur gros.

Couifo

Coiffe (uno couifo a canoun).

Couillon, couilloun, couioun, coulhoun

Imbécile, benêt. « Sies ben couilloun ! » (Tu es bien couillon !). « C'est couillon ! ». (c'est bête, c'est stupide !). « Sies trop coulhoun per gagna quauquarèn ! » (Tu es trop bête pour gagner quelque chose). Au jeu de cache-cache, on se criait : « Bello luno, bèou souluou, fai te vèire ! », pour s'entendre répondre : « Pas tant couilloun ! ». Qualificatif désobligeant associé aux habitants de divers villages varois : Lei couilloun de Cuers.

Couilles (arbre à)

Désigne le baguenaudier, arbuste. Voir aussi à aliboufier et à l'expression « m'a roumpu lis alibòfi ».

Couilles en l'air

Dans le langage de la construction de navires en bois, désignait une scie à lame renversée, permettant de scier du bas vers le haut, dans des recoins du navire d'accès difficile.

Couillon de la lune

Une des variantes de cet adjectif dévalorisant servant à traiter quelqu'un d'imbécile. Comme autres injures populaires, citons aussi : Couillon droit ! Couillon d'ai (d'âne) ! Un couillon dans un siéton ! Ce n'était pas la moitié d'un couillon ! (que l'on a pu interpréter soit par : ce n'était qu'un imbécile, soit, au contraire par : ce n'était pas un imbécile du tout). On connaît aussi l'adage populaire : « Qui fait des vers sans le vouloir est un couillon sans le savoir ! ».

Couillonime (n.m.)

Alors qu'une couillonade est une sottise, une bétise, une bévue, une maladresse ponctuelle, le couillonime (prov. couiounige, ou couiounun) désigne la bétise intrinsèque, le caractère de stupidité permanente d'un individu, le fait d'être couillon.

Couilloti

Petit couillon. « Qué couilloti ! » (Cette expression est utilisée en secouant la tête, en signe de dénégation, avec une moue apitoyée).

Couler

Couler la lessive : verser de l'eau bouillante sur le linge entassé dans une baille, un cuvier. Couler les pommes de terre : introduire doucement les pommes de terre dans l'eau bouillante.

Couleur (n.m.)

Le couleur : le linge de couleur (dans le langage des bugadières).

Coumprendre

Comprendre. « Coumprenès ? » (Comprenez-vous ?). « As coumpré ? » (Tu as compris ?). « Se manjavo, serié guerido, digo lou medecin ; soulamen manjo pas, as coumpré ? ».

Coun

Con. Sies pas un pou coun ? Aquéu de coun !

Coup de poing

Arriver avec les coups de poing tous faits : bouillir de colère, arriver furieux, la colère prête à éclater.

Coupe-pied

Appellation locale du perce-oreilles, ou forficule, insecte orthoptère dermaptère qui attaque les légumes ou les fruits mûrs (cf. également taille-cèbe).

Couquin !

Coquin (interjection à partir d'un adjectif pour exprimer la surprise ou l'émoi) : Couquin de Diéu ! Couquin de pas Diéu ! Couquin de bouan sang ! Par ailleurs, un couquin de Diéu désigne un enfant particulièrement insupportable, un vrai démon : « Ils ont une fillette, c'est un vrai couquin de Diéu ! » (cf. tron de l'air).

Couronner (se)

Se couronner les genoux : s'écorcher les genoux (cf. se descourouna, se découronner, verbe que l'on applique aux chevaux qui, en tombant, s'écorchent le devant de la patte).

Courrejolo

Liseron des champs (Convolvulus arvensis) ou autre plante (par exemple, la Renouée Faux-Liseron : Polygonum Convolvulus) à très longue tige rampante ou grimpante (cf. prov. courreja, courir de côté et d'autre, aller çà et là, vagabonder).

Coustelline, cousteline

Salade sauvage amère, très recherchée, du genre Picridie (Picridium vulgare, ou Reichardia picroides).

Coustignous, croustignous

Fromage fermenté, d'odeur particulièrement forte et piquante (du prov. couissignous ou coussinous, cuisant, piquant), préparé chez soi dans un bocal avec tous les restes de fromages auxquels on ajoute un petit verre d'aigo ardent (pour éviter aux vers de devoir se développer...). On rajoute les restes de fromages au fur et à mesure, puis on laisse reposer le mélange une bonne demi-douzaine d'années en remuant de temps à autre pour bien mélanger les ingrédients.

Craindre

Avoir honte, être penaud, baisser les yeux, avoir l'oreille basse, accuser le coup (prov. faire crento) : « Son père l'a grondé et il l'a craint ! ». Autre sens : être inquiet (de la réaction de qqun) : « Sa femme, elle l'a su et petan, pour lui, ça craint ! » (Il peut être inquiet de sa réaction !).

Craniger, créniger

Produire un bruit aigre, grincer, ou également craqueter, crépiter (prof. creniha, craneja, cracineja). Peut s'employer pour le bruit que l'on fait en croquant un biscuit. On a dit aussi : « On fait cran-cran la dent ».

Creba

Crever, éclater, percer, mourir (en parlant des bêtes), s'arrêter ou s'apaiser (en parlant du vent) : Lou mistraou a creba !

Cregnènt

Craintif, timide (aquèu pichoun, es cregnènt) ; qui a de la répugnance, délicat sur le manger.

Creissu

Crû, accrû, grandi (participe passé du verbe crèisse, croître). « Aquèou a creissu ! », dit le Provençal devant un individu de très grande taille (qui n'est manifestement pas de race provençale), et il ajoute « Dou veni d'un pays de mounte plou ! » (Il doit venir d'un pays où il pleut...). Assimilant trop grande taille et bêtise, le Provençal va même jusqu'à dire : « Lou bouan Dièu, mai t'a fa grand, mai t'a fa couilloun ! ».

Crespèu

Crêpe, pâtisserie cuite à la poêle. Par extension, en langage vulgaire, peut désigner un crachat épais particulièrement dégoûtant, un graillon (cf. molard).

Crespinettes

Avoir les crespinettes : être énervé, irrité, bouillir : « Cette cliente m'a fait venir les crespinettes ! ». Terme très vivant en français populaire seynois. A sans doute un lien avec crespa, crispa, tu me crispes.

Crier

Gronder, réprimander quelqu'un. « Il m'a crié après ».

Cropatta

Corbeau (ou corneille ?) (du prov. croupatas, groupatas).

Croumpa

Acheter. Croumpa 'n chut : se taire.

Croustet

Croûton, morceau de pain grillé, parfois frotté d'ail, qu'on apporte aux champs.

Çui-là

Celui-là. C'est çui-là qui colle les affiches, la nuit.

Cul cousu

Personne qui ne rit jamais (prov. cuou courdura).

Cul-rousset

Queue-rousse, rouge-queue, fauvette des Alpes (?) (Phœnicurus phœnicurus) (prov. cuou-rousse, cuou-rous).

Cuou

Cul, derrière, fond, partie inférieure. « Genous d'ome, cuou de frume, nas de can, soun gela tout l'an ! ». « Se senti lou cuou merdous (ou lou cuou paious) » : se sentir coupable. « Lou cuou mi tocavo pas la camiso » : J'étais transporté de joie, je frétillais de plaisir.





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